C. — Furoncle
Le furoncle est décrit dans les ouvrages de pathologie générale : X anthrax est tout à fait du ressort de la chirurgie. Aussi renvoyons-nous pour la description détaillée de ces deux affections aux ouvrages classiques. Nous dirons toutefois quelques mots du furoncle et de son traitement, car il arrive assez fréquemment que le dermatologiste soit consulté à ce sujet. D’ailleurs les méthodes thérapeutiques que nous allons recommander pour le furoncle peuvent être appliquées à l’anthrax.
Symptômes. — Le furoncle débute sous la forme d’une petite induration d’un rouge vif, à sommet acuminé, assez douloureuse dès les premiers moments de son apparition. Elle est souvent, mais non toujours, centrée par un poil. En trois à six jours, cette induration se développe, devient une véritable petite tumeur dont le volume varie de celui d’un pois à celui d’une grosse cerise et plus : la pointe blanchit, l’épiderme se ride à son niveau, et finit par s’ouvrir en donnant issue à une petite quantité de pus. A travers cette ouverture, on aperçoit dans l’intérieur des téguments une masse d’un jaune grisâtre constituée par du tissu mortifié ; c’est le bourbillon qui s’élimine du huitième au douzième jour en laissant une sorte de cavité centrale, laquelle se comble bientôt à mesure que la tuméfaction et la rougeur disparaissent. Le furoncle peut avorter, et dans ce cas l’induration des téguments finit par se dissiper peu à peu sans qu’il y ait de suppuration. Elle peut persister fort longtemps. La douleur causée par le furoncle est parlois très intense ; elle est fréquemment une cause d’impotence fonctionnelle de la région sur laquelle il s’est développé.
Le furoncle peut être unique et isolé ; dans beaucoup de cas, il s’auto-inocule dans le voisinage, et l’on voit s’en produire toute une série. Parfois les furoncles sont multiples d’emblée, disséminés ça et là sur le corps, et ils évoluent par poussées successives pendant des mois entiers sans tendance apparente à la guérison
DERMATOSES MICROBIENNES
(i affection furonculeuse) . Souvent alors l’état général est mauvais ( débilitation , albuminurie , diabète sucré ou azolurique , polyurie simple , etc.)...
Il est fréquent de voir survenir des poussées de furoncles à la fin d’un état général grave, et surtout à la fin d’une dermatose, d’un eczéma en particulier. Ils paraissent constituer une sorte de crise.
Mais ils peuvent aussi, en dehors de tout état morbide facilement appréciable,
évoluer par poussées successives subintrantes ou séparées par des phases de repos de durée variable.
Ils affectent dans ce cas soit une région quelconque du corps, soit une région de prédilection, cou, nuque , paupières ( orgeolets ) , fesses, etc..., ils peuvent changer de localisations suivant les poussées.
Us constituent alors véritablement Y affection furonculeuse, laquelle nous paraît être une des manifestations de l’auto-intoxication de l’organisme.
11 arrive que des goutteux avérés voient leurs accès de goutte remplacés par des poussées de furonculose ou mieux par un anthrax qui se reproduit pendant quelque temps d’une manière régulière tous les trois-quatre mois, tous les ans.
Nous renvoyons aux ouvrages spéciaux pour l’étude des complications multiples du furoncle, gangrènes ( furoncles gangréneux), phlegmons et abcès ( furoncles phlegmoneux ), phlébites, infection purulente ( furoncles des lèvres, de la face , etc..., etc...), et pour l’étude de ses localisations diverses, lèvres, paupières, oreilles, etc.
Anatomie pathologique. Nature. — Le furoncle résulte de l’infection par le staphylocoque doré de la partie moyenne et profonde d’un follicule pilo-sébacé. Mais la caractéristique de cette lésion est la formation d’un noyau de sphacèle comprenant la paroi folliculaire et le derme voisin : c’est ce qui constitue le bourbillon, lequel est par suite constitué par une escarre dermique infiltrée de leucocytes entourant le follicule et la glande sébacée.
