AVEC LES DÉPENSES
Régime alimentaire. • — - C’est là d’après nous une question pour ainsi dire capitale dans le traitement général de la plupart des dermatoses. Les principales affections cutanées, les eczémas, les lichens vrais, les acnés, les séborrhées, etc.., sont directement influencés par les troubles de l’appareil digestif et par ceux de la nutrition.
Depuis que nous avons publié nos premiers travaux sur le régime alimentaire dans les dermatoses une véritable croisade a été prêchée contre la suralimentation et surtout contre la suralimentation carnée. Les travaux de Gautier, de Bardot, de Linossier, de Pascault, etc... ont établi que nous mangeons trop, que nous mangeons mal, et qu'il en résulte une viciation totale de notre organisme.
Si l’on veut se rendre compte d’une manière quelque peu exacte du rôle que les aliments peuvent jouer dans la genèse des dermatoses, il faut en étudier les effets immédiats et les effets à distance.
Effets immédiats. — Au point de vue des effets immédiats que certaines substances ingérées peuvent exercer sur l’organisme, presque tout le monde est d’accord. Les faits qui ont démontré que certains aliments peuvent dans un laps de temps qui varie de quelques minutes à quarante-huit heures après leur ingestion provoquer une éruption d’érythème, d’urticaire, d’acné, sont tellement nombreux qu’il n’est plus possible de traiter ces accidents de simples coïncidences et qu’on est bien obligé d’y voir une relation de cause à effet.
On sait qu’il faut ranger parmi les aliments qui peuvent provoquer du côté des
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téguments des accidents immédiats, les poissons de mer, tels que les dorades, les sardines, les harengs, les maquereaux, les saumons, la raie, etc... les coquilles de mer, les huitres peu fraîches et surtout les moules ; les crustacés tels que les crevettes, les langoustes, les homards, les crahes, les écrevisses ; les viandes fumées et salées, les viandes faisandées et en particulier le gibier, la charcuterie, les fromages salés et fermentés qui donnent si souvent lieu à des éruptions d’acné et de folliculites, certains fruits acides, les fraises, les framboises, les groseilles, les noix, les amandes, les concombres, les truffes, le cresson, les choux, les chouxfleurs, les sucreries, les pâtisseries, etc. . . Quant aux divers liquides alcooliques, aux bières transportées, aux vins frelatés, aux liqueurs, au café et au thé, leur rôle nuisible n’est pas admis par tout le monde. Il est probable que ces substances agissent surtout à distance par leur emploi longtemps prolongé. Néanmoins, nous avons souvent vu des éruptions d’urticaire subir de nouvelles poussées sous l’influence de liqueurs fortes, de café ou de thé fort. Nous croyons donc qu’on doit s’en défier.
Les divers aliments que nous venons d’énumérer peuvent avoir une action nuisible immédiate par eux-mêmes, en intoxiquant l’économie dès qu’ils sont absorbés, ou bien en provoquant des troubles de l’estomac et des intestins qui réagissent sur toute l’économie, ou bien enfin, comme l’a dit W.-G. Smith — mais ce processus semble être bien moins fréquent — par élimination par les téguments de substances irritantes : or dans ces deux derniers cas ce n’est pas l’aliment seul qui doit entrer en ligne de compte, mais aussi la manière dont il a été préparé et absorbé ; certaines personnes supportent mal le beurre, d’autres la graisse, d’autres l’huile ; quelques-unes sont incommodées par les épices, d’autres par les viandes peu cuites, etc...
D’ailleurs quand il s’agit des effets immédiats de l’alimentation sur l’organisme, les susceptibilités individuelles sont des plus curieuses, et des plus inattendues. Tel individu pourra, sans inconvénient aucun, consommer des moules ou du homard, et sera pris d’urticaire s’il mange du veau ou du dindon. Tel autre ne peut supporter le blanc d’œuf, tel autre la farine d’avoine, le beurre, la graisse, les eaux minérales, etc., etc...
Les susceptibilités individuelles sont parfois tellement exquises qu’il suffit d’une parcelle alimentaire des plus minimes pour provoquer l’intoxication et l’éruption. Il n’est même pas nécessaire de consommer la substance elle-même, il suffit de consommer un autre aliment cuit avec la substance nocive. Nous connaissons des personnes qui ne peuvent supporter les moules, et qui sont empoisonnées lorsqu’elles mangent d’un mets que l’on a fait cuire avec ce mollusque. On ne peut invoquer dans les faits que nous possédons une action de suggestion, car ces personnes ont éprouvé des accidents toxiques alors qu’elles ignoraient que les aliments eussent subi cette préparation. Leur susceptibilité est telle qu'avec cette quantité infinitésimale de poison, elles sont prises au bout de quinze ou vingt minutes d’éblouissements, de sueurs froides et de syncopes, puis de vomissements et d’urticaire.
Quand donc on traite des sujets atteints d’urticaires chroniques, de prurit rebelle, en un mot de dermatoses dans lesquelles l’effet immédiat des aliments peut se faire sentir, il convient de rechercher leurs susceptibilités individuelles, et pour cela de les mettre d’abord pendant un certain temps au régime lacté complet pur ou associé à une eau alcaline ; puis quand l’urticaire ou le prurit ont disparu (ce qu’ils ne tardent pas à faire à moins que le lait ne soit pas supporté, ou que le système nerveux ne joue un rôle important dans leur genèse), on met le malade à un régime
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ordinaire, tout en le sevrant des substances que nous venons d’énumérer, et peu à peu on fait entrer dans son alimentation une à une ces substances douteuses, supprimant définitivement celles qui provoquent les moindres accidents cutanés. On arrive ainsi avec une facilité relative à reconnaître ses idiosyncrasies.
D ailleurs ces susceptibilités individuelles ne sont pas toujours les mêmes pendant toute la durée de la vie. On peut pendant un certain temps supporter une substance donnée, puis brusquement, sans aucune raison appréciable, elle détermine des accidents, et inversement.
11 en est de même des médicaments dont l’action est tout à fait comparable à celle des aliments.
Aussi les interdictions que l’on fait par la méthode que nous venons d’indiquer ne doivent-elles pas être considérées dans tous les cas comme définitives pour toute la durée de la vie.
Effets à distance. — L’action à distance de la mauvaise alimentation sur les dermatoses est niée par la plupart des dermatologistes, parce qu’on ne peut la démontrer d’une façon rigoureuse, par un des procédés de laboratoire que l’on est convenu à l’heure actuelle d’appeler scientifique. Pour nous, nous la considérons au contraire comme surabondamment prouvée par l’expérience clinique.
Si 1 alimentation pèche par excès, par défaut, par mauvaise qualité des ingesta, par leur non adaptation au milieu et au climat dans lequel vit le sujet, soit que ces aliments soient mal digérés, et surtout mal élaborés dans l’organisme, soit que les diverses fonctions excrétoires (poumons, système cutané, reins) soient viciées dans leur fonctionnement, il s’accumule à la longue dans les liquides et dans les organes de l’économie divers produits excrémentitiels plus ou moins toxiques qui peu à peu impriment à l’organisme un cachet de déchéance vitale et de vulnérabilité morbide.
On sait que les individus ayant une nourriture trop substantielle pour le travail qu’ils fournissent, prenant en outre des aliments d’épargne comme l’alcool, le café, le thé, la kola, la coca, et ayant une existence sédentaire dans les grandes villes, ne faisant pas d’exercice, et n’ayant pas l’oxygène des campagnes pour brûler les matériaux emmagasinés, en arrivent progressivement à la goutte acquise. Or nous avons vu en traitant de l’Etiologie et de la Pathogénie des dermatoses que chez les goutteux avérés soit héréditaires soit acquis, des manifestations cutanées à type d’eczema bulleux ou d’eczéma érysipélatoïde comme accidents cutanés aigus, à type d’eczéma lichénifié ou de névrodermite chronique circonscrite comme accidents cutanés chroniques, alternent assez fréquemment avec des manifestations goutteuses viscérales et articulaires qu’elles remplacent.
