‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 93 sur 252 · POMMADES · texte numérisé non relu

POMMADES

Leur principal avantage est d’être portatifs, de pouvoir se mettre dans la poche et de permettre ainsi aux malades de faire de fréquentes applications de pommade tout en vaquant à leurs occupations.

Il est commode et propre d’enfermer les pommades dans des tubes métalliques malléables semblables à ceux dans lesquels on met les couleurs à l’huile qui servent à la peinture. On n’a qu’à en dévisser le couvercle et à presser légèrement sur le fond du tube. On a ainsi une préparation portative dont on peut se servir aussi fréquemment qu’il le faut.

Après avoir appliqué la pommade, on peut la laisser à la surface des téguments sans autre pansement. Cette pratique est possible quand il s’agit du cuir chevelu, ou de parties toujours découvertes comme le visage. Il n’en est plus de même lorsque les endroits malades sont soumis à des frottements ou doivent être recouverts par les vêtements : il est alors indispensable de faire un pansement.

Le plus simple consiste à recouvrir la région malade d’un morceau de papier Joseph ou de morceaux de papier à cigarettes légèrement enduits de la pommade dont on se sert. Si l’on ne veut pas d’enduit imperméable ou presque imperméable, on emploie un morceau de toile fine imprégnée d’un peu de pommade.

Une pratique fort souvent suivie consiste à poudrer par-dessus la pommade avec beaucoup de poudre (amidon ou lycopode, dans les plis talc, oxyde de zinc, sous-nitrate de bismuth ou ceyssatite), puis on recouvre de toile fine. Les mains sont mises dans des gants trop larges, les pieds dans des chaussettes, le bassin dans un caleçon de bain, etc.

Enfin, on peut par-dessus la pommade faire de l’enveloppement, soit direct en se contentant d’appliquer du taffetas chiffon ou du taffetas gommé, soit indirect en mettant d’abord de la tarlatane sans apprêt pliée en dix ou quinze épaisseurs, imbibée d’eau bouillie, exprimée, recouverte d’ouate hydrophile et de taffetas chiffon (voir plus haut).

Il faut parfois se défier de ce pansement quand les pommades renferment des substances irritantes non solubles dans l’excipient : l’excipient peut en effet être absorbé par la tarlatane, et la substance active se trouve alors appliquée dans de tout autres conditions sur la surface malade.

C’est pour remplir avec facilité et rapidité ces indications qu’Unna a fait fabriquer ses mousselines-pommades . « Elles sont constituées par un tissu de mousseline fine, recouvert d’une mince couche de pommade ou d’onguent de consistance plus ou moins ferme... La masse se compose essentiellement de suif de mouton benzoïné et de cire en proportion variable... ou de cire et lanoline ou adeps lanœ avec ou sans vaseline... Le mode d’emploi est le suivant : la région de la peau à traiter est recouverte avec la mousseline-pommade que l'on étale en pressant et en frottant légèrement. On recouvre avec une feuille d’ouate ou de gutta-percha laminée et on fixe avec une bande de mousseline sans apprêt... Les mousselinespommades sont d’un emploi simple et propre. Elles ramollissent les squames, les croûtelles et les croûtes qu’on peut facilement enlever en renouvelant le pansement... Elles imbibent et ramollissent la couche cornée sous l’influence de la graisse qui la pénètre peu à peu, tout en la protégeant contre les injures extérieures. En outre l’évaporation des sécrétions cutanées aqueuses se trouve entravée... de telle sorte que ces topiques ont à la fois la propriété de favoriser la reconstitution d’une couche cornée normale et celle de combattre les hypérémies aiguës et les processus exsudatifs. » (Leistikow, loc. cit ., trad. Darier, p. 47-48.) Malheureusement

192 TRAITEMENT GÉNÉRAL

ees produits ne sont pas d’une fabrication courante en France et leur prix est assez élevé.

Onguents. — On donne le nom d 'onguents à des topiques composés d’un corps gras et d’une matière résineuse. Leur consistance est plus ferme que celle des pommades, et ils se conservent beaucoup plus longtemps que ces dernières sans s’altérer.

On ne se sert guère plus en dermatologie que de T onguent styrax dont voici la formule : on l’emploie presque toujours étendu de deux parties d’huile ;

Styrax liquide . 100 grammes.

Huile d’olive . 150 —

Colophane . 180 —

Résine élémi . 100 —

Cire jaune . 100 —

Cette préparation est excellente dans la gale, dans certains eczémas et dans certaines folliculites.

Pâtes. — On désigne en pharmacie sous le nom de pâtes des médicaments solides, de consistance molle, et cependant assez fermes pour qu’ils n’adhèrent pas aux doigts quand on les malaxe.

Cette définition ne convient plus à ce que l’on désigne sous le nom de pâtes en dermatologie . Ce sont des préparations ayant une consistance plus dure que les pommades, ne renfermant pas de résine comme les onguents, et composées d’un mélange de graisse, de glycérine, d’huile avec des poudres. Leur introduction dans la pratique est due surtout à Lassar et à Unna.

« La graisse que renferment les pâtes peut être absorbée par la couche cornée en même temps que les principes médicamenteux qu’on aura incorporés au mélange ; elle s’oppose à l’exhalation aqueuse ; elle contribue à entretenir ou à établir la mollesse et la souplesse de la peau.

Contenant des poudres en notable proportion, les pâtes acquièrent de ce fait une porosité et un pouvoir d’attraction capillaire qui leur permettent d’absorber les sécrétions de la peau : de plus, elles sont aptes à former une couche de revêtement protecteur sèche et adhérente. En revanche, en raison de leur teneur plus élevée en poudre, les pâtes sont moins imperméables et agissent moins profondément que les pommades » (Leistikow, toc. cit., Trad. Darier, p. 16, 17).

« Les pâtes s’opposent moins que les pommades à la perspiration (c’est-à-dire à l’exhalation aqueuse ou transpiration invisible) et n’ont pas au même degré l’action irritante qu’exercent souvent les pommades. Il est absolument courant de voir les malades atteints d’une dermite eczémateuse aiguë ou subaiguë par exemple, qu’on traite par une pommade anodine, subir de ce fait une aggravation considérable de leur mal; il suffit souvent en pareil cas de transformer leur pommade en pâte, c’est-à-dire d’augmenter notablement dans le topique même qui les a irrités la proportion de poudre inerte, pour en faire un produit relativement antiphlogistique, décongestionnant, et en tous cas bien toléré. » (Darier, eodem loco ., p. 17, notel.)

Donc toutes les fois que l'on a à traiter une lésion enflammée, congestionnée, il faut employer une pâte ; quand au contraire on veut agir activement sur une lésion chronique non irritable, il faut employer les pommades ou les emplâtres (voir plus haut).

