‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 229 sur 252 · I. L’étude du microbe · texte numérisé non relu

I. L’étude du microbe

IL L’étude des dermatoses dans lesquelles le staphylocoque doré joue le rôle de dominante étiologique, c’est-à-dire qui reconnaissent pour cause première et capitale l’inoculation du staphylocoque doré sur une peau primitivement saine : ce sont*

celles que nous allons étudier dans ce chapitre.

III. Les dermatoses qui reconnaissent pour cause pathogène première l’association morbide du staphylocoque doré a un autre microbe pathogène . ces microbes

étant inoculés sur une peau primitivement saine.

IV. Les résultats de l’inoculation secondaire du staphylocoque doré sur une der- .

matose préexistante.

I. Description du staphylocoque doré. — (Se reporterai! chapitre Etiologie générale et aux ouvrages classiques de bactériologie.)

IL Dermatoses reconnaissant pour cause première le staphylocoque doré. — Ce

sont toutes les suppurations primitives de la peau. On peut les diviser en trois principales catégories d’après leur point de départ :

A. E inoculation du staphylocoque peut être superficielle , épidermique; la lésion qui en résulte répond à Yeclhyma ancien.

DERMATOSES MICROBIENNES

B. L inoculation du staphylocoque peut se faire à V orifice d'un follicule püosébacé : les lésions qui en résultent répondent au groupe énorme des folliculites suppurées correspondant à Yimpétigo de Bockhart, etc..,

C. If inoculation du staphylocoque peut être profonde, et les lésions qui en résultent constituent le furoncle, Y anthrax, les abcès sous-cutanés.

I). On doit enfin très probablement rattacher à la staphylococcie cutanée une lésion tout à fait différente d’aspect des précédentes — la botryomycose.

A. Ecthyma vrai. — Nous renvoyons à l’article impétigo pour la discussion de la question de l’impétigo et de l’ecthyma. On y verra qu’il est à l’heure actuelle

cc ls Id cc dcm

Fig. 182. — Ecthyma (coupe portant sur les bords de la phlyctène purulente,

avant l’ouverture de la cavité).

c, débris cornés. — wz, corps muqueux (au voisinage de la lésion). — es , escarre constituant le centre du couvercle de la phlyctène et formée de débris épidermiques farcis de leucocytes, de microbes, etc. — p, papilles. — dcm , débris du corps muqueux, morcelé et infiltré par une diapédèse intense, des globules de pus, etc. — Ip, [lac purulent. — i, inflammation sous-épithéliale.

à peu près complètement démontré que la plupart des lésions décrites par la génération médicale de la deuxième moitié du siècle dernier sous le nom d’ecthyma ne sont que des impétigos, c’est-à-dire des lésions à début phlycténulaire et reconnaissant le streptocoque pour cause microbienne première. Ces lésions sont infectées secondairement et avec rapidité par le staphylocoque doré. Quand on les inocule à cette période on reproduit une pustule d’emblée, pustule dans laquelle il n’y a que du staphylocoque doré. Tel est V ecthyma vrai.

En inoculant sur une peau saine un impétigo vrai suppuré, on obtient donc non un impétigo vrai, mais une pustule d’emblée reconnaissant pour agent pathogène le staphylocoque doré. Et cette pustule vraiment staphylococcique pourra redonner par deuxième génération, si on l’inocule de nouveau, une nouvelle lésion primitivement pustuleuse. Cela est pour nous V ecthyma vrai.

FOLLICULITES SUPPURÉES

Nous donnons donc le nom d 'ecthyma vrai à une lésion cutanée inoculable et auto- inoculable, caractérisée par une pustule d’emblée, arrondie, qui repose sur une base enflammée, et qui a une légère tendance à s’étendre excentriquement par inoculation sous-épidermique des parties voisines, tandis qu’au centre se forme

une croûte brunâtre.

Cette lésion est très voisine de l’ancien ecthyma superficiel d E. Vidal et Leloir, ou pour mieux dire ces auteurs confondaient sous ce nom deux lésions distinctes, mais qu’il faut observer avec grande attention pour les diagnostiquer cliniquement.

1° Des soulèvements aplatis de l’épiderme par de la sérosité purulente à marche rapidement extensive par décollement de la couche cornée, et arrivant à foimer des éléments de 1, 2, 3, 5 centimètres de diamètre et même plus. D’après les recherches de Sabouraud, ces lésions doivent être rattachées à la streptococcie

cutanée et à Y impétigo contagiosa (voir ces mots).

2° Des pustules d’emblée presque toujours miliaires, atteignant plus rarement, comme dans la gale pustuleuse 4, des dimensions de 3 à 6 millimètres de diamètre, mais n’ayant jamais la même tendance à l’extension périphérique que les précédentes. Elles nous paraissent devoir être rattachées à la staphylococcie cutanée, et nous pensons, comme nous venons de le dire, qu’on pourrait leur réserver

le nom d’ecthyma vrai.

On voit donc que les descriptions anciennes sont à reprendre en totalité puisqu’elles reposaient sur une confusion qui n’est pas encore complètement élucidée.

Nous renvoyons pour plus de détails à 1 article Streptococcie cutanée.

B. — Folliculites suppurèes V

Vue d’ensemble. — Sous le nom de folliculites suppurèes ou folliculites pustuleuses orificielles (Sabouraud) ou poro folliculites (E. Besnier) nous groupons toute une série de faits cliniques ayant un certain air de famille, et ayant pour caractères communs : 1° La présence certaine ou probable du staphylocoque dore comme agent pathogène; 2° une suppuration péripilaire.

Nous faisons rentrer dans ce groupe les formes morbides suivantes .

1° Les folliculites pustuleuses orificielles superficielles du type dit impétigo de Bockhart , et toutes leurs variétés ;

2° Les folliculites pustuleuses orificielles avec envahissement profond des tissus du type clinique dit sycosis, lesquelles ont d’ailleurs les relations les plus étroites

avec les formes précédentes ;

3° Les folliculites dites dècalvantes, groupe complexe qui renferme les sousvariétés suivantes :

a) U acné décalvante de Laitier Robert ;

* C’est dans certains cas de gale pustuleuse que l’on peut bien observer les deux; variétés de lésions dont nous parlons en ce moment. A côté d éléments aplatis, larges, remplis de sérosité purulente répondant à la description de la streptococcie cutanée, on voit çà et la quelques cléments beaucoup plus petits, comme ramassés, remplis d’un pus épais, véritables pustules d emblee n’ayant que fort peu de tendance à l’extension, et ne semblant pas être dune manière éxidente périfollicul aires ; ces dernières lésions répondent à notre ecthyma vrai.

“2 Voir aux tableaux d’ensemble ce que l’on entend à l’heure actuelle sous le nom de folliculites'.

Buocq. — Dermatologie. I.

DERMATOSES MICROBIENNES

b) Le sy co sis lupoïde ;

c) acné chéloïdienne de la'nuque pourrait et devrait même d’après nous être annexée à ce groupe. Les recherches microbiennes de Sabouraud la rangent dans les acnés monomorphes : nous adopterons pour le moment cette manière de voir.