Donc l’intoxication alimentaire peut intervenir dans les faits de cet ordre comme cause des plus importantes de ces états morbides, et par suite des manifestations cutanées qui s’y rattachent.
Elle intervient également par l’abus du café, du thé, de la kola, de la coca, de tous les excitants du système nerveux, pour développer le nervosisme et les affections cutanées qui en dépendent. C’est surtout le théisme chez les femmes du monde, le caféisme chez les femmes du peuple qu’il faut incriminer dans la genèse de la plupart des dermatoses prurigineuses qui deviennent si fréquentes chez elles.
Nous ne croyons pas que dans l’état actuel de la science on puisse poser des règles précises pour chaque dermatose au point de vue du régime. Il serait bon
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que de patientes études cliniques basées sur de longues observations vinssent apporter un peu de clarté dans cette question si difficile.
Il est tout d’abord bien certain que lorsqu’il s’agit de difformités cutanées, un régime alimentaire est inutile.
Les dermatoses dans lesquelles le régime alimentaire nous semble par contre devoir être réglementé sont surtout les éruptions érythémateuses, urticariennes, vaso-motrices, acnéiques, prurigineuses.
Si le malade est atteint d’une affection cutanée accidentelle aiguë à tendances inflammatoires, et s’il est avéré que certaines substances provoquent chez lui des éruptions artificielles, ou activent le prurit, il devra soigneusement éviter d’en faire usage pendant tout le temps que durera sa dermatose. Quelles que soient ses susceptibilités cutanées, il s’abstiendra toujours dans ce cas de prendre de trop fortes doses d’alcool.
Si l’affection cutanée accidentelle dont souffre le malade n’a pas de tendances inflammatoires très marquées, le problème devient plus complexe. Si c’est une affection purement parasitaire, non compliquée ni d’eczématisation, ni de lichénification, ni de prurit, la question du régime revient à la question du terrain sur lequel évolue le parasite et qu’il peut-être nécessaire de modifier pour obtenir la disparition de ce parasite.
Si l’affection, quoique parasitaire, se complique de prurit ou d’eczématisations ou de lichénifications (comme peut le faire la gale par exemple), on recommandera au malade de s’abstenir des aliments qui peuvent exagérer chez lui ces complications : en tous cas on lui interdira les excès de boisson.
Les mêmes remarques s’appliquent aux éruptions artificielles d’origine externe ou traumatiques, aux éruptions artificielles d’origine interne ou toxiques.
En présence d’une dermatose d’origine nerveuse on doit interdire le café, le thé, l’alcool à trop hautes doses, la kola, la coca.
S’il s’agit d’une dermatose chronique qui semble se relier à la constitution goutteuse, c’est le régime de la goutte que l’on doit prescrire au malade ; on l’engagera à s’y conformer strictement pendant des années.
Il en est de même pour les diabétiques, les albuminuriques, les obèses : ils devront suivre le régime alimentaire qui convient à leur affection viscérale ou à leur état général, et s’abstenir des substances qui leur sont nuisibles.
Chez les enfants en bas âge la question du régime alimentaire est absolument capital quand ils sont atteints de dermatoses à type d’eczéma, d’urticaire, d’érythème, ou de prurigo. On doit les alimenter exclusivement ou presque exclusivement avec du lait. Chez les nourrissons il faut surveiller l’alimentation de la nourrice, et faire analyser son lait. La persistance des éruptions infantiles ne tient fort souvent qu’à la mauvaise composition du lait dont est nourri l’enfant. Il est inutile d’ajouter qu’il faut immédiatement en changer. (Voir les divers travaux des pédiatres : Marfan, Gomby, Yariot, etc...)
Mais il ne faut pas qu’en pratique le médecin applique aveuglément les règles que nous venons de poser. Il est de nombreuses circonstances dans lesquelles on doit les modifier.
Il y a des aliments que l’on peut consommer sans danger quand ils sont parfaitement frais et qu’on est au grand air, alors qu’ils sont nuisibles quand ils sont moins frais et qu’on habite la ville. Ces particularités s’observent souvent chez des urticariens ou des eczémateux qui peuvent manger du poisson frais, des mollusques et des crustacés sans inconvénient quand ils se trouvent au bord de la mer.
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Un arthritique eczémateux transporté de la ville à la campagne, à la montagne, passant d'une vie sédentaire à une vie active et au grand air, peut sans inconvénients consommer plus de viande, faire usage de vin, de café et de thé. En réalité il faut proportionner l’apport à la dépense.
Il faut en outre tenir compte dans la réglementation du régime alimentaire des susceptibilités individuelles, de la race du malade, du climat qu’il habite. Un homme du nord, chez lequel l’impressionnabilité nerveuse n’existe pas, qui a besoin d’une nourriture plus substantielle pour résister à l’action du froid, peut consommer impunément en jambon, saucisses fumées, viandes conservées, poissons, café, thé, alcool, ce qui intoxiquerait un habitant des pays chauds.
Les idiosyncrasies des races Scandinaves, anglo-saxonne, germanique sont totalement différentes de celles des races latines, juives, orientales.
Il est entendu d’ailleurs, que si un sujet donné change de climat, il doit, pour se bien porter, modifier son régime alimentaire et se rapprocher de celui que suivent les indigènes du pays qu’il va habiter.
On ne peut donc avoir une ligne de conduite invariable quand il s’agit de régime alimentaire en dermatologie. 11 ne faut pas faire aveuglément à tous les sujets la même prescription diététique ; elle doit varier selon :
1° La race, la nationalité du malade ;
2° Le pays qu’il habite ;
3° Son hérédité et ses prédispositions morbides;
4° L’état de ses organes ;
5° Son genre de vie et le lieu dans lequel il séjourne.
Mais il faudra surtout que le médecin explique bien au malade que lorsqu’on lui défend une substance reconnue nuisible pour lui, cette interdiction est absolue. Des sujets de très bonne foi s’imaginent suivre fort bien leur régime en prenant de temps en temps un peu des aliments qui leur sont défendus. Pour quiconque connaît les effets possibles et prolongés sur l’économie des substances toxiques même ingérées à doses infinitésimales, il est évident qu’en agissant ainsi ils ne bénéficient nullement des privations qu’ils s’imposent d’une manière habituelle.
Tous ces principes fondamentaux sont malheureusement trop souvent méconnus ; et c’est sans doute pour ce motif que les dermatologistes ne peuvent arriver à s’entendre sur cette question L
1 Note de M. le Dr Ayrignac sur V alimentation dam les dermatoses d'après les recherches qu'il a faites dans notre service et sous notre direction :
a Les documents analytiques que nous recueillons depuis cinq ans et dont les derniers n’ont porté que sur des sujets atteints de dermatoses rebelles nous ont d’abord indiqué les modifications que présentent le tube digestif, le foie, le rein, et la nutrition générale de ces malades.
Nous avons été ensuite amenés à comprendre l’importance très grande du régime alimentaire sur les phénomènes nutritifs.
Une mauvaise diététique nous a paru constituer une des causes les plus fréquentes de l’apparition des Dermatoses dites d'origine interne, comme elle l'est d’ailleurs de presque toutes les maladies de la nutrition.
La réglementation du régime nous a fourni un moyen thérapeutique des plus aptes à améliorer l’état général d’un sujet.
Cette réglementation comprend deux éléments d’égale importance : la qualité et la quantité des aliments et boissons à prescrire.