On a décrit des furoncles de la paume de la main prenant naissance autour des glandes sudoripares, des furoncles du conduit auditif prenant naissance autour des glandes cérumineuses, des furoncles de la vulve prenant naissance autour des glandes de la muqueuse vulvaire.
Étiologie. Pathogénie. — Le fait majeur qui domine l’étiologie du furoncle est celui qui a été affirmé par Pasteur en 1880 : cette lésion reconnaît toujours pour agent pathogène primordial le staphylococcus pyogenes aureus. L’inocuJabilité du furoncle de région à région chez un même malade est fréquente : on l’observe communément autour d’un foyer primitif : elle est possible, quoique
Fig. 187. — Furonculose du dos.
On voit sur la photographie un gros furoncle en activité vers l’épaule gauche, de petits furoncles et des cicatrices de furoncles anciens disséminés cà et là.
FURONCLE
difficile à réaliser expérimentalement, du sujet malade au sujet sam. Nous croyons avoir souvent observe la contagion du furoncle dans les familles.
Il semble exister de véritables épidémies de furoncles et d’anthrax: nous connaissons des médecins prédisposés aux furoncles qui ne peuvent pas soigner de malades
ayant cette affection sans en être atteints.
A. Wettstein (. Beitràge z. Klin. Chir. XLIX) a constaté que les furoncles et les
anthrax sont plus fréquents à la période de transition entre l’hiver et le printemps
Fig. 188. — Phlyctène purulente recouvrant un furoncle vrai (pseudo ecthyma
à staphylocoques).
co, couche cornée. - cm, corps mu,».»,, - a
œü .rrL aecPc dernier. - ipf, «suda. nd.amu.atoire, fibrineux, etc., agglutiné sur les parois latérales de la cavité phlyctenulaii s.
et au cœur de l’été. Il semble d’après lui que leurs maxima do production soient
en relation avec les conditions atmosphériques.
Le développement du furoncle est singulièrement facilité par les contacts irritants extérieurs, par les applications de substances nuisibles, médicamenteuses, professionnelles, etc..., par les pressions, par les frottements, par 1 équitation (furoncles des fesses et de la partie interne des cuisses des cavaliers), par es
affections parasitaires, poux, gale, etc...
D’après ce que nous avons dit dans la symptomatologie, il faut en outre, pour que le furoncle et l’anthrax se développent, un terrain prédisposé, c’est-à-dire une
réceptivité tout à fait particulière de 1 individu.
Les diabètes, surtout le diabète sucré, parfois le diabète azotunque, constituent
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un des terrains les plus favorables à cette évolution. Mais en dehors du diabète, la furonculose tenace et rebelle peut exister, comme nous l’avons dit plus haut, et elle est presque toujours alors un symptôme d’auto-intoxications variables que l’on a désignées depuis pas mal d’années sous les noms vagues d’arthritisme, d’herpétisme, etc...
Chez des personnes ainsi prédisposées, la moindre cause occasionnelle, le moindre écart de régime, l’usage des fromages salés et fermentés, du gibier faisandé, des poissons pas frais, etc... provoquent le développement du furoncle et de l’anthrax. Mais à toutes ces causes déterminantes il convient d’en ajouter deux autres dont l’importance est véritablement capitale : 1° Le surmenage sous toutes ses formes ; 2° Les chocs subis par le système nerveux, émotions, chagrins de toute nature.
Tout sujet orienté dans le sens furoncle ou anthrax comme réaction morbide, verra ces lésions se développer dans les deux ou trois jours qui suivront une violente secousse nerveuse (voir nos généralités sur les Réactions cutanées).
Diagnostic. — Le diagnostic du furoncle semble s’imposer. Rien en effet n’est plus banal que cette lésion.
Nous n’insisterons pas sur le diagnostic différentiel entre le furoncle et V anthrax, car il y a toute sorte de faits de passage entre ces deux affections, entre les petits anthrax sans gravité qui ne sont qu’une sorte d’agglomération de deux ou de plusieurs furoncles tangents, et les anthrax phlegmoneux malins qui sont des maladies de la plus haute gravité.
