‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 97 sur 252 · TRAITEMENT EXTERNE. — MÉDICATION IRRITANTE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT EXTERNE. — MÉDICATION IRRITANTE

3° La résorcine à fortes doses.

C’est par la combinaison de la résorcine et du savon mou de potasse que l’on obtient les pâtes desquamantes si actives avec lesquelles on pratique la cure d'exfoliation dans les acnés rebelles et les pigmentations superficielles de la peau. En réalité la méthode exfoliante « est destinée à produire une réaction inflammatoire du derme et du corps muqueux, inflammation aiguë, mais passagère, qui sera suivie d’une décongestion, passagère ou durable, suivant l’intensité de la réaction et le cas particulier... L’inflammation se caractérise par de la rougeur, du gonflement; au bout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures paraissent des squames épaisses d’abord humides, qui se dessèchent, puis tombent en quelques jours : c’est une véritable exfoliation. » (Leredde, loc. cit., p. 72-73.)

Dans la méthode exfoliante, quand on a obtenu un certain degré de destruction de l’épiderme, et surtout d’inflammation dermique, il est bon de suspendre pendant un certain temps l’application des topiques énergiques, de calmer les téguments, puis on reprend l’emploi des agents actifs en en graduant l’intensité et la longueur d’application suivant la tolérance des tissus visés et les susceptibilités individuelles.

C’est ainsi que lorsqu’on emploie dans l’acné une des nombreuses pâtes exfoliantes préconisées, et dont voici deux formules

Résorcine .

Oxyde de zinc . . .

Poudre d'amidon .

Vaseline jaune . .

Naphtol (5 camphre

Résorcine .

Savon noir ....

Soufre précipité . .

Craie préparée . .

Lanoline pure . . .

Vaseline pure . . .

il faut commencer par n'appliquer ces préparations que pendant dix, quinze, trente minutes pour tâter la susceptibilité du sujet, puis on les enlève avec de la vaseline pure, on les remplace pour calmer l’inflammation des téguments par une pâte de zinc épaisse. Puis, progressivement, on laisse les préparations actives en place de plus en plus longtemps jusqu’à ce que l’on ait une destruction très nette de toute la couche cornée superficielle, ce qui est indiqué par une teinte d un jaune brunâtre et un aspect collodionné de l’épiderme. On en suspend alors 1 emploi ; on se borne à appliquer de la pâte de zinc pure, parfois on emploie une pâte salicylée au 1/50 pour hâter la desquamation. Lorsque la desquamation est complètement terminée, si le résultat obtenu parait insuffisant, on recommence une nouvelle série d’applications de la pâte exfoliante et ainsi de suite.

6° Médication irritante et révulsive. — La médication irritante a pour but de ranimer la vitalité des tissus, d’exciter les extrémités nerveuses comme on le fait par exemple pour la pelade par les frictions d’acide acétique, d acide lactique, d ammoniaque, de térébenthine, etc... par les badigeons d’acide phénique neigeux ou les applications de vésicatoires.

de 2°1’,50 à 10 grammes, ââ 5 grammes.

ââ 1 gramme, de 2 à 10 grammes, de 2 à 5 de 2 à 5 —

TRAITEMENT GÉNÉRAL

Ce sont les mêmes agents qui servent dans la médication révulsive, mais dans un autre but. C’est ainsi que dans les affections d’origine nerveuse, nous agissons par les sinapismes, les vésicatoires ou les pointes de feu appliqués sur le point d’origine des nerfs qui se rendent aux parties atteintes.

7° Médication antiprurigineuse. — Certains auteurs décrivent une médication antiprurigineuse : ce groupement de médicaments ne nous paraît guère justifié : il est en effet très mal limité au point de vue scientifique.

Disons cependant que, pour calmer les démangeaisons par des applications locales 4, on fait des lotions très chaudes ou très froides d’eau bou illie, dans laquelle on ajoute, quand c’est utile, certaines substances telles que : les acides, acide phénique, tartrique, salicylique, cyanhydrique, acétique (vinaigre), etc..., les alcools aromatiques, l’eau de Cologne, l’alcool camphré, l’essence de menthe, le menthol, le naphtol, le chloral, les alcalins (borate, bicarbonate, salicylate de soude), les mercuriaux, le coaltar saponiné, les cyanures et l’acide cyanhydrique, la cocaïne, etc... 1 2

La plupart des agents réducteurs doux en badigeons sous la forme de solutions aqueuses, ou en applications sous la forme de solutions aqueuses, ou en applications sous la forme de pâtes ou de pommades, sont antiprurigineux : citons parmi eux l’ichthyol, le thigénol, le thiol, le tuménol, le sapolan, le pétrolan, le naftalan, les goudrons, l’huile de cade, la résorcine, etc...

On a combiné ensemble diverses de ces substances de manière à avoir des préparations commerciales pouvant être utilisées dans un grand nombre de dermatoses prurigineuses, eczéma, lichens, prurigos, parakératoses psoriasiformes, etc... La plupart de ces topiques ont une formule tenue secrète par le fabricant. En voici une que l’auteur nous permet de publier : c’est celle du Baume Duret : nous l’insérons ici parce qu’elle donnera au lecteur l’idée de la composition des produits similaires :

Goudron . . .

Huile de cade .

Résorcine . . .

Menthol . . .

Gaïacol ....

Camphre . . .

Soufre dissous .

Borate de soude Glycérine. . .

Acétone. . . . , Huile de ricin.

Lanoline . . . .

18 grammes.

Le camphre forme avec le goudron, l’huile de cade, la résorcine, le menthol, le gaïacol, de véritables combinaisons chimiques.

Le soufre est obtenu finement précipité par refroidissement d’une solution saturée à chaud dans l’essence de térébenthine, puis chauffé entre 125° et 130°

1 Voir plus haut ce que nous disons de la médication antiprurigineuse générale et des bons effets que l’on retire du séjour à la campagne, à de hautes altitudes, des douches calmantes chaudes, de l’ électrothérapie, etc...

2 On remarquera que dans cette énumération, nous omettons l’orthoforme : cette substance est des plus dangereuses ; elle donne souvent lieu à des éruptions artificielles quand on l’applique sur une dermatose.

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