‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome second. Reactions cutanéesChapitre 18 sur 183 · HERPÈS GE STATION I S · texte numérisé non relu

HERPÈS GE STATION I S

bulles ; elle peut même garder constamment ce caractère pendant les premières grossesses et ne devenir vésiculo-bulleuse qu’aux attaques ultérieures.

En somme les divers degrés d’intensité du processus sont constitués : 1° par des sensations de prurit, de brûlure, de cuisson qui peuvent exister seuls pendant quelque temps ; 2° par des rougeurs, des plaques érythémateuses, des papules rouges ; 3° par des vésicules ; 4° par des bulles à contenu transparent pouvant devenir purulentes dans quelques cas.

Dans une première attaque l’éruption peut n’être qu’érythémato-papuleuse ; dans une deuxième, elle peut être érythémato ou papulo-vésiculeuse ; dans une troisième,, elle peut devenir bulleuse ; ou bien elle peut être véritablement polymorphe dès le début ou dans les attaques ultérieures.

Une ou plusieurs grossesses intermédiaires peuvent se passer sans éruption.

Piiéuomèues subjectifs. — Les phénomènes subjectifs constituent eux aussi un des caractères majeurs de l’affection : ils sont constants. Us précèdent d’ordinaire les poussées éruptives, et ils atteignent leur maximum d’intensité au moment où elles se produisent.

Symptômes géuéranx. Fièvre. Complications. — Nous avons déjà signalé la possibilité de la production dès le début de violents accès de fièvre.

Assez souvent les femmes sont affaiblies, épuisées et même prostrées pendant les poussées éruptives. Cependant l’état général n’est jamais assez grave pour inspirer de sérieuses inquiétudes. L’appétit est d'ordinaire conservé.

L’hypoazoturie semble être la règle ; l’acide urique est augmenté, les chlorures et les phosphates sont diminués ; parfois il y a de l’albuminurie, presque toujours de l’oligurie, mais il y a parfois sans cause connue des débâcles urinaires.

Les privations et les émotions morales ont une certaine influence sur l’intensité des déterminations cutanées.

Marche. Durée. Terminaisons. — Nous ne revenons pas sur ce que nous avons dit plus haut à propos de révolution de la maladie.

Dans quelques cas elle persiste après la délivrance pendant plusieurs mois, et on a même publié des faits dans lesquels, après plusieurs récidives, l’éruption a continué à évoluer indépendamment de la grossesse et de la puerpéralité, devenant ainsi une véritable dermatite polymorphe douloureuse chronique.

Pronostic. — C’est une affection desplus sérieusesà cause de l’intensité des phénomènes douloureux qu’elle provoque et des éruptions parfois considérables qui torturent la malade. Cependant nous n’en connaissons que deux cas qui se soient terminés par la mort. L’enfant succombe fréquemment dans l’herpès gestationis.

Anatomie pathologique. — Il y a identité absolue au point de vue histologique entre l’herpès gestationis et la dermatite polymorphe douloureuse.

Nature et pathogénie. — On ne peut à cet égard que formuler les hypothèses que nous avons déjà exposées à propos des dermatites polymorphes douloureuses chroniques. On a attribué l’herpès gestationis : 1° soit à l’influence spéciale exercée par l’utérus à l’état de gravidité sur le système nerveux en se fondant sur l'intensité des phénomènes douloureux, sur la symétrie de l’éruption, sur la coexistence d’autres lésions nerveuses ;

2° Soit à une auto-intoxication en se fondant « sur la diminution de la toxicité urinaire et sur l’abaissement notable du taux de l’urée, sur l’influence aggravante

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qu’exercent sur les poussées éruptives certains aliments, sur ce fait que chez les accouchées guéries on observe de la polyurie, de Thypertoxicité urinaire, de l’azoturie ». (Bar et Tissier.)

Diagnostic. — L’assim dation de l’herpès gestationis avec les dermatites polymorphes douloureuses est actuellement universellement acceptée : il est bon toutefois de noter qu’on a vu la dermatite polymorphe douloureuse chronique disparaître lorsque la malade qni en est atteinte est enceinte, fait singulier, incontestable néanmoins, et qui, soit dit en passant, n’est guère en faveur des théories pathogéniques actuellement admises.

La seule affection qui puisse prêter à une certaine ambiguïté est encore cet impétigo herpétiforme dont nous avons déjà parlé. Rappelons en deux mots qu’il débute d’ordinaire par le pli de l’aine, le nombril, vers les seins ou les creux axillaires, qu’il est caractérisé d’emblée et pendant toute son évolution par des pustules miliaires superficielles groupées en cercle autour d’une croûte centrale, que la fièvre est intense, l’état général fort grave, que la mort est la règle, que le prurit est peu ou point marqué. Il n’est donc guère possible de l’assimiler à l’herpès gestationis tel que nous venons de le décrire.

Traitement. — Dans presque tous les cas les médications instituées ont été inactives. En se basant sur les idées théoriques que nous avons exposées plus haut on conseille à l’heure actuelle le régime lacté. Nous renvoyons pour les détails du traitement local au chapitre Dermatites polymorphes douloureuses chroniques. (Tout ce chapitre est extrait de notre travail de 1888 : la symptomatologie a été reproduite dans la Pratique Dermatologique) .

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