HYPER II) R OSE ET BROMIDROSE
Symptômes. — L’étude de Vosmidrose et de la bromidrose se rattache, comme on le voit, intimement à celle de Ehyperidrose. Ces affections sont en effet caractérisées par la sécrétion d’une plus ou moins grande quantité de sueur d’odeur désagréable et dans quelques cas absolument insupportable. Elles compliquent surtout les éphidroses ombilicale, inguinale, axillaire et plantaire.
Ce sont évidemment des acides volatils qui donnent à la sueur sa réaction du début, laquelle va s’affaiblissant à mesure qu’elle s’évapore en laissant à la surface de la peau leurs bases alcalines qui finissent par prédominer : acides carbonique, caproïque, caprilique, formique, butyrique, propionique, etc..., corps s’éliminant spécialement par la sueur h laquelle ils donnent son odeur caractéristique (Morat et Doyon).
Certains sujets, en particulier les hystériques, présentent parfois de la bromidrose généralisée et exhalent une odeur de bouc, d’urine, etc... On sait qu’il y a des maladies dans lesquelles les sueurs ont une odeur spéciale.
Les bromidroses ombilicales, axillaires et plantaires sont des plus fréquentes; la bromidrose axillaire s’observe surtout chez les femmes rousses, la bromidrose plantaire chez tous les sujets des deux sexes, mais plus particulièrement chez les jeunes gens ; d’après certains auteurs (Brandau), elle reconnaîtrait pour causes occasionnelles la dyspepsie, l’anémie, la chlorose, un mauvais régime alimentaire, d’abus du thé et du café, etc... ; elle peut être assez accentuée pour être une cause d’exemption du service militaire. La mauvaise odeur est exhalée par les bas et par tes chaussures plus encore que par les pieds nus. Des hvperidroses plantaires abondantes peuvent être peu odorantes, et une hypcridrose modérée peut s’accompagner d’une bromidrose fétide (Audry).
Traitement de Ehyperidrose et de la bromidrose. — On a beaucoup discuté sur la légitimité du traitement de l’byperidrose; on a soutenu qu’il pouvait être dangereux de supprimer une sécrétion à laquelle tout l'organisme est habitué depuis longtemps. Il est possible que ces craintes ne soient pas dénuées de tout fondement. Cependant, dans la plupart des cas, on devra essayer de restreindre les sueurs généralisées profuses qui affaiblissent ou incommodent le sujet, et surtout les éphidroses plantaires et palmaires qui sont de véritables infirmités. (Voir pour le traitement de Ehyperidrose du cuir chevelu l’article Séborrhée.)
Traitement interne. — On possède quelques médicaments qui, pris à l’intérieur, exercent une action réelle sur la sécrétion de la sueur. C’est ainsi que dans les hvperidroses généralisées on a administré avec succès le sulfate neutre d’atropine à la dose de un demi milligramme à 2 milligrammes (dose maxima) par jour, la belladone, le phosphate de chaux et ses nombreux composés, le tanin, la poudre d’agaric, l’agaricine, la phellandrie, l’arséniate de strychnine, l’ergot de seigle, l’aconit, la tisane de feuilles de sauge, etc., etc...
On doit, comme toujours, étudier le malade pour arriver, si c’est possible, à une connaissance exacte de la pathogénie de Ehyperidrose ; si elle reconnaît surtout pour cause des excitations nerveuses, on prescrit les sédatifs nervins comme les bromures, les valérianates, les douches froides ; s’il s’agit d’un rhumatisant ou d’un goutteux, on lui donne les alcalins, l’iodure de sodium à petites doses; s’il s’agit d’un anémique, les toniques, le fer, le quinquina, l’arsenic, le phosphate de chaux, les acides minéraux dilués, etc...
La faradisation a pu dans certains cas produire d’excellents effets.
Il est bon de surveiller la constipation et de favoriser la diurèse, le flux intesti-
nal ; des pilules de podophylle et de belladone sont tout particulièrement recommandables.
Ces règles de conduite s’appliquent aussi aux éphidroses.
Traitement local. — Dans les hyperidroses généralisées nous conseillons de faire des frictions quotidiennes ou biquotidiennes sur tout le corps, soit avec de la flanelle imprégnée d’un liquide alcoolique tel que l’eau de Cologne, l’esprit de lavande, une solution de tannin.
Traitement local des hyperidroses palmaires et plantaires. — Dans les hyperidroses caractérisées par le refroidissement des extrémités et par ce fait que la circulation est assez imparfaite pour ne pas pouvoir combattre l’évaporation, Unna donne des pédiluves chauds le soir avant le coucher; il y ajoute des substances excitantes telles que l’alcool camphré, la moutarde, le vinaigre. Puis, après avoir séché, il applique un onguent renfermant.