OEDÈME AIGU CIRCONSCRIT DE LA PEAU
œdème aigu angio-neurotique, Du Castel œdème rhumatismal ou arthritique , Etienne et Galliard œdème aigu essentiel, Le Calvé œdème aigu toxi-névropathique de la peau et des muqueuses, Rapin urticaire géante, Courtois-Suffit, Merlden, etc. urticaire œdémateuse , Saligne (thèse de Bordeaux 1 904) et Sabrazès œdèmes aigus localisés multiples et transitoires, etc. ;l.
Symptômes. — Elle est essentiellement caractérisée par l'apparition brusque, parfois sans aucun phénomène prodromique, parfois après une légère sensation de malaise, un peu d’embarras gastrique, une très minime réaction fébrile, en un point quelconque des téguments, d’une infiltration œdémateuse de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané. Ces infiltrations sont d’ordinaire assez bien limitées; on peut les circonscrire h la vue et au toucher : elles forment des saillies plus ou moins notables, presque toujours de quelques millimètres et même de ü2 ou 3 centimètres au-dessus du niveau normal des téguments : leurs dimensions varient de celles d’une noisette, d'une noix, a celles du poing et même plus. Leur coloration peut être celle de la peau normale, plus souvent elle est rosée ou d’un rouge vif. A leur niveau, l’épiderme est lisse, luisant et comme tendu. On ne peut qu assez difficilement par une pression un peu prolongée du doigt y déterminer une légère cupule, car l’œdème est ferme et élastique. Elles sont parfois le siège d une légère sensation de tension, ou parfois d’une sensation de brûlure et de cuisson; mais jamais elles ne sont franchement prurigineuses. Les téguments présentent dans quelques cas à leur niveau une légère teinte ecchymotique.
Elles peuvent s’observer en un point quelconque des téguments : leurs sièges de prédilection sont cependant le visage, les paupières, les lèvres, les joues, les parties génitales. Il est rare que les lésions soient symétriques; cependant on les a notées aux faces dorsales des deux mains. Elles peuvent affecter les muqueuses, en particulier la conjonctive, la muqueuse uréthrale, le pharynx, le larynx, et dans ce dernier cas elles donnent lieu à des crises des plus graves d’étouffement par œdème de la glotte. Chez un même sujet elles ont une certaine tendance à affecter les mêmes localisations dans les crises successives : cependant cette règle est loin
d’être absolue.
Elles se forment avec la plus grande rapidité, en quelques minutes, persistent pendant un laps de temps variable, le plus souvent fort court, et disparaissent spontanément, comme elles sont venues, après une durée totale de quelques heures, ou de un ou deux jours environ, sans laisser de traces. Parfois cependant il se fait une légère desquamation. On a décrit des tuméfactions persistantes qui se formeraient en certains points à la suite de poussées répétées de cet œdème aigu. Ces faits établiraient des transitions avec les œdèmes circonscrits permanents qui aboutissent aux pseudo-lipomes : mais il faut se garder de commettre des erreurs de diagnostic avec des éléphantiasis (voir plus loin).
Dans quelques cas, à mesure qu’une plaque disparaît, une autre survient et ainsi de suite : mais il est plus fréquent de voir ces lésions se produire au nombre d une seule, plus rarement de deux, trois ou davantage, par sortes de crises séparées par des intervalles de repos complet de durée variable.
Pendant la crise les urines sont peu abondantes. Parfois on observe des troubles
1 Voir pour la bibliographie et la description détaillée de cette affection l’excellent article de Ch. Armand et Fr. Sarvonat : ( Gazette des hôpitaux, n° 41. 8 avril 1905). R. Morichau-Beauchant et F. Landry ont donné le 22 décembre 1905 à la Société médicale des hôpitaux de Paris une description de tout ce groupe d’affections : nous engageons nos lecteurs à la parcourir : mais elle ne nous satisfait pas complètement.
digestifs intenses, de l’anorexie, des vomissements alimentaires, bilieux, plus rarement sanguinolents, du météorisme, de la constipation, ou des crises de diarrhée. Il est possible que ces manifestations viscérales constituent toute la crise : elles ont été considérées comme symptomatiques d’œdèmes de la muqueuse gastrointestinale.
On peut se demander si l’on ne devrait pas rattacher à ce type morbide Y œdème rénitent douloureux de Lesné, et Y œdème pseudo-phlegmoneux de Guyon et Kirmisson dans lequel, à la suite de douleurs intenses localisées aux points qui vont être atteints, on voit apparaître un gonflement plus ou moins étendu de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané avec rougeur et élévation de la température locale.