1° Folliculites pustuleuses orificielles superficielles.

Sympgômcs. — La lésion élémentaire de cette dermatose est la pustule périfolliculaire orificielle (Sabouraud).

Elle débute par un petit point rouge circumpilaire, et déjà dans la majorité des cas le malade ressent à ce niveau de la tension, de la chaleur et de la douleur surtout aux mouvements et au toucher. En quelques heures la rougeur s’accentue : au niveau du point atteint il se fait une légère tuméfaction et une induration légère mais perceptible au toucher des téguments : en même temps les phénomènes subjectifs augmentent d’intensité : ils sont d’autant plus accentués que les tissus sont plus serrés et plus adhérents aux plans sous-jacents.

Enfin paraît au milieu de la rougeur, autour du poil lui-même, une petite tache jaunâtre qui correspond à un soulèvement de l’épiderme corné par une minime collection purulente. Celle-ci s’accroît progressivement et arrive en deux, trois jours, à sa période adulte.

Elle est alors caractérisée par une véritable pustule circumpilaire. d'un volume moyen qui varie de celui d’une petite à celui d’une grosse tête d’épingle ; elle atteint parfois des dimensions beaucoup plus considérables. Ces éléments éruptifs font d’ordinaire une légère saillie hémisphérique au-dessus du niveau des téguments, plus rarement ils sont profonds et comme enchâssés dans le follicule. Leur couleur est d’un beau jaune d’or ou d’un jaune verdâtre. Ils renferment en effet une gouttelette de liquide franchement purulent, assez épais, parfois un peu diflluent et séro-purulent.

L’épiderme qui forme le couvercle de la pustule ou le sommet de la coupole est d’ordinaire assez résistant, cependant son épaisseur varie selon les cas : parfois il résiste au grattage, parfois il se rompt sous l’influence du moindre traumatisme. Il est traversé par le poil autour duquel il fait parfois une légère saillie, parfois il est un peu déprimé et forme un soupçon d’ombilication.

La cavité de la pustule est un peu infundibuliforme et se prolonge le long du poil qui tantôt en occupe le milieu, tantôt est rejeté latéralement. Quand on a déchiré l’épiderme qui recouvre la pustule et détergé le pus qui la remplit en se servant d’un tampon d’ouate hydrophile, on voit le plus souvent au fond de la cavité une couche d’enduit verdâtre purulent; si on l’enlève mécaniquement ou par expression, on en fait sourdre une ou plusieurs gouttelettes de sang ou de sérosité purulente, et il s’y forme ensuite une croûtelle d’un jaune brunâtre ou noirâtre.

Tout autour de la pustule les téguments sont d’un rouge vif, tuméfiés, et cette rougeur et cette tuméfaction forment une saillie acuminée dont le sommet est occupé par la collection purulente que nous venons de décrire. Cette aréole inflammatoire diminue progressivement vers les tissus sains périphériques. Elle est d’ailleurs éminemment variable selon les cas et selon les localisations : parfois elle semble faire à peu près complètement défaut, parfois elle est presque aussi développée que dans un furoncle. Elle est, comme nous l’avons dit plus haut, le siège de sensations de douleur et de tension plus ou moins accentuées suivant l’endroit et suivant les sujets.

FOLLICULITES SUPPURÉES

A mesure que se fait révolution de cette lésion, lorsqu’elle n’a pas été excoriée par un traumatisme quelconque, la pustule centrale tend à se dessécher : elle est dès lors remplacée par une croûtelle épaisse, jaunâtre, ayant, suivant la remarque de Sabouraud, la forme d’une petite lentille biconvexe solide.

En même temps l’inflammation et la tuméfaction périphériques diminuent graduellement. Puis la croûte complètement desséchée se détache et tombe en laissant au-dessous d’elle un derme un peu rouge et à sa périphérie quelques lins lambeaux

épidermiques blanchâtres en desquamation.

Tout rendre dans l’ordre sans aucune cicatrice consécutive, à moins que la pustule n’ait eu des prolongements assez profonds, et dans ce cas il persiste une cicatrice périfolliculaire plus ou moins accentuée, mais alors on empiète sur la forme suivante.

2° Folliculite orificielle profonde.

Lésion élémentaire du sycosis. — Cette forme débute comme la précédente . elle en a l’aspect extérieur. Mais il se produit bientôt une induration péripilaire, une rougeur et une tuméfaction des téguments beaucoup plus accentuées, constituant des sortes de papulo-tubercules circumpil aires à suppuration centrale, donnant au doigt une sensation marquée de nodosité et d infiltration profonde des

tissus.

En même temps surviennent des phénomènes subjectifs assez intenses de brûlure, de cuisson, de tension de la région, parfois d élancements. La peau s épaissit et s’infiltre de plus en plus.

Après avoir ouvert la pustule apparente a 1 extérieur et après 1 avoii vidée, si l’on exprime fortement le nodule inflammatoire entre les doigts, on pai vient dans beaucoup de cas à faire jaillir de l’orifice une nouvelle gouttelette de pus, ce qui prouve qu’il y avait une deuxième collection purulente plus profonde autoui du follicule, collection reliée à la collection superficielle par le canal folliculaire. G est V abcès en bouton de chemise qui est si fréquent dans les formes profondes des folliculites.

Au lieu d’avoir une évolution aiguë, cette collection purulente profonde péiifolliculaire peut se former avec lenteur, évoluer à l’état torpide en donnant naissance à des nodosités du volume d’un petit pois ou d une petite noisette, doulouieuses par périodes, souvent presque indolentes et qui persistent pendant des semaines ou même pendant des mois. Elles sont d ailleurs toujours susceptibles de s enflammer, de donner lieu à des poussées aiguës, et même de produire de véritables abcès sous l’influence des causes occasionnelles les plus diverses. G est 1 abcès fi oid

sycosique de Sabouraud 1.

Parfois le follicule pileux qui a été atteint dans sa totalité par le processus inflammatoire ne suppure pas, mais subit un processus lent d’atrophie aboutissant à la destruction totale et définitive de la papille pileuse. Objectivement cette lésion est dénotée par de la rougeur orificielle pendant la phase d activité, puis par une cicatrice d’abord rouge punctiforme, puis blanchâtre et déprimée (c’est la folliculite chronique de Sabouraud, lésion qui se rapporte à nos types cliniques dits folliculites décal vantes).

1 C’est la lésion élémentaire de certaines formes éruptives qui sont décrites comme acnés indu rêes ou acnés profondes, ou acnés phlegmoneuses de la lace, et qui sont très fréquentes de vingt cinq à quarante-cinq ans, chez la femme, au menton et autour de la bouche (voir Acné.)

DERMATOSES MICROBIENNES

Comme complications fréquentes de ces folliculites suppurées, nous devons signaler le furoncle et les abcès furonculeux.

Anatomie pathologique die la lésion élémentaire des folliculites orificielles.