Souvent on confond folliculite et furoncle. La folliculite suppurée est une simple suppuration superficielle ou superficielle et moyenne du follicule sans nécrose, c’est-à-dire sans bourbillon : et c’est le bourbillon qui est la caractéristique du furoncle, d’où l’intensité de l’inflammation périphérique, la durée, la violence des phénomènes douloureux dans ce dernier.
Les hidradénites ou hidrosadénites de l’aisselle diffèrent des véritables furoncles parleur aspect arrondi, en noisette, par leur suppuration abondante, par l’absence de bourbillon.
Les abcès compliquent souvent les furoncles et les anthrax : c’est une particularité qu’il convient de connaître en pratique, caron est souvent forcé d’intervenir après la terminaison du véritable furoncle pour ouvrir une collection purulente sous-jacente ou faire cicatriser une fistule interminable. La fluctuation de l’abcès, sa mollesse, sont des caractères distinctifs suffisants.
La pustule maligne diffère du furoncle par son aspect : cependant il y a des cas où les vésicules caractéristiques de la pustule maligne ont été détruites par les frottements ; ou bien dans lesquels il s’est produit des inoculations purulentes sous-épidermiques en couronne autour du furoncle. Le diagnostic objectif est alors pour ainsi dire impossible. Il faut immédiatement, sans perdre un instant, avoir recours à l’examen bactériologique. Si l’on ne peut le pratiquer, on doit agir comme si c’était une pustule maligne.
L Traitement. — Traitement général. — Il résulte de ce qui précède qu’en présence d’un sujet atteint d’un furoncle isolé, il n’y a qu’à le traiter localement, qu’en présence d’un sujet atteint de furonculose rebelle, il faut instituer une médication générale appropriée.
Inutile de dire que si le furonculeux est diabétique, albuminurique, on traitera
FURONCLE
l’affection dont il est atteint. S’il ne présente aucune maladie bien définie, voie: ce
qU UuqiènTgévérale . — Le furonculeux devra faire le plus possible d’exercice au „r2 air S’il ne peut en faire suffisamment, il devra adapter son alimentation a son genre devie, et, autant que faire se peut, ne prendre comme quanLte de non riture que ce qui lui est strictement nécessaire, et comme qualité d aliments que
r.nto.e.l 1« «om. * ; m «f™'» te
sons les fromages, les poissons et les coquilles de mer, le n 1 . c ’ aliments d épargne, l’alcool, les liqueurs, le café, etc... U est de notion presque vulgaire que le régime végétarien guérit la furonculose. Il faut s en souvenu c ans
En outre le malade doit aller tous les jours régulièrement a la garde-robe Il faut qu’il vide complètement son gros intestin tous es jours : s > ne peut arriver normalement ou avec l’aide de suppositoires ou de légers laxatifs, tels qu la crème de tartre, l’huile de ricin, etc... il doit faire le matin un grand lava.
de l’intestin avec un litre ou un litre et demi d’eau bouillie.
En outre le furonculeux doit, dans la mesure du possible, choisir unmode d existence simple et modeste, se garder du surmenage, des grandes ,it grosses responsabilités. Le séjour à la campagne avec exercice au 0iand souvent les furonculoses rebelles.
Médication interne proprement dite - Depuis plusieurs années on a Préconmé la levure de bière contre la furonculose. C’est un bon médicamenta certains e.ards,
mais il est utile d’en poser nettement les indications.
La levure de bière,' pour être vraiment active et inoffensive, doitetre fraîche du jour même, car au bout de 12 heures, surtout en été, elle s’est totalement modifiée en outre sa valeur thérapeutique varie considérablement suivant sa provenan . Certaines fabriques de bière en fournissent qui ont une puissance J®"*®" '^s réelle tandis que la puissance thérapeutique de certaines autres est a peu près nutL Quand on prescrit la levure de bière, il faut donc non seulement l’employer
fraîche, mais encore savoir d’où elle vient.
La dose moyenne de levure fraîche est de trois grandes cuillerées a soupe pai iour pour l’adulte : nous la donnons d’ordinaire à la dose d’une cuillerée a soupe par repas Lus de l’eau ou de la bière. Quand elle est très fraîche, elle est presque tournure bien supportée par l’estomac. Parfois elle donne une legere diarrhée.
