C. — - Cosmétiques
On désigne sous le nom de cosmétiques toutes les substances, dues ou non à l’art des parfumeurs, que l’on emploie pour ^entretenir ou pour augmenter la beauté du corps. Nous nous bornerons dans ce chapitre à donner quelques indications sommaires, car l’étude des cosmétiques est fort étendue, des plus complexes, et est surtout du domaine de la chimie et de l’hygiène. 11 est cependant des notions que tout praticien doit connaître sous peine de commettre de regrettables erreurs.
On trouvera tout ce que nous avons à dire sur les cosmétiques des cheveux et de la barbe à l’article précédent Hygiène de la chevelure , et à l’article Alopécie prématurée idiopathique pour les pommades, les huiles et les lotions ; nous renvoyons à l’article canilie pour les teintures.
On doit se reporter aux articles Acné, Couperose, Comédons , Eczéma, Pityriasis simplex, pour la nomenclature de toutes les préparations que l’on prescrit dans les cas où ces diverses affections ne sont que fort peu développées et exigent plutôt des soins de toilette minutieux qu’une médication réellement active.
Cosmétiques pour le visage. — Tout le monde sait que beaucoup de femmes se lavent la figure avec du lait frais, et la poitrine, les seins et même tout le corps avec de l’eau froide préalablement bouillie, qu’elles entretiennent ainsi la fraîcheur du teint et la fermeté des chairs. Ce sont là les meilleurs cosmétiques.
TRAITEMENT GENERAL
On peut considérer comme une préparation inoffensive le fameux lait virginal dont voici une formule :
Eau de rose . 900 grammes.
Teinture de myrrhe . ,
Teinture d’opoponax . ■ ââ 10 —
Teinture de benjoin . )
Teinture de quillaja . q. s. p. émulsionner.
Essence de citron . 4 grammes.
on en met quelques gouttes dans l’eau de toilette.
Le lait antéphélique que l’on emploie si communément contre les taches de rousseur contient, d’après Réveil, du hichlorure d’hydrargyre, de l’oxyde de plomb hydraté, du camphre, de l’acide sulfurique et de l’eau.
Le cold-cream (voir C états), la vaseline pure dont on fait tant d’usage n’ont pas de grands inconvénients.
Il n’en est pas de même de la poudre de riz des parfumeurs qui renferme toute sorte de substances étrangères. Elle rend la peau sèche, rugueuse, inégale. Il faut conseiller aux malades de se servir de poudre d’amidon ordinaire, mélangée d’un peu de carbonate de magnésie, ou bien, comme cette poudre n’est pas adhérente, de mettre d’abord sur la peau une couche fort légère de cold-cream très frais ou un mélange de glycérine neutre pure et d'eau distillée, puis d’essuyer avec un linge fin de façon à ne laisser qu’un soupçon de corps gras, enfin de poudrer avec de l’amidon qui dès lors adhère aux téguments.
W. Stengelin donne les deux formules suivantes pour le cold-cream à la rose :
Huile d’amande douce .
Cire blanche .
Blanc de baleine. . . .
Eau distillée .
Essence de berga motte.
Essence de rose . . . .
ou bien :
Huile d’amande douce Cire blanche ....
Blanc de baleine. . .
Acide borique. . . .
Eau de rose .
Essence de rose . . .
1 20 grammes.
ââ Y gouttes.
130 grammes, j ââ 30 —
lgr,38
60 grammes.
Y gouttes.
Dissolvez la cire et le spermaceti au bain-marie et ajoutez petit à petit l’huile d’amande. Otez du bain-marie et additionnez l’acide borique dissous dans l’eau de rose. N’ajoutez l’essence qu’après refroidissement presque complet. Mettez dans le flacon après avoir agité énergiquement jusqu’à refroidissement.
Voici une lotion que C. James prescrivait pour empêcher le développement des rides :
Eau de rose . 200 grammes.
Lait d’amandes épais . 30 —
Sulfate d’alumine . 4
Faire bien dissoudre et filtrer.
HYGIÈNE LOCALE 165
On a employé dans le même but, pour raffermir les chairs, des bains d’arsenic, des bains dans lesquels on mettait :
Vinaigre fort .
Teinture de benjoin . .
Teinture de rose rouge.
â à 200 grammes.
Conti e les rugosités de Ici peau, outre le glycérolé d’amidon, le cold-cream frais et les diverses préparations que nous avons déjà indiquées et que l’on applique pendant la nuit en les recouvrant ou non de masques et de gants de peau fine et * blanche, on a prescrit de se laver à 1 eau de Vichy, et de frotter matin et soir les points malades avec quelques gouttes du mélange suivant :
100 grammes.
0sr,50.
Startin recommande de faire trois fois par jour des lotions avec :
Eau de rose .
Glycérine neutre à 30° .
Tannin . . .
Eau de fleurs d’oranger . 1 litre.
Glycérine de Price. . . 50 grammes.
