‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 90 sur 252 · BAINS · texte numérisé non relu

BAINS

II. — Dans une deuxième catégorie , nous rangeons les bains qui renferment des substances actives pouvant amener une certaine irritation de la peau : on ne doit les employer en dermatologie qu’avec beaucoup de précautions.

Bain alcalin. — Le bain alcalin contient de 50 à 250 grammes de sous-carbonate de soude par bain; avec de faibles doses de substances alcalines, il peut être calmant (Leslie, Tansard); avec de fortes doses, il devient irritant; les faibles doses sont presque toujours suffisantes pour obtenir l’effet utile. Ils sont indiqués dans les psoriasis, les séborrhées, les séborrhéides, chez les personnes qui ont la peau huileuse. On peut les donner encore avec le borate de soude (environ 100 grammes par bain).

Bain de Barèges. — Voici la formule exacte du bain de Barèges artificiel :

Monosulfure de sodium . 60 grammes.

Chlorure de sodium . . 60 —

Carbonate de soude . 30 —

Pour un bain.

Le bain sulfureux contient de 30 à 100 grammes de polysulfure de potassium solide. Les bains sulfureux sont surtout indiqués dans les psoriasis et les acnés.

On associe souvent le carbonate de soude au bain de son ou d’amidon, et la gélatine au bain sulfureux.

Le bain de Pennés, dont le public fait un si fréquent usage, est un bain alcalin aromatique.

Bromure de potassium . .

Carbonate de chaux. . . .

Carbonate de soude. . . .

Phosphate de soude. . . .

Sulfate de soude .

Sulfate d’alumine ....

Sulfate de fer .

Huile volatile de lavande .

Huile volatile de romarin.

Huile volatile de thym . .

Teinture de staphisaigre. .

Les bains salés ont une grande efficacité dans certains cas : on les a utilisés dans le prurigo de Hébra en Amérique; voici la formule des bains d’eau de mer artifi¬

cielle :

Sel marin . 8 kilogrammes.

Sulfate de soude cristallisé . 3 500 grammes.

Chlorure de calcium . 700

Chlorure de magnésium . 2 000 —

Eau . 300 litres.

j ââ 1 gramme.

\ àâ 1 —

Les bains vinaigrés sont fort souvent employés dans les affections prurigineuses : on les fait en ajoutant un litre de vinaigre à un bain de son ou d’amidon.

Les bains d'arsenic contiennent de 5 à 10 grammes d’arséniate de soude par bain.

Les bains de sublimé rendent de grands services dans les affections parasitaires et dans certains cas de syphilis; ils contiennent par bain de 15 à 30 grammes de sublimé et de sel ammoniac pour les adultes.

Brocq. — Dermatologie. I.

TRAITEMENT GÉNÉRAL

Les bains de goudron ont été conseillés en Allemagne; Leistikow enduit d’abord tout le corps avec la mixture suivante :

Goudron de houille. . . . . 3 parties.

Alcool à 95° . 2 —

Éther sulfurique . . 1 —

Après dessiccation de l’enduit, le malade, selon la pratique de Lassar, doit prendre un bain d’une durée de trente minutes à plusieurs heures.

Voici la formule des bains d’huile de cade préconisés par Balzer dans le psoriasis : délayer un jaune d’œuf au mortier, ajouter lentement 50 grammes d’huile de cade, quantité suffisante d’extrait de quillaya et 250 grammes d’eau distillée: c’est ce mélange que l’on verse dans le bain.

Mibelli emploie une émulsion d’huile de cade,» avec colophane, et solution de soude.

Ch. du Bois etOltramare ont expérimenté sur une vaste échelle des bains contenant de 250 à 300 grammes d’ichthyol par bain. Suivant les susceptibilités individuelles et les maladies, ils y laissent les sujets de un quart d’heure à six heures. Ils ont obtenu de bons résultats dans la gale, les pyodermites généralisées, les prurit$ rebelles, les psoriasis, les séborrhéides, certains eczémas.

Bains d’eaux minérales naturelles. — Les bains d’eaux minérales naturelles sont fort employés dans les dermatoses rebelles. Ils sont généralement moins irritants que ne le ferait supposer leur composition chimique. Ces propriétés précieuses sont dues très probablement à la présence dans ces eaux de végétaux d’ordre inférieur, glairine, barégine, sulfurine, diatomées, etc... ou à une inconnue quelconque. A propos de chaque affection, nous indiquerons les stations minérales qui peuvent lui convenir.

Bains de boues minérales. — Les plus usités en France sont ceux de Dax, de Barbotan, de Saint-Amand, de Bourbonne : on les emploie fort peu dans notre pays contre les dermatoses.

Bains locaux. — Les bains locaux ne sont guère utilisés en dermatologie. Cependant, dans les éruptions artificielles, dans la dysidrose, dans les engelures ulcérées, etc., dans toutes les affections inflammatoires qui siègent aux mains et aux pieds, on prescrit avec succès des pédiluves et des manuluves d’eau de son, d’eau de guimauve, de têtes de camomille, de feuilles de noyer, etc...

Les enveloppements ne sont en réalité que des bains locaux.

Douches. — L’action directe des douches dans les dermatoses n’est connue que depuis peu de temps. Autrefois, on ne les utilisait que comme moyens généraux destinés à tonifier un organisme, à combattre les troubles circulatoires, surtout vers les extrémités. On employait pour cela la douche froide courte, ou la douche écossaise.

Mais dans ces derniers temps, les travaux de Beni-Barde et de Jacquet, puis nos observations et celles d’E. Besnier sont venus démontrer que nous possédons dans la douche tiède, tempérée à 34°-37°, employée sans pression, en jet brisé ou donnée avec la pomme d’arrosoir, plus ou moins prolongée selon les cas, mais presque toujours assez longue, de deux à six minutes, un moyen des plus efficaces pour combattre le prurit, et les dermatoses diverses qui en dépendent directement,

TRAITEMENT EXTERNE

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