Disons tout d’abord pour n’y plus revenir que l’agent infectieux est ici constamment le staphylocoque doré : il existe en cultures pures dans le pus des pustules, à l’exclusion de tout autre microbe (Sabouraud). Cependant on y trouve parfois du staphylocoque blanc, mais l’auteur précité croit qu’il y a eu dans ces cas quelque faute de technique.

« L’inoculation du staphylocoque doré en culture reproduit une fois sur trois en

Il j i

d mb po f.p. d

Fig. 183. — Impétigo de Bockhart.

c, couche cornée. - m ■ corps muqueux de Malpighi en acanthose. — mb, couche basale et corps muqueux distendu à la partie profonde de la pustule. — f p, follicule pileux au niveau duquel a débuté la pustule. — po, poil de duvet. — pu, pustule remplie de leucocxtes. — d, derme congestionné et infiltré.

moyenne la pustule folliculaire. Il suffit d’introduire la semence dans un orifice folliculaire avec une aiguille en provoquant une très minime dilacération locale épidermique. » (Sabouraud, Pratique Dermat t. II, p. 663.)

D’après le même auteur, l’invasion des staphylocoques, agents premiers de la folliculite, se fait latéralement dans le follicule : ils passent sous l’épiderme qui tapisse l’évasement orificiel de ce follicule. « Aussitôt d’innombrables cellules migratrices appelées parle pouvoir chimiotaxique positif de la toxine staphylococcique, arrivent au point lésé par les microbes, en d issociant sur leur chemin les cellules épidermiques les unes des autres. Bientôt les cellules migratrices ont doublé, décuplé l’épaisseur épidermique en ce point. Autour des pelotons microbiens qui ont par leur croissance pénétré sous la lame cornée, l’afflux leucocytaire crée une cavité par dissociation et refoulement des couches épidermiques, et cette cavité, d’abord difficile à discerner sur des coupes, tant les cellules migratrices et les

FOLLICULITES SUPPUTEES

cellules épidermiques sont étroitement mélangées, devient à chaque heure plus apparente et plus régulière. »

« L’effraction microbienne du follicule est d’abord unilatérale. Peu à peu elle envahit tout le pourtour de l’orifice folliculaire. » (Sabouraud, Pratique Dermat., p. 664-665).

« La pustule se développe en couronne sons l’épiderme corné de l’orifice folliculaire », et le conduit folliculaire avec son épiderme la traverse verticalementcomme un axe.

Dans la cavité de la pustule on trouve des cellules épidermiques éparses, diversement agglomérées, et surtout une quantité considérable de leucocytes quifmissent peu à peu, lorsque la pustule évolue sans s’ouvrir, par subir un processus de dégénérescence : leurs noyaux s’agglomèrent en un point et le reste de la pustule se remplit d’une sérosité assez claire.

Quant aux staphylocoques, ils se trouvent sous l’épiderme corné de la coupole où ils sont disposés en amas muriformes, et souvent le long du poil, dans le follicule.

Le fond de la pustule est occupé par une escarre dermique périfolliculaire infiltrée de globules blancs. »

Il est possible que les staphylocoques envahissent les parties moyennes ou profondes du follicule pileux : ils y créent alors par un mécanisme identique au précédent l’abcès en bouton de chemise, l’abcès froid sycosique,. le furoncle et l’abcès

furonculeux.

En particulier dans Y abcès en bouton de chemise on trouve sur une coupe en allant de la surface à la profondeur : 1° L’abcès supérieur, (c’est-à-dire la folliculite superficielle ostio-folliculaire que nous venons de décrire) ; 2° Le tiers supérieur de la cheminée folliculaire envahi par les staphylocoques ; 3° L’abcès inférieur développé au niveau de la partie moyenne du conduit folliculaire et dans le derme adjacent, soit en dehors de ce conduit « avec lequel il communique par une effraction latérale, soit autour de ce conduit. »

Lorsque ces abcès profonds ont une évolution lort lente, les microbes ont une tendance à disparaître peu à peu ; et, quand ces lésions sont très vieilles, elles peuvent être totalement amicrobiennes.

Formes cliniques des folliculites suppurées. — a) folliculites supputées des parties glabres i.

Étiologie. — Les folliculites suppurées des parties glabres sont presque toujouis le résultat d’applications irritantes faites sur les téguments, et qui macèrent l’épiderme, le ramollissent, le fragmentent ou le dilacèrent et facilitent ainsi les

inoculations microbiennes.

Il s’agit d’ordinaire de simples traumatismes directs, égratignures, piqûres, grattages, etc., d 'application de topiques irritants, emplâtres divers, médicaments tels que le goudron, l’huile de Gade, la térébenthine, le thapsia, l’huile de Croton. etc., de certaines professions manuelles telles que celles des blanchisseuses,

1 Peut-être faudrait-il y ranger l'affection à laquelle nous avons donné le nom d 'éruption papalo-vustuleuse miliaire récidivante de la face , et qui est bien nettement spontanée, c’est-à-dire qui peut se développer en dehors de toute action irritante extérieure : mais il ne nous parait pas prouvé que ce soit une folliculite, et sa coexistence avec la couperose est dune telle fréquence que nous la décrivons au chapitre Acné rosacée .

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des épiciers, des plâtriers, maçons, cimentiers, boulangers, teinturiers, peintres, imprimeurs, photographes, etc. {miliaire pustuleuse professionnelle).

Symptômes. — Il est à la rigueur possible d’en distinguer deux formes cliniques selon qu’elles sont : a) groupées, b) disséminées.

A'. Folliculites groupées. — Aux consultations hospitalières nous les observons surtout aux mains et aux avant-bras des laveuses qui manient l’eau de Javel, le carbonate de potasse et les savons de qualité inférieure. Sous l’influence de ces contacts irritants qui pour une raison ou pour une autre ne sont pas supportés ce jour-là (excès de contact, qualité pure des substances, diminution de la force de résistance du sujet, etc.), les téguments rougissent, se tuméfient, et sur ce fond apparaissent çà et là des soulèvements purulents de l’épiderme. La plupart de ces pustules sont minuscules (pustules miliaires); assez souvent elles ne débutent pas autour d’un orifice pilaire (ecthyma vrai, voir plus haut) : assez souvent elles se compliquent d’impétigo ecthymateux (voir streptococcie), et dans ce cas elles sont larges, aplaties, et répondent tout à fait à la description de l’ecthyma des vieux auteurs.

Elles peuvent s’ouvrir ou être déchirées par le grattage ; le plus souvent elles restent intactes et sèchent au bout de cinq à dix jours, en formant une petite croûtelle qui finit par se détacher et qui laisse autour d’elle une légère desquamation; peu à peu la rougeur et la tuméfaction des téguments disparaissent et tout revient à l’état primitif sans cicatrices, pourvu que la cause provocatrice de l’affection n’existe plus. Si elle persiste au contraire, il se reproduit incessamment des pustules sur une peau qui finit par présenter toutes les lésions des dermites chroniques, rougeur, épaississement, infiltration du derme et surtout du corps papillaire, hyperacanthose, parakératose et desquamations, etc., et ce sont ces faits qui ont été décrits par de nombreux auteurs comme étant de l’eczéma L

B' . Folliculites disséminées. — a) Sous le nom de maladie de Colles, de Graves, de Jaccoud, on a décrit des pustules périfolliculaires disséminées se développant çà et là sur les téguments sans aucune systématisation, et sans cause aucune appréciable.