Borate de soude . 10
puis de recouvrir de fine poudre de riz.
Comme fard blanc on peut se servir des deux formules suivantes :
ou bien :
Sous-chlorure de bismuth Talc de Venise pulvérisé .
Axonge .
Blanc de baleine. . . .
Glycérine pure .
100 grammes.
) ââ 60 )
Eau de rose .
Sous-chlorure de bismuth Glycérine pure . . . . .
500 grammes.
Triturer et mélanger longtemps. Conserver dans des flacons bien bouchés, et agiter avant de s’en servir.
Le mélange d’oxyde de zinc et de sous-nitrate de bismuth donne aussi de bonnes préparations.
Il faut se défier des fards blancs à base de céruse (blanc de Ivrems, ou blanc
d’albâtre), lesquels sont toujours fort employés, surtout par les artistes, pour leurs
épaules, leurs mains et leurs bras, car ils couvrent fort bien : ils peuvent causer
désintoxications saturnines.
Quand on veut avoir des fards roses, on incorpore aux diverses préparations de la cochenille ou de l’orcanette, du carmin, de l’éosine, du carthame, du bois du Brésil, etc... 11 faut éviter ceux qui renferment du cinabre.
Voici la formule d’un cérat rouge pour les lèvres :
Paraffine . 80 grammes.
Vaseline liquide . 80 —
Extrait éthéré d’orcanette . 0sr,50
Essence de bergamotte ou de citron . 1 gramme.
TRAITEMENT GÉNÉRAL
On a aussi préparé un fard à base d’ail oxane, corps blanc qui mis en contact avec la peau prend au bout d’un certain temps une belle coloration rosée probablement en se transformant en murexide.
— Les fards bleus pour simuler les veines sont d’ordinaire inoffensifs et renferment soit de l’indigo, soit du bleu de cobalt, soit du bleu de Prusse, soit de la lazulite pulvérisée, du talc et de la gomme (voir plus loin les procédés employés pour colorer les poudres et les pommades).
Nous n’avons pas à nous occuper ici des cosmétiques si nombreux dont on se sert pour la propreté de la bouche, des gencives, des dents, pour combattre la fétidité de l’haleine.
Cosmétiques pour les mains. — Les cosmétiques des mains sont analogues à ceux de la figure. Tout ce que nous pouvons dire, c’est qu’il ne faut se servir que de savons de toilette exempts d’excès d’alcali, ou bien de pâte d’amandes, de mie de pain, etc... (voir articles Savons).
Voici par exemple une formule de pâte d’amandes pour les mains :
Amandes douces et amères pilées . 250 grammes.
.lus de citron . 60 —
Lait . 30 —
Huile d’amande douce . 90 —
Eau-de-vie à 20° . 180 —
On peut recommander la préparation suivante aux personnes qui ont les mains rouges ou bien qui s’exposent au froid ; elles l’appliquent pendant la nuit :
Lanoline . 60 grammes.
Huile d’amande douce . 50 —
Vanilline . 0gr,10
Essence de rose . X gouttes.
Pour polir les ongles on se sert d’un polissoir en cuir. La meilleure poudre pour les ongles est composée d’oxyde d’étain pur, parfumé avec de l’essence de lavande et coloré avec du carmin (Coulier).
Il n’entre le plus souvent dans les cosmétiques que des quantités de parfums assez faibles pour ne pas être nuisibles : aussi laisserons-nous de côté ce point particulier.
Brooke, puis Unna, Rausch, etc... ont proposé de donner aux poudres, aux pommades et aux pâtes médicamenteuses la coloration des téguments normaux. Brooke a posé en principe que pour y arriver il faut employer un mélange de blanc, de rouge et de jaune. Unna a utilisé dans ce but comme couleur blanche, l’oxyde de zinc, la céruse ou l’oxychlorure de bismuth, comme jaune l’ocre blanc, l’ichthyol, la terre d’ombre, comme rouge le bol rouge ou le vermillon.
Voici par exemple une formule de poudre colorée d’Unna :
Oxyde de zinc . 2 grammes.
Carbonate de magnésie . 3
Bol blanc . 3 —
Bol rouge . 2
Fécule de riz . 10
ï R A I T E M E N T I N T E UNE
Rausch emploie le bol rouge d’Arménie à doses infinitésimales de 1/150 à 1/300 à peine pour colorer les pâtes et les pommades de zinc. Il conseille d’ajouter aux pâtes de zinc ichthyolées que nous employons tant à l’heure actuelle de petites doses d éosine (environ XYI gouttes dune solution au 500° pour une masse de 40 grammes de pâte renfermant une partie d’ichthyol, XXI Y gouttes s’il y a deux parties d’ichthyol, XL gouttes s’il y a quatre parties d’ichthyol, etc...) afin de lui donner une teinte plus analogue à celle des téguments. Pour colorer les colles de zinc il combine l’éosine et le bol rouge d’Arménie.