Les pâtes doivent avoir pour propriétés de s’appliquer avec rapidité et facilité en

TRAITEMENT EXTERNE. — PATES

couches minces sur la peau et de former promptement un enduit sec et adhérent.

Les poudres dont on se sert pour fabriquer les pâtes sont surtout la terre d’infusoires allemande et la Geyssatite française que l’on calcine préalablement pour les débarrasser de toute trace de matières organiques et qui ont le grand avantage d’être fort absorbantes et fort couvrantes. On utilise aussi l’oxyde de zinc, l’amidon, le kaolin, la craie préparée, etc.

Voici, d’après Unna, traduites par Doyon, les formules des principales pâtes utilisées :

1° Pâtes de terres bolaires. — On obtient une pâte excellente en mélangeant le bol blanc (kaolin pur) à parties égales de vaseline et de glycérine (voir Glycérolés ) ou à de l’huile d’olive, d’amande, dans la proportion de deux ou trois parties de bol blanc pour une partie d’huile.

En ajoutant une plus grande quantité d’huile, on a un liniment à dessiccation rapide que l’on peut étendre sur de vastes surfaces.

On peut incorporer des substances actives à ces pâtes bolaires : pour cela, on mêle d’abord l’huile de lin ou la glycérine au kaolin, puis on y ajoute la substance active.

Voici comme type une formule de pâte pour l’eczéma :

Bol blanc .

Glycérine .

Oxyde de zinc ....

Sous-acétate de plomb M. s. a.

ââ 30 grammes.

> ââ 20

Dans le traitement de l’eczéma de la face et des mains, on peut remplacer le bol blanc parle bol jaune ordinaire, ou même ajouter à la pâte un peu de bol rouge afin de lui donner la coloration de la peau normale.

2° Pâtes de plomb. — On prépare la pâte mère de la manière suivante :

Lilharge finement pulvérisée . 50 grammes.

Vinaigre

Ajouter :

Faire cuire jusqu’à consistance de pâte.

Glycérine . !0 grammes.

Ces pâtes ont une tendance siccative marquée, ce qui les rend précieuses dans certains eczémas.

3° Pâtes d'amidon. — Voici la formule de l'excipient :

Amidon de riz . 3 parties.

Glycérine . 2 —

Eau distillée . 15 —

Réduire d’un quart par la coction.

On peut y incorporer les médicaments actifs que I on veut : voici, par exemple, une préparation pour l’eczéma :

Oxyde de zinc .

Acide salicylique .

Amidon de riz .

Glycérine .

Eau distillée .

Mêler et faire cuire jusqu'à réduction à 140 grammes

Brocq. — Dermatologie. I.

50 grammes.

TRAITEMENT GÉNÉRAL

4° Pâtes dextrinées :

Dextrine en poudre du commerce . \

Glycérine . ( ââ parties égales.

Eau . j

Mêler et faire cuire.

Quand on veut y incorporer une poudre, il faut y ajouter environ moitié du poids de glycérine, par exemple :

Oxyde de zinc . 40 grammes.

Dextrine . ( ,

Eau distillée . j aa 20

Glycérine . 40 —

Fleur de soufre ou sulfoichthyolate de soude . 2

Mêler et faire cuire jusqu’à consistance de pâte.

(Formule pour l’eczéma.)

Contre l’eczéma on peut employer avec avantage un mélange de pâtes de plomb et de dextrine, par exemple :

Litharge .

Vinaigre .

Faire cuire jusqu'à consistance de pâte.

Ajouter :

Dextrine . .

Eau . J ââ 15 grammes.

Glycérine . j

Mêler et faire cuire jusqu’à consistance de pâte.

30 grammes.

5° Pâtes de gomme :

Mucilage de gomme arabique

Glycérine .

Poudre .

1 partie.

Voici par exemple, une formule de pâte de gomme pour l’eczéma :

Oxyde de zinc . 40 grammes.

Précipité rouge hydrargyrique . 2 —

Mucilage de gomme arabique . ) . » 9n

Glycérine . )

6° Pâtes salicylèes de Lassar . — Elles consistent essentiellement en un mélange de vaseline, de zinc et d’amidon trituré avec soin et additionné d’acide salicylique.

Voici des formules de Lassar :

Acide salicylique . 2 grammes.

Vaseline . 50 —

Oxyde de zinc . 2r

Poudre d’amidon . )

TRAITEMENT EXTERNE. — PATES

ou

Acide salicyliquo Oxvde de zinc .

Amidon ....

Lanoline. . .

Vaseline. . . .

de 1 à 2 grammes.

^ àà parties égales.

Cette dernière formule est la plus usitée.

7° Dans ces derniers temps les formules des pâtes se sont encore simplifiées, et voici quelles sont celles que l’on prescrit le plus habituellement :

a) Pâtes dures. — Formule de Lassar :

Oxyde de zinc .

Amidon ....

Lanoline pure .

Vaseline pure .

àâ parties égales.

Formule de F. Besnier :

Oxyde blanc de zinc . Vaseline pure . . . .

âà 50 grammes.

Formule de Unna :

Oxyde de zinc .

Ceyssatite . .

Axonge benzoïnée .

Nous prescrivons habituellement :

Ou bien :

Oxyde de zinc .

Lanoline pure .

Vaseline pure blonde . . .

Ou bien :

Oxyde de zinc .

Lanoline pure .

Vaseline pure blonde . . .

10 grammes.

• àâ parties égales.

6 grammes.

b) Pâtes molles. — On les fabrique avec de l’huile et de l’eau : en voici deux exemples :

Oxyde de zinc . 20 grammes.

Craie préparée . j

Eau blanche . / àâ 10 —

Huile de lin . ;

(Leistikow).

Craie préparée Oxyde de zinc Huile de lin .

Eau de chaux

(Unna.)

On applique les pâtes comme les pommades, en les étalant avec la pulpe des doigts : on frotte légèrement, et on poudre par-dessus avec une poudre inerte. Quand on veut protéger le pansement, on recouvre ensuite avec un morceau de toile fine et usée que l’on maintient si c’est nécessaire avec une bande.

parties égales.

TRAITEMENT GÉNÉRAL

Paies médicamenteuses. — Les pâtes dont nous venons de parler constituent par elles-mêmes dans beaucoup de cas d’excellents topiques ; on peut leur incorporer des substances actives, et avoir ainsi des pâtes médicamenteuses qui sont indiquées dans certains eczémas, dans certaines séborrhéïdes, etc. Quand la substance à incorporer dans la pâte est une poudre, pour conserver à la pâte ses qualités topiques, on retranche dans les formules mères que nous venons de donner une quantité de poudre égale à la quantité de substance active que l’on veut incorporer.