La qualité de l’alimentation la plus favorable à un cas particulier, est indiquée par les facteurs suivants :
Etat du tube digestif, estomac et intestin;
Etat du foie, du rein, du système nerveux, de la peau, de la nutrition générale, du degré de minéralisation.
Elle est exposée à l’article Hygiène Alimentaire de cet ouvrage,
La quantité se mesure d’après les besoins réels d'un organisme donné dans des conditions nette-
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IL — HYGIÈNE LOCALE
Un des éléments les plus importants de la prophylaxie des dermatoses, c'est la propreté. C’est un axiome que l’on ne saurait trop répéter que les dermatoses sont engendrées, entretenues , aggravées parla saleté.
Pour que la peau ne soit pas envahie par les parasites de tout ordre, pour que
ment définies. Cette notion de la quantité des aliments joue à nos yeux un rôle capital dans la détermination des régimes.
Si l'on songe que la plupart des malades que nous avons eu à examiner, rentrent dans la catégorie de ceux que Bouchard a appelés des « Ralentis », entre autres raisons, parce qu’il leur suffit d’une petite quantité d’aliments pour subvenir aux besoins réels de leur organisme, on comprendra pourquoi nous attachons une telle valeur à cette détermination quantitative.
La clinique avait déjà montré que certains malades à réactions cutanées très délicates continuaient, malgré une réglementation qualitative rigoureuse, à inscrire sur leur tégument la preuve de leur imperfection nutritive.
A ce point de vue, les affections cutanées ont le grand avantage sur les autres maladies de la nutrition de prévenir le médecin de l’inefficacité de sa thérapeutique.
Nous avons pensé alors qu'il y avait peut-être avantage à réduire au minimum nécessaire la fatigue des divers organes d’absorption, d’élaboration et d’élimination.
Nous comptions parer ainsi aux inconvénients, bien plus nombreux qu’on ne se l’imagine encore, qui découlent de la suralimentation, de la surnutrition.
Nous avons cherché alors à déterminer la ration minima nécessaire aux besoins de chaque organisme.
Il nous était difficile d’accepter les chiffres que fournissent les physiologistes. D’abord ils diffèrent beaucoup trop d’un auteur à l’autre, et ils s’appliquent d’ailleurs à une moyenne.
Or personne ne conteste combien sont variables les phénomènes nutritifs d’un sujet à un autre et par suite combien diffèrent les besoins de deux individus distincts. Certain tube digestif pourra très bien supporter une alimentation de 500 grammes de viande, qui présentera des phénomènes d’intolérance avec 700 grammes du même aliment, et cette même quantité n’indisposerait nullement un deuxième sujet. Tel rein fait de l’imperméabilité avec 10 grammes de chlorure de sodium alors que d’autres fonctionneront encore de façon normale avec 12 et même 15 grammes du même corps.
De plus si nous adoptons, sans préjuger de sa valeur, l’unité employée aujourd’hui par la plupart des physiologistes, la calorie, nous constatons que les divers auteurs s’accordent à fixer pour les adultes la ration d’entretien à 33 calories par kilogramme corporel. Or l’observation des faits nous a démontré qu’il était impossible d’accepter cette donnée d’une façon générale.
A côté des quelques sujets qui avaient réellement besoin de cette ration, nous en avons trouvé un plus grand nombre qui se contentaient très bien de 25 calories, beaucoup de 20 calories seulement, et un nombre relativement considérable restait même au-dessous de ce chiffre.
Nous possédons trois observations de sujets dont le régime rationnel ne dépassait pas 12 calories par kilogramme corporel.
On doit donc poser en principe que chaque sujet a besoin d’un nombre de calories qui lui est propre .
Si maintenant nous décomposons ces 33 calories qui jusqu’ici ont été reconnues nécessaires à la moyenne des cas, nous constatons que les auteurs recommandent de les départager de la façon suivante :
Albumine . 6 calories
Graisses . 9 —
Hydrocarbonés . 18 —
Ce qui donne Rr,50 d’albumine, 1 gramme de graisses, et 5 grammes d’hydrocarbonés par kilogramme corporel.
Ne retenons pour l’instant que la ration d’albumine qui est l’élément fondamental de la cellule vivante.
Dans les cas que nous avons étudiés, nous n’avons que très rarement observé un pareil besoin de ce corps. Presque toujours nous avons trouvé des sujets demandant, sans réglementation, à cette partie de l’alimentation 0sr,90 et 0sr,80 par vingt-quatre heures.
Parfois cette dépense ne s’élevait qu’à 0sr,60 et même 0§r,50.
On voit par ces exemples quel coefficient d’erreur parfois considérable introduirait une alimentation uniforme comme quantité, chez des sujets qui présentent des réactions très sensibles, et
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ses fonctions de sécrétion, d’excrétion et de perspiration s’accomplissent bien, il faut la savonner avec de 1 eau qui ne l’irrite pas, et du savon qui ne soit pas pour elle une cause d’inflammation.
Pour qu’elle ne devienne pas un locus minoris resistentiæ au niveau duquel se* feront les déterminations morbides de l’organisme et qui sera un point d’appel pour les réactions cutanées, il ne faut pas qu’elle soit traumatisée, blessée par des contacts irritants.
Tels sont les deux principes qui règlent l’hygiène locale de la peau.
l'on comprend la nécessité de fixer aussi rigoureusement que possible la ration minima nécessaire à un organisme déterminé.
Pour atteindre ce résultat de façon pratique, nous commençons par déterminer la quantité d’azote urinaire éliminé en vingt-quatre heures par un sujet qui, pendant trois jours, a suivi un régime identique à son régime habituel.
On sait qu'un gramme d’azote correspond à 6sq25 d’albumine. Comme l'azote urinaire représente environ 95 p. 10Ü de l’azote total éliminé en vingt-quatre heures tant par les urines que par les matières fécales et par la peau, il faudra, comme l'indique Bouchard, multiplier l’azote urinaire par 6 736 pour avoir l'albumine totale détruite en vingt-quatre heures par ce sujet.
Nous calculons, d’autre part, la quantité d'albumine qui a été ingérée pendant ce même laps de temps et nous établissons le rapport des deux.
Pour une alimentation d’hydrocarbonés et de graisses, le taux d'élimination de l’azote urinaire est fonction de l'azote ingéré. Il augmente ou décroît en même temps que lui.
Nous n'envisageons pas ici les cas pathologiques rares dans lesquels l’albumine peut être, en grande quantité, détournée de son émonctoire naturel, et peut être soit éliminée par l'intestin, soit retenue dans l'organisme par quelque épanchement séreux considérable.
Nous devons cependant signaler les observations beaucoup plus fréquentes dans lesquelles il existe une rétention momentanée ou une débâcle consécutive dues à une imperméabilité rénale qui aurait échappé à l'investigation clinique, mais dont il faudrait tenir compte.
Nous constatons souvent, quand les sujets ont suivi leur régime habituel, que ce rapport de l’albumine détruite à l’albumine ingérée est inférieur à 88 p. 100 alors qu’il devrait être le contraire. Aussi avons-nous pris le parti de donner une ration albuminoïde légèrement inférieure à la quantité d’albumine détruite.
Si cette quantité est de 70 grammes, par exemple, nous établissons à 65 grammes notre ration d’alumine alimentaire. C'est qu'en effet nos sujets étant habitués à une alimentation trop riche en albumine, l’élimination urinaire représente, comme nous l’avons indiqué plus haut, une azoturie plus forte que l’azoturie normale du sujet. D’où la règle constante que nous avons adoptée, sauf chez les sujets qui maigrissent.
Nos malades sont alors pesés, et pendant une semaine suivent un régime composé de la façon suivante :
1° La quantité d'albumine déterminée comme nous venons de le montrer :
2° Une ration de graisses égale aux deux tiers de la ration d’albumine prescrite ;
3° Une quantité d’hydrocarbonés égale à cinq fois cette ration d’albumine.
