‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 233 sur 252 · I. — ACNÉ JUVÉNILE ET SES VARIÉTÉS · texte numérisé non relu

I. — ACNÉ JUVÉNILE ET SES VARIÉTÉS

synonymie. — Acné polymorphe, acné comédonienne, acné inflammatoire de Bazin et de Hardy, acné disséminée, acné vulgaris , acné simplex, acné boutonneuse, etc. L

Symptômes. — L’acné juvénile peut être exclusivement constituée au point de vue objectif par une séborrhée huileuse plus ou moins intense de la face, surtout marquée au nez, aux sillons naso-géniens, aux parties voisines des joues, au front, et par des comédons disséminés çà et là.

Le comédon se caractérise extérieurement par une élevure minime, parfois à peine marquée, de la même couleur que les téguments voisins, ou un peu plus blanche, portant à son centre un point noirâtre lequel correspond à l’orifice glan-

1 D'après Sabouraud on doit désigner sous le nom d 'acné « les transformations accidentelles, les dégénérescences et les lésions d'infection secondaire du cocon séborrhéique. » (Les maladies séborrhéiques : séborrhée, acnés, calvitie, Paris, 1902, p. 49). (Voir article Séborrhée pour la description du cocon séborrhéique.)

« Que l'on suppose sur une région séborrhéique de quelque étendue un grand nombre de cocons séborrhéiques ayant subi la transformation qui change le filament séborrhéique en comédon, la peau malade se trouvera criblée de points noirs semblables à des grains de poudre, enchâssés dans son épaisseur (Alibert). C’est Y acné comédon , acné ponctuée ou punctata, termes synonymes, La physionomie est déjà très distante de celle de la séborrhée vulgaire, car toujours la transformation du filament séborrhéique en comédon suspend l’évacuation sébacée par le pore que le comédon occupe... L’acné ponctuée est la première phase de Yacné polymorphe , et, en effet, toutes les transformations qui vont suivre et qui auront le follicule pilaire pour lieu anatomique auront un comédon dégénéré pour origine... Le comédon qui va être le commencement de l'acné est le reliquat transformé d’un filament séborrhéique. » (Sabouraud, loc. cit., p. 49-50.)

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dulaire. D’où le nom à’ acné ponctuée. La saillie que nous venons de décrire peut même complètement manquer; et dans ce cas le comédon ne se révèle que par la présence d’un point noirâtre, lequel est même dans quelques cas fort difficile à voir. Quand on presse le comédon entre les ongles des pouces, on voit sortir de l’orifice glandulaire une sorte de petite colonne blanche arrondie, filiforme, semblable à du vermicelle minuscule ou à un petit ver blanc à tête noire i. Parfois (Ohmann-Dumesnil) le comédon a deux orifices et deux têtes noires distantes 1 une de l’autre de un à trois millimètres; entre elles se trouve un petit tunnel intracutané rempli d’un cylindre de matière sébacée. ( Double comédon.)

Cette petite lésion est fréquente à la figure, au nez et aux joues en particulier, sur le dos et le devant de la poitrine. Dans ces régions elle coïncide le plus souvent avec les autres variétés d’acnés, car la forme comédonienne pure est relativement rare. Elle fait partie constituante de l’acné polymorphe des strumeux. Il

Fig. 195. — Acné vulgaire juvénile : acné comédonienne.

Fig. 196. — Acné polymorphe de la face ; variété indurée et phlegmoneuse.

est possible (quoique insolite) de l’observer sur tout le corps, à l’exception toutefois des mains et des pieds 2.

. C'est dans ces orifices pilo-sébacés ainsi dilatés que l'on trouve quelquefois le Demodex folliculorum.

2 Comédons de V enfance. - On a décrit, il y a plusieurs années à 1 etranger (Ccdcott Fox Stephen Mackenzie, Radclilïe Grocker, etc...) une variété spéciale de comédons dans lesquels on ne trouve pas de Demodex folliculorum, qui se développent chez les enfants au-dessous de quinze ans et qui affectent surtout les garçons. On observe des cas isoles de cette affection , pai con îe elle frappe tous les enfants d’une même famille dès que l'un d’eux est atteint : il semble donc qu’elle soit contagieuse. Elle débute d’ordinaire près du cuir chevelu de chaque cote du bon ■ au niveau du milieu de chaque sourcil ; de là les comédons s'étendent par groupes, se rejoignent au milieu de la région frontale, gagnent les tempes, les parties latérales des joues, etc... Cette variété est donc caractérisée au point de vue objectif par sa disposition disciplinée en groupes, et non disséminée cà et là sans ordre comme le sont les comédons ordinaires.

Une autre forme* morbide que l’on peut à la rigueur aussi rapprocher des comédons et don , nous avons vu quelques cas chez les enfants, a été décrite par E. Besmer et ihibieige sous le nom à' acné ver moulante. Dans cette variété les comédons sont groupes en plaques sur les pommettes : après leur expulsion ils laissent de petits trous qui deviennent confluents et forment des sortes de fossés ou de ravins tortueux dont l’ensemble donne a la peau 1 aspect d un moiceau

de bois rongé par les vers.

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Presque toujours il existe donc au front, vers la racine des cheveux, aux tempes, sur les joues, au menton, un peu de rougeur et de tuméfaction des téguments autour d’un point noir comédonien : c’est Y acné papuleuse . 11 est fort rare que l’évolution ne continue pas à se faire. La rougeur s’accentue davantage autour du comédon; il devient le centre d’élevures ou de nodosités d’un volume qui varie de celui d’une tête d’épingle à celui d’un gros pois, rouges, coniques ou hémisphériques, plus ou moins douloureuses, et qui dans la grande majorité des cas finissent par suppurer. 11 se forme alors au centre même de la petite tumeur un point jaune blanchâtre au niveau duquel le pus vient soulever l’épiderme. Au bout

Fig. 197. — Acné polymorphe du tronc : chéloïdes prépectorales consécutives.

d’un laps de temps qui varie de trois à plusieurs jours, la papulo-pustule se rompt, et le peu de liquide purulent qu’elle contient s’épanche au dehors, le plus souvent sans que le malade y prenne garde. Puis la petite saillie rouge diminue, s’affaisse, et il ne reste plus comme trace de la lésion qu’une tache d’un rouge plus ou moins brunâtre qui met dans quelques cas assez longtemps à disparaître. Parfois le pus se concrète en une croûte qui se dessèche au sommet de la petite élevure : c’est Yacné pustuleuse superficielle, dont les lieux d’élection sont le visage et les parties antérieures et postérieures du thorax.

Parfois la petite collection purulente offre la forme en sablier : elle est constituée par une pustule superficielle et par une pustule profonde séparées par un étranglement.

Lorsque les papulo-pustules que nous venons de décrire sont régulières, lorsqu’elles ont toutes environ le volume d’une forte tête d’épingle,, ne sont entourées que d’une aréole rouge peu étendue et ne causent qu’une douleur légère, lors-

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qu’elles évoluent rapidement et sont discrètes, isolées les unes des autres, c’est la variété commune ou typique, Yacne simplex de la plupart des auteurs, 1 acné

vulgaris de Fuchs.

Si la papulo-pustule devient beaucoup plus considérable, si la saillie quelle forme est plus marquée, si son aréole rouge périphérique est plus étendue, et le pus qu’elle renferme plus abondant, c’est la forme décrite par Hébra sous le nom d 'acné pustuleuse. Cette variété est tellement voisine de la précédente, qu il est assez difficile de l’en distinguer, et que l’on peut dire quelles se confondent.

Si les éléments éruptifs sont placés les uns à côté des autres et perdent ainsi leur forme hémisphérique pour prendre un aspect plus ou moins allongé, ovalaiie,

on a Yacne hordeolaris (en grain d’orge ou d’avoine).

Si les papulo-pustules sont très volumineuses, agglomérées, et arrivent à constituer des sortes de saillies indurées, solides, à base dure et violacée, c est 1 acné indurée ou tuberculeuse , forme dans laquelle la suppuration peut être d emblée profonde et exclusivement profonde. Il se forme alors un nodus sous-comédomen, rénitent, de grosseur variable, douloureux a la pression, fort lent d’évolution. C’est un véritable abcès acnéique profond qui, ponctionné, donne issue a du pus

collecté.

La réaction inflammatoire qui accompagne l’apparition d’un élément acnéique peut être extrêmement vive; les tissus périphériques sont envahis par le processus et suppurent; il se forme un véritable petit abcès dermique et sous-dermique, a évolution plus rapide que dans la variété précédente, c’est l 'acné phlegmoneuse.

