C. Acné hypertrophique ou rhinophyma
D. Peut-être la forme objective décrite dans ces derniers temps sous le nom de:
Éruption p apulo-pustuleuse miliaire récidivante de la face.
Vue d’ensemble. — V acné rosacée (acné rosée , acné érythémateuse , couperose , rosacea , gutta rosacea , gutta rosea, etc...) est essentiellement caractérisée par deux éléments : 1° par une congestion chronique du visage, qui évolue d’ordinaire par poussées lluxionnaires sous l’inlluence d’une foule de causes occasionnelles, et d’où résultent des dilatations vasculaires ; 2° par une altération des glandes vasculaires ; 2° par une altération des glandes cutanées, d’où production de séborrhée, d’acné inflammatoire, et de toutes leurs conséquences.
Les types cliniques que l’on est convenu de ranger sous le nom de couperose sont des plus variables. Certains ne nous semblent pas du tout pouvoir rentrer dans les acnés proprement dites; nous ne les étudions ici que pour faciliter l’exposé du traitement qui, dans toutes ces variétés, est pour ainsi dire le même que celui des variétés acnéiques vraies.
Les sièges de prédilection de la couperose sont les pommettes et le nez, mais on l’observe aussi très souvent sur le front, sur le menton, autour des ailes du nez, sur les parties latérales des joues, beaucoup plus rarement sur les parties voisines du cou. C’est sur les régions glabres du visage qu’elle se développe, aussi est-ce surtout chez les femmes qu’elle envahit le menton.
La plupart des dermatologistes décrivent, suivant l’intensité et la profondeur des lésions, trois phases à cette affection. Il y a en effet des malades qui passent réellement par ces trois phases, mais tous ne le font pas : c’est-à-dire que les lésions de la lre et de la 2e phase peuvent exister seules, sans qu’il se développe nécessairement les lésions de la deuxième ou de la troisième phase. En un mot, les trois phases de la maladie doivent être considérées dans beaucoup de cas comme des formes distinctes; c’est ainsi pour notre part que nous les comprenons.
Symptômes. - A. Première FORME : ÉRYTHÉMATEUSE ET TÉLANGIECTASIQUE1.
Première période ou premier degré. — Dans une première période, le malade voit se produire des taches congestives assez passagères vers le visage : à leur niveau la température locale semble être au-dessus de la normale : elles se développent surtout le soir et après les repas. Ces taches congestives peuvent exister seules. Elles coïncident presque toujours avec un degré plus ou moins accentué de séborrhée, vers le nez en particulier : cette partie du visage est en effet fort sou-
1 La couperose télangiectasique ne doit pas être confondue avec les télangiectasies simples de la face : celles-ci sont caractérisées par ce fait qu’elles ne coïncident pas avec la séborrhée et ne se compliquent jamais de papulo-pustules acnéiques. Elles ont souvent d’étroites relations avec la kératose pilaire érythémateuse.
ACNÉ ROSACÉE OU COUPEROSE
vent huileuse chez ces personnes. C’est la phase purement érythémateuse de la derlïl ctt o s 0
Deuxième période ou deuxième degré. — Peu à peu, sous l’influence de ces poussées inflammatoires qui se répètent sans cesse, on voit se produire sur les pommettes ou sur le nez des dilatations vasculaires, peu marquées d’abord, à peine perceptibles, sous la forme de petits points ou de petites traînées rouges : à ce degré elles sont souvent considérées comme un élément de beauté. Puis elles se développent graduellement, augmentent de volume, de nombre, s’anastomosent et finissent par donner naissance à un réseau plus ou moins serré, plus ou moins visible de télangiectasies ou de varicosités vasculaires, d’un rouge vif qui de loin a l’apparence d’une nappe d’un rouge uniforme, mais qui est réellement constitué par des plaques plus ou moins congestives sur lesquelles courent les arborisations
que nous venons de décrire.
L’affection peut évoluer en conservant ce seul et unique caractère, et 1 on devrait, ce nous semble, ranger bien plutôt ces faits dans les télangiectasies que dans les acnés. Cependant cette forme télangiectasique pure se complique presque toujours de séborrhée, de tuméfaction du nez, de dilatation des orifices des glandes sébacées. Ces lésions s’observent fréquemment chez les femmes, surtout aux approches de la ménopause. Elles peuvent aussi, comme l’a fait remarquer Hébra, se rencontrer chez les hommes, en particulier chez les alcooliques buveuis de vin.
Les altérations se circonscrivent dans certains cas au nez, qui rougit, gon e légèrement, se couvre de télangiectasies et d’un enduit huileux à reproduction incessante, présente même une certaine dilatation des orifices sébacés, donne au toucher une sensation marquée d’abaissement de température, et prend parfois une teinte d’un rouge violacé ou bleuâtre.
Cette première forme a d’étroites relations avec l’éruption papulo-pustuleuse miliaire récidivante de la face (voir plus loin).
B. Deuxième forme : acné érythémateuse OU ACNÉ ROSACÉE VRAIE.
Preïïiiev degvé. — Cette forme est le plus souvent consécutive a la précédente.
Sur l’élément simplement érythémateux et congestif préexistant se développe l’élément acnéique vrai composé de papules et de papulo-pustules plus ou moins volumineuses qui apparaissent par poussées subintrantes ou successives. Dès lors, il s’établit une sorte de cercle vicieux : l’inflammation acnéique favorise les poussées congestives vers le visage et la production des dilatations vasculaires, et réciproquement la congestion chronique . .
des téguments favorise la production de l’acné et l’induration de la base des
^Dansla couperose, l’acné est donc presque toujours secondaire : elle peut néanmoins, dans quelques cas, être primitive : le derme qui sert de base aux éléments acnéiques se congestionne sous l’influence de ces petites inflammations répétées; il
Fig-. 201. — Acné couperosique, variété mixte, papulo-pustuleuse et télangiectasique.
DERMATOSES MICROBIENNES
se produit des plaques érythémateuses sur lesquelles se développent d’autres pustules, et la couperose est constituée : parfois il est bien difficile de dire lequel des deux éléments a précédé l’autre : les rougeurs congestives et l’acné se sont développées simultanément. Il est d’ailleurs possible de voir l’acné couperosique succéder chez le même sujet à l’acné juvénile.
Ce premier degré de notre deuxième forme est en réalité l’acné rosacée typique.
On y trouve combinés les deux éléments qui la constituent : 1° une base rouge congestive avec fines dilatations vasculaires commençantes; 2° des lésions acnéiques qui consistent en des papulo-pustules de dimensions diverses, parfois miliaires1, parfois volumineuses, reposant assez souvent sur une base indurée, d’un rouge violacé, en des papules non suppurées à évolution fort lente, enfin en de véritables indurations encore assez superficielles.
Deuxième degré. — Dans un deuxième degré, tous ces éléments se sont accentués : 1° les dilatations vasculaires sont devenues fort nombreuses et constituent de grosses arborisations {couperose variqueuse)', 2° les indurations acnéiques se sont étendues et ont gagné en profondeur (action formatrice défigurante de Hébra). Sous l’influence des congestions incessantes qui se produisent, le derme prolifère et peu à peu s’hypertrophie.
La maladie tend alors à passer à la troisième forme. Les orifices des conduits excréteurs des glandes sébacées sont fort dilatés : les glandes elles-mêmes subissent un processus d'hypertrophie tel qu’elles peuvent devenir dix à quinze fois plus volumineuses qu’à l’état normal. Tout autour d’elles les tissus ont proliféré et donné naissance à une pachydermie.