Ainsi une pâte de zinc soufrée se formulera de la manière suivante :

Soufre précipité .

Amidon pulvérisé Oxyde de zinc . .

Lanoline pure . .

Vaseline pure . .

4 grammes.

Voici une formule que nous employons très fréquemment dans les séborrhéïdes

eczématisées :

Ichthyol. . .

Oxj^de de zinc Lanoline pure Vaseline pure

2 grammes.

j aa 6 - — -

On peut y remplacer l’ichthyol par le thiol, le tuménol, etc.

On emploie souvent dans l’acné, dans les lichénifications, les pigmentations, des pâtes exfoliantes : en voici une formule très énergique :

Résorcine . .

Savon noir. .

Craie préparée

Vaseline pure M. s. a.

Inutile d’ajouter encore une fois que ces préparations sont beaucoup moins irritantes et qu’elles agissent beaucoup plus superficiellement que des pommades renfermant les mêmes proportions de substances actives.

Vernis solubles a l’eau. — « Les vernis solubles à Veau sont des topiques aqueux facilement applicables en couche mince sur la peau, se desséchant rapidement en formant un enduit lisse, peu épais, à peine visible, qui s’enlève aisément par un lavage à l’eau.

« On possède toute une série de vernis au silicate de potasse, à la gélatine, à la dextrine, à l’albumine.

« Les plus importants sont l’onguent de caséine et le gélanthe.

« L’onguent de caséine est composé d’après Unna de :

Caséine . 14 parties.

Alcalis (potasse, 0,35 — soude 0,08) . 0,43

Glycérine . 7

Vaseline . 21

Antiseptiques (phénol et oxyde de zinc, ââ 0,50). . 1

Eau (q. s. pour 100) . 56,47 1

1 Voir, si cela intéresse le lecteur, le mode de préparation de ce produit par Darier (Leistikow, p. 25, note 1).

5 grammes.

TRAITEMENT EXTERNE. — COLLES

« Il constitue une émulsion blanche, homogène, épaisse, visqueuse, qui, appliquée sur la peau, forme déjà au bout de une ou deux minutes une couche sèche, élastique. Assez poreux pour permettre la perspiration cutanée, qu’il augmente même un peu, il a l’avantage de renfermer de la graisse : il tient donc le milieu entre les pommades grasses d’une part, et les pâtes ou poudres d’autre part. On peut y incorporer toutes les substances qui ne coagulent pas la caséine » et surtout le goudron, la résorcine, l’acide pyrogallique, le soufre, l’oxyde de zinc. (Leistikow, loc. cit., traduct. Darier, p. 25, 26, 27.)

« Le gélanthe se compose essentiellement de gomme adragante, de gélatine et d’eau1. Ce vernis offre après application, comme l’onguent de caséine, un enduit sec et lisse. Il a les mêmes propriétés physiques que l’onguent de caséine. Cependant si l’on n’y ajoute pas de la graisse, il est impossible d’avoir avec lui une action en profondeur. Ce gélanthe est en lui-même un topique absolument indifférent. Il ne devient actif que par l’addition d’autres substances, qu’on peut d’ailleurs lui incorporer en fortes proportions » (Leistikow, loc. cit., p. 28).

Gélatines, colles. — Divers dermatologistes, entre autres Pick (de Prague), ont cherché dans la gélatine un excipient et un mode d’application commode pour les substances médicamenteuses dans les affections cutanées.

Voici en quoi consiste ce procédé :

On fait fondre au bain-marie, dans deux fois son poids d’eau distillée, de la gélatine blanche du commerce complètement pure en agitant constamment la masse en fusion. On ajoute ensuite le médicament actif dans la proportion voulue et on laisse refroidir. On obtient ainsi une sorte de gâteau ayant la forme du vase dans lequel on a fait le mélange. Quand on veut se servir de cette préparation, on en coupe un morceau; on fait fondre au bain-marie dans un vase quelconque; puis, dès que la fusion est complète, on étale la gélatine sur la peau avec un blaireau. Il faut choisir le moment précis où la masse est fondue, mais n’est pas assez chaude pour léser les parties malades. La couche que l’on a ainsi étalée durcit rapidement. Pour empêcher qu’elle ne soit cassante, il faut l’enduire d’une petite quantité de glycérine (Pick).

Cette méthode est en somme peu pratique, parce que l’enduit est sec et cassant; il vaut bien mieux ajouter d’avance, comme le fait Unna, la quantité de glycérine nécessaire pour avoir un enduit élastique. Comme base générale de toutes les gélatines médicamenteuses, Unna recommande les deux, préparations suivantes :

1° Gélatine molle à V oxyde de zinc (dite colle à l’oxyde de zinc) :

Oxyde de zinc .

Gélatine .

Glycérine .

Eau .

15 parties.

Pour.

100 parties.

2° Gélatine dure à l'oxyde de zinc :

Oxyde de zinc .

Gélatine .

Glycérine .

Eau .

10 parties.

Pour. ... 100 parties.

1 Voir pour sa préparation, Leistikow , p. 28.

TRAITEMENT GÉNÉRAL

On commence par faire dissoudre la gélatine dans l’eau au bain-marie ; on ajoute ensuite l’oxyde de zinc délayé dans la glycérine. Quand on veut incorporer une substance active dans la masse, on diminue d’autant l’eau distillée.

La formule adoptée généralement en France est la suivante :

Grenétine (gélatine pure)

Gélatine .

Glycérine .

Eau .

Oxyde de zinc .

^ aa 1 2 3 | ââ 300

grammes.

Pour se servir de cette préparation, on en coupe un fragment; on le fait fondre au bain-marie ; on choisit le moment précis où il est bien liquéfié, mais pas assez chaud pour léser les téguments ; on essuie et l’on sèche avec soin les parties malades, puis on les badigeonne avec un pinceau imbibé du mélange; au moment où la couche de substance déposée sur la peau commence à se refroidir et à se solidifier, on la touche légèrement avec de l’ouate, qui empêche, en s’agglutinant à sa surface, la colle d’adhérer aux vêtements.

Cet enduit a l’avantage de protéger les parties malades du contact de l’air et des frottements irritants : il se moule fort bien sur tous les plis de la peau et ne gêne en rien les mouvements. Il est fort utile dans les eczémas secs prurigineux : il est bon d’y incorporer, dans ce cas, un peu de cocaïne ou d’essence de menthe. On peut le laisser en place plusieurs jours. Pour l’enlever, il suffit de le ramollir avec de l’eau tiède.