Il est rare que les diverses variétés d'acné inflammatoire que nous venons d’énumérer existent à l’état pur chez un même malade : il est de règle qu on en observe a la fois chez un sujet donné plusieurs variétés ; elles peuvent même coexister chez lui avec d'autres affections des glandes sébacées, telles que kystes sébacés, séborrhée, etc... Quand toutes ces lésions sont réunies aux points d’election. c’est-à-dire à la face, à la partie antérieure, et surtout à la partie postérieure du thorax, le malade présente souvent les attributs extérieurs du lymphatisme. Les formes indurées et phlegmoneuses produisent dans ces cas des alterations profondes des tissus : elles laissent des cicatrices blanches, gaufrées ou irrégulières et même chéloïdiennes. Les lésions sont parfois tellement abondantes a la face, à la poitrine et surtout dans le dos, qu’il n’y a pas un pouce de tissu sam. Tout cet ensemble d’éléments éruptifs composés de séborrhée, de comédons, d’acné simplex, d’acné pustuleuse, d’acné indurée, d’acné phlegmoneuse, de cicatrices etc., à toutes les périodes de leur évolution, constitue une éruption vraiment spéciale à laquelle on a donné autrefois le nom d’ acné polymorphe des scro-

fuleux i. ... r

Dans quelques cas rares on constate en même temps des tannes constituées par

une enveloppe kératinisée contenant de la matière grasse, des kystes butyriques

ou des kystes mucoïdes tenant à une dégénérescence kystique de la glane e

sébacée.

L’acné ne s’accompagne le plus souvent que de quelques sensations de cuisson ou de brûlure. Il est rare qu’elle soit prurigineuse. Cependant nous en avons vu

des cas.

Ce n’est presque jamais parce qu’une éruption d’acné démange que les femmes

. n est probable que l’acne cachecticorum de certains auteurs étrangers d’il y a vingt ans correspond lune varieTé de ce que l'on décrit maintenant sous le nom de Mercuhdes.

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excorient leurs boutons, mais parce qu’elles s’imaginent qu’en les ouvrant et en les dilacérant elles feront sortir le germe morbide qu’elles croient être la cause du mal; elles espèrent guérir ainsi plus vite. Cette pratique devient rapidement chez elles une véritable manie, et elles passent chaque jour de longs moments devant leur miroir occupées à ouvrir et à gratter tous les boutons qu’elles peuvent décou-

Fig. 198. — Acné excoriée de la face chez une femme grande neurasthénique.

vrir. Il est impossible de les empêcher de se livrer à cette funeste habitude. (Voir nos travaux sur l'acné excoriée des jeunes filles et sur son traitement.)

Évolution. — L’acné juvénile est avant tout une dermatose de la puberté. Elle débute chez la jeune fille de onze à quinze ans, rarement plus tard, chez le jeune homme de treize à dix-huit ans. Elle est sujette à des périodes d’exacerbation au printemps au moment des règles, et à des périodes d’accalmies, quand le malade est soustrait aux causes diverses d’aggravation, telles que écarts de régime, mauvais état du tube digestif, etc... Elle a une tendance naturelle à décroître spontanément, puis à disparaître entre vingt-deux et trente ans. Assez souvent elle se transforme en couperose ; presque toujours la séborrhée persiste après la disparition de l’acné.

Mais il y a des formes d’acné qui ont une autre marche. Parmi elles nous signalerons surtout, Y acné mentonnière indurée , profonde, qui s’observe assez souvent chez la femme entre vingt-cinq et quarante-cinq ans. Elle est caractérisée : 1° par sa localisation presque exclusive au menton : 2° par la rareté des éléments éruptifs qui souvent sont uniques, qui dépassent rarement le nombre de 5 à 6 ; 3° par leur succession presque ininterrompue : dès qu’une papulo-pustule est terminée, une autre commence son évolution ; 4° par leur profondeur, (elles forment des nodosités intraet sous-cutanées fort dures d’abord, puis qui peu à peu se ramollissent en augmentant) ; 5° par leur volume (ce sont de véritables abcès dans lesquels par la ponction on trouve une très forte gouttelette — et souvent davantage — de pus collecté).

Pour ainsi dire toujours cette forme est en relation avec un désordre quelconque, lésion ou simple congestion, de l’utérus ou des annexes. Nous avons dans nos cli-

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niques l’habitude de dire : acné mentonnière = lésion utéro-ovarienne ; acné supérieure de la face, troubles gastro-intestinaux.

Acné artificielle ou médicamenteuse. — Uestde notion vulgaire, et nous le rappel lerons à l’étiologie, que l’ingestion de certaines substances nuisibles, de certains médicaments, tels que les iodures, provoque l’apparition depapulo-pustules acnéiques absolument analogues à celles que nous venons de décrire.

Dans ces dernières années on a démontré que les ouvriers qui procèdent à la fabi ication du chlore par 1 ’électrolyse du chlorure de sodium ou du chlorure de potassium, présentent, sous l’influence toxique des vapeurs du chlore à l’état naissant,

une acné polymorphe typique, à un degré monstrueux.

Comme l’a fort bien fait remarquer Sabouraud, eette acné offre tous les caractères de l’acné juvénile, séborrhée grasse prémonitoire, puis comédons énormes et extrêmement nombreux sur toute la surface des téguments y compris même la face dorsale des mains, par places quelques papulo - pustules acnéiques, quelques nodosités d’acné indurée, ou même quelques kystes (voir les travaux de Herxheimer qui a le premier décrit cette affection, Münchener med. Wochens, 28 fév. 1899. p. 278; ceux de Thibierge et Pagniez: Annales de dermat ., p. 815, ■1900: ceux de de Bornemann, histologie de l’acné chlorique, Archiv. /. Dermat und ’syph., LXU, p. 75; ceux de Hallopeau et Lemierre : Société de dermat. juin 1900 ; la thèse de Fumouze où l’on trouvera tous les renseignements desi-

râbles).

Anatomie pathologique et pathogénie de l'acné polymorphe. Transfor¬

mation kystique du filament séborrhéique. (. Sabouraud .) - La condition nécessaire pour que l’on passe de la séborrhée à l’acné, c’est que le filament séborrhéique subisse la transformation kystique et devienne par suite un comédon. Cette transformation s’opère graduellement par épaississement de 1 écorce lamelleuse latérale du filament séborrhéique, écorce qui se plisse de plus en plus, se chiffonne, et arrive ainsi peu à peu, à constituer des « bouchons effectifs qui peuvent être momentanés ou définitifs, siéger en tous les points du cocon.. . C’est ainsi que l’on trouve des comédons cloisonnés, spiralés, contournés diversement. Si l’occlusion se produit à l’orifice folliculaire même, la colonie microbienne cesse d’être effusée au dehors. Elle ne cesse pas pour cela de grandir ; elle s’allonge vers la profondeur. Elle déterminera ainsi une acné suppurée spéciale, nneroba-

ciliaire pure...

Habituellement la clôture du cocon séborrhéique s’effectue presque a la lois en surface et en profondeur, le comédon se trouve constitué. La colonie qu’il con tient continuera encore de s’accroître, mais sur elle-même. Le cylindre séborrhéique grossira transversalement et assurera de plus en plus par sa forme et ses dimensions l’occlusion complète du canal pilo-sébacé qu’il occupe. Son organisation se

complétera par l’adjonction incessante de lamelles cornées nouvelles autour de lui».

« structure du comédon — Son centre est une colonie microbacillaire rigoureusement pure, démesurément plus grosse que celle des filaments séborrhéiques normaux... Par suite du chiffonnement des lamelles cornées internes du filament qui a déterminé l’enkystement définitif de la colonie, cette colonie se trouve découpée de la façon la plus fantaisiste en amas gros ou petits, diversement disposés, et chacun de ces pelotons est incrusté dans une cavité qui l’encapsuie et dans laquelle il se moule.

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« L’ensemble de la colonie microbacillaire est entouré d’une enveloppe cornée dense, épaisse et régulière qui l’enclôt. Puis, autour de cette enveloppe, d’autres en nombre considérable se sont accumulées et font au comédon une succession d’écorces feuilletées et comme cellulosiques : c’est là le manteau du comédon. Ces enveloppes contiennent entre elles, les unes quelques pelotons microbacillaires excentriques, les autres des débris nombreux de poils incurvés et atrophiques. » (Sabouraud, loc. cit., p. 62-64.)

V extrémité inférieure du comédon èstun cul-de-sac arrondi. Son extrémité supé-

Ep. d.px pi ce. p.c

Fig. 199. — Séborrhée du nez.

