Verrue vulgaire
c couche cornée très hypertrophiée, mais presque plane, ce qui est une anomalie Grosse hyperkératose — p, couche gracieuse fort accentuée - m, corps un, queue de Malpighi et prolongements mlerpap, liâmes en hvperacanthose. p, papilles hypertrophiées. — d, derme normal.
Pièce typique; toutefois la couche cornée est plane tandis que le reste de lepiderme est papille. Ou voit bien l’hvpertrophie de léléidine. Indifférence absolue du derme. (Audi}.)
colonnes papillaires delà verrue. On évacue ainsi une cavité arrondie plus large au fond qu’à l’orifice, ayant une profondeur qui peut atteindre deux centimètres, et logée dans l’épaisseur de la plante du pied. La verrue ne pouvant faire saillie au dehors à cause des pressions s’est creusé une loge dans les tissus, et 1 anneau hypeikératosique qui l’entoure arrive presque à la recouvrir.» (Dubreuilh, Pratique
dermat., t. IV, p. 813.)
En somme, on voit que la verrue vulgaire peut être comme aspect, filiforme, en pinceau, acuminée, tubériforme, hémisphérique, sphérique, cylindrique, en chou-fleur, sessile ou pédiculée. cloutons qu’elle se crevasse et s’enflamme dans
quelques cas.
DERMATOSES MICROBIENNES
Anatomie pathologique. — Les verrues sont essentiellement constituées par une hypertrophie exagérée des papilles vasculaires qui sont extraordinairement allongées et comme étirées. Elles sont englobées dans une masse énorme de tissu épithélial en état d’hyperacanthose lequel forme la grande masse de la petite tumeur. La couche génératrice est peu modifiée ; cependant dans la partie profonde des bourgeons interpapillaires, elle peut être composée de plusieurs rangées de cellules irrégulièrement disposées. La couche épineuse est énormément augmentée de volume: assez souvent ses cellules ont une vacuole claire qui les distend et refoule le noyau. Les couches granuleuses et cornées ont un aspect normal mais sont hypertrophiées.
Les papilles allongées renferment des capillaires sanguins et un peu de tissu conjonctif fin et lâche, sans fibres élastiques, contenant beaucoup de cellules fixes étoilées et ramifiées. (Dubreuilh.)
B. Verrues planes juvéniles. — On a décrit sous le nom de verrues planes juvéniles (Thin, Darier, Herxheimer et Marx, etc...) une variété assez spéciale de ver-
Fig. 213. — Verrues planes de la face chez Fig. 214. — Verrues planes de la face chez
une jeune fille de dix-huit ans. un jeune homme de vingt-cinq ans (joue
gauche).
rues que caractérisent essentiellement au point de vue clinique leur aplatissement constant, leur petitesse, leur multiplicité.
Elles peuvent siéger aux mêmes régions que la verrue vulgaire, mais à l’inverse de celle-ci elles sont surtout fréquentes à la face, beaucoup plus rares aux mains et aux doigts. Gémy les a décrites aux organes génitaux.
Symptômes. — A la face dorsale des mains, les verrues planes varient d’aspect suivant que la personne qui les porte se savonne souvent ou rarement les mains. Chez celles qui se savonnent les mains plusieurs fois par jour, les verrues planes se présentent sous l’aspect de sortes de plaques aplaties, à contours arrondis ou ovalaires, de 1 millimètre à 5 millimètres de diamètre, parfois irrégulières par confluence d’éléments voisins, nettement arrêtées, mais ne faisant qu’une saillie réellement insignifiante d’à peine un ou deux dixièmes de millimètre au-dessus du niveau de la peau saine. Leur coloration est presque celle des téguments : c’est à peine si elles sont un peu brunâtres ou grisâtres. Leur surface est comme chagrinée, par-
VERRUES
fois même brillante : elle ne se reconnaissent bien que parce qu’en ce point les
plis normaux de la peau n’existent plus.
Chez les personnes qui ne se savonnent que rarement l’aspect est beaucoup plus caractéristique. Les verrues font une saillie de 1/4 à 1/3 de millimètre; leur surface est assez souvent un peu farineuse, grisâtre ou même brunâtre, mamelonnée.
A la face elles ont à peu près le même caractère : elles y ont d’ordinaire des dimensions qui varient entre 1 à 3 millimètres de diamètre : elles s’y présentent sous l’aspect de petites papules aplaties, dont la surface, lisse à 1 œil nu, paraît finement mamelonnée à la loupe; leur coloration est d’ordinaire grisâtre, café au lait, ou brune. Elles sont pour ainsi dire toujours multiples, parfois tellement
nombreuses et groupées qu’elles forment des sortes de nappes. Elles siègent sui-
tout au pourtour de la bouche, sur les joues, le menton, le front. Elles sont totalement indolentes.
Anatomie pathologique. — Elle se rapproche singulièrement de celle de la verrue vulgaire; mais les papilles dermiques n’ont guère que deux ou trois fois la longueur
215. Verrue plane (Coupe d'une verrue plane de la lace dorsale de la main
d'une femme de vingt et un ans : on la voit en totalité).
parait nulle (Audrv),
normale. La couche épineuse de l’épiderme est fort épaissie, et ses cellules sont peu altérées : on y trouve moins de vacuoles que dans la verrue vulgaire. La couche granuleuse est également épaissie.
Étiologie des vernies vulgaires et planes. — Les verrues vulgaires et planes juvéniles sont surtout des maladies de l’enfance et de l’adolescence. Cependant
elles s’observent aussi chez l’adulte.
Certains auteurs ont constaté que les verrues ont des allures de maladie familiale /Jacquet). Elles sont contagieuses, inoculables du sujet malade au sujet sam, et auto-inoculables. Des faits probants d’inoculation ont été publiés, et depuis longtemps le public avait proclamé cette vérité clinique.
On n’a pu encore en trouver l’agent pathogène.
Il est d’autre part certain que le système nerveux joue un rôle considérable dans
Brocq. — Dermatologie. I.
leur apparition, leur développement et leur disparition. On peut par la suggestion faire disparaître des verrues vulgaires et des éruptions de verrues planes. Nous en avons vu des exemples incontestables.