On fabrique en France des colles de zinc montées sur tarlatane qui sont des plus commodes. On les passe rapidement dans l’eau chaude et on les applique instantanément : elles forment très vite en séchant des enduits secs adhérents fort solides. Pour les enlever on n’a qu’à les mouiller avec de l’eau chaude.

Voici, au point de vue des médicaments qu’on peut incorporer aux gélatines, les recommandations de Unna.

A. Médicaments que Von peut incorporer à ces gélatines en toute proportion.

Géruse, iodure de plomb, précipité blanc, soufre, iodoforme, chrysarobine.

On en ajoute d’ordinaire de 5 à 10 p. 100 à la gélatine molle.

B. Médicaments qui s' opposent à la dessiccation de la gélatine.

Résorcine, créosote que l’on peut encore à la rigueur incorporer à la dose de 5 p. 100 à la gélatine molle.

Acide phénique, acide salicylique, ichthyol, etc..., que l’on ne doit incorporer qu’à la gélatine dure.

G. Le tannin, l’acide pyrogallique et l’oxyde de mercure qui transforment la gélatine en un composé insoluble ne doivent jamais être incorporés à ces préparations.

Emploi. — Les gélatines médicamenteuses donnent d’excellents résultats dans les prurits, les eczémas artificiels, l’ichthyose, l’acné, dans tous les cas d’irritation artificielle et superficielle de la peau, etc...

Ge procédé a l’avantage de protéger les téguments, de fixer le médicament actif aux points où il doit agir, et de permettre la perspiration cutanée à l’inverse des coliodions, des traumaticines et des emplâtres.

Il ne donne pas de bons résultats dans les lésions suintantes de la peau, et dans les pyodermites dont il facilite la pullulation par l’occlusion.

TRAITEMENT EXTERNE. — EMPLATRES 199

Emplâtres. Sparadraps. — On donne en pharmacologie le nom d’ emplâtres à des topiques, solides à la température ordinaire, qui, sous l’in fluence d’une légère chaleur, peuvent se ramollir aisément sans couler et contracter un certaine adhérence avec les téguments.

Ils se divisent en deux groupes principaux : 1° les emplâtres résineux qui ne diffèrent des onguents que par la forte proportion de matières résineuses qu’ils contiennent (emplâtre de poix de Bourgogne, vésicatoire, etc...); 2° les emplâtres à base de plomb ou de zinc qui constituent de véritables savons, car ce ne sont que des combinaisons chimiques des acides stéarique, oléique et palmitique avec les oxydes de plomb ou de zinc. On peut les obtenir par l’intermédiaire de l’eau, ou bien ne pas employer ce liquide, et les porter à une haute température (emplâtres brûlés); ceux-ci ne sont plus guère usités (onguent de la Mère).

Emplâtres à base de plomb ou de zinc obtenus par V intermédiaire de Veau. — Presque tous les emplâtres à base de plomb ou de zinc sont obtenus par l’adjonction de certaines substances à l’emplâtre simple. \Toici la formule de cet emplâtre simple :

Litharge pulvérisée . I 000 grammes.

Axonge . 1 000 -

Huile d’olive . 1 000 —

Eau . 2 000 —

Mettez l’axonge, l’huile d’olive et l’eau dans une bassine en cuivre dont la capacité soit environ trois fois plus grande que le volume des matières employées ; faites liquéfier sur un feu modéré, ajoutez la litharge en la faisant passer à travers un tamis et remuez avec une spatule en bois. Maintenez l’ébullition, en ayant soin de remplacer de temps en temps par de l’eau chaude celle qui s’évapore. Agitez continuellement les matières avec la spatule jusqu’à ce que l’oxyde de plomb ait tout à fait disparu, et que la masse ait acquis une couleur blanche uniforme et une consistance solide, ce dont vous vous assurerez en jetant une petite quantité de la matière emplastique dans l’eau froide et en la pétrissant entre les doigts. Laissez alors refroidir, jusqu’à ce que la masse soit maniable; et, tandis que l’emplâtre est encore chaud et mou, malaxez-le pour éliminer l’eau, et roulez en magdaléons (Codex).

On a proposé de remplacer la litharge par l’oxyde de zinc : on a ainsi un produit qui n’est nullement toxique et qui ne noircit pas au contact des vapeurs sulfureuses.

Voici les formules de l’emplâtre diachylon gommé et de l’emplâtre de Vigo ;

Emplâtre diachylon gommé :

Litharge pulvérisée . .

Axonge .

Huile d’olive .

Eau .

Cire jaune .

Poix blanche .

Térébenthine du mélèze Gomme ammoniaque .

Galbanum .

Essence de térébenthine

ââ 620 1 250

j ââ 120

' j ââ 100

grammes.

Préparez l’emplâtre simple avec la litharge, l’axonge, l’huile d’olive et l’eau, en ayant soin à la fin de l’opération d’évaporer la plus grande partie de l’eau afin de

TRAITEMENT GÉNÉRAL

conserver la glycérine. D’autre part, mettez au bain-marie, avec quatre fois leur poids d’eau, la gomme ammoniaque, le galbanum, et l’essence de térébenthine ; agitez jusqu’à ce que les gommes résines soient émulsionnées aussi complètement que possible; passez à travers une toile. — Faites évaporer cette émulsion à feu nu jusqu’à consistance du miel épais. Mélangez ce produit avec l’emplâtre simple que vous aurez liquéfié à une douce chaleur. — Enfin ajoutez, après les avoir fait fondre ensemble et passé à travers une toile, la cire jaune, la poix blanche et la térébenthine en remuant jusqu’à ce que la masse emplastique soit suffisamment refroidie, puis divisez-la en magdaléons (Codex).

Emplâtre de Vigo cum mercurio :

Emplâtre simple . . . . . .

Cire jaune . .

Colophane .

Gomme ammoniaque purifiée

Bdellium .

Oliban .

Myrrhe .

Safran .

Mercure .

Styrax liquide purifié . . .

Térébenthine du mélèze . . .

Huile volatile de lavande. .

2 000 grammes.

Réduisez en poudre le bdellium, l’oliban, la myrrhe et le safran ; d’autre part, triturez dans un mortier en fer légèrement chauffé le styrax, la térébenthine et l’huile volatile de lavande, en y ajoutant peu à peu le mercure jusqu’à disparition complète des globules métalliques. D’autre part, faites liquéfier l’emplâtre simple avec la cire, la colophane et la gomme ammoniaque, et dans ce mélange incorporez les autres substances déjà pulvérisées. Quand l’emplâtre aura pris, par refroidissement, la consistance d’une pommade molle, ajoutez le mélange mercuriel, que vous incorporez en remuant jusqu’à ce que la masse soit homogène. Laissez refroidir et divisez en magdaléons (Codex).