Dans le cas précité où nous avons pris 65 grammes d’albumine, nous donnerons donc 45 grammes de graisses et 325 grammes d’hydrocarbonés, c’est-à-dire 1 720 calories environ.
Après une semaine de ce régime, nous déterminons à nouveau l'azote urinaire et nous notons le poids et l’état du sujet.
Nous constatons très souvent une amélioration de cet état, une diminution du poids et une élimination azotée qui a fléchi parallèlement à l’ingestion du même produit.
Nous diminuons encore la ration albuminoïde en maintenant les hydrocarbonés et les graisses à leur taux initial ; nous continuons à réduire ainsi la quantité d'albumine jusqu’à ce que 1 azote éliminé dépasse l’azote ingéré. Nous avons alors la preuve que les tissus de l’organisme ont fourni la différence.
Nous connaissons alors le besoin minimum d’albumine nécessaire à nos sujets pour une ration d’hydrocarbonés et de graisse donnée.
Il ne reste plus qu’à contrôler ce résultat par le poids et l’état du sujet.
On sait d’ailleurs que par l'augmentation des autres éléments du régime on peut faire baisser encore davantage la destruction des albuminoïdes et même la faire tomber au-dessous de 21 grammes par vingt-quatre heures sans diminution du poids du sujet.
Nous ajouterons que dans certains cas il est même nécessaire d obtenir ce résultat surtout si le tube digestif du sujet le permet.
On sait en effet combien sont toxiques les molécules fournies par la désintégration de la molécule albuminoïde. On sait aussi la part importante que prennent les albumines surtout animales dans la production des fermentations intestinales. Ces deux raisons suffisent à elles seules à
TRAITEMENT GÉNÉRAL
A. — Hygiene des parties glabres
Pour débarrasser les téguments des produits de sécrétion des glandes cutanées, de la desquamation épidermique, et de tous les corps étrangers, poussières et parasites, qui s’accumulent sans cesse sur leur surface, surtout au niveau des parties découvertes, il convient de laver soigneusement deux fois ou tout au moins une fois par jour, toutes les régions découvertes, visage, cou, mains, et toutes celles au niveau desquelles il se fait d’actives sécrétions, telles que les pieds, les régions ano-génitales, les aisselles chez certaines personnes.
Il est préférable de se servir quand on le peut d’eau que l’on a fait bouillir ou d’eau de pluie. Les eaux chargées de calcaire sont parfois irritantes pour certaines peaux. L’eau chaude nettoie mieux ; l’eau froide raffermit la chair, et expose moins aux gerçures pendant l’hiver.
Il est bon d’utiliser des savons pour arriver à un nettoyage plus parfait ; il
motiver dans quelques cas l'abaissement plus considérable de la ration albuminoïde, et cela pendant un certain temps.
Mais il faut bien se garder de permettre la destruction des albumines des tissus, ce qui arriverait si l'on n'augmentait pas les rations d'hydrocarbonés et de graisses en même temps que l’on diminue les substances protéiques.
Nous n'avons pas tenu compte jusqu’ici du facteur minéral dans la constitution du régime. Les éléments minéraux sont éliminés en forte proportion dans la plupart des dermatoses, d'où nécessité d’en fournir un apport suffisant par l’alimentation. A moins d’indications particulières nous donnons en moyenne un gramme de matières minérales (moitié sous forme de chlorure de sodium, moitié sous forme de sels minéraux compris dans les aliments) pour 4 grammes d’albumine.
Une place à part doit être réservée au chlorure de sodium.
Nous avons vu que l’état du rein est souvent mauvais dans bon nombre de dermatoses. On connaît d’autre part l’influence du chlorure sur l’activité du rein. Il est donc nécessaire de rechercher la quantité de chlorure compatible avec le meilleur fonctionnement du rein d'un sujet donné. Ce point particulier nous est fourni de façon bien suffisante dans la pratique ordinaire par le rapport de la diurèse moléculaire totale à la diurèse moléculaire élaborée.
Ce rapport dans la plupart des cas s’élève au-dessus de sa valeur normale chaque fois que la diurèse s’opère de façon défectueuse. Or en diminuant l’ingestion des chlorures on restitue généralement à ce rapport sa valeur normale. Nous observerons cependant que le chlorure de sodium, son effet sur l'état du rein étant mis à part, agit très nettement sur la nutrition générale.
Nous avons noté en effet, à la suite d’une épreuve chlorurée assez intense, une meilleure élaboration des matériaux nutritifs et une élimination des éléments extractifs supérieure à la rétention passagère provoquée par le chlorure de sodium.
Nous pensons donc qu’il ne faut pas proscrire systématiquement le chlorure de l’alimentation, en dehors des cas où il provoquerait de l'imperméabilité presque complète, et qu'il peut être utile chez de nombreux sujets de prescrire une certaine quantité de ce corps pendant quelques jours tout au moins.
Ces considérations générales étant posées, voyons les avantages et les inconvénients des divers régimes typiques que l’on a l’habitude de prescrire.
Le régime lacté absolu est fréquemment utilisé dans les grandes dermatoses et réussit dans la plupart des cas. Nous ne redirons pas la^valeur diurétique de ce régime depuis longtemps connue : le lait a, entre autres avantages, celui d’assurer une excellente minéralisation, d’augmenter considérablement les oxydations, et de diminuer en général l'apport de matériaux toxiques.
Mais certains tubes digestifs le tolèrent mal, parfois même ne le tolèrent pas du tout. De plus, les 2 litres et demi de lait qui correspondent aux 1 700 calories que nous jugeons suffisantes à la plupart des sujets renferment une proportion bien trop grande de graisses et d’albumine et une trop petite quantité d’hydrocarbonés.
Les 100 grammes d’albumine qu'ils représentent sont de beaucoup supérieurs au besoin protéique nécessaire, et l'on comprend par le nombre de molécules toxiques qu’ils créent et par les fermentations intestinales parfois considérables qu’ils développent, comment ce régime peut devenir toxique pour un sujet donné.
Le régime végétarien absolu offre de grands avantages au point de vue de la nutrition en général. Il supprime presque toujours les fermentations intestinales, diminue la fatigue du foie
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convient d’employer des savons naturels, sans parfums, ne renfermant pas d’excès d’alcalis ; le beau savon blanc dit de Marseille en est le type. Les savons avec excès de graisse d’Unna de Hambourg et leurs dérivés ne sont pas irritants pour la peau : mais il décrassent bien mal.
Il y a des peaux qui ne supportent pas les savons : elles se gercent, et il s’y développe des éruptions à type d’eczéma lorsqu’on les savonne d’une manière habituelle. On peut remédier à cet inconvénient soit en les enduisant de cold-cream frais sans odeur, ou de glycérolé d’amidon à la glycérine neutre pure, ou d’un mélange à parties égales d huile d’amande douce et de lanoline pendant toute la nuit, et après chaque savonnage ; soit en employant en guise de savon la mie de pain, la pâte d’amandes, la glycérine, le cold-cream frais qui nettoie admirablement, et que beaucoup de femmes a peau délicate emploient exclusivement pour les soins du visage, enfin certains produits de parfumerie à base de glycérine ou d’huile d’amande douce que tout le monde connaît.
et du rein en faisant baisser le nombre de molécules toxiques. Nous l'avons vu réussir dans les cas où le régime lacté était demeuré impuissant. Malheureusement il est parfois impossible de le faire tolérer par certains estomacs, par les hyperpeptiques en particulier, et par certains intestins délicats.
Notons en passant que dans deux cas, dont un observé avec M. lel> Lenglet, nous avons constaté la coexistence de fermentations intestinales vraies, et d’un régime végétarien suivi depuis un mois.
