‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 230 sur 252 · TRAITEMENT DES FOLLICULES SUPPURÉES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES FOLLICULES SUPPURÉES

autorisé à essayer les épilations méthodiques pratiquées sur toute la surface malade et à sa périphérie, et combinées avec le traitement chirurgical. Dans ces cas , toutes les fois que c'est possible, il faut avoir recours à la radiothérapie.

Topiques actifs. • — Quand la réaction inflammatoire est un peu apaisée, il est souvent nécessaire de recourir à des agents parasiticides ou substitutifs énergiques.

Citons au premier rang les mercuriaux et les sulfureux qui donnent d’excellents résultats.

Mercuriaux. — On fait matin et soir une lotion avec de la liqueur de van Swieten pure ou coupée de moitié eau, puis on applique une des pommades suivantes : pâte à l’oxyde de zinc additionnée d’un 1/30 ou d’un 1/40 de calomel; pommade au calomel au 1/20 ou au 1/30 pure ou additionnée d’un 1/20 de tannin ; pommade au turbith minéral au 1/30 ou au 1/40 ; pommade à l'oxyde jaune d’hydrargyre au 1/20 ou au 1/30; pommade à l’oléate de mercure au 1/10 ou au 1/20 ; etc. . .

Nous employons fréquemment la formule suivante : calomel 1 gramme, oxyde de zinc 2 grammes, cérat sans eau 20 grammes. Elle nous a donné des succès en la combinant avec des lotions à l’alcool boriqué, et en la faisant alterner, quand elle irrite trop les parties malades, avec la pommade à l’oxyde de zinc boriquée ou non, et avec la pommade au styrax.

Dans quelques cas rares on peut avoir recours aux emplâtres que nous n’aimons guère en principe, car ils provoquent souvent des poussées de folliculites. Dans les formes torpides, l’emplâtre de Vigo agit bien : quand il cause trop d’inflammation, on le remplace par l’emplâtre rouge d'E. Vidal (minium 2er,50, cinabre lgr,50, diachylon 25 grammes).

Sulfureux. — Les pulvérisations avec les eaux minérales sulfureuses donnent parfois des résultats surprenants. Gomme topiques on peut employer la formule suivante : acide salicylique 0,25 grammes, soufre précipité, oxyde de zinc ââ 3 grammes, lanoline 5 grammes, vaseline pure 10 grammes. Mais on peut aussi avoir recours aux pommades soufrées fortes de l’acné (voir ce mot).

Après avoir nettoyé les parties malades, Hans Hébra les enduit avec le mélange suivant : savon, 94 grammes ; résorcine, 2 grammes; acide salicylique, 2 grammes; soufre sublimé, 2 grammes.

11 laisse ce mélange en contact avec les téguments et recouvre de taffetas gommé. Dans les cas bénins, il se contente de laver plusieurs fois par jour les points malades avec cette préparation. Voici la formule de son savon :

Soude 22,5, potasse 1 1,5, huile d’amande douce 8, axonge 58. Mettre l’axonge et l’huile dans une capsule, chauffer ; quand l’axonge est fondue, ajouter peu à peu la soude et la potasse en agitant continuellement ; entretenir 1a, chaleur et l’agitation jusqu’à saponification et jusqu’à consistance de pâte molle ; laisser solidifier dans un moule en faïence. Cette méthode nous a donné d’assez bons résultats; mais parfois elle cause de vives inflammations.

Autres topiques. — Parmi les autres topiques qui agissent parfois avec efficacité, citons les applications d’huile de foie de morue en nature ou sous forme d’emplâtres, l’onguent styrax mélangé à deux parties d’huile d’amande douce, le baume de Duret (voir Généralités), le savon noir en frictions ou en emplâtres, les lavages au savon sulfureux iodé de Zeissl, l’ichtyol, la résorcine, les acides pyrogallique, salicylique, tannique, la chrysarobine, le naphtol, le goudron, la potasse

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DERMATOSES MICROBIENNES

caustique, enfin et surtout les préparations iodées, vaseline ou glycérine iodée et même teinture d’iode : cette dernière substance est excellente pour faire avorter les pustules.

Dans les cas rebelles, on aura recours au traitement chirurgical, au curettage des pustules et des abcès, rarement au raclage, plus souvent à la scarification ; on emploiera alors soit les scarifications ponctuées pratiquées en enfonçant perpendiculairement une pointe d’instrument dans la peau, soit les scarifications linéaires quadrillées (voir article Lupus ) faites à la profondeur voulue, sans cependant diviser trop complètement le derme pour ne pas causer de cicatrices. Dans l’intervalle des scarifications, on applique une pommade à l’oxyde de zinc boriqué ou de l’emplâtre rouge s’il est toléré.