Les sparadraps sont des tissus de lin ou de coton recouverts sur une de leurs faces ou sur leurs deux faces d’une couche plus ou moins épaisse de matière emplastique. Ils sont fabriqués le plus souvent au moyen d’emplâtres. Aussi confondon ces deux topiques sous la dénomination commune d’emplâtres.

Les sparadraps doivent être souples, maniables, suffisamment adhérents, mais sans excès : la couche de substance active ne doit être ni trop épaisse, ni trop mince. Ils doivent être fraîchement préparés.

Le plus connu est le sparadrap de diachylon, qui se prépare en étendant de l’emplâtre de diachylon sur une bande de toile : on peut lui donner plus d’élasticité en y ajoutant une nouvelle quantité de térébenthine.

Citons encore le sparadrap rouge d’E. Vidai, dit emplâtre rouge de Vidal, qui contient :

Minium . 2sy.50

Cinabre . isr 50

Emplâtre diachylon . 26 grammes.

F. s. a. Un sparadrap .

Les sparadraps ou emplâtres à l’huile de foie de morue, dont voici une des formules (E. Vidal) :

TRAITEMENT EXTERNE. — EMPLATRES

Emplâtre simple à l’huile de foie de morue. . . 600 grammes.

Cire jaune . 250 —

Iluile de foie de morue . 350 —

L’emplâtre blanc d’E. Vidal, dont voici la formule :

Emplâtre simple . 600 grammes.

Cire jaune . 300

Huile blanche . 600 —

Mousselines emplâtres. — Depuis quelques années, Unna et Beiersdorf ont perfectionné la fabrication des emplâtres, ou, pour mieux dire, ils ont inventé des préparations nouvelles qui n’ont que le nom de commun avec les emplâtres de l’ancienne pharmacopée.

Le médicament est appliqué pur en couches régulières, sur une mince lamelle de gutta-percha préalablement incorporée à de la mousseline. L’excipient fait presque entièrement défaut et n’est représenté que par une très faible proportion de gomme élastique dissoute dans de la benzine ou dans de l’oléate d’alumine purifié, et qui ne forme qu’une substance agglutinative indifférente et inaltérable : il suffit de 2 à 5 grammes de cette substance adhésive pour fixer sur un rouleau d’un mètre de 30 à 50 grammes de médicament, lequel peut ainsi être employé à son maximum de concentration. Ce qui importe donc ici, c’est la quantité de médicament à étendre par mètre de mousseline : c’est ainsi qu’on gradue l’activité de la préparation (Hallopeau). Tout récemment quelques pharmaciens de Paris sont arrivés à fabriquer des produits semblables à ceux de Beiersdorf.

Ils ont fort souvent modifié leurs formules : voici celles que Portes (hôpital Saint- Louis) a fournies en 1897 à E. Besnier.

Aux huiles chimiquement inertes sur les savons de plomb, on mélange de l’emplâtre simple et de la cire jaune. Exemple : sparadrap à l'huile de Cade, sparadrap à l’huile de foie de morue, sparadrap à l’huile de chaulmoogra, sparadrap créosoté, salicylé, sparadrap blanc, etc...

Aux substances solides ou pâteuses, sans action sur l’emplâtre diachylon et pour lesquelles on n’a point à craindre l’action irritante due aux résines de cet emplâtre, on associe ce dernier. Exemple : sparadrap rouge, sparadrap au calomel, sparadrap

iodoformé.

Le sparadrap à l’acide pyrogallique et tous les sparadraps similaires dont le principe est influencé par les combinaisons plombiques sont préparés au contraire sans l’intervention d’aucun savon minéral. La masse est alors constituée par des résines, de la cire, de la térébenthine et de la lanoline caoutchoutée...

Quant au sparadrap à l’oxyde de zinc, s’il semble se rattacher par l’emplâtre simple au mode de faire utilisé pour les emplâtres ayant des huiles comme principe actif, il s’en différencie par la dose énorme de lanoline caoutchoutée qui en est

l’excipient primordial.

Le mode de préparation de cette lanoline caoutchoutée est tout spécial; c est a sa neutralité vis-à-vis de la peau qu’il faut attribuer tout le succès du sparadrap à l’oxyde de zinc de l’hôpital Saint-Louis ; aussi, en terminant, est-il nécessaire d insister sur cette préparation.

Sparadrap à V oxyde de zinc :

Emplâtre simple Cire jaune . . .

TRAITEMENT GÉNÉRAL

Lanoline caoutchoutée . 1 800

Oxyde de zinc . . . 600

Mode opératoire. — 150 grammes de caoutchouc brun très ductile (caoutchouc à ballons élastiques) sont mis à macérer dans un grand flacon bouché à l’émeri avec 3 000 grammes de chloroforme, et agités à plusieurs reprises chaque jour, jusqu’à ce que la masse soit tout à fait homogène. Ce résultat obtenu, on verse alors cette masse dans la cucurbite d’un alambic, où, au préalable, on a placé 1 800 grammes de lanoline; puis le tout est chauffé au bain-marie, après avoir ajusté un chapiteau et relié celui-ci au réfrigérant d’un bon appareil distillatoire.

Quand tout le chloroforme a distillé, ce dont on s’aperçoit au passage de gouttelettes aqueuses provenant de l’eau qui contient toujours la lanoline, on continue encore quelques minutes, puis on cesse l’opération, et on verse le tout dans une bassine où l’on a liquéfié l’emplâtre simple 720 grammes et la cire 400 grammes ; on mélange à l'oxyde de zinc, on amène à consistance convenable, et il ne reste plus qu’à étaler sur des bandes de calicot. » (L. Portes.)

« Cavaillès prépare tous ses emplâtres avec une masse formée de parties égales de vaseline, de résine et de solution de caoutchouc ; il fait fondre la résine et la vaseline à chaud, et il y ajoute la solution de caoutchouc. 11 obtient ainsi une masse semi-liquide quand elle est refroidie. C’est dans cette masse qu’il incorpore à froid les substances actives à la dose de 5, 10 et jusqu’à 30 p. 100 : il délaye le médicament finement pulvérisé dans une petite quantité d’huile ou de vaseline et l’ajoute à froid à son mélange caoutchouté; il agite bien et obtient ainsi une masse homogène qu'il coule au sparadrapier sur des bandes de toile imperméables et aseptiques se rapprochant le plus possible de la couleur de la peau. Il laisse évaporer ses bandes dans un séchoir à air froid, ou mieux à l’étuve pour les emplâtres qui ne craignent pas une chaleur douce. Tel est le mode général de préparation qu’il emploie pour les principaux emplâtres : aristol, iodoforme, salol, acide salicylique, résorcine, acide pyrogallique, chrysophanique. Il obtient ainsi des sparadraps fins, souples, non cassants, se conservant bien et n’ayant subi aucune cause d’altération par la chaleur et par les sels de plomb comme dans les anciennes préparations des emplâtres (incorporation à chaud de la substance active dans du diachylon ou de l’emplâtre simple).