Les objections tirées de l’insuffisance en albumine de ce régime n’ont pas de valeur si l’on songe que la ration d’albumine peut être réduite à une quantité tout à fait minime pourvu que l’apport en hydrocarbonés et en graisses ait été augmenté, et si l’on se rappelle que certains légumes secs (lentilles, haricots, pois, fèves) renferment une plus grande quantité d’albumine qu’un même poids de viande ; d’où leur nom de viande végétale.
Dans quelques cas nous avons pu augmenter la tolérance du tube digestif pour ce régime en donnant en même temps un peu de diastase végétale facilitant la transformation de l’amidon en dextrine et glucose.
Etant donné ce qui précède, il sera bon de faire suivre ce régime pendant quelques jours et de le reprendre après un retour plus ou moins prolongé au régime mixte.
Le régime mixte fortement carné présente de très graves inconvénients qui proviennent tant de l’apport considérable en albumine que de l’augmentation des dérivés toxiques qui proviennent de la désassimilation des viandes, « autant de substances qui vont engorger le foie, irriter les centres nerveux, fatiguer et congestionner le rein » (Gautier).
Enfin dans des proportions bien plus considérables que pour le lait, la viande augmente les fermentations, irrite l’intestin, entretient la constipation : troubles qui ne font qu’augmenter la toxicité de cet aliment.
Après ce que nous venons de dire, on conçoit les avantages que l’on pourra tirer de l’emploi raisonné des divers régimes précédents.
On pourra par exemple, dans les poussées généralisées des dermatoses, prescrire d’abord le régime lacté intégral pendant quelques jours ; puis, si les accidents continuent, donner le régime végétarien absolu ou de préférence le régime mixte lacto-végétarien qui bénéficie des avantages des deux sans en présenter les inconvénients. Dans ce cas l’on devra limiter la quantité de lait aux besoins en albumine du sujet.
Etant données les habitudes alimentaires d’aujourd’hui, nous pensons qu’il nya indication du régime végétarien absolu que dans les cas et sous les réserves que nous avons indiqués à propos des inconvénients des régimes lacté et végétarien absolus.
Au moment de la convalescence on pourra revenir progressivement au régime mixte faiblement carné. En tout cas on ne devra jamais permettre à ces sujets, même une fois guéris, de dépasser une dose de viande variant de 60 à 150 grammes suivant les individus.
Pour ce qui concerne les espèces de viande, les œufs, les fromages (voir 1 article Régime du Traité).
il ne faut pas oublier dans la prescription des divers régimes, le régime lacté excepté, la part importante qui revient aux éléments minéraux et à la boisson dans la diététique.
Sans parler des diverses préparations thérapeutiques, nous indiquerons les bons effets que l’on peut obtenir de la décoction de céréales de Springer aux doses de 200 à 400 grammes.
La dose de chlorure de sodium doit être déterminée d’après les besoins normaux de chaque sujet.
Enfin il est bon de prescrire par vingt-quatre heures une assez grande quantité de liquide contrairement à l'opinion assez répandue. » (Ayrignac.) „ ■
D’ailleurs les soins de toilette varient totalement suivant qu’il s’agit de peaux graisseuses, séborrhéiques ou de peaux sèches xérodermiques. Aux premières conviennent les savonnages avec des savons plutôt chargés d’alcalis comme le savon mou de potasse, l’emploi de l’eau de son pure ou additionnée de borate ou de bicarbonate de soude, les lotions alcooliques, avec de l’alcool camphré qui est le prototype des lotions antiseptiques pour la peau, ou de l’eau de Cologne de bonne qualité, les applications de poudres siccatives telles que les farines d’amandes, de seigle, d’orge, les poudres d’oxyde de zinc, de sous-nitrate de Bismuth, de magnésie, etc.., aux secondes conviennent les nettoyages avec de l’eau qui a préalablement bouilli avec de la laitue, de la guimauve ou de la graine de lin, et avec des corps gras tels que le cold-cream frais sans odeur.
Nous ne saurions d'ailleurs trop mettre en garde les médecins contre l’emploi des parasiticides ou antiseptiques, lotions et savons, dans les dermatoses, et même sur les peaux saines. Le meilleur antiseptique est de beaucoup le savon ; puis, si la peau le supporte, l’alcool camphré, ou l’eau-de-vie camphrée qui est bien moins énergique.
Il est bon de prendre un ou deux bains de propreté par semaine.
Le meilleur bain hygiénique est le bain tiède savonneux que l’on prend à une température qui varie suivant les sujets de 30° à 34° : il faut qu’on n’y éprouve aucune sensation désagréable'de chaud ou de froid ; on y séjourne de vingt à trente minutes.
Certaines peaux irritables réclament des bains d’eau de pluie ou d'eau bouillie, des bains de son, ou d’amidon, ou de gélatine (de 500 grammes à 1000 grammes par bain), de glycérine (500 grammes par bain) : ces deux derniers conviennent aux peaux xérodermiques. Les peaux graisseuses ou séborrhéiques veulent au contraire des bains alcalins, renfermant soit de 50 à 250 grammes de carbonate de soude, soit de 50 à 100 grammes de borate de soude, des bains de Pennés.
Les peaux acnéiques et séborrhéiques sont parfois heureusement modifiées par des bains sulfureux.
Quelques auteurs conseillent les bains de tilleul aux personnes dont le système nerveux est très excitable.
Les bains de vapeur, les étuves sèches peuvent avoir leurs indications, mais ne sauraient être recommandés d’une manière générale. En sortant du bain, il est bon de se faire masser ou tout au moins de se frictionner vigoureusement. On enlève ainsi mécaniquement une grande quantité de détritus restés adhérents aux téguments malgré le bain, mais ramollis par le contact de l’eau et rendus plus faciles à détacher.
Tels sont les bains de propreté que l’on doit prendre pour entretenir le corps en parfait état et favoriser les fonctions de la peau. (Voir l’article Bains pour plus de détails.)
Soins à donner à la peau. — Au point de vue des? qualités mêmes de la peau et des tissus, voici en peu de mots ce que nous croyons pouvoir conseiller :
Il est bon pour raffermir les chairs de faire au moins le matin des lotions froides avec de l’eau bouillie sur les bras, les épaules et la poitrine. Beaucoup de femmes conservent ainsi fort longtemps la fermeté et la forme de leurs ;seins. Si la peau est trop sèche et squameuse, on fait de temps en temps des onctions de glycérolé d’amidon et de cold-cream frais; si elle est grasse et huileuse, on la savonne une ou deux fois par semaine, plus ou moins fortement suivant la susceptibilité des
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téguments, avec du savon au goudron pur ou au borate de soude; on ajoute à l’eau dont on se sert quelques gouttes de teinture de benjoin ou un peu d’eau de Cologne ou d’alcoolat de lavande.
(Pour les autres cas qui peuvent se présenter, voir les articles Acné , Séborrhée , Eczéma, etc...)
Les personnes qui veulent conserver un teint frais, rosé, sans qu’il soit haut en couleur, qui veulent retarder autant que possible l’apparition des rides, doivent :
1° Ne pas s’exposer au froid vif, au vent violent, en particulier au vent de la mer qui haie fort rapidement les parties découvertes, au soleil, à l’air chaud;
2° Ne pas porter des vêtements trop .lourds, trop étroits, en particulier pas de corsets serrés qui font refluer le sang au visage et qui empêchent les digestions de se faire ; éviter le froid au pieds ;
3° Avoir un régime alimentaire d’une sévérité extrême (voir ce mot) ;
4° Entretenir la liberté du ventre par des laxatifs appropriés si c’est nécessaire, et prendre de temps en temps des lavements;
5° Ne pas veiller, ne pas se fatiguer outre mesure, soit par des excès de travail, soit par des excès de plaisirs;
6° Eviter les émotions fortes, les préoccupations, la tension d’esprit prolongée, etc...