Dans certains cas enfin, il est bon de cautériser chaque pustule ou chaque nodosité inflammatoire avec une pointe de galvanocautère.

Quand on emploie an traitement énergique, s’il se produit une irritation trop forte, il faut le suspendre, appliquer des topiques peu irritants jusqu’à ce que l’inflammation soit dissipée, revenir ensuite à une méthode substitutive mieux appropriée, et ainsi de suite.

Quelle que soit la médication que l’on adopte, il faut continuer le traitement avec la plus grande persévérance, tout en le variant suivant les circonstances, jusqu’à ce que la guérison complète soit obtenue, et encore dans ce cas est-il nécessaire de surveiller de fort près le malade lorsqu’il laisse repousser la barbe, car les récidives sont des plus fréquentes.

Radiothérapie. — D’après tout ce qui précède, on voit combien la thérapeutique des folliculites récidivantes et des sycosis était pénible, difficile, souvent décevante : la découverte des rayons X est heureusement venue rendre un peu moins sombre le pronostic de ces affections.

Schiff et Freund furent les premiers à appliquer la radiothérapie au traitement du sycosis. Depuis lors ce procédé a été fort souvent utilisé par de nombreux auteurs. Notre expérience personnelle nous a permis de reconnaître qu’il donne d’ordinaire de très bons résultats immédiats grâce à la chute des poils qu’il provoque et que l’on doit chercher à obtenir.

On doit se défier des radiodermites ; dans quelques cas malheureux, au menton en particulier, nous avons observé après l’application des rayons X des inflammations cutanées assez tenaces et pas de chute des poils : le résultat de la radiothérapie fut déplorable ; mais c’est exceptionnel.

D’ordinaire, quelque temps après la séance, les poils tombent, les folliculites disparaissent, l’inflammation cutanée se calme et tout rentre dans l’ordre. Il se produit parfois des récidives lorsque les poils repoussent : il faut alors intervenir de nouveau par la radiothérapie.

La variété de folliculites alopéciantes à laquelle nous avons donné le nom de sycosis lupoïde nous a paru tout particulièrement justiciable de ce procédé (voir plus haut).

Conduite a suivre dans un cas de folliculites. — Pour nous résumer, voici ce que nous conseillons de faire en présence d’un cas de folliculite vulgaire :

1° Nettoyer la surface malade ;

2° Couper avec des ciseaux tous les poils aussi ras que possible ;

3° Trois fois par jour faire des pulvérisations ou des lavages antiseptiques avec de l’eau boriquée ou de l’eau de feuilles de noyer boriquée;

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4° Vider complètement les pustules et les abcès dermiques ; au besoin les volatiliser avec une fine pointe d’électrocautère ;

5° Passer après chaque pulvérisation sur toutes les parties malades de l’ouate hydrophile imprégnée d’alcool boriq.ué ou d’eau d’Alibour étendue d’eau bouillie, ou d’une solution de nitrate d’argent au 1/25, ou d’une solution de bleu de méthylène au 1/25, préparations que nous ne saurions trop recommander dans toutes les affections acnéiformes, furonculeuses et anthracoïdes ;

6° Appliquer ensuite des cataplasmes boriqués ou un topique antiseptique approprié à l’état d’irritation des téguments, renfermant soit de l’acide borique, soit de l’ichtyol, soit de la résorcine, soit du soufre, soit du mercure : on peut d’ailleurs combiner plusieurs de ces agents : c’est ainsi que nous nous sommes parfois bien trouvé d’appliquer : le premier jour, de l’onguent styrax coupé de deux parties d’huile ; le deuxième jour, une pommade au précipité jaune au 1/20, ou au calomel ; le troisième jour, une pommade à l’oxyde de zinc au 1/10, boriquée, camphrée ou non, et ainsi de suite ; ou encore le soir pour la nuit une pommade soufrée assez énergique : camphre 0,50 centigrammes, résorcine 0,60 centigrammes, soufre précipité 2 grammes, craie préparée 4 grammes, lanoline 5 grammes, vaseline pure 10 grammes, et le jour une pommade boriquée ;

7° Enfin dans les cas rebelles recourir à la radiothérapie.

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