Pour l’emplâtre au taffetas de Yigo (mercuriel) et l’emplâtre rouge de Vidal (minium et cinabre), il coule la masse emplastique sur un tissu de soie rose de manière à avoir des emplâtres très fins et très souples.

Quant à l’emplâtre d’oxyde de zinc qui doit absolument ne pas être irritant, il supprime la résine, et il la remplace par de la cire blanche en ayant soin de bien évaporer la solution de caoutchouc avant de tirer l’emplâtre, et de laisser longtemps à l’étuve les bandes d’emplâtre... » (E. Besnier, Traité de Thérapeutique appliquée d’A. Robin : spécialités : Traitement des maladies de la peau, lre partie, p. 179- 180).

La masse employée par F. Vigier est composée de :

Gomme dammar triée .

Lamine anhydre .

Cire jaune .

Poudre d’iris .

Solution éthérée de caoutchouc à 1/10. . .

50 grammes.

Faire fondre la gomme dammar et la cire, ajouter la poudre d’iris: maintenir le

TRAITEMENT EXTERNE. — EMPLATRES

mortier dans l’eau bouillante, et ajouter la solution de caoutchouc en remuant jusqu’à évaporation de l’éther.

Quand on incorpore un agent médicamenteux, le sous-nitrate de bismuth par exemple, on le porphyrise avec de la lainine, et on l’ajoute avec la poudre d’iris à la gomme dammar fondue {Ibid).

Voici comment Debuchy prépare l’emplâtre à l’oxyde de zinc :

Chauffer le mélange d’huile d’olive pure, d’oxyde et d’eau jusqu’à saponification ; celle-ci obtenue, laver la masse des sels gras formés à l’eau pure tiède en grande quantité et à plusieurs reprises; au besoin exprimer légèrement dans un linge serré préalablement stérilisé ; mélanger ensuite à 30 p. 100 environ de gomme dammar kauri ; à cet excipient particulier il suffit, pour avoir la masse emplastique totale, d’ajouter, dans un rapport calculé aisément suivant le dosage prescrit en oxyde de zinc, partie d’une pommade d’oxyde de zinc à la lanoline ou à la vaseline. On étend ensuite sur une batiste fine purifiée et étuvée, et l’on soustrait rapidement à l’air les bandes recouvertes d’emplâtre ; sans les laisser sécher librement comme on peut le faire pour certains autres sparadraps.

Si l'on veut un sparadrap d’oxyde de zinc au caoutchouc, le choix du liquide de dilution du caoutchouc devra apporter certains changements dans la préparation de la masse primitive : c’est ainsi qu’avec le sulfure de carbone, il sera préférable d’employer la pommade d’oxyde de zinc à l'huile de vaseline. S’il s’agit du chloroforme, neutre toujours, l’évaporer entièrement après incorporation de la masse caoutchouteuse dans l’emplâtre. Quant à la benzine, ne se servir que de benzine absolument exempte d’autres produits de la distillation. Il est préférable de faire agir sur le caoutchouc l’éther de pétrole, de reprendre par la benzine pure ; le rapport du mélange est d'environ G à 10 p. 100. Mélanger ensuite au bain-marie et évaporer doucement.

Pour le sparadrap à la résorcine faire fondre d’abord colophane, cire jaune, puis lanoline; le tout fondu, ajouter du savon sans glycérine et chauffer doucement une heure environ. Passer cet excipient dans un linge purifié et ajouter la résorcine dans le rapport de 5 p. 100 sans élever la température...

Pour le sparadrap à l’huile de Gade, faire un mélange dans le rapport de 2 à 1 de la masse caoutchoutée avec l’huile de cade ; laisser en contact quarante-huit heures environ en vase clos, évaporer et étaler sur un tissu. Le sparadrap ainsi obtenu est très adhésif. Si on le veut moins collant, faire un mélange de cire du Japon, gomme dammar et suif. Après avoir fondu, ajouter l’huile de cade (E. Resnier : Ibid).

Quoi qu’il en soit du mode de fabrication respectif de ces divers produits, les médecins français doivent savoir qu’ils trouveront maintenant dans le commerce les emplâtres suivants, qui leur rendront parfois de signalés services :

Emplâtre à l’oxyde de zinc au dixième.

— — et à l’acide borique au dixième.

— — et à l’acide salicylique au cinquantième.

— — au dixième et à l'essence de menthe (eczéma, lichen, derma¬

toses à tendances inflammatoires et prurigineuses).

— à l'huile de foie de morue pure eu renfermant un vingtième de naphtol ou un

centième d’acide phonique (lichen, prurigo), à l’huile de cade au dixième (psoriasis).

— à l’acide salicylique au dixième ou au vingtième (psoriasis, lichen, kératomes).

— au savon noir (acné, kératomes, lupus érythémateux).

— à l’acide borique au dixième (impétigo).

— — pyrogallique au dixième ou au vingtième (psoriasis).

TRAITEMENT GÉNÉRAL

Emplâtre à la résoreine et à la créosote (lupus).

— — et à l’ichthyol (acné, lupus).

à la créosote, résoreine, acide pyrogallique et acide salicylique (lupus).

— à l’iodoforme au dixième (lupus, ulcérations).

— mercuriel (formule de Yigo) (lupus, psoriasis, teigne).

— rouge (formule Vidal) (ecthyma, psoriasis, lupus), etc., etc...

On a proposé de se servir de l’emplâtre simple comme d’un excipient pour fabriquer certaines pommades. C’est ainsi que Veyrières emploie les deux formules suivantes pour l’huile de Cade :

Huile de cade. .

Emplâtre simple

ou mieux :

Huile de cade . .

Emplâtre simple

Cire jaune . . .

il/, s. a.

Vernis non solubles dans l’eau. — « Sous le nom de vernis non solubles dans l’eau on désigne des topiques qui, appliqués sur la peau... laissent par évaporation une pellicule mince, souple, non friable qu’on ne peut pas détacher par un lavage à l’eau, mais qu’on enlève facilement avec de l’alcool, de l’éther, de la benzine, ou encore mécaniquement. Ces vernis protègent la peau contre l’air et contre les irritants extérieurs : ils exercent en outre une véritable compression mécanique plus ou moins forte, ce qui permet de les classer parmi les agents décongestionnants et antiphlogistiques.