B. — Hygiène de la chevelure
Il est triste d’être obligé de reconnaître que ce sujet, quelque important qu’il soit en réalité, a été jusqu’ici fort négligé par les médecins.
Voici quelques principes que nous croyons devoir poser et d’où découlent les règles générales d’hygiène que nous adoptons.
Tout d’abord l’expérience prouve que lorsque les cheveux sont trop secs, ils ont de la tendance à devenir cassants, frêles, et à s’éclaircir, que lorsqu’ils sont trop gras, ou, pour parler un langage plus médical, lorsque le cuir chevelu est atteint de séborrhée huileuse, il ont une tendance des plus marquées à tomber. Des cheveux normaux et vivaces ne sont donc ni trop secs, ni trop graisseux.
L’expérience a également prouvé que, lorsqu’on veut développer à outrance le système pileux d’une région normale, il faut l’enduire fréquemment de corps gras, la frictionner avec des brosses ou avec des substances irritantes, appliquer des vésicatoires, la raser, épiler les duvets qui la couvrent : à force de les arracher, on arrive assez souvent, et surtout dans certaines régions d’élection comme la face, à transformer en poils volumineux et vigoureux d’imperceptibles duvets.
L’expérience semble enfin avoir démontré que les cheveux se conservent mieux chez ceux qui ont l’habitude de laisser leur tête découverte que chez ceux qui sont constamment coiffés de calottes ou de chapeaux pesants.
Nous allons maintenant, en nous appuyant sur ces quelques données peu sujettes à contestation, du moins nous semble-t-il, exposer comment nous comprenons qu’on doit soigner une chevelure indemne de toute affection.
Soins de propreté. — Le cuir chevelu doit être propre. Cet axiome est d’autant plus irréfutable à l’heure actuelle que nous savons maintenant que nombre de dermatoses de cette région reconnaissent des parasites pour cause première. Il faut donc avant tout l’empêcher de s’infecter, et le nettoyer toutes les fois que c’est nécessaire, mais sans excès, comme nous le verrons plus loin.
Chez beaucoup de sujets, le cuir chevelu a une tendance naturelle à s’encrasser.
TRAITEMENT GÉNÉRAL
Il se dépose incessamment à sa surface des produits dus à la transpiration, laquelle est parfois fort abondante en cette région, à la sécrétion des glandes sébacées, à la desquamation de l’épiderme. En outre les poussières extérieures viennent souvent le souiller : dans certains corps de métier les ouvriers devraient se laver la tête tous les jours.
Chez le nouveau-né, il se produit sur le vertex une accumulation de croûtes molles et tenaces qui sont du sébum mélangé à une plus ou moins grande quantité de squames épidermiques et de poussières. Il est indispensable d’enlever, toutes les fois que c’est nécessaire, cet enduit qui peut être chez certains sujets prédisposés le point de départ d’un eczéma séborrhéique. Il ne faut pas employer pour cela des savons irritants et d’énergiques frictions. Si les croûtes sont trop épaisses, on les ramollit d’abord avec de l’huile d’amande douce, de l’huile d’olive ou de l’huile de ricin parfumée, du cold-cream frais, du cérat frais ou de la vaseline : on peut même laisser le corps gras employé en contact avec le cuir chevelu pendant plusieurs heures, en le recouvrant d’un tissu imperméable. Lorsque l’enduit sébacé est devenu moins adhérent, on lave la tête de l’enfant avec de l’eau chaude et du savon de belle qualité, ou bien avec de la décoction de saponaire ou de bois de Panama, ou bien encore avec un jaune d’œuf battu dans un peu d’eau chaude. Après un premier nettoyage complet, il suffit de passer sur le cuir chevelu de temps en temps (tous les matins chez certains sujets), de l’ouate hydrophile salicylée imbibée de décoction de bois de Panama tiède ou d’eau tiède pure légèrement savonneuse. Si c’est utile, on refait tous les huit ou quinze jours un grand nettoyage : mais il ne faut pas en abuser.
Chez les adultes, il est également indiqué de procéder à un nettoyage du cuir chevelu toutes les fois que c’est nécessaire. Cependant il faut autant que possible ne le répéter que toutes les deux, trois ou quatre semaines suivant les besoins, à moins qu’on ne soit trop exposé aux poussières, et dans ce cas, on peut le faire tous les huit jours environ. On ne saurait trop s’élever contre la pratique qui consiste à se laver la tête tous les jours à grande eau ; car le plus souvent on ne sèche pas les cheveux avec assez de soin, et l’on n’a pas la précaution de leur restituer après le lavage la matière grasse qu’on leur a enlevée, que la nature leur fournit, et qui est nécessaire à leur bonne conservation : aussi finissent-ils par devenir secs et cassants.
Pour procéder au nettoyage du cuir chevelu chez l’adulte, on peut se servir des mêmes substances que chez l’enfant; ce sont celles que nous préférons. Mais on peut aussi employer chez lui d’autres savons, par exemple le savon mou dépotasse quand on a les cheveux trop graisseux, les savons médicinaux au panama, au borax dans les mêmes circonstances, les savons au soufre, au naphtol, à l’ichtyol, à la résorcine, au solvéol si Ton éprouve quelques démangeaisons, les savons au goudron, au goudron et au panama, au goudron borate, à l’acide salicylique s’il y a des pellicules ou un peu de séborrhée.
Quand le cuir chevelu est très irritable, il faut se contenter d’employer une décoction faible de bois de Panama, ou une solution au borax. Jackson recommande dans ce cas un mélange de trois jaunes d’œufs battus dans 500 grammes d’eau de chaux. Le lavage se fait soit avec les doigts préalablement aseptisés, soit avec une brosse un peu dure soigneusement lavée, ce qui est plus commode, soit avec des tampons d’ouate hydrophile qu’on renouvelle à chaque instant, ce qui est infiniment plus propre. On frotte le cuir chevelu avec assez de force pour en détacher toutes les impuretés, en ayant soin toutefois de ne pas tordre les cheveux et de ne
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pas exercer de trop fortes tractions sur leur racine. Il est préférable d’employer pour cela de l’eau chaude, ou de faire chauffer les solutions dont on se sert. Quand la tête est bien couverte de mousse et que le cuir chevelu a été suffisamment savonné, on le lave à grande eau pour enlever les crasses et les substances qui ont servi au nettoyage. On doit préférer pour cela l’eau chaude ; cependant quelques auteurs conseillent de faire alterner l’eau chaude et l’eau froide. On sèche ensuite avec beaucoup de soin les cheveux et le cuir chevelu en les enveloppant de serviettes chaudes et en les frictionnant légèrement.
Quand on a terminé, il est bon de mettre sur le cuir chevelu et sur les cheveux une petite quantité d’huile d’amande douce ou d’huile de ricin aromatisée avec un peu d’essence de bergamote ou de wintergreen pour leur restituer l’enduit graisseux qui leur est naturel et que l’on a mécaniquement enlevé par le savonnage : mais il ne faut pas en mettre en trop grande quantité, car on tomberait dans l’excès inverse.
Peignes et brosses. — Les objets qui servent aux soins journaliers que l’on prend de la chevelure sont les peignes et les brosses. Chez les tout jeunes enfants, le peigne n’est pas nécessaire. Nous avons dit comment il faut leur nettoyer la tête : il suffit, en dehors de ces lavages, de leur brosser le cuir chevelu le matin avec une brosse douce, sans arriver aie rougir ou à l’irriter. A mesure qu’ils avancent en âge, on emploie une brosse de plus en plus ferme, mais il ne faut jamais arriver à irriter les téguments.
