PRONOSTIC GÉNÉRAL
Le pronostic général des affections cutanées dépend surtout :
\ 0 De la nature même de V éruption ;
2° Du terrain sur lequel elle évolue
3° Des localisations ;
4° Des complications.
1° Pronostic d’après la nature de la maladie
a) Les dermatoses traumatiques guérissent spontanément dès que la cause pathogène est supprimée ; mais elles peuvent provoquer chez certains sujets des explosions de dermatoses d’origine interne qui évoluent dès lors pour leur propre compte.
b) Les mêmes remarques s’appliquent aux éiaiptions dites artificielles de cause interne. Dans beaucoup de cas il suffit d’interrompre l’administration de l’aliment ou du médicament nuisible pour que l’éruption disparaisse ; mais il n’en est pas toujours ainsi, et la substance nuisible a pu mettre en jeu des prédispositions individuelles, et provoquer chez le sujet l’explosion d’une réaction cutanée qui évolue ensuite pour son propre compte.
c) La durée d’une dermatose parasitaire dépend exclusivement de la présence du parasite, et sa gravité de la nature même de l’agent infectieux, il n’y a évidemment pas de parité à établir entre la lèpre, la morve qui sont des affections extrêmement graves, même au point de vue de la vie, et le pityriasis versicolor par exemple.
Presque toujours la maladie persiste jusqu’à ce qu’une médication appropriée vienne y mettre fin, ou bien jusqu’à ce qu’elle s’épuise elle-même comme dans le
DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC
favus. La tricliophytie du cuir chevelu guérit spontanément quand le sujet arrive à l’âge adulte.
Il faut en outre tenir grand compte de la possibilité d’une infection ultérieure de toute l’économie comme dans les tuberculoses locales.
d) Pour les éruptions dites d'origine interne, nos Réactions cutanées, on ne peut rien dire de précis au point de vue du pronostic : on n’a pour s’en convaincre qu’à se reporter au chapitre Étiologie et Pathologie générales cutanées.
2° Pronostic d’après le terrain
Il est évident que l’évolution d’une dermatose, surtout quand elle est d’origine interne, dépend en grande partie de la constitution du malade, du bon fonctionnement de ses organes, de son hygiène, de ses occupations, de son état moral, de son âge, de son sexe.
Dans le lupus par exemple, si le sujet a une excellente santé, n’a pas d’antécédents de tuberculose, les lésions cutanées évoluent fort lentement chez lui, et restent à l’état d’infection locale limitée ; si au contraire le sujet a un terrain favorable à l’évolution du bacille, des infections locales étendues, et même générales sont à redouter.
Une dermatose donnée sera beaucoup plus grave si elle se développe chez un albuminurique, chez un diabétique, chez un sujet qui se livre à des excès de table ou de travail, etc.
3° Pronostic d’après les localisations
Une dermatose est plus rebelle aux membres inférieurs qu’aux membres supérieurs cà cause des mauvais effets du ralentissement de la circulation sous l’influence de la station debout et de la marche. Elle est plus rebelle aux lèvres à cause de leurs mouvements incessants et du contact des substances alimentaires.
Un lupus des paupières offre une gravité toute exceptionnelle, car, en les détruisant, il peut amener la perte de la vue, etc.
4° Pronostic d’après les complications
Une dermatose se greffant sur une autre dermatose peut l’aggraver en la rendant beaucoup plus rebelle, beaucoup plus difficile à traiter; c’est ainsi que la syphilis augmente la résistance du psoriasis au traitement, que les pyodermites entravent la médication locale des dermatoses qu’elles compliquent, etc.
TRAITEMENT GÉNÉRAL
Il résulte de ce que nous avons dit à propos de l’étiologie et de la pathogénie des dermatoses, qu’à notre sens il faut dans presque toutes les éruptions traiter l’état local par des topiques appropriés, et modifier le terrain sur lequel elles se développent : il faut surtout et avant tout supprimer les causes qui les provoquent ou qui les entretiennent.
Certaines affections purement locales traumatiques ou parasitaires qui n’ont nullement mis en jeu les réactions morbides individuelles, peuvent guérir par la simple suppression de l’agent morbifique premier et par un pansement approprié.
Certaines éruptions d’origine interne, fièvres éruptives, intoxications alimentaires, peuvent guérir par l’bygiène générale seule, sans pansement local.
Presque toujours il est nécessaire d'instituer à la fois un traitement général qui modifie le terrain, qu’il soit d’ailleurs purement hygiénique ou à la fois hygiénique et médicamenteux, et un traitement local comportant des pansements bien faits et une hygiène cutanée rigoureuse.