« Dans son travail sur la perspiration cutanée (9e Congrès de médecine interne, 1890), Unna a montré que si l’on compare ces vernis au point de vue de leur perméabilité à la vapeur d’eau, il faut en distinguer deux catégories nettement différentes. Le caoutchouc et la gutta-percha, aussi bien que le collodion, ne sont pas mouillés par l’eau à l'état liquide et lui opposent une barrière infranchissable : au contraire ces corps se comportent de façon très dissemblable vis-à-vis de la vapeur d’eau.

« En effet le caoutchouc et la gutta-percha sont imperméables aussi pour la vapeur d’eau et par conséquent pour la perspiration cutanée ; une pellicule de collodion, au contraire, loin de s'opposer à cette perspiration, la favorise plutôt, elle agit donc comme un revêtement de colle... » (Leistikow, loc. cil., Traduct. Darier, p. 43-50).

Collodions. — Les collodions sont des dissolutions de fulmicoton dans un mélange d’éther et d’alcool.

Etendus sur les téguments ils se dessèchent rapidement et forment une pellicule adhérente. Quand on emploie le collodion préparé comme nous venons de le dire, cette pellicule est dure, rigide, se rétracte, se fendille, et tire sur les téguments; elle est donc douloureuse et irritante. On prévient ces inconvénients en ajoutant au collodion un peu d’huile de ricin : on a alors le collodion dit élastique dont voici la formule :

Fulmicoton . 5 grammes.

Alcool à 95° . 20

Ether rectifié du commerce . 75 —

Huile de ricin . 7 —

ââ parties égales.

^ ââ 10

40 grammes.

(Codex).

TRAITEMENT EXTERNE. — SAVONS

Souvent aussi on ajoute un peu de térébenthine.

Depuis quelques années, on a songé à se servir du collodion comme d’un excipient ; on y a incorporé diverses substances actives comme le bichlorure d’hydrargyre, l’acide pyrogallique, l’acide chrysophanique, l’acide salicylique, et on a voulu traiter certaines affections cutanées par ces collodions médicamenteux.

Il suffit pour cela d’en badigeonner les surfaces malades et d’en répéter les applications plus ou moins souvent suivant les effets produits.

Les grands avantages des collodions sont leur fixité et leur propreté absolue : ils agissent plus énergiquement que les pommades qui renferment les mêmes doses de substances actives. Mais ils sont parfois douloureux et irritants : aussi, quand on les emploie, doit-on surveiller les malades de très près. Il est urgent de procéder à une désinfection soigneuse des téguments sur lesquels on va les appliquer : si l’on ne prend pas cette précaution, il se développe fort souvent au-dessous de la couche collodionnée des pyodermites, des lymphangites, des abcès.

Traumaticines. — On donne le nom de traumciticine à une dissolution d’une partie de gutta-percha purifiée dans neuf parties de chloroforme (Auspitz).

Cette préparation reste adhérente à la peau pendant deux ou trois jours, et forme une pellicule très mince, non douloureuse et peu irritante. Elle s’applique parfaitement grâce à son élasticité. Aussi l’a-t-on proposée pour remplacer les collodions médicamenteux.

On l’emploie d’ordinaire après y avoir incorporé une substance active, en particulier l’acide chrysophanique ou l’acide pyrogallique. On peut aussi faire d’abord sur les parties malades une application de la substance active, puis recouvrir le tout d’une couche de traumaticine.

On ne se sert guère de cet excipient que dans le psoriasis et les affections parasitaires.

Pellicules. — On a essayé de remplacer les collodions par des topiques ayant leurs propriétés d'adhérence et d’imperméabilité, mais n’en ayant pas l’action irritante. On a trouvé l’excipient suivant, auquel on peut incorporer la substance active que l’on veut :

Fulmicoton .

Acétone . . .

Ether alcoolisé

Huile de ricin M. s. a.

On lui adonné le nom de pellicule adhésive.

On en a préparé à l’acide chrysophanique, à l’acide pyrogallique, à l’huile de betula alba, à l’ichthyol, au naphtol, à l’oxyde de zinc, à la résorcine, etc... (F. Vigier).

Le fdmogène de Schiffest une préparation analogue qui consiste essentiellement en une solution de celluloïdine dans de l’acétone avec addition d’un peu d’huile.

Savons. — On donne le nom de savons aux combinaisons des acides gras (stéarique, palmitique, oléique) avec les oxydes métalliques (potasse, soude). Nous ne pouvons entrer ici dans les détails intimes de la fabrication des savons : ils sontdu ressort de la pharmacologie et de la chimie.

6 grammes, j àâ 40 —

TRAITEMENT GÉNÉRAL

Au point de vue pratique, on doit distinguer deux principales sortes de savons. Ce sont les savons mous et les savons durs.

1° Les savons mous sont à base de potasse ; on les appelle aussi savons noirs, savons verts. Ils sontpréparés le plus souventavec des huiles de qualité inférieure, telles que les huiles de lin, de chènevis, d’œillette, de colza, etc... Ils renferment toute la glycérine produite et toute la lessive de potasse employée à la saponification.

Ils contiennent donc presque toujours un excès d’alcali. Ils sont colorés en vert ou en noir par du sulfate de fer, par du sulfate de cuivre, par delà noix de galle ou dubois de campêche.

Ces savons mous de potasse sont des agents précieux en dermatologie. Ils décapent merveilleusement bien les plaques malades. Seuls ou combinés à de l’alcool, à du soufre, à de l’huile de cade, etc., ils constituent des topiques excellents pour les lupus, les séborrhées, les eczémas séborrhéiques, les acnés, les psoriasis, etc.

Ce sont des préparations plus ou moins caustiques, suivant les excès de potasse qu’elles contiennent : il faut donc toujours surveiller de très près leurs effets.

L’esprit de savon de potasse de Hebra est composé de :

Savon noie . 100 grammes.

Alcool à 95° . 50 —

Essence de lavande . 0gr,50

C’est une excellente préparation pour décaper les téguments et favoriser l’action des topiques qu’on y applique.

Les parfumeurs vendent sous le nom de crèmes des savons mous d’une fabrication plus soignée; ils sont obtenus par l’action de la lessive de potasse sur l’axonge blanche ou sur l’huile de coco.

A^oici une formule de Vicario citée par Darier :

Huile de coco . 200 grammes.

Potasse caustique pure . 70 —

Eau distillée . 600 —

Puis ajouter pour 100 grammes de cette préparation :

Stéarine . 20 grammes.

Eau distillée . 20 —

2° Les savons durs sont à base de soude : on les emploie journellement pour les soins de toilette. Leur type est le savon de Marseille : il est neutre, doux à la peau, et ne saurait être trop recommandé pour l’usage journalier.