On les a surtout observées chez l’enfant, et chez les sujets blonds, atteints d’hypophosphaturie, de chlorobrightisme, de troubles digestifs. Chez l’adulte elles surviennent dans les mêmes conditions et surtout dans le diabète.

En réalité ce sont des crises de furonculose au petit pied. Et cette vue de l’esprit est tellement juste qu’on voit ces poussées pustuleuses folliculaires aboutir parfois à de véritables furoncles. Tilles évoluent comme dans la furonculose par poussées successives ; chacune d’elles est constituée par 10, 20, 30 pustules disséminées siégeant sur les avant-bras, les bras, les jambes, les cuisses, le tronc. Elles peuvent affecter une région de préférence, changer de région suivant les périodes, etc. Elles sont subintrantes ou séparées par des périodes variables de calme relatif. Dans leur ensemble elles durent de quelques mois à plusieurs années.

Nous ne saurions trop répéter que cette affection a les rapports les plus étroits avec la furonculose : d’ailleurs on peut voir survenir vers la fin de ces périodes éruptives des furoncles, des anthrax ou des abcès profonds. Nous renvoyons à la furonculose pour l’étude de l’étiologie et du traitement.

1 Voir pour de plus amples détails sur ce point les mémoires originaux de Sabouraud : Annales de Dermatologie, 1900, et Pratique dermatologique, t. II, p. 679-680.

FOLLICULITES SUPPUTÉES

La plupart des folliculites orificielles disséminées se relient soit à une action traumatique médicamenteuse (la lésion dite acné cadique en est un type et n est nullement une acné vraie, ainsi que l’a fort bien établi Sabouraud), soit à une affection parasitaire quelconque, en particulier à la gale et à la phtiriase : elles s’y combinent avec l’impétigo-ecthyma que nous étudions au chapitre de la stieptococcie cutanée. Certains trichophytons peuvent aussi se compliquer de folliculites ; mais ils le font surtout sur les régions velues.

B. Folliculites suppurées des régions velues.

A'. Type folliculites superficielles (impétigo de Bockhart. Les folliculites suppurées superficielles des régions velues peuvent être : a) disséminées , L) agmi-

nées .

a) Disséminées, on les observe assez souvent au cuir chevelu, à la bai bc, à la suite d’irritations traumatiques, de savonnages, d’application de liniments térébenthinés, d’huile de Cade, de goudron, d’axonge rance, d emplâtres, etc. Elles peuvent évoluer spontanément vers la guérison après la suppression de I agent qui en a déterminé l’apparition. Mais elles peuvent aussi récidiver même api es sa suppression, et évoluer par poussées successives lesquelles sont parfaitement inexplicables, lorsque l’on a institué une médication rationnelle par l’épilation et la désinfection.

Elles peuvent apparaître brusquement (impétigo ab impetu) sans cause occasionnelle appréciable chez les enfants, et évoluer chez eux pendant fort longtemps par poussées imprévues et successives de 10, i20, 30 éléments éruptifs localisés en une région, nuque, tempe, sommet de la tête, etc. Au cuir chevelu elles sont d’ordinaire petites, de la grosseur d’une fine

ou d’une moyenne tête d’épingle, comme enchâssées dans le follicule pileux, quelques-unes atteignent un volume plus considérable : il est rare, sauf processus inflammatoire des plus intenses et agmination des éléments, d observer de la rougeur des téguments. Mais pour ainsi dire toujours, dès le début, les ganglions de la région intéressée sont volumineux et sensibles au toucher.

Dans quelques cas l’éruption est extrêmement intense : le cuir chevelu est rouge, douloureux, et dans les vingt-quatre heures il se couvre d’une éruption presque cohérente de pustules péripilaires superficielles, rarement profondes, qui sèchent et se terminent par la guérison en quelques jours si on ne les toui mente pas, mais qui peuvent récidiver {Forme aiguë miliaire de Sabouraud).

A la barbe et à la moustache, les lésions élémentaires sont d’ordinaire un peu plus saillantes et elles s’accompagnent beaucoup plus souvent qu’au cuir chevelu de rougeur périphérique.

Au pubis elles sont plus volumineuses encore : elles y ont presque toujours de la tendance à s’indurer et à passer à la forme sycosique.

P) Agminées, elles sont surtout fréquentes à la barbe, au menton où elles forment ce qu’on appelait autrefois la mentagre, aux paupières, aux lèvres et en particulier à la lèvre supérieure et aux narines où elles constituent une affection extrêmement

Fig. 184. — Folliculites de la barbe.

Impétigo de Bockhart.

DERMATOSES MICROBIENNES

commune qui a une tendance accentuée à passer à l’état de sycosis et que l’on a appelée : Folliculites récidivantes de la lèvre supérieure, impétigo sycosiforme de la lèvre supérieure, etc.

B'. Type folliculites profondes mélangées aux folliculites superficielles ( Sycosis des anciens auteurs).

Description générale du processus. — Nous avons étudié plus haut la lésion élémentaire (folliculite profonde) de cette forme morbide. Cela nous permet d’être assez brefs. Dans le sycosis ordinaire staphylococcique qu’il ne faut pas confondre avec le sycosis trichophy tique (voir trie hopliy lie ), le début se fait habituellement par des pustules orificielles superficielles, puis, au bout d’un laps de temps variable, parfois presque d’emblée, il se forme des pustules profondes qui créent des noyaux d’infiltration dermique. Ces noyaux peuvent rester discrets, mais le plus souvent ils se multiplient, deviennent cohérents, et constituent alors des masses indurées et infiltrées inflammatoires au niveau desquelles le derme est rouge vif, très tuméfié, bosselé à la vue et surtout au toucher, et criblé d’orifices folliculaires suppurés, d’où l’on fait sourdre par l’expression des gouttelettes de pus. Le tissu cellulaire sous-cutané lui-même peut être infiltré, et dans quelques cas il s’y forme de véritables abcès.

Ces phénomènes d’inflammation profonde s’accompagnent d’ordinaire de sensations de brûlure, de cuisson, de tension, et parfois d’élancements de la région.

On comprend combien l’aspect d’un sycosis peut être variable suivant la forme, le volume et l’évolution de ces masses infiltrées dont les dimensions varient de celles d’un pois à celle d’une noix et même davantage.

Parfois elles ont une marche aiguë, et s’ouvrent rapidement à l’extérieur, parfois elles sont torpides, restent fort longtemps stationnaires, puis subissent des poussées aiguës, ou un lent processus de régression (voir l’étude de la pustule profonde).