Ep, épiderme de recouvrement. — te , contenu du comédon. — pc, paroi feuilletée, épidermique du comédon. — pi , paroi épidermique de l'infundibulum pilo-sébacé qui contient le comédon. — dpi, dilatation profonde de cet infundibulum. — so , glandes sébacées ouvertes dans cet infundibulum.

rieure garde presque toujours l’apparence d’une cheminée verticale formée pardes feuillets épidermiques chiffonnés qui renferment des masses pigmentaires et des microbes d’infection secondaire qui sont parfois des amas du bacille-spore de Malassez, plus souvent des colonies de staphylocoques, lesquelles sont le point de départ des processus pyogènes qui vont créer 1 acné polymorphe.

« Infection secondaire du kyste comédon. — La première pullulation staphylococcique au sommet des comédons causera une légère réaction inflammatoire de l’ostium folliculaire. L’épiderme sera infiltré de cellules migratrices : c’est V acné papuleuse.

« Bientôt l’afflux leucocytaire intra-épidermique se continuant, la papule sera devenue pustule. La pustule se formera autour de la colonie séborrhéique comme autour d’un corps étranger : c’est V acné pustuleuse . .

acné juvénile et ses variétés

(( La litière staphylococcique qui entoure le cocon microbacillaire peut s’insinuer entre les écorces concentriques du comédon, jusqu’à pénétrer au-dessous de lui dans la cheminée folliculaire et faire un abcès acnéique d origine (staphylococcique de fait) dans la profondeur. Dans ce cas, le plus souvent, la pullulation micrococcique est double : elle se fait autour du cocon microbacillaire et aussi au-dessous de lui : c’est l'acné suppurée profonde — abcès én bouton de chemise ou en

sablier .

« Quelquefois pourtant la colonie staphylococcique passée entre le cocon séborrhéique et la paroi folliculaire épidermique n a causé aucun dégât superficiel ,

Fig. 200. — Acné vulgaire.

épiderme de recouvrement. — pi, péripilaire. — ae, prolongement

paroi épidermique de l’infundibulum pilo-sebacé. p, ^ poi 1 - a,

de l’abcès péripilaire qui pénètre dans 1 épaisseur de 1 épidémie.

Abcès

elle s’est insinuée entre les écorces du comédon, et va pulluler exclusivement dans la profondeur : c’est l'acné indurée » (Sabouraud, loc. cit., p. 68. 70).

Le microbe pathogène de ces acnés est le staphylocoque à cultures grises , sauf dans quelques cas où, d’après Sabouraud, il est possible, mais non prouvé, que l’acné pustuleuse n’ait reconnu pour agent pathogène que le seul microbacille

séborrhéique.

Étiologie. — La cause déterminante des éruptions acnéiques est dans quelques cas des plus faciles à découvrir : nous avons vu plus haut que l'ingestion de cer-

1 Ceux que cette question intéresse devront lire le travail de T.-C. Gilchnst (tlie Etiology 0f acné vulgaris. Journal of Cutaneo us diseases, mars 1903), dans lequel 1 auteur décrit comme ao-ent constamment pathogène de l’acné vulgaire le microbe qu’il appelle bacillus acnés et qui semble bien être le même que le microbacille de la séborrhée de Sabouraud.

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taines substances, en particulier de médicaments tels que les bromures et surtout les iodures, peut déterminer l’apparition sur le visage ou en d’autres points du corps d’éléments acnéiques typiques ou d’éruptions acnéiformes d’aspect spécial (éruptions pathogénétiques de Bazin). D’autre part les applications sur les téguments de certaines substances, telles que l’huile de cade, le goudron et ses dérivés, la chrysarobine, l’acide pyrogallique, etc., peuvent également amener la formation de pustules acnéiques (éruptions de cause externe de Bazin). Ce sont les acnés artificielles dont nous disons quelques mots au chapitre Éruptions artificielles médicamenteuses (voir ce mot). — Dans ces cas d’acné bromique, iodique, cadique, etc., il faut bien évidemment, avant d’instituer toute autre médication, commencer par supprimer la cause si l’on veut supprimer la lésion cutanée.

Mais en dehors de ce groupe de faits qui ne présente aucune difficulté, il est souvent impossible d’assigner une étiologie nette et précise aux divers cas d 'acnés dites spontanées ou de cause interne pour lesquelles on est si souvent consulté. Il est cependant quelques causes que nous devons signaler, à côté des agents microbiens dont presque tous les auteurs admettent à l’heure actuelle l’influence réelle.

La scrofule, ou pour mieux dire ce que l’on est convenu d’appeler le tempérament strumeux, semble constituer un excellent terrain pour l’évolution de cette dermatose : on ne peut néanmoins toujours incriminer ce tempérament : car, d’une part, tous les strumeux ne sont pas acnéiques, et d’autre part, il est de nombreux acnéiques qui ne présentent ni chez eux ni chez leurs ascendants aucun symptôme de lymphatisme. Certains sujets atteints d’acné vulgaire présentent quelques symptômes que l’on pourrait rapporter à ce que l’on désignait autrefois sous le nom d’arthritisme, tels que des migraines ou des céphalées fréquentes, du froid aux pieds habituel, de la dilatation stomacale, des sensations de gonflement et de pesanteur du côté de l’estomac après les repas, avec poussées congestives vers la face, delà constipation opiniâtre, etc... Toutes ces manifestations semblent bien être en relation avec les lésions cutanées : mais il n’y a là rien de bien précis. Ce qui est vrai, c’est qu’il y a certaines peaux que nous appellerons de qualité inférieure, épaisses, graisseuses, à orifices sébacés élargis, qui sont prédisposées aux éruptions acnéiques. Ce qui est également exact, c’est que la prédisposition à l’acné est souvent héréditaire, familiale, s’observe chez les frères etchezles sœurs.

On a beaucoup insisté sur les relations qui existent entre l’acné disséminée et les affections des organes génito-urinaires chez les deux sexes. On a fait remarquer, ce qui était déjà connu depuis l’antiquité, que l’acné se produit surtout de quatorze à vingt-quatre ans au moment du développement et du maximum d’activité des organes génitaux. Et c’est là une particularité d’une importance capitale que l’on ne saurait trop mettre en lumière. On a constaté la coïncidence de cette dermatose avec la congestion de ces organes, congestion tenant soit aune continence exagérée (jeunes gens étroitement surveillés dans leurs familles, séminaristes), soit à l’onanisme, soit à des excès vénériens d’autre nature, soit à une affection quelconque du canal de l’urèthre, delaprostate ou de l’utérus. Chez lesjeunes filles ou même chez les jeunes femmes, les poussées d’acné sont souvent en relation directe avec les époques menstruelles. Chez certaines femmes l’acné indurée mentonnière, profonde, rebelle, est certainement en relation avec des lésions de l’utérus ou des annexes, ou bien avec de simples poussées congestives de ces organes.

On sait aussi depuis longtemps que l’acné dépend dans une certaine mesure de

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troubles digestifs. Les fermentations gastro-intestinales, la constipation habituelle nous paraissent jouer un rôle majeur dans sa genèse. Avant tout il faut que le malade vide son son intestin tous les matins. Les écarts de régime, l’ingestion de certaines substances alimentaires, du fromage en particulier, suffisent chez beaucoup d’acnéiques à provoquer une éruption. On a même voulu faire de 1 acné un symptôme constant de dyspepsie et de dilatation stomacale.

(( La dyspepsie favorise d’abord le développement de la séborrhée, puis « survient l’éruption acnéique qui n’est que le résultat d’un ensemencement de « la peau séborrhéique par les germes venus de l’extérieur. L’éruption acnéique (c est contagieuse, et surtout auto-inoculable de proche en proche. » (Barthélemy, Congrès de Paris, 1889.) Déjà quelques médecins avaient attribué l’acné pustuleuse à l’introduction dans les follicules de parasites venus du dehors, tels que divers staphylococci. Ce rôle des parasites dans la genèse de l’acné, rôle qui vient d’être si brillamment mis en lumière par Sabouraud, nous semble très soutenable. Ici, comme pour beaucoup d’autres affections de la peau, il est probable que le parasite est la cause déterminante quoique banale : il devient pathogène quand il trouve un terrain convenable.

Certains climats, les bords de l’océan en particulier, semblent parfois exercer une influence fâcheuse au point de vue de l’apparition des pustules acnéiques. Les agents irritants extérieurs en favorisent le développement : c’est ainsi que quelques personnes voient se produire de l’acné sur leur visage quand elles s’exposent à l’action d’un vent violent, d’un froid vif, d’un froid ardent, etc...

