LOTIONS
telles que les névrodermies, les névrodermites ou lichens des anciens auteurs, le lichen plan, etc...
« 11 taut commencer l’opération en faisant couler l’eau sur les côtés de la colonne vei tébrale pendant une ou deux minutes, avant de la localiser sur les parties du tégument qui semblent les plus atteintes. Après cette application, le malade ne doit pas être frictionné; il suffit de l’essuyer, et le plus légèrement possible. » (Beni-Barde.) (Aoir pour plus de détails l’ouvrage de cet auteur : Exposé de la méthode hydrothérapique , p. 293 et suiv.).
Ce moyen thérapeutique demande à être manié avec une extrême habileté pour donner des résultats. Selon le sujet, selon les conditions particulières où il se trouve chaque jour, selon les régions atteintes, selon l’aspect des lésions, le doucheur doit abaisser ou élever la température, graduer la pression, augmenter ou diminuer la durée de la douche, etc.
Lotions. — On donne le nom de lotion au lavage pratiqué sur une partie du corps ou sur le corps tout entier dans un but d’hygiène ou de thérapeutique, au moyen de l'eau froide ou chaude, simple ou mélangée à divers principes médicamenteux (Tartivel).
Les lotions se divisent en deux grandes catégories : 1° les lotions simples; 2° les lotions médicamenteuses.
1° Lotions simples. — Nous n’entrerons ici dans aucun détail sur les lotions simples générales ou partielles, si utiles cependant au point de vue hygiénique et thérapeutique général.
Leur étude sort en effet du cadre de cet ouvrage : nous en avons dit quelques mots à propos de V Hygiène de la peau.
2° Lotions médicamenteuses . — L’usage des lotions médicamenteuses est très fréquent en dermatologie. La composition du liquide employé, l’objet avec lequel on l’applique, et la façon dont on l’applique varient essentiellement suivant la maladie, et pour cela nous ne pouvons que renvoyer au traitement de chaque dermatose.
On peut se servir d’éponge pour faire les lotions, mais il faut qu’elle soit d’une absolue propreté : il est souvent préférable de prendre un linge en toile fine et usée, ou mieux encore de l’ouate hydrophile que l’on change à chaque lotion.
Pour peu que les parties malades soient enflammées, il faut bien se garder de frotter en lotionnant; on doit se contenter d’appliquer légèrement sur les téguments le linge ou l’ouate imbibés du liquide que l’on emploie : on le fait à plusieurs reprises, doucement, en y apportant la plus grande délicatesse et beaucoup de patience, de façon à ne pas écorcher et à ne pas irriter les points sur lesquels on agit. Quand on a fini, on sèche en appliquant avec précaution un linge sec, fin et usé, sur la partie malade : pour cela encore, il ne faut pas frotter.
11 est bien évident que ces conseils n’ont plus de raison d’être s’il ne s’agit pas d’une dermatose irritable.
Le but des lotions est le plus souvent de nettoyer et de déterger les surfaces malades : on fait usage dans ce cas d’eau bouillie rendue ou non légèrement antiseptique par de faibles doses d’acide borique, d’acide phénique ou de résorcine. Elles peuvent aussi être destinées à calmer l’inflammation ; elles prennent alors les noms de lotions émollientes, sédatives, antiphlogistiques. Elles.se préparent en faisant bouillir de l’eau avec du sureau, de la guimauve, de la graine de lin, du
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son, de l’amidon, des têtes de camomille, des têtes de pavot, etc... On les emploie à la température du corps.
Parfois, elles sont destinées à exercer une certaine action astringente sur les téguments; on les prépare alors avec de la racine d'aunée, de la feuille de noyer, de l’écorce de chêne, du tannin, etc...
Parfois, elles sont destinées à calmer le prurit, comme les lotions qui contiennent par litre de 1 à 5 grammes de salicylate ou de bicarbonate de soude, de 2 à 5 grammes de boroborate de soude, de 5 à 10 grammes d’ichthyol, etc..., les lotions au bichlorure de mercure, au cyanure de potassium, etc., etc.; on doitles prescrire alors soit très chaudes, soit au contraire très froides.
Parfois enfin, elles sont curatives de certaines affections comme, par exemple, les lotions au bichlorure de mercure dans la phtiriase, les lotions sulfureuses, les lotions au pétrole dans la gale, etc., etc... Dans ces cas, lorsqu’on a à traiter des téguments qui ne sont pas irrités, les liquides médicamenteux doivent être appliqués avec une certaine violence sur les tissus, de telle sorte que l’on fait en réalité des frictions (voir plus haut).
Pulvérisation. — Dans la pulvérisation, on fait agir sur les parties malades des liquides réduits en parcelles extrêmement fines. Pour traiter par la pulvérisation, il faut donc avant tout un pulvérisateur.
Le pulvérisateur par excellence est l’appareil connu sous le nom de bam à V hydrofère dont on trouvera la description dans les ouvrages spéciaux. Ces bains rendent de réels services dans certaines affections cutanées : on les donne à l'amidon dans les cas d’eczéma ; on pourrait aussi en donner au sulfure de potassium ou à d’autres solutions médicamenteuses. Malheureusement le bain à l’hydrofère nécessite une installation fort coûteuse.
La pulvérisation est rendue pratique par l’emploi de pulvérisateurs à main dont le type est le pulvérisateur à éther pour anesthésie locale, et surtout par la fabrication à bas prix de petits pulvérisateurs à vapeur.
On ne se sert guère de la pulvérisation dans les affections de la peau que pour déterger des parties malades recouvertes de croûtes et d’impuretés, ou pour calmer l’inflammation et les douleurs. On emploie pour cela de l’eau bouillie pure ou additionnée d’un peu d’acide borique. On peut aussi faire usage d’eau de têtes de pavots ou de têtes de camomille. Une pulvérisation doit durer, suivant les cas, de dix à vingt minutes ; il faut que le jet de liquide pulvérisé ne donne à la peau ni sensation de fraîcheur, ni sensation de chaleur marquées.
Enveloppement. — L ’ enveloppement consiste à recouvrir une région malade d’un tissu ou d’un enduit médicamenteux. Par abus de langage on désigne d’ordinaire sous ce nom l’application sur une région d’un tissu imperméable. On obtient ainsi un bain local.
Le type même de cette variété d’enveloppement est réalisé par l’application directe sur les téguments de feuilles de caoutchouc non vulcanisé ou de toile caoutchoutée. C’est Colson (de Beauvais) qui a eu le premier l’idée de cette méthode : Hardy, puis Lailler, E. Besnier la vulgarisèrent; Tenneson en perfectionna la technique. On doit avoir plusieurs feuilles à sa disposition : on les renouvelle dès qu’il s’est produit un suintement assez abondant au-dessous d’elles, et surtout lorsque le prurit renaît : on les lave soigneusement à l’eau boriquée froide, et on les fait sécher. Il est indispensable, dès que Ton enlève une feuille, de laver rapidement la partie
TRAITEMENT EXTERNE