A leur côté se trouvent des éléments superficiels sous la forme de pustules à base rouge un peu indurée, centrées par un poil, et qui se recouvrent de croûtes jaunâtres, brunâtres, ou sanguinolentes. Entre les nodosités, les téguments ont fort rarement l’air d’être indemnes; ils sont criblés des pustules que nous venons de signaler ; l’épiderme y est en desquamation, ou macéré, ou en hyperacanthose. L’ensemble rappelle la surface d’un eczéma chronique infecté de pyodermites.

Les poils ont tout d’abord les gaines de leur racine épaissies, semblables à de la gelée transparente. Au bout d’un certain temps ils perdent leur adhérence et tombent ; dans la majorité des cas, cette chute n’est que temporaire et le poil repousse. Cependant, quand le processus inflammatoire a été assez intense pour modifier ou pour détruire la papille pileuse ; il peut y avoir soit déformation du poil qui est frisottant, noirâtre, irrégulier, soit alopécie définitive.

D’après ce qui précède on voit que le derme doit subir des modifications considérables, consécutives au violent processus d’inflammation auquel il est soumis. Fort souvent, il a une tendance marquée à évoluer vers la sclérose terminale.

Le sycosis peut donc laisser après lui des cicatrices dans quelques cas. Sa marche est irrégulière, extensive, chronique, sujette à des exacerbations. Il dure parfois des années. Dans les formes communes dont nous parlons en ce moment il est d’ordinaire symétrique.

Complications des folliculites. — Nous avons déjà signalé, chemin faisant, les principales complications des folliculites qui sont les adénopathies, les abcès

FOLLICULITES SUPPURÉES

aigus et chroniques, la destruction des follicules , les cicatrices plus ou moins chéloïdiennes ; parfois le corps papillaire subit un processus de prolifération tel que les téguments prennent un aspect velvétique : le sycosis se complique rarement de furoncles vrais et d anthrax .

Chez les sujets prédisposés à l’eczéma vrai, cette affection peut se surajouter

aux folliculites : mais c’est peu fréquent.

11 est beaucoup moins rare de voir des folliculites suppurées se développei comme complication chez un sujet atteint d’eczéma vrai du cuir chevelu, de la barbe, des moustaches ou du pubis. Ce sont d ordinaire les formes supeiliciclles et

non les formes sycosiques que Ton observe dans ces cas.

Mais les dermatoses que les folliculites ont le plus de tendance a complique!, cl sont incontestablement les pityriasis simplex et les pityriasis stéatoides ou eczémas

séborrhéiques circinés des régions pilaires.

Certes les folliculites superficielles et profondes peuvent se développer d’emblée sur des régions velues primitivement saines, mais il est à notre avis beaucoup plus fréquent de les voir se surajouter à des pityriasis préexistants.

Variétés cliniques des sycosis vulgaires. — Dès 1890, llOUS avons distingué tiois

grands types cliniques de sycosis vulgaire.

1® Dans le premier, les folliculites siègent aux parties latérales des joues : elles

débutent au niveau de la région du maxillaire, de là, dans les formes extensives, elles gagnent plus ou moins rapidement la région sus-hyoidienne et le menton .

cest le type bilatéral.

Quand les folliculites prennent franchement l’aspect sycosique, elles siègent de préférence vers les parties latérales du menton; leurs maxuna s’observent d ordinaire vers le trou mentonnier.

2° Dans le second, les folliculites siègent à la lèvre supérieure et aux paupières qui sont affectées de blépharite chronique (pityriasis simplex et folliculites suppurées) avec destruction des cils : c’est le type médian. La physionomie du malade

est tout à fait caractéristique dans cette forme.

Nous y rattachons par conséquent ce que Ton a appelé V impétigo sycosi forme de la lèvre supérieure, affection des plus rebelles, essentiellement récidivante, dans laquelle les paupières sont souvent épargnées, et qui est caractérisée par des éruptions incessantes de folliculites superficielles, survenant par poussées presque toujours subintrantes à la lèvre supérieure. Peu à peu les tissus finissent par s’enflammer chroniquement, par s’infiltrer, et, dans certains cas, il survient au niveau de la partie sous-nasale de la lèvre supérieure une véritable hyperplasie du derme constituant comme une sorte de tumeur d’aspect éléphantiasique.

Le début se fait presque toujours au-dessous d’une des narines, et 1 affection peut rester un certain temps unilatérale; peu à peu, dans la majorité des cas, elle devient bilatérale symétrique : elle reste presque toujours cantonnée au tiers ou a la moitié médiane de la lèvre supérieure, il est rare qu’elle l’envahisse en totalité. ,

Elle est le plus souvent consécutive à un coryza rebelle dans lequel 1 ana yse

bactériologique (Veillon, Perrin), a permis de déceler le staphylocoque doré; ses récidives et ses poussées aiguës sont habituellement (pas toujours cependant)

consécutives à des récidives de ce même coryza.

On observe d’ordinaire en même temps des folliculites chroniques des naiines, lesquelles peuvent d’ailleurs exister seules; ces folliculites narinaires récidivent

DERMATOSES MICROBIENNES

souvent d’une manière incessante après des périodes de calme plus ou moins longues; parfois leur poussées sont subintrantes. Elles finissent par être une cause d’obsession pour le malade, d’autant plus que chez certains d’entre eux elles se compliquent de temps en temps de véritables furoncles des plus douloureux.

3° Dans le troisième type ou type mixte, toute la barbe, y compris la moustache, est envahie avec ou sans blépharite concomitante.

C'. Folliculites atrophiantes ou destructives du follicule pileux. — Sous cette dénomination nous avons groupé dans nos travaux antérieurs toute une série de formes morbides assez rares.

Si nous prenions ce nom à la lettre, il est certain que nombre de dermatoses devraient rentrer dans ce groupe. Les sycosis vulgaires par exemple finissent, quand ils persistent fort longtemps, par être un peu dépilants : la variole, la syphilis, etc., peuvent être des maladies dépilantes.

Nous croyons devoir désigner sous ce nom des processus plus essentiellement destructeurs des follicules pileux, et objectivement caractérisés :

1° Par un processus inflammatoire folliculaire et périfolliculaire;

2° Par une destruction complète de la papille pileuse donnant lieu à une alopécie définitive ;

3° Par la formation ultérieure d’un tissu ayant plus ou moins l’apparence d’un tissu de cicatrice;

4° Par une certaine tendance qu’ont les lésions à s’agminer et à se grouper.

Ces faits sont vraiment dignes du nom de folliculites décalvantes. Les alopécies cicatricielles innommées d’E. Besnier rentrent dans ce groupe. Il comprend les affections suivantes :

av) La kératose pilaire. — Dans la kératose pilaire 1 il se produit lentement autour des follicules pileux des modifications des tissus telles que les éléments nobles sont frappés de mort. Il est possible que des microbes y jouent un rôle pathogène; mais cette hypothèse attend encore un commencement de démonstration : c’est un processus dépilant par excellence, puisqu’il aboutit pour ainsi dire toujours à la destruction totale de la papille pileuse qui est remplacée par une cicatricule blanche atrophique. Mais en réalité nous ne pouvons considérer ce processus comme une folliculite proprement dite puisqu’il n’y a pas suppuration.

b") Les folliculites atrophiantes du follicule pileux s’observent dans certains cas d’eczéma séborrhéique : ces formes morbides ont souvent de grands traits de ressemblance avec le sycosis lupoïde (voir plus loin) : nous serions presque tentés de les identifier avec lui. Hallopeau a décrit ces faits avec soin; il a démontré que les affections diverses que nous avions autrefois groupées sous le nom de séborrhéides eczématisées peuvent se compliquer de folliculites suppurées remarquables par leurs incessantes récidives. Leurs sièges de prédilection sont la barbe, le pubis, la face interne des cuisses; on les observe aussi au cuir chevelu, aux aisselles, au tronc et aux membres.

