TRAITEMENT EXTERNE. — MÉDICATION ANTIPARASITAIRE
B. — Des diverses médications locales
Il est d’usage dans la plupart des traités de dermatologie, de passer en revue chaque médicament employé comme topique dans les affections cutanées, et d’en analyser les propriétés physiques, chimiques, pharmaceutiques et thérapeutiques. Cette énumération nous parait fastidieuse et a un caractère trop accentué d’ouvrage de matière médicale. Nous renvoyons pour cela aux traités de thérapeutique et de pharmacologie, et nous synthétiserons et abrégerons considérablement cette partie de la thérapeutique générale cutanée.
Nous suivrons le plan que nous avons adopté dans notre petit ouvrage de 1894, plan que depuis lors Leredde a repris et considérablement agrandi dans son ouvrage sur la Thérapeutique des maladies de la peau.
Vue d’ensemble des diverses médications locales cutanées. — Les dermatoses, avons -nous dit plus haut, peuvent être causées par des parasites d’origine externe et par des microbes : il est donc tout naturel de les guérir en combattant directement ces grandes causes pathogènes : il en dérive une méthode générale de traitement local dite antiparasitaire; laquelle se subdivise en trois méthodes secondaires :
a) La médication aseptiq ue ;
b) La médication parasiticide proprement dite;
c) La médication antimicrobienne ou antiseptique .
Les dermatoses peuvent en outre être causées par le contact d’agents irritants, de traumatismes divers qui blessent les téguments, les enflamment, d’où la méthode de thérapeutique locale destinée à combattre ces symptômes, médication émolliente , résolutive, antiphlogistique.
Elles peuvent présenter des lésions spéciales des tissus qu’il s’agit de modifier : d’où de nombreuses méthodes dont l’importance est peut-être exagérée à l’heure actuelle; et dont les principales sont :
La méthode siccative pour épuiser des suintements;
La méthode substitutive pour provoquer une inflammation franche au niveau de lésions torpides : c’est à elle que se rattache la méthode réductrice ;
La méthode kératolytique pour faire tomber les couches cornées hypertrophiées ; la méthode exfoliante en est une variété;
La, méthode irritante et révulsive pour ranimer la vitalité des tissus;
La méthode antiprurigineuse , très touffue, très multiple, par laquelle on tâche de calmer les sensations douloureuses de la peau, et surtout le prurit;
La méthode destructrice qui a pour but de détruire les tissus de mauvaise nature ; on lui rattache la méthode caustique :
On pourrait aussi annexer à la méthode destructrice les méthodes sanglante et électrothérapeutique ; mais ces deux méthodes ont une telle importance, une action tellement complexe et touffue qu’il convient d’en faire des chapitres a part sous les noms de raclage , scarification, électrocautérisation, électrolyse, électrothérapie proprement dite (comprenant les courants continus, l’électricité statique, les courants de haute fréquence), photothérapie, radiothérapie .
1° Médication antiparasitaire. — a) Médication aseptique. — Quand on étudie les effets des substances antiseptiques sur les téguments, on est frappé de voir que
Brocq. — Dermatologie. I. 14
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dans nombre de cas, elles provoquent des éruptions artificielles et des réactions nflammatoires grâce auxquelles les microbes pathogènes des dermatoses pullulent au lieu d’être anéantis. L’acide phénique, le sublimé, l’iodoforme, le salol, etc... pour ne parler que des principaux produits de la médication antiseptique ne sont utilisés qu’avec réserve et répugnance par les dermatologistes qui ont quelque pratique; la plupart même en déconseillent formellement l’emploi.
Il était donc tout naturel de songer à faire pour les téguments ce que beaucoup de chirurgiens modernes s’efforcent d’obtenir à l’heure actuelle pour leurs opérations : au lieu de l’antisepsie, ils font en effet maintenant de l’asepsie.
Malheureusement, quand on tente de réaliser cet idéal, on se heurte à des difficultés pour ainsi dire insurmontables. On sait combien il est difficile d’aseptiser totalement une surface cutanée et de la maintenir en état d’asepsie. Il faut la savonner longuement, la brosser, la laver à l’alcool et à l’éther, puis encore à l’alcool : après quoi il faut la recouvrir hermétiquement d’un pansement rigoureusement aseptique. Certes, il est des dermatoses torpides, non irritables, pour lesquelles ces manœuvres sont acceptables, mais ce sont précisément celles pour lesquelles l’asepsie n’est que peu ou point importante à réaliser.
Cependant ce procédé pourra rendre quelques services dans certains cas de lupus vulgaire, de syphilides tertiaires, d’ulcères variqueux, etc... infectés secondairement de pyodermites. On ouvrira largement les pustules, on enlèvera totalement l’épiderme décollé, on détergera le pus avec de l’ouate aseptique, on savonnera à l’eau bouillie, on lavera avec de l’alcool, de l’éther, puis de l’alcool camphré, et on fera le pansement aseptique réclamé par la dermatose première.
Mais, dans les cas d’érythème, surtout d’érythème polymorphe, de dermatite polymorphe douloureuse, de prurigo, d’eczéma, et même de séborrhéïdes, cette méthode n’est guère applicable dans toute son énergie. Elle doit être mitigée. Elle revient alors à une toilette minutieuse des téguments faite avec de l’eau bouillie, quand c’est possible avec du bon savon neutre, puis avec de l’éther.
Les pansements doivent toujours être faits avec la plus absolue propreté. Les mains seront désinfectées, les pièces de pansement et les topiques stérilisés. Ce sont là des principes généraux qu’il convient de mettre constamment en pratique dans le traitement local des dermatoses.
Voici des règles que formule le Dr Leredde, et nous ne saurions trop insister sur leur importance : « a) Toute formation cavitaire infectée ou susceptible de s’infecter doit être largement ouverte; b) toutes croûtes, tous produits de sécrétion coagulables doivent être enlevés au fur et à mesure de leur formation qu’il faut même chercher à éviter toutes les fois que la chose est possible. »
Nous avons vu plus haut quels sont les procédés que l’on peut employer pour ramollir et enlever les croûtes et les débris épidermiques, ce sont les lotions, les pulvérisations, les enveloppements plus ou moins humides selon les cas, avec ou sans application préalable de pâte sur les régions malades et surtout à leur périphérie pour prévenir la macération des régions saines (voir enveloppements).
Les pansements seront faits avec des poudres inertes (voir ce mot) aseptisées, mises en grande quantité sur les régions malades et maintenues en place avec une fine tarlatane sans apprêt : il faut que la poudre soit appliquée en quantité suffisante pour que la tarlatane ne colle pas aux téguments. On peut aussi panser directement avec de la tarlatane aseptique pliée en 12 ou 15 épaisseurs, imbibée d'eau longuement bouillie, exprimée, recouverte d’une feuille d’ouate plus ou moins épaisse suivant les cas et de taffetas chiffon. On peut enfin appliquer d’abord une
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