‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome second. Reactions cutanéesChapitre 33 sur 183 · A. — PITYRIASIS ROSÉ DE GIBERT · texte numérisé non relu

A. — PITYRIASIS ROSÉ DE GIBERT

Symptômes. — Le pityriasis rosé de Gibert (pityriasis maculata et circinata de Duhring, pityriasis rubra aigu disséminé , arthritide pseudo-exanthématique de Bazin, érythème pcipuleux desquamatif de Vidal et E. Besnier, roséole squameuse de Fournier, pityriasis disséminé de Hardy, herpès tonsurans maculeux

et squameux , trichophytie généralisée de l’Ecole devienne, etc...) est une affection à physionomie générale de pseudo-exanthème qui semble devenir de plus en plus fréquente.

Elle commence par une plaque unique que nous avons appelée primitive, et qui peut siéger en divers points du tronc et vers le cou, parfois sur les bras, plus rarement sur les membres inférieurs. Cette plaque est ovalaire ou circulaire : ses bords sont d’un rose assez vif, un peu surélevés, recouverts de fines squames adhérentes; le centre décoloré est d’un rose légèrement brunâtre et comme affaissé. Elle s’accroît lentement par les bords en se décolorant au centre.

Sa grandeur varie de quelques millimètres à deux ou plusieurs centimètres de diamètre. Elle ressemble, au premier abord, à une plaque de trichophytie. Elle répond donc au type pityriasis circinata. Elle est le plus souvent unique, comme nous venons de le dire : il n’est pas rare, cependant, de voir cette éruption primitive constituée par deux plaques de grandeur à peu près analogue, beaucoup plus rarement par trois éléments, ou même davantage.

Elle persiste seule pendant un laps de temps qui varie de quatre à quinze jours;

puis arrivent soudainement et simultanément plusieurs autres éléments éruptifs plus petits, formant l’éruption secondaire. Dans certains cas, la plaque primitive passe inaperçue ou semble ne pas exister.

L’éruption que nous appelons secondaire est celle pour laquelle le malade vient consulter : elle est constituée par de petites macules rosées, ou par des sortes de papules qui s’aplatissent, grandissent, deviennent rapidement squameuses, se multiplient, s’agglomèrent par places, par places restent discrètes. Elles siègent d’abord sur le cou, sur le haut de la poitrine, sur les parties latérales du thorax,

puis de là elles gagnent le reste du tronc (tout en étant surtout nombreuses vers les parties latérales), les membres supérieurs, les cuisses, quelquefois le bas et fort rarement le haut du visage, les mains, les jambes et les pieds. Dans sa marche générale, l’éruption semble partir du cou et du tronc pour descendre sur les membres; cependant, sur toutes les régions énoncées, l’affection peut être simultanément en activité.

Dans certains cas paradoxaux, elle débute par les membres supérieurs ou plus rarement par les membres inférieurs et elle s’y cantonne (variété des membres). A sa période d’état, elle est caractérisée :

1° Par de toutes petites taches rosées, disséminées çà et là, confluentes par places, qui grandissent, deviennent squameuses au centre, puis s’affaissent et se décolorent au centre en s’étendant par les bords qui sont roses, un peu saillants, squameux, mal limités. Leur grandeur varie de celle d’un pois à celle d’une pièce de 50 centimes et plus; elles peuvent former par confluence de vastes nappes rouges plus ou moins colorées, parfois assez enflammées pour simuler de l’eczéma. L’épiderme est comme plissé au niveau de toute leur partie centrale, surtout quand on tend la peau dans un certain sens, ce qui leur donne un faux air de vergetures. Quand elles constituent à elles seules l’éruption, on a la variété à laquelle on a donné le nom de pityriasis maculata . On ne peut, par le grattage, déceler à leur surface des squames nacrées stratifiées, analogues à celles du psoriasis, et on n’arrive pas, par l’exploration dite du coup d’ongle, sur une surface rouge, lisse et luisante comme dans le psoriasis. Mais quand on traite par le grattage méthodique une de ces lésions située en des régions où la peau est fine, on détermine l’apparition de quelques points punctiformes de purpura traumatique, parfois de quelques petites hémorragies, et de toutes petites dépressions arrondies ou ovalaires semblant être un peu suintantes et paraissant correspondre à de très fines vésicules histologiques. Ces caractères rapprochent singulièrement au point de vue objectif ces lésions élémentaires de certaines variétés de parakératoses psoriasiformes.

2° Par des éléments circinés plus nettement limités et plus étendus que les précédents, semblables à la plaque primitive que nous avons décrite; ce sont des sortes de médaillons qui s’observent souvent çà et là, disséminés au milieu des autres éléments, et qui parfois existent seuls : c’est alors la variété à laquelle on a

Fig. 300. — Plaques primitives de pityriasis rosé de Gibert : (localisation anormale à la jambe gauche.)

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