Même avec de bonnes levures on n’est pas sûr d’arreter 1 évolution d ^unc mron^ culose et d’empêcher de nouveaux furoncles de se produire. La bo administrée à doses suffisantes empêche un furoncle ou un anthrax de pren îe u o-rand développement ; elle les immobilise en quelque sorte, les rend peu ou poin
"... f.ii f.i. if» «mm
port.... et pe. 8<™nl«- Voili » fl'» l’o" «• » dtoil d.<temmde. * levure voilà ce qu’elle donnera presque toujours, 8 ou 9 lois si , b™ W.» administrée1, et o'e.t déjà - Ml ee.e.dér.ble. 11 - « donner I. le..,. ». inr.n.ule.r lorsqu'ils eo.llrent d
ou lorsqu’un furoncle semble vouloir prendre un certain développement En de hors de ces indications, la levure peut fort bien ne rendre aucun service. Ajoutons
. Voir pour plus de détails notre clinique : le traitement d’un furonculeux (Archives de thérapeutique, 1« avril 1903).
2 II ne faut pas donner la levure en même temps que du lait.
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cependant que son efficacité semble être parfois plus grande, et que nous avons vu son administration coïncider avec la suppression totale de crises de furonculose.
Il en est à peu près de même des sulfureux dont ne nous connaissons pas encore très bien le mode d’action. On a préconisé le soufre sublimé et lavé qui a d’ailleurs l’avantage de constituer un léger laxatif : mais ce sont surtout les sulfureux qui sont efficaces dans la furonculose, et en particulier le monosulfure de sodium que l’on administre à des doses quotidiennes variant de 2 à 6 centigrammes, seul ou associé au sirop de goudron. Gingeot conseillait aussi l’hyposulfite de soude : hyposulfite de soude 36 grammes ; eau distillée 300 grammes (à prendre par cuillerées à café trois fois par jour dans un verre d’eau sucrée), ou bien la poudre sulfureuse de Pouillet à la dose de deux à huit mesures par jour dans une moitié ou un quart de lait ou d’eau pure. Le sulfure de calcium est très utilisé en Amérique : on l’y administre à la dose de 6 à 12 milligrammes trois fois par jour.
Nous employons assez souvent le sulfure de lithium aux doses quotidiennes de 1 à 4 centigrammes : cette substance nous a paru réussir chez les goutteux larvés.
Chez les goutteux avérés la médication antigoutteuse énergique (voir Généralités ) par le colchique seul ou associé à la quinine et à la digitale nous a donné de bons résultats.
En dehors des remèdes précédents, on a recommandé contre la furonculose les arsenicaux sous toutes les formes possibles (voir Traitement du psoriasis pour les formules), les hypophosphites et les glycérophosphates chez les débilités, le salol, le naphtol, lesiodures (?), etc...
Traitement local. — On doit essayerai! début de faire avorter le furoncle en le cautérisant à son centre avec la pointe fine de l’électrocautère ou mieux du thermocautère portée au rouge blanc. On se contente ensuite de panser la plaie avec un emplâtre occlusif.
Auparavant il faut couper ras tous les poils de la région et les bien laver à l’alcool et à l’éther.
Marcus a conseillé de faire agir profondément au centre de la petite tumeur l’aiguille électrolytique négative (de deux à six milliampères pendant deux ou trois minutes, ce qui produit une destruction notable.)
Une autre bonne méthode abortive consiste à badigeonner le furoncle à plusieurs reprises avec de la teinture d’iodeïraiche, ou bien avec un mélange à parties égales de teinture d’iode, de teinture d’arnica et d’alcool camphré, ou avec un mélange à parties égales de teinture d’iode fraîche, d’hydrate de chloral et d’acide phénique neigeux (le manier avec précaution, car il est caustique, et en déposer à peine un soupçon sur les téguments).
Gallois recommande d’employer pour les badigeons iodés une solution de 4 grammes d’iode métalloïdique dans 10 grammes d’acétone. Cette préparation est réellement fort efficace.