Nous signalerons encore les irritations multiples causées par l’épilation ou les applications de pâtes épilatoires, chez les personnes pourvues d’un système pileux exagéré : chez elles, la destruction complète des poils par l’électrolyse ou par la radiothérapie peut devenir une véritable nécessité (voir, pour notre façon de comprendre la pathogénie de l’acné, ce que nous disons au chapitre É tiologie et Pathogénie générale des dermatoses.)

En résumé, les acnés se développent sur terrain prédisposé, souvent héréditairement, sur fond séborrhéique, lors de la puberté ; leur développement semble favorisé par l’ingestion de substances nuisibles, par les fermentations gastro-intestinales, par la constipation, par les maladies de certains organes, surtout des organes génito-urinaires, enfin par certains contacts irritants.

Traitement. — G. -U. Fox divise au point de vue pratique les acnés en vai îétes irritables et variétés indolentes. Les variétés irritables sont caractérisées par une tendance toute spéciale des téguments qui sont lins et souples à s enflammer sous l’action des divers topiques, par l’importance de l’élément vasculaire et conjonctif, par les liens étroits qui unissent l’éruption acnéique aux divers troubles constitutionnels que nous venons d’énumérer : aussi le traitement général a-t-il dans ces cas une importance toute spéciale. Dans les variétés indolentes les téguments sont épais, rugueux, huileux ; les glandes sont obstruées et dilatées, et les topiques les plus énergiques sont bien supportés ; le traitement local devient au contraire ici la partie la plus efficace de la médication.

Traitement général. — Il faut, avant toute chose, quand on se trouve en pré. sence d’un cas d’acné, rechercher si les téguments ne sont exposés à aucun contact irritant, et si le malade n’a rien pris, soit comme aliment, soit comme médicament, qui puisse lui donner de l’acné. D’après certains auteurs, un régime excitant, l’usage de café, de thé, d’alcool, de vin pur en trop grande quantité, de viande de

Bkocq. — Dermatologie. I. 52

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porc, de veau, de gibier faisandé, de conserves de poissons, de crustacés, de graisses, de fromages fermentés, et surtout une trop grande proportion de viande dans l’alimentation peuvent donner des poussées acnéiques (voir, pour plus de détails, l’article Régime).

On doit examiner avec soin le tube digestif, et pour peu que l’estomac soit atteint et que les digestions soient imparfaites, on les régularisera par des moyens appropriés. Cette mesure est, d’après nous, . des plus importantes ; nous sommes convaincu, ainsi que nous l’avons écrit dès 1887, que dans beaucoup de cas la dyspepsie, les écarts de régime et la constipation interviennent pour une grande part dans la pathogénie de l’acné. Ils activent les poussées congestives qui se produisent vers la face après les repas ; peut-être même favorisent-ils l’introduction dans la circulation générale de produits imparfaits et nuisibles dont l’élimination par les glandes sébacées cause leur mauvais fonctionnement, etc. (Voir la communication déjà citée de Barthélemy au congrès de 1889.) Quoi qu’il en soit des explications que l’on peut en donner, il est si fréquent de voir des troubles dyspeptiques coïncider avec des éruptions acnéiques que l’on ne peut pas négliger cette indication. On soumettra donc ces malades à un examen minutieux des fonctions gastro-intestinales, examen pour lequel on devra même dans les cas rebelles avoir recours aux méthodes d’analyse chimique, et on les traitera en conséquence. Dans quelques cas, le benzo-naphtol à la dose quotidienne de 25 centigrammes à 2 grammes, pur ou associé au salicylate de bismuth, au soufre ou à la magnésie, ou le peroxyde de magnésium à la dose de 0,50 centigrammes à un gramme avant chaque repas donnent d’excellents résultats.

Les acnéiques ne doivent jamais être constipés: on leur prescrira l’usage de laxatifs variés, tels que les pilules depodophylle, d’euonymine, d’aloès, parmi lesquelles nous recommandons les grains de santé de Frank et même, dans les cas rebelles les pilules d’Anderson, les pilules de rhubarbe composées de la pharmacopée anglaise, les poudres laxatives (magnésie, rhubarbe pulvérisée, etc...), le citrate de magnésie, la manne, les différents thés purgatifs connus, etc... Ces divers agents ne doivent, nous le répétons, agir que comme laxatifs : il ne faut pas en continuer l’usage trop longtemps : quand on s’est servi de l’un d’eux pendant trois ou quatre semaines, il faut en employer un autre, et ainsi de suite. Il est bon de faire tous les matins des massages abdominaux pratiqués dans le sens du gros intestin, de façon à en réveiller la contractilité. Toutes les fois que ce sera possible, on s’en tiendra à cette dernière pratique et à l’usage journalier d’aliments laxatifs, tels que les pruneaux et les pommes cuites.

Il est nécessaire que les acnéiques n’aient pas froid aux pieds : or il suffît d’interroger quelques malades atteints soit d’acné du visage, soit de séborrhée de la face ou du cuir chevelu pour se convaincre de la fréquence de ce symptôme chez eux. Ils réveilleront l’activité de la circulation vers les extrémités inférieures par la marche, l’exercice corporel, et au besoin par le massage, par des frictions quotidiennes ou biquotidiennes avec de la flanelle imbibée d’alcool camphré, d’eau de Cologne, d’alcoolat de lavande et surtout d’alcoolat de Fioravanti, par les douches locales, par la flagellation avec de l’eau froide, par les bains de pieds chauds au gros sel, ou sinapisés.

On s’efforcera de régulariser les fonctions des organes génito-urinaires , tâche aussi délicate que difficile pour le médecin et pour le malade. On a publié en Amérique des observations fort intéressantes de personnes atteintes d’acnés rebelles qui avaient épuisé tous les moyens thérapeutiques locaux connus, et qui avaient

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guéri soit par des injections vaginales biquotidiennes d’eau très chaude, soit par le massage uréthral pratiqué avec une sonde métallique froide. Nous ne saurions trop engager les médecins qui ont à traiter des acnés rebelles à s’enquérir de l’état des organes génito-urinaires de leurs malades, et à les soigner dans ce sens pour peu qu’ils constatent la moindre lésion pathologique ou le moindre trouble fonctionnel.

La rhinite chronique est souvent une cause de congestion et d’acné du visage. Il faudra donc aussi vérifier l’état des fosses nasales.

On doit s’inquiéter de la constitution du sujet : s’il est lymphatique et si son tube digestif est en bon état, on lui fera prendre de l’huile de foie de morue à haute dose; cette substance agit assez bien dans l’acné polymorphe des strumeux, quoique d’une manière générale il faille donner le moins possible de matières grasses dans les affections des glandes sébacées caractérisées par un excès de sécrétion. Gubler prescrivait de la glycérine aux acnéiques. Si le malade est anémique ou chloiotique, on aura recours aux ferrugineux seuls ou associés à 1 arsenic (la mixture ferro-arsenicale de Wilson par exemple) ; s’il est goutteux, on essayera les alcalins, en particulier les eaux minérales naturelles alcalines fortes ou faibles, suivant

les cas.

Nous ne connaissons pas de médicament réellement héroïque contre l’acné. Certains auteurs ont cependant préconisé l’administration à l’intérieur de quelques substances qui auraient, d’après eux, une action directe sur l’élément acné. C’est ainsi que des malades auraient obtenu de très bons eftets de 1 emploi longtemps prolongé du soufre donné soit en nature, soit sous forme de pastilles, soit mélangé à parties égales de miel ; les sulfureux artificiels et les eaux minérales sulfureuses comptent également quelques succès. On a beaucoup vanté le sulfure de lithium et le sulfure de calcium.

Après Unna nous avons donné l’ichtyol en capsules de 2o centigi animes aux doses de 2 à 4 capsules par jour.

Dans les cas d’acné volumineuse, l’arsenic, à la dose quotidienne de 6 à 15 millifframm.es, aurait rendu des services. Dans l’acné pustuleuse, Piffard a employé

le bromure d’arsenic à doses très faibles.

Denslow a recommandé l’ergotine, et nous croyons avoir dans quelques cas retiré de bons effets de ce médicament seul ou combiné soit au sulfure de lithium, soit à la digitale, à la belladone, à l’hamamélis, à la quinine.

La levure fraîche de bière semble réussir dans les acnés pustuleuses très volumineuses : mais c’est assez aléatoire et cette substance reste presque t o u j ouïs inefficace dans les formes ordinaires.

Résumé. — Nous pouvons schématiser de la manière suivante le traitement général de l’acné juvénile :

1° Supprimer tout médicament pouvant donner lieu à une éruption acnéique,

en particulier les bromures et les iodures.