La plupart des savons de toilette sont des savons ordinaires faits avec des matières premières de qualité choisie et purifiées avec soin : pour les fabriquer on emploie l’axonge, le suif de bœuf ou de mouton, l’huile de palme, l’huile de coco; on les aromatise avec des huiles essentielles diverses.

Les savons transparents sont des savons bien desséchés qui ont été dissous à chaud dans l’alcool très concentré.

Dans ces derniers temps, on a fabriqué des savons durs médicamenteux qui peuvent rendre des services. Citons parmi les plus utilisés : le savon ponce (dont

TRAITEMENT EXTERNE. — SAVONS

il existe trois numéros, chaque numéro correspondant à la grosseur du grain de la poudre de pierre ponce incorporée), les savons au goudron, au goudron et au borate de soude, au borax, au naphtol, à Eichthyol, à la résorcine, à l’acide salicylique, à l'acide borique, à l’huile de foie de morue, à l’huile de croton, au bichlorurede mercure, au Panama, au pétrole, au soufre, à la créoline, etc., etc.

Dans une série de recherches des plus intéressantes, Unna a montré toute l’importance qu’ont les savons en dermatologie. On sait que le savon pénètre facilement l’épiderme et qu’on rend un médicament beaucoup plus énergique en l’incorporant à un savon et en l’appliquant sous cette forme sur les téguments.

Voici quelles sont les précautions que l’auteur allemand réclame pour leur préparation :

1° Il ne faut employer que le meilleur suif de bœuf : le savon est plus mousseux quand on le fait avec de l’huile de noix de coco, mais il peut alors à la longue rendre la peau rugueuse.

2° On ne se servira que de lessives de soude et de potasse récemment préparées et en proportion telle que la masse saponifiée ait une réaction absolument neutre. Il est préférable que les savons contiennent deux parties de soude et une partie de potasse : on a ainsi un savon plus solide qu’un savon de potasse et plus actif qu’un savon de soude pure (Unna).

3° 11 faut ajouter une partie d’huile d’olive pour huit parties de graisse nécessaires à la saponification , afin d’éviter une sécheresse désagréable de la peau.

4° Le savon ne doit pas contenir de parfums.

Voici la formule que donne Unna pour ce qu’il appelle son savon fondamental avec excès de graisse :

Excellent suif de bœuf . 16 parties.

Huile d’olive . 2 —

Lessive de soude à 38° R . 6

Lessive de potasse . 3 —

Ce savon parfaitement pur et neutre, d’un blanc jaunâtre, donne à la peau une sensation agréable de souplesse; il doit être employé pour les enfants et dans toutes les dermatoses où le savon ordinaire est défendu.

En incorporant à ce savon fondamental un cinquième de poudre de marbre finement pulvérisée, on a un savon qui remplace très avantageusement le savon de pierre ponce.

Le savon à l’ichthyol d’Unna contient une partie de sulfo-ichthyolate de soude pour neuf parties de savon fondamental : on s’en sert surtout dans l’acné et les folliculites.

Unna a fait aussi préparer les savons médicamenteux suivants :

Savon salicylé avec excès de graisse contenant :

93 parties de savon avec excès de graisse ;

2 — d’acide salicylique.

(Dermatoses parasitaires, eczémas rebelles, prurigineux, acné.)

Savon au tannate de soude :

90 parties de savon fondamental ;

10 — de tannate de soude.

TRAITEMENT GÉNÉRAL

Savon au tanna te de zinc :

97 parties de savon fondamental ;

3 — de tannate de zinc.

Savon au goudron (contenant 5 p. 100 de poix liquide), etc...

Glycérolés de savon. — IL Hébra a proposé d’employer comme excipient général pour les médicaments destinés au traitement des dermatoses une préparation composée de 80 parties de glycérine parfaitement neutre et de 20 parties de savon de noix de coco pur : c’est ce qu’il appelle le glycérolé de savon à 80 p. 100. On peut aussi se servir d’un glycérolé de savon à 92 p. 100, renfermant 8 parties de savon pour 92 parties de glycérine. On leur incorpore avec une égale facilité soit des acides (acide salicylique), soit des bases (oxyde de zinc), soit de la résorcine, du soufre, de l’ichthyol, etc... Ces préparations ont sur les autres savons, sur les pommades et sur les onguents l’avantage de se conserver longtemps, de se fluidifier à la température du corps, et de se solubiliser dans Teau.

Choix du mode d'application des médicaments (Résumé). — lies explications qui précèdent il ressort que le mode d’emploi et d’application d’un médicament externe est presque aussi important que son choix.

Employé sous forme de lotion, de pâte poreuse, de pommade, d’emplâtre, etc..., il n’a plus du tout les mêmes effets. Il y a là une question d’une importance capitale sur laquelle Unna, Leistikow et Uarier ont insisté avec beaucoup de raison, et que le praticien doit connaître.

Quand on veut agir superficiellement, il faut employer la substance sous forme pulvérulente ou sous forme de pâte : quand on veut agir profondément, on l’utilise sous forme de pommades ou d’emplâtres.

D’ailleurs les indications se déduisent : 1° de la nature de la dermatose ; 2° de l’état des téguments ; 3° des nécessités de l’existence.

1° et 2° Nature de la dermatose, — et état des téguments. — Quand la dermatose est très aiguë, quand les téguments sont rouges, enflammés, suintants, il faut choisir des topiques émollients, des bains, des lotions, des cataplasmes, des pulvérisations, etc... Si la peau du malade ne supporte pas les applications humides, on emploie les poudres sèches : d’autres sujets ne toléreront que les corps gras, axonge fraîche non benzoïnée, Uniment oléo-calcaire.

Si les téguments ne sont que modérément enflammés et si l’on ne veut avoir qu’un effet superficiel, on a recours aux pâtes, aux crèmes, etc... ; si l’on veut avoir une action énergique aux pommades, enfin aux emplâtres (voir plus haut).

Si le prurit est intense, on pratique l’occlusion, et, suivant les indications, soit sous forme d’enveloppements hermétiques, soit sous forme de pâtes épaisses, de vernis, de colles, d’emplâtres.

Si la peau est sèche, peu irritable, on prescrit d’emblée les pommades énergiques, les agents puissamment réducteurs.

3° Nécessités de V existence . — Les nécessités de l’existence modifient souvent le mode d’intervention thérapeutique. C’est ainsi que pour permettre aux malades d’aller, de venir, de vaquer à leurs occupations journalières, on est souvent obligé de s’en tenir pour le jour à des applications d’enduits ou de pansements protecteurs : gants de caoutchouc, colles, emplâtres, enveloppements secs ou humides suivant les indications tirées delà maladie. La nuit on fait le traitement qui est le plus directement approprié à la dermatose.

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