Dès que l’enfanta une véritable chevelure, il doit, comme l’adulte, se servir d’un peigne : cet instrument est indispensable pour démêler les cheveux, pour leur donner leur direction habituelle et les aérer. Les meilleurs peignes sont les peignes à dents écartées que l’on appelle démêloirs : les dents ne doivent pas être trop aiguës, car elles sont alors irritantes et douloureuses pour le cuir chevelu ; elles ne doivent présenter ni la moindre inégalité, ni la moindre aspérité, car elles pourraient casser et arracher les cheveux. On doit tenir ces instruments dans un parfait état de propreté. On ne se servira du peigne fin que lorsque les cheveux auront été déjà passés au démêloir. D’ailleurs ce peigne fin, qui doit présenter les mêmes qualités que le démêloir, n’est pas très utile et il peut être nuisible entre des mains peu soigneuses. On l’emploie surtout dans le but de nettoyer la tête et d’enlever les pellicules : or, on irrite ainsi le cuir chevelu, on active la production du pityriasis, et l’on exagère, en somme, l’affection que l’on veut combattre. 11 vaut mieux traiter les pellicules par les pommades, les lavages et les brosses bien maniées.
L’adulte doit faire usage d’une brosse dure : les touffes de crin en seront disposées de telle manière que celles du milieu soient un peu plus saillantes que celles de la périphérie : elles seront écartées pour pouvoir pénétrer dans la masse des cheveux sans difficulté et sans exercer sur eux de fortes tractions, il faut que ces instruments soient tenus dans un parfait état de propreté. Lorsque les cheveux auront été démêlés avec le gros peigne, on les brossera suivant le sens dans lequel ils auront été disposés, avec assez d’énergie pour que l’on éprouve une certaine sensation de chaleur agréable au cuir chevelu, sans cependant arriver à 1 irriter. On nettoiera ainsi les cheveux, et l’on fera disparaître la plus grande partie des pellicules. Pour terminer et pour donner du brillant à la chevelure, on peut en lustrer la surface avec une brosse douce.
Port des cheveux. — Les hommes portent à l’heure actuelle pour la plupart les cheveux courts. Cet usage est condamné par beaucoup d’auteurs, qui soutiennent avec une apparence de raison que les cheveux constituent une protection natu-
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relie du crâne, que les femmes qui ne coupent point leurs cheveux les perdent beaucoup moins que les hommes, etc.... Ceux qui conseillent de tenir les cheveux courts prétendent au contraire que des coupes de cheveux fréquentes réveillent leur vitalité, qu’en les portant courts on peut nettoyer le cuir chevelu avec plus de facilité et prévenir les 'diverses maladies contagieuses si fréquentes que l’on observe dans cette région. Certains auteurs pensent que des coupes de cheveux trop répétées sont mauvaises, parce qu’elles entretiennent une certaine irritation du cuir chevelu. Il est bon toutefois de faire couper assez souvent les cheveux quand ils sont grêles, chétifs et clairsemés. Cette question est donc des plus controversées, et dans l’état actuel de la science il est assez difficile d’avoir une opinion ferme sur ce point. Voici néanmoins quelle est notre ligne de conduite.
Il est préférable de faire porter aux enfants leurs cheveux courts jusqu’à l’âge de sept à huit ans : on peut en effet ainsi leur tenir facilement la tête dans un état de propreté absolue. A partir de cet âge on peut laisser pousser les cheveux des petites filles ; si cependant elles sont exposées par leur condition sociale à ne pas prendre un soin suffisant de leur personne, il vaut mieux tenir leurs cheveux à une longueur modérée jusqu’à la puberté. Beaucoup de femmes brûlent l’extrémité de leurs cheveux ou les raccourcissent de quelques millimètres à chaque époque menstruelle ; elles prétendent conserver ainsi leur chevelure et en activer la croissance. Il est bien difficile de dire si cette croyance est réellement fondée ; en tous cas cette pratique ne saurait avoir de sérieux inconvénients.
Quant aux jeunes garçons qui vont au collège comme externes ou qui y demeurent comme internes, ils doivent porter leurs cheveux courts. Ils n’ont pas le temps de prendre les soins assez minutieux que nécessite une longue chevelure flottante, et les contaminations incessantes auxquelles ils sont exposés obligent à exercer sur eux une active surveillance, ce qu’il est bien plus facile de faire si les cheveux sont coupés ras. Les jeunes gens feront ce qu’ils trouveront convenable : mais, dès qu’ils auront une affection quelconque du cuir chevelu, ils devront couper leurs cheveux aussi courts que ce leur sera possible, car les soins qu’ils auront à prendre deviendront ainsi beaucoup plus aisés, et n’exigeront que peu de temps.
Mode de coiffure. — La forme de la coiffure adoptée par les femmes est fort importante. Il est fréquent d’observer des plaques d’alopécie au sommet de la tête, au vertex en particulier, aux points qui sont soumis à des pressions ou à des tractions exagérées, le plus souvent par l’intermédiaire d’épingles ou de peignes avec lesquels on attache où l’on maintient les vrais et les faux cheveux.
Pour être hygiénique, une coiffure doit être simple; elle doit laisser aux cheveux leur direction naturelle et ne pas les soumettre à de trop fortes tractions. La mode qui consiste à laisser porter aux petites filles leurs cheveux flottants, sur les épaules, est excellente : il est bon que, de temps en temps, lorsqu’elles le peuvent, les femmes les laissent également dénoués. La meilleure coiffure consiste à les natter en tresses peu serrées sans tirer sur eux, puis à les laisser pendre, ce que peuvent faire les jeunes filles, ou bien à les replier derrière la tête et à les fixer avec de grosses épingles à cheveux bien unies en caoutchouc durci, en os, en écaille ou en celluloïd. 11 faut éviter de les tordre et surtout de les rouler en papillotes, ou de les chauffer pour les friser.
Nous réprouvons donc complètement les modes actuelles qui consistent à sécher les cheveux pour « les faire fournir », à les onduler, à les friser, à les faire bouffer au moyen de peignes que l’on dispose en couronne tout autour de la tête. Nous sommes convaincu que cette pratique détestable est une des causes des chutes de
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cheveux dont les femmes se plaignent de plus en plus depuis quelques années.
Les hommes doivent se conformer aux mêmes principes. La coiffure en brosse, dite à la Henri II, est détestable, car elle change la direction des cheveux et ne leur laisse pas leur souplesse naturelle. La frisure leur est aussi mauvaise qu’aux femmes.
Chapeaux. — Pour qu’un chapeau ne soit pas nuisible, il doit remplir les conditions suivantes : il doit permettre à l’air de circuler librement sur la tête, ne pas favoriser l’accumulation à sa surface de l’air chaud et delà sueur, ne pas comprimer le crâne et gêner ainsi la circulation de la partie supérieure du cuir chevelu, toutes conditions qui favorisent la production de l’alopécie prématurée idiopathique et des alopécies séborrhéiques. Il est bon d’avoir la tête nue : aussi, lorsqu’on ne s’expose pas à s’enrhumer en agissant ainsi, faut-il se découvrir dès qu’on le peut. Les mêmes considérations s’appliquent aux faux cheveux dont les femmes font un si fréquent usage : il est préférable de ne jamais s’en servir.
Teintures et cosmétiques. — On peut dire d’une manière générale qu’il faut toujours déconseiller l’emploi des teintures. Théoriquement, tout ce qui peut modifier les conditions normales d’existence du cheveu lui est nuisible. Cependant, nous devons reconnaître que dans certains cas de séborrhée du cuir chevelu, nous avons vu les teintures à base de suc d’écorces vertes de noix ou à base de henné modifier en bien l’état du cuir chevelu et arrêter la chute des cheveux. Nous avons également essayé dans les mêmes conditions, et guidé par une idée théorique, l’eau oxygénée : mais ce produit ne nous a jamais donné que des mécomptes.