2° Régime d’une très grande sévérité. Interdire l’usage du café, de l’alcool, des liqueurs, du vin en grande quantité, de la charcuterie, du gibici faisande , des poissons et des coquilles de mer, des crustacés, de trop de beurre et de giaisse, des fromages salés et fermentés : ne pas trop manger de viande.

3° S’efforcer d’obtenir des digestions parfaites -.soigner tous les troubles dyspeptiques qui peuvent exister du côté de l’estomac etdes intestins; veiller àla régularité des garde-robes : entre autres laxatifs, nous recommandons dans ce but la

fleur de soufre.

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4° Soigner tous les désordres de l’appareil génito-urinaire.

5° Réveiller l’activité de la circulation générale surtout vers les extrémités inférieures par la marche, l’exercice corporel, le massage, les frictions alcooliques, les flagellations avec de l’eau froide, etc...

6° Faire examiner les fosses nasales et leur arrière-cavité : les faire traiter s’il y a la moindre lésion.

7° Comme médicament interne, on peut donner soit l’ichtyol aux doses de 1 à 2 grammes par jour au commencement des repas, en capsules de 25 centigrammes, soit le soufre sous forme d’eau sulfureuse naturelle, ou de sulfures, ou de pastilles de soufre, soit enfin chez les anémiques, l’arséniate de fer aux doses de 2 milligrammes à 1 centigramme par jour

La levure fraîche de bière renouvelée tous les jours nous a donné quelques résultats dans certains cas d’acné rebelle, surtout dans les formes pustuleuses à gros éléments : nous l’avons administrée aux doses de 3 à 9 cuillerées à café par jour dans un peu d'eau ou de bière avant les repas. Mais l'action de ce médicament est des plus infidèles : dans certains cas, il nous a paru plus nuisible qu’utile.

Traitement local. — Malgré l’importance des recommandations qui précèdent, il faut bien savoir que, dans la grande majorité des cas, le traitement général seul n’agira pas, et qu’il est des malades chez lesquels le traitement local employé seul sera efficace. Cependant nous ne saurions trop engager les praticiens à instituer autant que possible un traitement général approprié, en même temps qu’une médication locale convenable. Il est bon, quand on s’adresse à une affection aussi rebelle, de ne rien négliger pour en assurer la disparition. II est des sujets que blanchit momentanément la médication locale, mais qui voientconstamment leur acné récidiver parce qu’elle est en relation directe avec une des causes dont nous venons de parler plus haut et que l’on a négligées.

Traitement local des comédons. — Il est fort difficile de traiter les comédons. 11 est souvent malaisé de les enlever ; parfois en le faisant on provoque la formation de papulo-pustules d’acné; enfin il est presque impossible d’en empêcher la reproduction.

a) Enlever les comédons. — Pour enlever les comédons on peut exécuter avec les doigts désinfectés des massages rythmés de la peau préalablement savonnée et lavée à l’alcool et à l’éther. Cette pratique qui est des plus recommandables et que l’on peut étendre au traitement de toutes les acnés de la face, est d’une exécution fort délicate. Pospelow adonné les règles suivantes : « il faut masser chaque moitié du front de la ligne médiane vers la tempe, les joues de dehors en dedans, en suivant une ligne courbe presque parallèle à la mâchoire inférieure, la racine et le dos du nez directement de haut en bas et de dedans en dehors, la région mentonnière de haut en bas suivant des arcs de cercle disposés autour du centre du menton. On commence par se réchauffer les mains par l’immersion dans un bain d’eau bouillie très chaude (à 40° 43°); puis, après les avoir essuyées à sec et lubréfiées avec de la vaseline stérilisée, on pratique, avec les extrémités digitales des efflemages énergiques sur les diverses régions de la face dans les directions indiquées. La durée de la séance est de quinze à vingt minutes. Le massage terminé, le malade se poudre de talc et se couche: C’est en elfe t le soir qu’il convient de le pratiquer. »

Nous prescrivons d’ordinaire à nos malades de faire tous les huit ou dix jours un nettoyage complet de la figure. Pour cela on savonne toutes les parties malades

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avec du savon de naphtoi et avec de l’eau qui a longuement bouilli avec du borate ou du bicarbonate de soude; on lave à l’éther et à l’alcool camphré. On désinfecte soigneusement les mains, les doigts et les ongles. Puis, avec la pulpe des doigts, on exprime toute la peau malade en la pinçant entre le pouce et l’index ; par cette manœuvre on fait sortir des quantités presque toujours considérables de cocons séborrhéiques. On exprime les comédons entre les ongles. Ceux qui ne sortent pas ainsi sont enlevés au moyen d’une clef de montre que l’on passe chaque fois à la flamme de la lampe à alcool, puis que l’on plonge dans l’alcool camphré. Quand le nettoyage de la figure est terminé, on la lave de nouveau à l’alcool et à l’éther, et on la savonne.

Sabouraud prescrit :

1° Nettoyer la peau avec un bouchon d’ouate hydrophile imprégné d’éther officinal.

2° Badigeonner ensuite le visage avec un pinceau mouillé de :

Acide tartrique .

Acide salicylique

Résorcine. . , .

Alcool à 60° . .

^ àâ de 1 gramme à 5 grammes.

50 grammes.

3° Extraire ensuite les comédons avec l’extracteur et un par un . aussitôt api es, appliquer le lait de soufre de Vidal, ou bien du sulfure de carbone saturé de soufre et non sursaturé (très inflammable), (le passer avec une boulette d’ouate

très mouillée).

b) Prévenir le développeynent des comédons. — Tous les soirs on savonne la figure avec de l’eau bouillie chaude additionnée de borate de soude ou de bicarbonate de soude et avec du savon de naphtoi ou du savon de potasse. Puis on passe de l’ouate hydrophile salicylée imbibée soit d’eau oxygénée, soit d’une solution contenants grammes de borate de soude, 10 grammes d alcool à 90°, 30 grammes de glycérine et d’eau de rose, soit une solution de 1 à 2 grammes de carbonate d’ammoniaque pour 30 grammes d’éther et 70 grammes d’eau.

Dans les cas rebelles, on emploie pour le savonnage, le soir, le mélange suivant : acide salicylique, 1 gramme ; savon noir, 40 grammes ; alcool de lavande, 10 grammes; alcool à90°, 80 grammes, et on applique le soir une des pommades exfoliantes que nous allons indiquer pour le traitement de l’acné.

Le matin, il est bon, après la toilette, de faire une lotion avec de l’eau de Cologne, ou même, quand c’est possible, avec de l’alcool camphré ou de l’alcool

salicylé au 1/100, si la peau le supporte.

Les pulvérisations avec un pulvérisateur a vapeur rendent paitois de reels ser

vices.

Traitement local de la forme vulgaire de l’acné juvénile. — Voici les divers raitement locaux que nous croyons devoir recommander :

Lotions chaudes et alcoolisées. — Dans les cas de peu d intensité, on conseillera

d’employer d’abord les moyens suivants, qui n’offrent aucune difficulté d’application et qui n’ont aucun inconvénient. Le malade fera, matin et soit, des lotions avec de l’eau aussi chaude que possible pure ou additionnée d eau de Cologne , puis il passera sur les points atteints de la tarlatane ou de l’ouate hydrophile trempée dans de l’eau-de-vie camphrée ou de l’eau de Cologne; dans la plupart

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des cas, les malades arrivent peu à peu à se servir d'alcool camphré pur. L’alcool camphré paraît être plus efficace que l’eau de Cologne ; des lotions faites matin et soir avec cette substance améliorent assez rapidement l’acné du dos et de la partie antérieure de la poitrine. On a conseillé d’ajouter aux lotions soit de l’acide borique, soit du borate de soude à la dose de 1/50 environ, et de maintenir appliquée sur les boutons acnéiques naissants un peu d’ouate imbibée d’alcool camphré; on en ferait ainsi avorter un certain nombre.

L’alcool à 96° saturé d’acide borique peut être employé à la place de l’alcool camphré. On a également proposé dans le même but l’alcool salicylé au trentième.

Traitement par les mercnriaux. — Dans lés cas bénins, les préparations de sublimé rendent des services. Seulement on doit, lorsqu’on les prescrit, avertir les malades des petits inconvénients que peut avoir leur emploi : irritation possible des téguments, altération des objets de métal, etc...

Après les lotions biquotidiennes à l’eau chaude que l’on doit toujours faire, on savonne les parties malades avec du savon au bichlorure d’hydrargyre plus ou moins fortement etplus ou moins longtemps, suivant la susceptibilité des téguments, puis on les lotionne avec de l’ouate hydrophile imbibée d’une solution contenant un gramme de bichlorure d’hydrargyre pour 100 grammes d’alcool à 90° et 150 grammes d’eau distillée.