Les badigeons iodés font avorter un assez grand nombre de furoncles au début, par contre ils semblent en exaspérer d’autres, les faire devenir plus volumineux, et faciliter même leur transformation en anthrax.
E. \ridal faisait recouvrir le furoncle dès son début de tampons d’ouate hydrophile imbibés d’alcool camphré, ou d’alcool absolu saturé d’acide borique.
IL Vorner touche le furoncle au début, à son centre, avec de l’acide phénique pur, rendu liquide par l’addition d’un peu d’eau ou mieux d’alcool. Quand la
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lésion est plus avancée, il se sert d’une aiguille qu’il enfonce clans les pores cutanés après l’avoir chargée d’acide phénique.
11 est bon pour prévenir le développement de nouveaux furoncles de savonner tous les jours tous les téguments du malade avec de l’eau longuement bouillie et du bon savon. Puis on fait des lotions avec de l’eau-de-vie camphrée, et, si la peau le supporte, avec de l’alcool camphré. Les bains sulfureux donnent parfois de
bons résultats.
Lorsque le furoncle est déclaré, voici les indications thérapeutiques qui s posent: Désinfecter la peau; occlure les foyers morbides; protéger les régions périphériques pour éviter les auto-inoculations. On fait de deux à six pulvérisations par jour avec une solution phéniquée au 1/100, ou avec une solution résorcinée au 1 /500, ou avec de l’eau boriquée additionnée par tasse d’une cuillerée à soupe de liqueur de Van Swieten. Mais il faut, chez les arthritiques, se défier de la sensibilité des téguments : il est trop fréquent de les voir mal supporter les antiseptiques qui provoquent tout de suite chez eux des éruptions artificielles. On doit alors n’employer pour les pulvérisations que de l’eau bouillie, et pour es pansements ne jamais avoir recours ni aux emplâtres du commerce, ni aux préparations contenant dusalol, de l’iodoforme.de l’orthoforme, du sublime, de 1 acide
phénique, de la résorcine, etc... , 1 ,
n est bon d’ailleurs, quand on fait les pulvérisations, de protéger les téguments
tout autour du clou, dans une fort large zone, avec une couche épaisse de pâte adhérente, par exemple avec une pâte composée de parties égales d oxyde de zinc,
de vaseline pure et de lanoline.
Cette protection des zones cutanées périphériques, que notre maître E. Vida nous a appris à pratiquer il y a vingt-trois ans avec du cérat sans eau frais a l’oxyde de zinc, doit être également employée quand on utilise les cataplasmes
comme topiques. ,. ,
Après la pulvérisation on panse avec de la tarlatane aseptique sans appie p en 12 ou 15 épaisseurs, imbibée du liquide avec lequel on fait la pulvérisation, recouverte d’une épaisse couche d’ouate hydrophile et de talfetas chiffon.
Si les douleurs sont violentes et la réaction inflammatoire considérable, on panse avec des cataplasmes de fécule de pomme de terre faits dans des récipients propres avec de l’eau bouillie et de la gaze aseptique, ou avec des ouataplasmes
Quand les douleurs sont trop intenses, et ne sont calmées ni par la levuie de bière à l’intérieur, ni par les pulvérisations et les cataplasmes a Iextéiieui, on peut débrider soit avec le bistouri, soit, ce qui est préférable, avec le thermo-
CciU-tèrô*
Lorsque l’élimination du bourbillon est faite, on panse la plaie avec des rondelles d’emplâtre occlusif stérilisé, et en particulier avec l’cmplatre rouge d’E Vidal au minium et au cinabre. S’il est irritant pour les tegumen s on c remplace par l’emplâtre à l’ichtyol au 1/10, et même par le simple emplâtre a l’oxyde de zinc pur, ou ichtyolé, ou boriqué (voir Généralités pour la manieic
de se servir des emplâtres). , „ A ,
Il est inutile d’ajouter que tout ce qui précède ne s’applique qu au furonc e c, à l’anthrax de petites dimensions, non compliqué. Dès qu'un anthrax prend une marche extensive rapide, revêt un caractère malin phlegmoneux ou gangreneux il faut intervenir chirurgicalement. Nous devons ajouter que nous avons vu réussir dans ces cas la méthode de Déclat qui consiste à injecter en plusieurs points
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de l’anthrax quelques gouttes d’une solution glycérinée forte d’acide phénique.