Quant aux autres cosmétiques si nombreux que l'industrie préconise sous tant de noms aussi divers que séduisants, nous ne pouvons les recommander. Il faudrait pour cela en connaître la composition exacte, et leurs inventeurs gardent soigneusement leur secret, qui n’est le plus souvent que l’adaptation à la parfumerie d’une formule connue. Beaucoup sont excellents : mais bien évidemment ils ne le sont que pour certaines personnes, car les qualités des cuirs chevelus sont différentes, et, comme la composition de ces préparations est un mystère, on ne peut dire dans quel cas on doit les employer. C’est donc, pour nous servir d’une expression vulgaire, mais juste, au petit bonheur qu’on les choisit.
Il ne faut pas que les cheveux deviennent trop secs, et quand cet inconvénient se produit il faut leur restituer un peu de graisse ou d’huile : on se sert pour cela d’huile d’amande douce, l’huile de ricin pure ou mélangée à de la moelle de bœuf préparée, aromatisée ou non avec de l’essence de bergamote, de l’essence de lavande, ou avec du baume du Pérou ; à la rigueur on peut employer l’huile antique ou l’huile de Célèbes : toutes ces préparations doivent être souvent renouvelées; il ne faut jamais en user dès qu’elles commencent à rancir.
Quand le cuir chevelu lui-même est trop sec, et qu’il yaàsa surface quelques pellicules, il est indiqué de le lubrifier : nous employons pour cela ou bien de l’huile comme pour les cheveux, ou bien une pommade composée soit de vaseline pure, soit d’un mélange de moelle de bœuf, 20 grammes, pour huile de ricin. 10 grammes, parfum ad libitum, etc. L Pour appliquer ces substances, quand il s’agit de personnes portant les cheveux très courts, il n’y a rien de plus simple : on en prend une petite quantité; on en enduit le cuir chevelu soit directement avec les doigts, soit avec les paumes des mains que l’on a imprégnées de la préparation que l’on
1 Quand on emploie des préparations susceptibles de rancir, il faut avoir soin de les renouveler avant qu’elles aient subi cette modification.
Brocq. — Dermatologie. I.
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emploie, soit avec unpetit tampon d’ouate hydrophile, soit avec an petit tampon de flanelle propre; quand le cuir chevelu dans sa totalité est suffisamment lubrifié, on prend un mouchoir propre que l’on déploie et que Ton froisse entre les mains de manière à en. faire un tampon, ou une serviette éponge, et on la passe fortement sur le cuir chevelu en allant toujours dans le sens des cheveux, de manière à enlever l’excès de cosmétique.
Quand il s’agit d’une femme ou d’un homme portant les cheveux longs, l’application dont nous parlons est beaucoup pius compliquée et minutieuse, surtout si l’on ne veut pas trop encrasser la tête. On y arrive en écartant les cheveux suivant des raies très rapprochées les unes des autres, et en déposant sur le cuir chevelu lui-même au fond de chaque raie un peu de la pommade en question, soit avec le bout du doigt, soitavecdes tampons d’ouate hydrophile roulés au bout d’allumettes en bois, dont on a une provision préparée d’avance, car il faut en changer souvent. Lorsqu’on a mis ainsi un peu de pommade au fond d’une raie dans une étendue de 5 à 6 centimètres environ, on passe sur les points lubrifiés un petit tampon d’ouate hydrophile sèche roulé en boulette entre le pouce et l’index, de manière à enlever l’excès de pommade et les impuretés qu’il peut y avoir sur le cuir chevelu ; on essuie ainsi les cheveux. On a toujours le soin en le faisant d’agir dans le sens des cheveux et non à rebrousse-poil; la formule, en un mot, est, non pas de déposer de la pommade sur le cuir chevelu, mais de nettoyer le cuir chevelu avec cette pommade : si elle est trop dure, comme cela arrive parfois en hiver, on la liquéfie au bain-marie. On dirige les raies sur tout le vertex dans le sens rectiligne postéro-antérieur, puis on fait partir tout autour de ce plateau central une série de raies, un peu obliques de haut en bas, d’avant en arrière pour les régions temporales, verticales pour les régions occipitales, et, pour toutes ces régions latérales et postérieures du cuir chevelu, on se dirige de haut en bas.
Telle est la manière dont on doit procéder quand on veut lubrifier intelligemment un cuir chevelu sec ; telle est également d’après nous la meilleure façon d’agir sur les pellicules et de les enlever ; mais alors il est préférable d’incorporer aux excipients dont nous venons de parler certaines substances actives dont nous dirons quelques mots au traitement de l’alopécie prématurée idiopathique et de l’alopécie séborrhéique .
Quand il s’agit de ne mettre qu’un peu de corps gras sur des cheveux trop secs, on ne se sert d’ordinaire, comme nous l’avons dit plus haut, que de préparations huileuses, et il faut n’en employer que des quantités infinitésimales. Nous recommandons, par exemple, pour les femmes, de rouler doucement les cheveux entre les mains préalablement enduites de quelques gouttes d’huile, jusqu’à ce qu’ils aient perdu leur aspect terne, leur dureté, qu’ils soient devenus souples et brillants ; mais il faut bien se garder de les enduire d’une quantité d’huile suffisante pour les aplatir et les rendre collants et visqueux. Il vaut mieux répéter fréquemment cette petite opération et n’appliquer chaque fois qu’un minimum de corps gras. Ce n’est qu’en agissant ainsi qu’avec les modes actuelles les femmes consentiront à suivre ces règles d’hygiène.
Quand on trouve que, soit spontanément, soit à la suite d’applications mal faites de cosmétiques, les cheveux sont devenus trop gras, on peut les laver à grande eau (voir plus haut). Mais si le cuir chevelu n’est vraiment pas trop sale, s’il ne s’agit que de dégraisser un peu les cheveux, on peut se contenter, et c’est souvent préférable au point de vue de leur conservation, de passer sur eux des préparations dégraissantes. Celles que nous recommandons le plus sont : d’abord et avant
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tout l’éther de pétrole (pétrole à 0,70), qui est excellent pour le nettoyage et la conservation des cheveux, mais qui a le grand défaut d’être fort inflammable ; aussi a-t-il causé plusieurs accidents mortels; quand on l’emploie, il ne faut pas, comme le font les coiffeurs, en inonder la tête entière; il faut soulever les cheveux, les placer sur la main gauche, et avec un tampon d’ouate ou de flanelle imbibé d’éther de pétrole, légèrement exprimé et tenu de la main droite, frotter doucement les cheveux : cette manœuvre ne doit, en outre, être exécutée qu’en plein jour, dans une pièce ou il n’y a ni feu allumé, ni lumière d’aucune sorte.
Comme excellents succédanés de l’éther de pétrole, nous prescrivons fréquemment l’acétone, la liqueur d’Hoffmann, l’eau sédative de Raspail, coupée de 5 à 6 fois son volume d’eau, préparation qui a l’avantage, comme les trois suivantes d’ailleurs, d’éclaircir les cheveux que les préparations huileuses ont foncés et de leur donner une légère teinte rousse, les solutions de borate de soude ou de bicarbonate de soude, aux doses de 5 à 20 p. 100, les solutions de cristaux de soude : enfin la préparation suivante, qui convient parfaitement aux brunes :
Ammoniaque liquide . 10 grammes.
H hum . 40
Eau de feuilles de noyer faible . 200
Quand c’est le cuir chevelu qui semble être trop graisseux, on passe de petites boulettes d’ouate hydrophile imbibées des préparations siccatives précédentes et légèrement exprimées sur le cuir chevelu lui-même en écartant les cheveux suivant des raies, d’après la méthode que nous avons indiquée pour l’application des pommades.