L’œdème aigu circonscrit de la peau ne présente en lui-même aucune sorte de gravité. Après une période plus ou moins longue de crises, période pendant laquelle le malade est exposé atout instant à une brusque réapparition de ces accidents, et qui peut durer de quelques mois à plusieurs années, ces crises cessent de se produire, pour être presque toujours remplacées par d’autres manifestations morbides. Le pronostic est cependant assez sombre à cause de la possibilité des localisations pharyngées et laryngées, des suffocations qui en résultent cl qui peuvent se terminer par la mort.
Diagnostic. — Cet œdème diffère de Y œdème rhumatismal vrai qui se développe autour des articulations ou des gaines tendineuses douloureuses par sa limitation, son aspect de tumeur ou de phlegmon, sa mobilité, l’absence de douleur.
Pour être complet, il nous faudrait soulever ici des questions on ne peut plus délicates. Doit-on distinguer de la forme que nous venons de décrire ces œdèmes circonscrits des arthritiques qui persistent en s’affaissant légèrement et qui finissent par s’organiser en donnant naissance à ce que l’on a désigné sous le nom de pseudo-lipome, en particulier aux pseudo-lipomes sus-claviculaires des arthritiques de Potain. Nous croyons qu’il s’agit ici d’un autre type morbide, très voisin de Pœdème aigu circonscrit, mais qui en diffère par son évolution.
11 en est de même pour le type morbide que l’on a décrit sous le nom de pseudoéléphcintiasis névropathique (Follet) dans lequel c’est presque toujours un membre qui est atteint dans sa totalité. Il est volumineux, déformé, et donne tellement l’impression de l’éléphantiasis qu’on porte tout d’abord ce diagnostic. Mais la peau conserve sa coloration et son aspect. C’est un œdème dur dans lequel il est d iflici le de produire un godet par la pression, et qui n’évolue qu’avec la plus grande lenteur i.
L’œdème aigu circonscrit diffère des nodosités non érythémateuses des rhumatisants par son volume, sa mollesse.
Il diffère de Y urticaire avec laquelle il est actuellement confondu, nous ne savons trop pourquoi, par sa circonscription (il n’y a presque toujours qu’une seule
1 D’après Apert ( Soc.méd . clés hôpitaux , 9 déc. 1904), il faudrait distinguer de l'oedème aigu de Quincke un œdème rhumatismal auquel il donne le nom d 'œdème péliosique et qui serait une maladie aiguë accidentelle, se manifestant par une poussée unique ou une série isolée de poussées successives rapprochées, et guérissant ensuite définitivement. C’est une maladie non héréditaire, non familiale, qui atteint également les deux sexes, qui est soumise à des influences saisonnières; aussi peut-on en observer de petites épidémies. Les poussées sont précédées par des courbatures, des douleurs rhumatoïdes, de l’état gastrique; habituellement il y a une élévation modérée de la température. Ce type morbide serait caractérisé par des tuméfactions œdémateuses assez fixes : on y observe tous les intermédiaires entre l’œdème blanc rénitent, l’œdème rouge simulant le phlegmon, l’œdème pourpré avec suffusions sanguines. Parfois il y a alternance de poussées d’œdème aigu blanc et de poussées d’érythème papuleux ou de purpura.
Les muqueuses sont indemnes.
nodosités non érythémateuses des artrhitiques
nHanel nar son volume; son aspect, par l’absence habituelle de sensations de n 3 et de brûlure Aussi ne saurions-nous trop protester contre les quahhca-
Havenith aux deux lèvres), avec poussées inflammatoires paroxystiques chez anciens syphilitiques (voir Éléphantiasis).
j vunlof-ie de cette affection est à peu près totalement
Etiologie^ PaMogen héréditaire, moins souvent cependant que certains
inconnue. Parfo. elle es c>est ron trouve presque toujours ce
auteurs ne on J j neuro-arthritisme dans les antécédents personnels
qU6r ° Vaux u suiefa te nt Elle peut survenir à tout âge : nous l’avons observée ou familiaux du sujet attemu P soixante-cinq ans, etc. Nous n’avons
à douze ans, a vingt am, a tient ^ q ^ menstruelles, cependant ce fait est pas vu leS C1i1*“xications et auto-intoxications et toutes les conditions pathogènes P°ST 3 n induisent semblent donc constituer le terrain favorable au développement TU HpPaffpction. Les causes occasionnelles sont des plus multiples; on a incriminé le6 froid, l’hydrothérapie froide, les fatigues exagérées les émotions, le* tismes les écarts de régime, les fermentations gastro-intestma es, ., vent impossible de savoir sous quelle influence les poussées sont survenues.
Traitement. - Le traitement de l’œdème aigu circonscrit de la peau est
états dits neuro-arthritiques (voir Généralités et Urticaire). Lu. donner ®8“! res
persistent, les médicaments vaso-moteurs que nous employons dans les
p ri„,hcaire est souvent provoquée par des agents qui décalcifient le san a q
le-chlorure <1. ,1- m. — » '« *>
1 gr. 20 par jour.