Nous renvoyons aux ouvrages spéciaux pour le traitement des furoncles despaupières pour lesquels on a surtout préconisé les bains locaux prolongés (de vingt à trente minutes) trois fois par jour de solution de cyanure ou de bichlorure d’hydrargyre au dix-millième dans de l’eau stérilisée, et pour le traitement des furoncles du conduit auditif, pour lesquels on a préconisé les instillations d’alcool absolu sursaturé d’acide borique (Loewenbcrg), ou des applications de naphtol camphré, ou mieux encore, surtout lorsqu’il y a plusieurs furoncles dans le conduit, une sorte de cataplasme antiseptique fait avec une longue mèche de coton hydrophile que l’on introduit avec une pince fine dans le conduit, et que l’on arrose toutes les deux heures avec un mélange à parties égales de liqueur de van Swieten et de glycérine : on recouvre avec un coton mouillé qui remplit la conque et qui empêche la dessiccation de la mèche : on change la mèche toutes les vingt-quatre heures, et on lave alors l’oreille avec de la liqueur de Yan Swieten, puis avec de l’alcool camphré ou horiqué. On doit toutefois se défier des éruptions artificielles quand on emploie ces topiques.
On sait que dans ces derniers temps on a préconisé l’extirpation totale de l’anthrax (voir l’article de Robert Loewy, Bulletin médical , 31 mai 1905.)
Modèle de prescription pour une furonculose. — 1° Se mettre au régime végétarien pur si on le peut; en tous cas s’abstenir totalement de café, thé, chocolat, liqueurs, alcools, vin, charcuterie, poissons, coquilles de mer, crustacés, gibier, pâtés, fromages, aliments trop épicés.
2° Prendre à chaque repas un des cachets suivants :
Bicarbonate de soude .
Soufre sublimé et lavé.
Pour un cachet.
En cas de furoncle volumineux, ou d’anthrax au début, ces cachets seront remplacés par une grande cuillerée à soupe de levure de bière fraîche au début de chaque repas.
3° Si c’est le moindrement utile, faire tous les matins, couché, un grand lavage de l’intestin avec un litre ou un litre et demi d’eau bouillie.
4° Exercice quotidien au grand air, aussi prolongé que possible, sans surmenage.
5° Tous les jours savonnage de tout le corps : se servir pour cela d’eau qui aura longuement bouilli avec une cuillerée à soupe de biborate de soude par litre, et de bon savon blanc de Marseille.
6° Immédiatement après faire une friction générale avec de l’ouate hydrophile aseptique imbibée d’eau-de-vie camphrée, et, si les téguments le supportent, d’alcool camphré;
7° Changer de linge tous les jours;
8° Les furoncles qui ne seront ni volumineux, ni douloureux, et surtout ceux dont le bourbillon se sera éliminé, seront pansés avec des rondelles d’emplâtre rouge d’E. Vidal, fin et frais, que l’on renouvellera au moins une fois par vingtquatre heures.
Quand on enlèvera l’emplâtre, on nettoiera d’abord la peau avec de l’éther, puis avec de l’eau bouillie chaude; on lotionnera avec de l’alcool camphré, et on appliquera immédiatement une rondelle d’emplâtre.
\ ââ 30 centigrammes.
botryomycose
9° Sur les furoncles volumineux et douloureux on fera trois ou quatre fois par iour une pulvérisation de quinze à vingt minutes de durée avec de l’eau bouillie.
’ On appliquera sur une large zone de téguments tout autour du furoncle, mars pas sur lui, une couche de la pâte protectrice suivante :
Oxyde de zinc . ( ââ 10 grammes.
Lanoline pure . . ...
Vaseline pure de lre marque .
et on pansera avec des cataplasmes de fécule de pomme de terre aseptiques dont les
bords porteront sur la zone protégée par la pommade. hm.rhi lion aura
10° Dès que ces furoncles ne seront plus douloureux et que leur bourbillon aura été évacué, ils seront pansés comme les précédents.