A MICROBES ENCORE INCONNUS, RESTANT TOUJOURS LOCALISÉES
1° VERRUES
On désigne sous le nom de verrues des hypertrophies circonscrites du corps papillaire et surtout de l’épiderme, inoculables et auto-inoculables.
On en distingue plusieurs variétés qui sont :
a) Les verrues vraies ;
b) Les verrues planes de la face ;
c) Les verrues séborrhéiques ou verrues séniles.
DERMATOSES MICROBIENNES
A. Verrues vraies ou vulgaires.
Symptômes. — La verrue vraie ou vulgaire débute par une toute petite élevure arrondie, plus rarement ovalaire, très finement mamelonnée, d’ordinaire un peu grisâtre. Elle se développe peu à peu et prend des dimensions variables : elle forme à l’état adulte de petites excroissances, à base nettement arrêtée, arrondies, ovalaires ou polycycliques par confluence, pédiculées ou sessiles, mais faisant toujours une saillie notable au-dessus du niveau des téguments. Leur surface est mamelonnée, parfois même comme hérissée de saillies villeuses, dures, cornées ; leur teinte générale est grisâtre, parfois d’un gris noirâtre ; on y voit dans quelques cas des stries noires latérales et à la surface un piqueté noir
correspondant aux capillaires thrombosés
Fig. 211. — Verrues de la main gauche chez une jeune fille de dix-huit ans, forme vulgaire.
des papilles ; leur consistance est dure, râpeuse ; elles sont pour ainsi dire toujours indolentes sauf autour de l’ongle, à la paume de la main, et surtout à la plante des pieds. Leur volume varie de celui d’une tête d’épingle à celui d’une petite cerise; d’ordinaire, elles ont celui d’une petite lentille ou d’un pois. On les nomme vulgairement poireaux.
Il est rare que la verrue vraie soit solitaire ; le plus souvent, il y en a plusieurs chez le même sujet ; parfois même il en existe des quantités, et nous avons vu les doigts, la face dorsale des mains, les poignets en être en quelque sorte recouverts : elles peuvent alors former des nappes irrégulières par confluence, et prendre un développement en saillie considérable, de manière à constituer de véritables tumeurs cornées.
Leurs sièges de prédilection sont la face dorsale des doigts et des mains :
assez fréquemment elles se développent au niveau de la rainure unguéale qu’elles débordent au dehors en formant une saillie papillomateuse cornée allongée dans le sens de la matrice ; elles pénètrent de plus dans la rainure unguéale en plongeant dans la matrice. Elles peuvent aussi siéger au-dessous de l’ongle vers son bord libre à l’extrémité du doigt ; elles le soulèvent, le décollent de la matrice sous-unguéale, et débordent extérieurement vers l’extrémité du doigt.
Elles sont plus rares à la face palmaire de la main où elles sont aplaties, peu saillantes, superficiellement entourées d’un anneau à demi transparent d’épiderme corné.
Nous en avons observé à l’avant-bras, au visage, surtout au front, où elles sont relativement fréquentes, aux paupières où elles sont filiformes, pédiculées, analogues aux végétations, au cuir chevelu, enfin à la face plantaire des pieds, où elles ont été fort bien décrites par Dubreuilh, ( Annales de Dermat ., 1891, p. 441), et parP.Melchior Robert (Annales de Dermat., p. 1248, 1897). Elles y siègent généralement vers la tête des métatarsiens ou vers le talon. « Elles y simulent un durillon aplati et
VERRUES
douloureux ; mais, quand on examine ce durillon d’un peu plus près, on constate qu’il est perforé au centre d’un trou par lequel se montre un tissu blanchâtre mou et résistant. L’abrasion de la couche cornée superficielle montre que le trou s’élargit dans la profondeur et que le tissu mou du centre se laisse difficilement couper, il résiste comme de l’étoupe mouillée... ; la curette pénètre difficilement dans ce tissu mou, mais une fois qu’elle a pénétré, elle en arrache sans difficulté des masses blanchâtres, d’apparence fibreuse, formées de cordons mous, agglutinés parallèlement en faisceaux et dirigés du fond vers la surface : ce sont les
Fig.