On coupe d’abord cette solution de trois fois son volume d’eau chaude, puis on diminue peu à peu la quantité d’eau, et on arrive à l’employer pure : dans ce cas, il est bon de la faire chauffer au bain-marie.

Une formule très employée est la suivante :

Bichlorure d’hydrargyre . 1 gramme.

Teinture de benjoin . 8

Emulsion d’amandes amères . 490 —

M. s. a. et agiter avant de s’en servir.

Pendant la nuit on applique sur les parties malades une pommade au calomel au 1/40 ou au 1/20, suivant l’irritabilité des téguments.

On a également prescrit le protoiodure, le biiodure de mercure, l’iodochlorure mercureux en pommades à la dose de 10 à 40 centigrammes pour 30 grammes d’excipient, et le chloramidure de mercure à une dose double.

Dans les cas rebelles on obtient de bons résultats par les applications d’emplâtre de Yigo : le malade le garde pendant toute la nuit, sauf irritation trop grande des

téguments.

Quelques auteurs ont conseillé de mettre avec précaution au sommet de chaque papulo-pustule d’acné une petite gouttelette de nitrate acide de mercure ; on se sert pour cela soit d’un morceau de bois taillé en pointe, soit d’une mince baguette de verre. Le procédé est efficace, mais délicat à employer, et il peut laisser des cicatrices.

Traitement par le chlorhydrate d’ammoniaque. — On prescrit parfois le chlorhydrate d’ammoniaque seul en lotions et surtout en applications sous forme de compresses de tarlatane imbibées de la solution médicamenteuse et recouvertes de gutta-percha laminée ou de taffetas gommé ; on les laisse plus ou moins longtemps en contact avec les parties malades, suivant la susceptibilité des téguments et la force de la solution employée. Le titre de la solution recommandée est très variable suivant les auteurs.

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Les uns l’emploient au 1/1 000, les autres au 1/50. Si 1 on se contente de faiie des lotions, on peut se servir d’emblée d’une solution au 1/100 ; si l’on fait des applications, il est prudent de la prescrire au 1/1000, saut a augmenter îapidement cette dose s’il n’y a pas d’effet utile produit.

Nous employons parfois une solution de 1 gramme de bichlorure d’hydrargyre et de chlorhydrate d’ammoniaque dans 500 grammes d’eau distillée, et nous la

faisons d’abord couper de moitié eau chaude.

La célèbre liqueur de Gowland est composée de 1 décigramme de bichlorure d’hydrargyre et de sel ammoniac pour 200 grammes d’émulsion d’amandes amères.

Traitement par les sulfureux. — Les diverses préparations soufrées sont avec le savon noir et la résorcine les agents de beaucoup les plus efficaces contie les eiuptions acnéiques. Mais certains sujets ne les supportent pas, et chez eux le soufre cause des éruptions artificielles assez intenses pour qu on ne puisse pas en continuer l’usage. Cette substance est surtout utile dans les formes d’acnés qui s’accompagnent d’une séborrhée très accentuée. On l’emploie sous forme de savons, de lotions, de poudres, de pommades.

Savons. — Le plus connu est le savon au soufre sublimé lavé avec lequel on fait tous les soirs en se couchant un savonnage plus ou moins énergique suivant l’effet produit. On se sert pour cela d eau chaude et de flanelle. Si les téguments ne s’irritent pas trop, on laisse la mousse sécher sur le visage plus ou moins longtemps, puis on l'enlève avec de l’eau chaude.

Bains et lotions. — Dans les cas d’acné généralisée ou tout au moins d’acné du tronc on prescrit des bains sulfureux dans lesquels on fait frictionner les malades avec du savon noir, du savon à l’ichtyol ou au naphtol. On peut se contenter de faire laver le visage avec l’eau des bains sulfureux. Il est préférable de prescrire des lotions matin et soir avec de l’eau très chaude dans laquelle on met par demiverre de 10 à 60 gouttes de polysulfure de potassium liquide avec ou sans quelques gouttes de teinture de benjoin. On commence par employer des doses faibles, puis on augmente peu à peu le titre de la solution, si le traitement n irrite pas trop les

téguments.

Poudres et pâtes. — Nous rangeons sous ce titre toutes les préparations sèches ou liquides dans lesquelles le soufre se trouve en nature, et qui agissent en laissant une couche de soufre pur ou combiné à d’autres agents en application sur la région malade. Ces préparations sont fort nombreuses : nous nous contenterons de mentionner les plus importantes.

En Allemagne, on nettoie d’abord avec de 1 eau chaude et du savon, surtout avec du savon noir : on frictionne énergiquement la peau, puis on sèche, et l’on étend avec un pinceau une couche d’une pâte soufrée quelconque. \ oici une des foimules données par Ilébra :

Soufre précipité .

Bicarbonate de potasse . j

Glycérine . ââ 8 grammes.

Eau de laurier-cerise . '

Alcool à 60° . . •

M. s. a. Agiter avant de s'en servir.

On laisse cette pâte appliquée pendant toute la nuit : le lendemain matin, on l’enlève par un lavage avec une lotion faite au lait d’amandes, et pendant toute la

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journée on étend sur toutes les parties traitées une légère couche d’une pommade protectrice quelconque renfermant de l’oxyde de zinc, du sous-nitrate de bismuth, etc., soit par exemple 4 grammes d’oxyde de zinc pour 6 grammes de lanoline et 8 grammes de vaseline. On poudre par-dessus la pommade avec de la poudre fine d’amidon. Au bout de quelques jours de ce traitement, la peau peut s’enflammer. Il est nécessaire alors de suspendre l’emploi de la pâte soufrée : on ne fait plus que des applications de préparations calmantes jusqu’à ce que les téguments aient repris leur état normal, puis on recommence l’usage du soufre et ainsi de suite.

En France, on emploie beaucoup les lotions soufrées quand la séborrhée est fort intense. Yoici la formule la plus usitée ;

Soufre précipité . 25 grammes.

Alcool camphré . 60

Glycérine neutre pure (de Price) . 10

Eau de roses . 190

Eau distillée . 215 —

Agiter avant de s'en servir.

On étale cette lotion sur les parties malades avec un pinceau : après évaporation il doit y avoir sur les téguments une couche uniforme de soufre. On ne l’enlève que le lendemain matin avec de l’eau chaude et du savon au soufre ou du savon noir, et l’on répète ces applications tous les soirs en employant ou non pendant la journée une pâte à l’oxyde de zinc. Si la peau s’enflamme, on suspend les applications soufrées et l’on fait usage de topiques émollients, puis on recommence l’emploi du soufre, etc...

E. Besnier fait étaler le soir sur les parties malades une pâte fluide composée de : soufre, 50 grammes ; glycérine, 30 grammes; mélanger de façon à faire un magma, et ajouter : alcool camphré, 80 grammes.

Pommades. — Les pommades soufrées s’emploient de la même manière que les pâtes et les poudres. On les prescrit d’ordinaire au 1/10; les doses varient de 2 à 8 pour 40 d’excipient. L’excipient se compose soit d’axonge benzoïnée, soit de cérat sans eau, soit de glycérolé d’amidon, soit de vaseline, soit de vaseline et de lanoline, soit de lanoline et d’huile d’amandes douces ou d’huile d’olive à parties égales, soit d’huile de ricin ou de beurre de cacao. On associe fréquemment au soufre soit le borate de soude au 1/20, soit l’acide salicylique au 1/50, soit le naphtol au 1/10 ou au 1/20, soit la résorcine ou le camphre au 1/20 ou au 1/40. On peut augmenter la consistance du mélange avec de l’oxyde de zinc ou de la craie, on a alors ainsi dés sortes de pâtes, et on parfume soit avec de l’essence de roses, soit avec de l’essence de bergamote, soit avec du baume du Pérou.

En voici un exemple :

Naphtol 3 . 1 gramme.

Soufre précipité . de 2 à 5 —

Oxyde de zinc . . 5

Lanoline . 5 —

Huile d’amandes douces . 7 —

Extrait de violettes . Q. s.

Les explications précédentes nous dispensent de donner d’autres formules : chacun peut faire la sienne.