Elles paraissent dues à l’invasion des follicules pilo-sébacés par des staphylocoques dorés ; elles amènent le plus souvent la chute des poils intéressés, et il peut en résulter un état presque complètement glabre des parties atteintes : cepen-

1 Nous ne décrirons pas ici la kératose pilaire. Nous ne sommes pas en effet convaincus de la nature microbienne de cette affection. Elle nous paraît être bien plutôt une maladie d’évolution en relation avec les idiosyncrasies des sujets. (Voir la description de la kératose pilaire dans les Réactions cutanées , section des troubles de la nutrition normale des tissus).

SYCOSIS LUPOIDE

dant ces alopécies peuvent ne pas être définitives, mais elles persistent fort longtemps, parfois même toujours, avec production de tissu cicatriciel sous 1 influence

des récidives incessantes des lolliculites.

C’est ainsi que nous avons observé des femmes ayant des séborrhéides eczématisées de la tête, qui portaient à la partie antérieure frontale du cuir chevelu une bande alopécique en diadème de 2 à 4 centimètres de large, avec folliculites et cicatrices punctiformes; des hommes atteints de séborrhéides eczéma tisées de la tête, du tronc et des plis, qui avaient des bandes alopéciques avec cicatrices centrales et pustulettes périfolliculaires aux joues, vers le front et les tempes, au pubis, etc.

Il peut y avoir dans des cas analogues des influences multiples qui agissent pour produire la dépilation : nous avons observé sur un cuir chevelu de 1 alopécie séborrhéique vraie, avec complication de séborrhéides eczématisées et de folliculites cicatricielles dépilantes.

Il est inutile d’insister sur le diagnostic différentiel de ces cas; l’existence des folliculites pendant leur période d’activité les fait reconnaître immédiatement. A la période de calme et d’atrophie, les localisations spéciales que nous venons de décrire et les commémoratifs permettront de remonter à la cause première.

c'O On pourrait peut-être classifier ici l’affection que nous avons décrite en 1885-1888 sous le nom d e pseudo-pelade : mais nous n’en connaissons pas encoie l’agent infectieux pathogène, en admettant qu il existe, aussi, provisoirement du moins, rangeons-nous cette forme morbide dans les troubles de la nutrition noi-

rnale des tissus

d'') Sycosis lupoïde. — - Le sycosis lupoïde que nous avons décrit pour la première fois en 1888, correspond probablement à l 'acné lupoïde des Américains, a ’ulérythème sycosiforme d’Unna, et sûrement à la dermite sicosiforme atrofizzanle de Ducrey et Stanziale. En voici le schème clinique.

Symptômes .1.. sycosis lupoïde. — Les lésions primitives ont l’aspect de grosses pustules périfolliculaires qui s’agminent; le derme sur lequel elles reposent est rouge et épaissi, et même parfois profondément infiltré : il se recouvre souvent de

croûtes et de squames. .

En un mot, la maladie ressemble surtout au sycosis non trichophytiqne ainvea

un degré d’inflammation et d’infiltration du derme très accentué. Elle en diffère par sa tendance constante à une extension centrifuge régulière et a une atrop ie totale du système pilo-sébacé. Tous les poils des parties atteintes sont en effet radicalement détruits. 11 persiste après révolution du processus une cicatrice centrale plus ou moins dure et épaisse, parfois chéloïdienne : elle peut être lisse et

unie; le plus souvent elle présente à sa surface de petits tractus iibreux plus ou

moins saillants et irréguliers. A mesure que la dermatose s’étale, le centre se dégage, n’offre plus de pustules, se dépouille de croûtes et de squames, et présenté l’aspect si spécial que nous venons de lui décrire, tandis que tout autour de lui se trouve une couronne de tissu rouge, épaissi, enflammé criblé de folliculites, couvert de croûtes et de squames, zone d’activité de l’affection. La maladie gagne ainsi constamment dans les régions velues laissant après elle un derme privé de tous ses

, L. Brocq. Notes pour servir à l’histoire (le la kératose pilaire. Annales de derm at. et ^ypM 1890 r> 25 97 et 222 ; Remarques sur les alopécies de la kératose pilaire . Congres de ^ une, K .

— 1S. Besnier et A. Doyon, De la xérodermie pilaire : Pathologie et traitement des maladies de la

peau, t. II, p. 69 (Leçons de Kaposi).

DERMATOSES MICROBIENNES

éléments glandulaires et pileux, c’est-à-dire une alopécie définitive. Les foyers ne sont pas multiples et disséminés çà et là; le plus souvent, il n’y en a qu'un ou deux, rarement davantage, mais ils peuvent atteindre les plus grandes dimensions si Ton n’institue pas un traitement des plus énergiques. Leur siège de prédilection est la barbe, et surtout les parties latérales des joues : mais nous les avons observés aussi aux régions sus- hyoïdien ne, labiale supérieure, mentonnière, temporale.

Certains auteurs étrangers ont peut-être dénommé cette affection avant nous acné lupoïde; mais nous avons mieux aimé lui donner le nom de sycosi. s lupoïde, nom qui nous paraît avoir l’avantage de rappeler les deux affections dont elle se rapproche le plus au point de vue symptomatique.

Traitement du sycosis lupoïde. — Le traitement qui convient le mieux à cette variété est sans contredit la radiothérapie. De une à trois séances bien faites suffisentpour faire tomber provisoirement tous les poils des régions Fig. 185. — Sycosis lupoïde de la barbe atteintes, pour faire disparaître les folliculites (joue gauche). et les autres symptômes.

Quand on ne peut employer ce procédé, nous conseillons des lavages quotidiens des parties malades avec une solution de sublimé au cinq centième ou au millième si le malade peut les supporter, ou bien des lotions d’alcool boriqué, puis nous faisons faire des applications d'emplàtre de Yigo; si les tissus sont trop enflammés, nous substituons à cet emplâtre l’emplâtre rouge d’E. Vidal qui est moins irritant.

Enfin, nous pratiquons, quand nous en voyons la nécessité, des cautérisations ignées, soit avec la pointe fine, soit avec la grille du galvanocautère, et des scarifications linéaires quadrillées assez profondes pour atteindre les limites du mal. Ces scarifications faites tous les huit jours assouplissent d’ordinaire beaucoup le tissu de cicatrice consécutif quand il est par trop induré et par trop irrégulier (voir, pour plus de détails, l’article Lupus). — Parfois les pulvérisations faites avec des eaux sulfureuses, des applications de barégine et de pommades soufrées, réussissent fort bien.

e") Folliculites dépitantes des parties glabres. — Il est probable que les faits publiés par Arnozan et Dubreuilh en 1892 et 1894, sous le nom de folliculites dépliantes des parties glabres, se rapprochent du type précédent. Les lésions siégeaient aux membres inférieurs. Nous devons noter cependant les réserves faites à cette assimilation par Dubreuilh au point de vue anatomo-pathologique.

f") Acné dé cale ante. — Notre troisième groupe de folliculites et périfolliculites destructives du follicule pileux (1888) correspondait à Y acné décalvante de Lailler, à la maladie de Quinquaud (folliculite épilante ou décalvante), à la plupart des alopécies innominées d’E. Besnier. Il est beaucoup moins net que la pseudo-pelade et que le sycosis lupoïde et réclame de nouvelles recherches.

Symptômes tic l'æné décalvante. — Dans le type décrit par Quinquaud, les lésions folliculaires revêtent divers aspects : le plus souvent, ce sont des points purulents,

ACNE DECAL VANTE

des sortes d’abcès miliaires, du volume d’une tête d’épingle ou même moins volumineux, punctiformes, du centre desquels émerge un poil qui s’arrache avec facilité. Le poil est détruit très vite et tombe bientôt spontanément : il ne repousse pas, car le processus inflammatoire produit l’atrophie définitive du follicule pileux et de ses annexes. Aux points atteints, lorsque la maladie a évolué, le cuir chevelu est lisse, d’un blanc mat, comme atrophié, aminci et déprimé; il a parfois un aspect cicatriciel, et rappelle un peu les cicatrices laissées par le favus. Les plaques alopéciques sont irrégulières, de grandeurs variables, mais elles n’atteignent pas le plus souvent des dimensions comparables à celles des plaques de pelade: elles sont disséminées çà et là dans le cuir chevelu; cependant les lésions ontune réelle

Fig. 186. — Acné décalvante de Lailler Melchior Robert.

Il existe deux pustules péripilaires sur la photographie à gauche : sans cette particularité 1 aspect est cclu

de la pseudo-pelade.

tendance à se grouper en foyers principaux et secondaires. Chaque petit élément pustuleux reste distinct et ne forme pas par confluence avec les éléments voisins une masse rouge, indurée, confuse, comme dans les sycosis. Quinquaud a trouve dans les pustules un microcoque avec lequel il a déterminé des lésions des follicules avec chute des poils.

Vacné décalvante de Lailler et Robert est cliniquement identique à cette affection : seulement ces auteurs font remarquer qu’après une première période ou l’alopécie est consécutive à des pustules acnéiformes, l’alopécie peut continuer à se produire sans qu’il y ait de pustules acnéiques appréciables. Ce sciait là une légère différence avec le type de Quinquaud et un trait d’union avec notre pseudo-

pelade.

En réalité il existe entre la pseudo-pelade et ces acnés décalvantes toute une série insensible de faits de passage au point de vue clinique. Pour la discussion de ces types morbides nous renvoyons à notre travail qui a paru dans les Annales, de Dermatologie en 1905. Qu’il nous suffise de dire que nous avons été conduits à nous demander si les acnés décalvantes vraies ne sont pas simplement des pseudopelades compliquées parfois de quelques folliculites.

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Traitement de l'acné décal vante. — D’après Quinquaud, le traitement consiste: 1° à nettoyer avec soin le cuir chevelu en le lavant avec de l’eau savonneuse ; 2° à badigeonner tous les dix jours les régions malades et les régions avoisinantes avec de la teinture d’iode; 3° à lotionner tous les matins les plaques avec une solution de 0gr15 de biiodure d’hydrargyre et de 1 gramme de bichlorure d’hydrargyre dans 60 grammes d’alcool à 60° et 500 grammes d’eau distillée.

Nous renvoyons pour d’autres détails à l’article pseudo-pelade.

Étiologie, pathogénie des folliculites orificielles suppurées. — Comme nous l’avons déjà dit, la cause première des folliculites orificielles suppurées est l’infection staphylococcique, mais les causes occasionnelles qui peuvent faciliter cette infection sont extrêmement complexes.

Certaines régions, comme la lèvre supérieure, constituent une sorte de point taible de l’organisme grâce aux macérations, aux traumatismes incessants, au contact de liquides irritants et aux inoculations accidentelles auxquels elles sont soumises.

Certaines races semblent y être plus prédisposées que d’autres.

Cette prédisposition doit également tenir à certains états généraux et à certaines viciations de l’organisme : citons par exemple le diabète, la goutte larvée, les troubles gastro-intestinaux, les excès et les vices de l’alimentation, etc....

Nous avons vu plus haut que des parasites, poux, acares, etc., et que de nombreux traumatismes tégumentaires, éraflures, grattages, contact de substances irritantes professionnelles ou médicamenteuses, etc., en produisant des effractions et des macérations épidermiques, facilitent singulièrement l’évolution de toutes les pyodermites et par suite des folliculites suppurées.

Diagnostic des folliculites suppurées. — Après les descriptions qui précèdent il nous paraît inutile de nous étendre sur le diagnostic différentiel des folliculites suppurées. Cependant il est nécessaire d’entrer dans quelques considérations sur la délimitation de ce groupe.

Nous ne saurions trop répéter que le mot Folliculite ne doit pas être considéré comme synonyme de staphylococcie cutanée.

H y a des suppurations épidermiques primitives d’origine non folliculaire : c’est V ecthyma vrai (voir ce mot)’; elles n’ont malheureusement pas encore été analysées avec assez de précision.

D’autre part, toute suppuration péri-folliculaire et intra-folliculaire ne doit pas forcément rentrer dans le groupe que nous venons d’étudier, et qui ne comprend que des lésions suppurées primitives du follicule pilo-sébacé.

C’est pour cette raison que nous ne saurions faire de l’acné pustuleuse une folliculite : c’est une acné véritable compliquée ultérieurement de suppuration folliculaire.

Il en est de même pour l’acné atrophique ou ulcéreuse (voir le chapitre Acné).

L’acné décalvante diffère de la pseudo-pelade par l’existence au niveau de la zone d’extension des plaques alopéciques de quelques pustules visibles, çà et là disséminées. Dès qu’il y a suppuration folliculaire visible à l’œil nu, nous entrons dans le type morbide dit acné décalvante : mais cette proposition montre bien tout ce qu’il y a d’artificiel dans cette distinction clinique ; comme nous l’avons dit plus haut, ces deux types sont éminemment connexes.

L’acné décalvante diffère du sycosis lupoïde en ce que ses pustules périfollicu-

TRAITEMENT DES FOLLICULITES SUPPURÉES

laires ne sont nullement agminées, en ce que les plaques alopéciques sont fort irrégulières de formes et de contours.