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Traitement par le savon noir. — Les lavages quotidiens des parties malades pratiqués de préférence le soir avant de se coucher avec de l’eau très chaude et du savon noir pur ou mélangé d’alcool, sont fort efficaces. On peut en graduer à volonté l’énergie en frictionnant plus ou moins longtemps, plus ou moins fortement, avec un morceau de flanelle, en employant de moins en moins d eau, et en laissant la mousse de savon sécher sur les parties malades. Dans les cas rebelles, lorsque la peau ne s’irrite pas facilement, on peut laisser cette mousse étalée sur les régions malades en couches plus ou moins épaisses une partie de la nuit ou même° la nuit tout entière, puis on l’enlève avec de l’eau chaude et l’on recouvre les endroits traités d’une couche de pommade protectrice et calmante renfermant soit de l’oxyde de zinc, soit du sous-nitrate de bismuth pulvérisé pur, additionné de 1/60 ou de 1/100 d’acide salicylique. Il y a parfois avantage à employer, au lieu de savon ordinaire, un mélange de : Savon noir, de 30 à 60 grammes , alcool à 90 , 60 o-rammes* eau distillée, 90 grammes ; et alcoolat de lavande, 15 grammes (m. s. a.

et filtrer) .

Mais dans les cas vraiment rebelles, il vaut mieux associer le savon noir au soufre. On prescrira par exemple, un mélange 'a parties égales de soufre précipité et de savon noir (E. Besnier), ou bien, si l’on trouve la préparation précédente trop irritante, un mélange à parties égales d’axonge, de soufre et de savon noir.

Il est utile de combiner le naphtol au savon noir et au soufre. Isaak conseille dans les cas très rebelles d’appliquer pendant une demi-heure ou une heure tous les jours, jusqu’à desquamation de la peau, le mélange suivant :

Naphtol . . .

Soufre précipité

Savon noir . (

Vaseline . )

10 grammes.

àà 10

Il donne également cette autre formule, mais l’application ne doit durer que quinze minutes :

Naphtol p. . /

Camphre . ^

Vaseline .

Soufre précipité .

Savon noir .

Craie blanche . .

àà 10 grammes.

Ce sont des préparations analogues que nous prescrivons maintenant dans les acnés un peu rebelles. Voici la formule que nous avons adoptée : nous lui donnons le nom d q pommade forte :

Camphre . . . .

Résorcine . . . ■ Soufre précipité .

Savon noir. . . .

Craie préparée. .

Vaseline pure . .

1 gramme, de 1 à 5 —

de 2 à 4 —

de 1 à 3

On gradue les doses de résorcine, de soufre et de savon noir suivant 1 irritabilité des téguments : il est bon de commencer parles doses les plus faibles.

On applique cette pommade le soir avant de se coucher sur les parties malades ;

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on la laisse en place de cinq à trente minutes, jusqu'à ce que l’on éprouve une cuisson assez vive, puis on l’enlève avec de la vaseline et on la remplace pour la nuit par une pâte épaisse à l’oxyde de zinc renfermant 1/75 d’acide salicylique. On tâche de supporter cette pommade de plus en plus longtemps pour arriver à faire desquamer la peau des régions malades. Quand l’épiderme est brûlé, on en suspend l’usage jusqu’à ce que la desquamation se soit effectuée : puis, si la maladie n’est pas suffisamment modifiée, on recommence les applications de pommade forte. C’est la méthode exfoliante , de beaucoup la plus efficace dans les acnés rebelles.

Dans les acnés de faible intensité, nous nous servons fréquemment delà même pommade beaucoup moins forte renfermant par exemple 50 centigrammes de camphre et de résorcine, 3 grammes de soufre, 80 centigrammes de savon noir, 4 grammes de craie préparée pour 10 grammes de vaseline. Nous l’appelons la pommade faible. On l’applique le soir, en se couchant, sur les parties malades, et on la garde toute la nuit. Le lendemain matin on l’enlève par un savonnage.

Traitement par Tichtyoï. — Unna a beaucoup recommandé ce médicament contre l’acné. Nous avons déjà vu qu’il l’administre à l’intérieur. Pour l’employer comme topique on savonne les parties malades matin et soir avec du savon à Tichtyoï, puis on fait une friction avec une solution renfermant : de 5 à 50 grammes d’ichtyol pour 50 grammes d’alcool à 90° et d’éther.

L’ichtyol est d’ordinaire fort bien toléré par les téguments. 11 y a même des dermatologistes qui l’appliquent pur, avec un pinceau. Il vaut mieux commencer par des doses assez faibles, puis les élever graduellement. On peut laisser Tichtyoï en contact avec les téguments pendant toute la nuit, s’il ne cause pas d’irritation. Sinon on le remplace par une pommade à l’oxyde de zinc boratée et salicylée.

Autres topiques. — Parmi les autres substances que Ton a préconisées comme topiques contre l’acné, citons en première ligne la teinture d'iode, laquelle appliquée en plusieurs couches successives sur la papulo-pustule d’acné au début en arrête le développement ; on enlève la tache qu’elle laisse sur les téguments en la badigeonnant avec une solution concentrée d’iodure de potassium, ou mieux avec de l’eau rendue alcaline par de l’ammoniaque.

On peut aussi (Morin) déboucher d’abord la pustule acnéique avec le chas d'une fine aiguille, puis la cautériser dans sa profondeur avec de la teinture d’iode : on peut ainsi la faire avorter.

L 'acide phénique a été souvent recommandé.

L'acide chrysophanique a été préconisé par John Metcalfe.

Lewin prescrit d’inciser toutes les papulo-pustules et de les cautériser avec un crayon pointu de nitrate d'argent.

L'acide salicylique semble être également un bon agent antiacnéique : nous conseillons de l’incorporer à des doses variant de 1 à 2 1/2 p. 100 dans les pommades dont on fait usage. Nous avons vu que beaucoup de dermatologistes se servent de lotions à l’alcool salicylé au 1/30.

La résorcine est le plus souvent associée à d’autres médicaments: on Ta recommandée seule en pâtes exfoliantes au 1/10, au 1/5 et même au 1/3.

Traitement chirurgical. — Avant d’entreprendre le traitement local d’un acnéique, il est bon de nettoyer les téguments. On doit ouvrir les pustules d’acné, en exprimer le contenu, inciser les petits abcès intradermiques s’ils existent, les

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pansera l’acide phénique, au sublimé ou à l’alcool camphré, vider les comédons et les kystes sébacés, etc. On a même construit pour cela quantité d instruments qui peuvent être remplacés avantageusement par un scarificateur et une fine curette. On a recommandé dans le même but des pulvérisations répétées des paities malades avec un pulvérisateur à vapeur (J. Startin), le massage local dont

nous avons parlé à propos des comédons, etc.

Dans certains cas on doit pratiquer de temps en temps le curettage et le nettoyage complet des régions acnéiques pendant tout le cours de la curation, tous les dix ou quinze jours, par exemple. Mais ce n’est pas là ce que 1 on est convenu d appelé 1 a

proprement parler le traitement chirurgical de l acné.

Celui-ci consiste en cautérisations avec le fer rouge ou avec l’aiguille électrolytique, ou bien en scarifications. On ne doit appliquer ces procédés que lorsque tous les autres moyens ont échoué, et lorsqu’il existe des indurations profondes et

rebelles .

Dans ces cas on peut pratiquer la cautérisation directe de toutes les papulopustules dès qu’elles apparaissent avec la pointe fine du thermocautère ou mieux de E électrocautère ; ou bien encore introduire dans leur intérieur une aiguille a électrolyse formant le pôle négatif, et faire passer pendant vingt ou trente secondes un courant de cinq milliampères (voir pour la Technique les Généralités et l’article Hypertrichose). On peut aussi les ponctionner soit avec le scarificateur à arrêt de

Hébra, soit avec le scarificateur à lupus (modèle Vidal).

Ce dernier auteur conseille même dans les acnés qu’aucun topique ne peut moc ifier de faire de nombreuses séances successives (à six ou huit jours d’intervalle) de scarifications linéaires quadrillées, pratiquées de manière à atteindre les glandes sébacées, et à ne pas diviser les téguments dans toute leur hauteur, pour ne pas

laisser de cicatrices (voir article Couperosé) .

Ce sont là des moyens modificateurs d’une extrême puissance, qui font souvent disparaître l’élément acnéique contre lequel on les emploie ; mais qui, a 1 exception peut-être des scarifications fort étendues, ont l’inconvénient de n’agir que sur un point limité et de ne prévenir en rien la formation de nouvelles pustules dans le voisinage. Aussi conseillons-nous, quand nous y avons recours, de faire simultanément sur tous les points non opérés de la figure des lotions à l’eau chaude alcoolisée, au savon noir et à l’alcool camphré. Nous sommes, pour notre part, convaincus que les scarifications linéaires quadrillées agissent surtout dans ces

cas en modifiant la vascularisation des régions traitées.