Elle diffère du lupus érythémateux, du favus, par l’existence de ces mêmes folliculites visibles. Nous n’insisterons pas plus longuement sur ce diagnostic qui est

vraiment facile.

Le sycosis lupoïde typique peut être confondu surtout avec le lupus vulgaire , avec le lupus érythémateux et avec des lésions syphilitiques tertiaires : il nous paraît inutile de le différencier des autres variétés de folliculites après les détails dans lesquels nous sommes entrés.

1° Le sycosis lupoïde diffère du lupus vulgaire par sa tendance beaucoup plus arande à former en son centre du tissu cicatriciel au niveau duquel on ne voit aucun nodule lupique transparent, par la turgescence et l’inflammation considérable des bordures au niveau desquelles existent de nombreuses pustules, par sa limitation exclusive aux régions velues. Cependant plusieurs dermatologistes français ont porté en présence de cas typiques de cette maladie le diagnostic de lupus acnéïque.

2° Il diffère du lupus érythémateux fixe par l’existence de pustules au niveau des zones périphériques d'extension et par sa limitation exclusive aux régions velues.

3° Il diffère des syphilides tertiaires par les mêmes caractères, par l’absence de circulations en arcades mauresques ; mais le diagnostic précis est parfois fort difficile à poser, car il y a des cas mixtes, et le sycosis lupoïde qui se développe chez un ancien spécifique se complique parfois d’in filtrats syphilitiques : le clinicien doit toujours songer à cette possibilité.

Il y a une dizaine d’années, la question du diagnostic des folliculites se compliquait encore davantage par la description des Péri folliculites supputées et conglomérées en placards de Leloir et Duclaux d’une part, de Quinquaud et Pallier d’autre part.

Mais les recherches de ces auteurs tendant à créer des entités morbides nou¬

velles reconnaissant pour cause des microbes spéciaux n’ont pas été confirmées. Il est probable qu’ils ont observé des trichophyties cutanées, des tuberculoses verruqueuses, des staphylococcies agminées à forme un peu spéciale.

Enfin il convient, en présence d’une éruption de folliculites, de rechercher s’il s’agit d’une affection primitive, d’une affection secondaire à une dermatose préexistante, eczéma vrai, pityriasis, intertrigo, impétigo, éruption artificielle, parasitisme quelconque, etc.

Traitement des folliculites suppurées. — Voici ce que Ion peut conseiller d une manière générale comme traitement des folliculites suppurées. Il est probable que la médication interne n’est que de peu d’utilité, étant donnée l’origine microbienne de ces affections. Cependant il est prudent de surveiller l’hygiène du malade, de supprimer toute cause d’irritation cutanée directe ou indirecte, de régler le légime et l’alimentation, de défendre tout particulièrement l’usage des fromages. On soignera l’état général d’après les règles qui sont indiquées aux articles Eczema et Acné. Comme remèdes internes on a beaucoup vanté l’arsenic, le sulfure de calcium et le sulfure de lithium ; ces deux derniers produits à la dose de l à 2 centigrammes par jour. Dans le même ordre d’idées, les eaux de la Bourboule, de Bagnères-de-Luchon, de Barèges, de Cauterets, de Saint-IIonore-les-Bains, d Uiiage, peuvent rendre des services, à l’intérieur et en pulvérisations.

DERMATOSES MICROBIENNES

Comme traitement local, il faut tout d’abord dans les cas où l’inflammation est par trop intense faire usage de topiques émollients. On commence par enlever tous les corps étrangers, croûtes, pus, squames, etc..., qui recouvrent les parties malades.

Pour cela on coupe les poils ras avec des ciseaux, puis on fait des pulvérisations avec de l’eau tiède simple ou mieux boriquée. Si c’est impossible, on fait des lotions prolongées, des applications de tarlatane pliée en plusieurs doubles, imbibée d’eau boriquée et recouverte de taffetas gommé, etc...

Si les croûtes sont trop épaisses et adhérentes, on les ramollit avec de l’huile d’olive ou d’amande douce pure ou légèrement phéniquée, puis on lave à l’eau tiède avec du savon au naphtol, à l’acide salicylique ou à l’acide borique.

Quand les parties malades sont complètement nettoyées, si elles sont trop enflammées, on peut encore continuer les applications calmantes : on enveloppe avec de la tarlatane pliée en huit ou douze doubles, imbibée d’eau de camomille additionnée d’un peu d’amidon (une cuillerée par demi-litre) et d’acide borique (une cuillerée à café par demi-litre), on la recouvre d’ouate hydrophile, puis de taffetas gommé ; ou bien on applique soit des cataplasmes de fécule de pomme de terre, soit le caoutchouc, soit une pâte à l’oxyde de zinc boriquée ou non, par exemple : acide borique porphyrisé 1 gramme, oxyde de zinc 10 grammes, vaseline pure 20 grammes.

Quelques dermatologistes conseillent de ne se servir ni d’applications humides, ni de pommades, et d’employer seulement des poudres, amidon, talc, sous-nitrate de bismuth et oxyde de zinc, etc..., afin de ne pas favoriser les auto-inoculations et l’extension de la maladie.

Beaucoup d’auteurs recommandent de raser la barbe ; d’autres trouvent que le rasoir est irritant, provoque des inoculations, et ils croient meilleur de couper les poils avec des ciseaux courbes aussi près que possible de la peau. C’est la pratique que nous préférons.

Une autre question des plus importantes est celle de l’ épilation.

Il est des dermatologistes qui pensent que l’épilation esf une pratique funeste dans tous les cas de sycosis, car elle augmente l’inflammation des parties malades et favorise la pénétration des parasites dans les tissus. D’autres la préconisent au contraire dans presque tous les cas. Nous pensons qu’il ne peut y avoir à cet égard de règle absolue (voir plus loin les excellents effets de l’épilation parles rayons X).

En présence d’un cas non traité de sycosis, on doit d’abord essayer de s’en tenir aux pratiques suivantes : 1° comme nous venons de le dire, nettoyer les parties atteintes ; 2° couper les poils avec des ciseaux, aussi ras que possible ; 3° vider les pustules, les petits abcès, les laver avec des liquides antiseptiques (eau d’Alibour du Codex coupée suivant la tolérance des tissus de 10 fois à 3 fois son volume d’eau bouillie, eau oxygénée à 12 volumes, neutralisée, coupée du volume d’eau bouillie convenable, eau-de-vie camphrée, alcool sursaturé d’acide borique, liqueur de van Swieten, etc...), pour empêcher les auto-inoculations ; 4° au besoin faire des pulvérisations de quinze à vingt minutes une ou deux fois par jour avec de l’eau bouillie, ou de l’eau boriquée, ou de l’eau résorcinée au 1/1 0C0 ou au 1/500; 5° appliquer les divers topiques que nous allons mentionner.

Si la guérison se fait attendre, nous pensons qu’il peut être bon d’ôter les poils qui centrent les pustules et les nodosités, car ils sont parfois autant de corps étrangers qui entretiennent le travail inflammatoire.

Enfin si elle n’a aucune tendance à guérir par les moyens ordinaires, on est

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