Massage. — En parlant du traitement des comédons nous avons déjà indique les avantages que l’on peut retirer dans l’acné d’un massage des téguments méthodi-

quement fait (voir Généralités ). ^ ,

Nous devons aussi dire quelques mots d’une nouvelle méthode préconisée par

Mosehcowitz et qui consiste à appliquer sur les surfaces malades des ventouses a poire en caoutchouc de 2 à 4 centimètres de diamètre. On fait un vide assez faible pour que la ventouse se détache facilement. Toutes les minutes ou toutes les deux minutes on enlève la ventouse, puis on la replace, et ainsi de suite pendant une heure. On fait une séance par jour. Au bout de deux à cinq séances la région

ainsi traitée s’améliorerait. . .

Radiothérapie. — Depuis les premières publications de Gautier, de 1 ans, en

1897, sur le traitement de l’acné vulgaire et rosacée par la radiothérapie, on a traité de nombreux malades par cette méthode. Elle donne dans la majorité des cas, mais pas toujours, de bons résultats. D’après nous, on doit s en servir dans les

DERMATOSES MICROBIENNES

formes rebelles; quand on s’y résout on emploie des rayons peu pénétrants (n° 5 du radiochromomètre de Benoist) et on en fait absorber de 2 à 5 H par séance; il faut éviter avec soin les radiodermites sérieuses et protéger les cils et les sourcils. Il est possible que les rayons X agissent ici en produisant un certain degré d’atrophie des glandes sébacées (Torôk et Schein), ou en provoquant la desquamation des téguments (Freund).

Eaux minérales. — On a préconisé quantité d’eaux minérales contre l’acné. Les eaux minérales purgatives ou laxatives, telles que Montmirail, Aulus, Brides, Chatelguyon, etc..., peuvent trouver leur indication chez les acnéiques disposés à la constipation. Aux lymphatiques et aux strumeux on a recommandé les eaux chlorurées sodiques, comme Ivreuznach, Salins, les eaux chlorurées sulfurées, comme Uriage, Aix-la-Chapelle, les eaux sulfurées calciques et sodiques, comme Saint-Honoré, Allevard, Barèges, Cauterets, Luchon, Ax, etc...; aux goutteux les eaux bicarbonatées sodiques, comme le Boulon, Royat, Vais, Vichy; aux dyspeptiques, Fougues et les sources précédentes; aux anémiques. Forges -les -Eaux, Renlaigue, Renaison, Chabetout, Orezza, etc. ; dans presque tous les cas, la Bourboule.

Les eaux minérales ont été employées également en applications locales, en pulvérisations, douches, ou bains. Parmi celles qui sont le plus efficaces à ce point de vue, nous citerons en première ligne les eaux sulfureuses fortes pyrénéennes, comme Barèges, Luchon, Cauterets, Ax; viennent ensuite Uriage, Aix-la-Chapelle, Saint-Honoré-les-Bains, Enghien, puis Louèche, la Bourboule, Royat, etc...

Marche à suivre dans le traitement local d’un acnéique. — Il faut se souvenir de l’existence de deux grandes variétés d’acnéiques au point de vue pratique, les uns à peau fine et irritable chez lesquels il faut surtout instituer un traitement interne et ne prescrire, au moins tout d’abord, que des topiques peu énergiques; les autres à peau épaisse et rude, peu sujette aux poussées inflammatoires, chez lesquels le traitement local doit être institué dans toute sa rigueur. Cependant, même dans ces cas, il ne faut pas d’emblée recourir à des topiques trop violents : on peut s’exposer ainsi à de graves mécomptes : on doit procéder avec précaution, aller graduellement des préparations faibles, si elles ne sont pas efficaces, aux préparations fortes, tâter la susceptibilité des téguments du malade, et le préparer en quelque sorte aux moyens énergiques.

Il arrive en effet souvent que l’on est consulté par des acnéiques, des femmes surtout, qui ont déjà été traités et qui se présentent avec un visage enflammé, couvert d’une éruption assez complexe dans laquelle on remarque quelques pustules d’acné, de la couperose ou de la séborrhée, et une irritation eczématiforme des téguments. Ils rentrent d’ordinaire dans la catégorie des acnéiques irritables, ont la peau assez fine, et ont presque toujours subi faction de préparations de sublimé, plus rarement de préparations fortes de soufre renfermant de l’alcool. Dans ces cas, on doit tout d’abord calmer la poussée inflammatoire par des lotions avec de la décoction de têtes de camomille, de fleurs de sureau ou de racines de guimauve, par des pulvérisations tièdes et des applications de pommades calmantes, soit de cold-cream, soit de pâtes à l’oxyde de zinc, au besoin même par des cataplasmes de fécule de pomme de terre tièdes. Au boutde quelques jours, l’irritation artificielle des téguments a disparu, et l’on peut apprécier le degré et la nature réelle du mal.

Voici le schème du traitement local :

1° Ne se servir pour se laver la figure que d’eau ayant bouilli, aussi chaude que

ACNÉ JUVÉNILE ET SES VARIÉTÉS

possible, pure, ou mieux additionnée d’eau de Cologne ou de quelques gouttes de teinture de benjoin.

2° Passer, après chaque lavage, sur les parties malades, de l’ouate hydrophile imbibée d’alcool boriqué ou d’eau-de-vie camphrée. Les pulvérisations faites une ou deux fois par jour pendant cinq à quinze minutes chaque fois soit avec de l’eau boriquée, soit avec une eau sulfureuse naturelle ou artificielle, sont un excellent moyen curatif.

Quand les téguments ne sont pas irritables : — 3° Faire savonner tous les soirs ou tous les deux soirs, suivant l’état de la peau, les parties malades avec de 1 eau chaude et du savon à l’ichtyol ou du savon de potasse; se servir pour cela d un petit tampon de flanelle ou d’ouate hydrophile, et frictionner plus ou moins longtemps, plus ou moins fortement suivant les susceptibilités individuelles.

4° Après ce savonnage, faire appliquer pour la nuit sur les parties malades une couche des pommades actives au camphre, résorcine, soufre et savon noii, ci-dessus formulées, en commençant par prescrire les doses les plus faibles, puis en les augmentant progressivement, si elles sont bien tolérées ; — ces pommades doivent causer une sensation de brûlure pendant quinze à vingt minutes, puis cette sensation doit se dissiper; — elles doivent rider quelque peu les téguments, et déterminer même une légère desquamation; si elles brûlent pendant plusieurs heures, si surtout elles causent l’apparition d’une vive rougeur ou d’une éruption artificielle, c’est qu’elles sont trop fortes, et, dans ce cas, il faut les étendre de vaseline, ou bien c’est qu’elles ne sont nullement supportées, et dans ce cas, il faut les chano-er, à moins que l’on ne veuille faire la cure d’exfoliation :

° 5° Le lendemain matin, après la toilette, appliquer sur les points malades une couche légère de la pommade suivante :

Acide salicylique .

Soufre précipité. .

Oxyde de zinc. . .

Vaseline pure. . .

Lanoline pure. . .

25 centigrammes.

4 grammes.

(Supprimer le soufre dans cette pommade si elle cause la moindre irritation). Poudrer par-dessus avec de la poudre d’amidon pure ou mélangée d’un peu de lycopode si l’on veut la rendre moins blanche.

6° Prendre un bain sulfureux une ou deux fois par semaine.

Si l’acné inflammatoire se complique de séborrhée huileuse intense de la face, il est bon de faire alterner pendant la nuit, les applications de pommades, avec des applications de ce que l’on appelle vulgairement la lotion soufrée (voir ci-dessus) :

On l’agite violemment avant de s’en servir, on l’applique avec un petit tampon d’ouate sur les parties malades, de manière à ce qu’on ait, après évaporation, une couche légère de soufre sur les téguments; on la laisse en place toute la nuit. Quand le malade ne supporte pas le soufre, le remplacer par des préparations

mercurielles, naphtolées ou résorcinees, par exemple .

1° Faire les savonnages avec du savon au bichlorure d hydrargyre,

2,J Lotionner avec de l’ouate hydrophile imbibée d'une solution alcoolisée de

bichlorure au I /2h0 (voir ci-dessus).

Couper d’abord cette solution de moitié eau chaude, puis diminuer peu à peu la quantité d’eau, et arriver à l’employer pure; dans ce cas la faire chauffer.

3° Comme pommade, employer une pommade au calomel au 1/40 ou au 1/20 sui-

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vant l’irritabilité des téguments, ou bien une pommade à l’oxyde jaune d’hydrargyre, au biiodure, etc...

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