térébenth
Ichtyol .
Unguentum zinci
ââ 5 grammes.
M. s. a. (Formule allemande.)
(La formule de l’unguentum zinci est : oxyde de zinc 1, axonge 5.)
Le matin, il fait frictionner avec de l’eau glacée et poudrer les bas avec de la poudre d’amidon qui renferme de la moutarde. Il conseille de plus de faire un usage journalier de l’ichtyol en solution alcoolique, en onguent ou en savon pour arriver à resserrer les pores de la peau.
Dans les hyperidroses caractérisées par une élévation de température des extrémités par suite d’une suractivité de la circulation, Unna pense qu’il est indiqué de resserrer les vaisseaux et les pores de la peau : Il conseille alors de prendre le soir des bains tièdes simples, puis de faire des onctions avec
Ichtyol.
Eau. .
Lanoline
f ââ 50 grammes, s &
Le matin, on lave à l’eau tiède et au savon très gras à l’ichtyol ; on sèche en laissant un peu de mousse. Les bains alcalins sont assez bons d’après lui ; il croit toutefois qu’il vaut mieux ne pas les employer parce qu’ils macèrent trop l’épiderme. Il repousse l’emploi du tannin.
Voici maintenant d’autres méthodes thérapeutiques :
Stewart conseille : 1° de laver à l’eau chaude; 2° de faire tremper les parties malades pendant quelques minutes dans une solution de 2 à 3 grammes de permanganate de potasse pour 250 grammes d’eau; 3° de faire sécher, puis de faire une cuirasse complète des orteils et des pieds avec des bandelettes d’emplâtre de céruse : on renouvelle ce pansement à l’emplâtre toutes les douze heures, pendant dix à seize jours.
Ilebra a proposé un traitement presque analogue et qu’il considère comme héroïque. Il fait laisser de côté tous les bas qui ont été imprégnés de sueur; il sèche le pied avec soin ; puis il l’enveloppe d’un emplâtre étendu sur un linge et composé de parties égales de diachylon simple et d’huile de lin : on en met entre les doigts des pieds pour les isoler les uns des autres. Il faut que tout le pied soit complètement recouvert, et que la peau soit directement en rapport avec l’emplâtre. On met ensuite un bandage ou un bas ordinaire.
HYPERIDROSE ET BROMIDROSE
Après douze heures, on enlève le pansement, on ne lave pas les parties malades, on se contente de les frotter avec un linge ou avec de la charpie sèche; puis on refait le pansement, et cela deux fois par jour pendant dix ou douze jours environ, suivant l’intensité du cas. On n'emploie ensuite que les poudres inertes Au bout de quelques jours, l’épiderme tombe et laisse à découvert une surface saine. Ce n’est que lorsque tout l’épiderme ancien s’est détaché que l’on peut laver le pied, tout en continuant encore pendant quelque temps l’usage des poudres. Quinze jours ou trois semaines après la première application de l’emplâtre, à ce que dit Ilebra, l’hyperidrose a complètement disparu. La guérison est parfois définitive; mais il arrive assez souvent que l’affection récidive après un laps de temps plus ou moins long, et il faut alors recommencer : après cette deuxième série d’applications d’emplâtres, la guérison est certaine et durable (Ilebra). Ce traitement a échoué entre nos mains dans des cas rebelles.
Kaposi a préconisé le naphtol : il fait faire deux fois par jour des lotions avec :
Naphtol . S parties.
Glycérine . 10 —
Alcool . 100 —
il/. s. a.
puis on saupoudre soit avec de l’amidon pur, soit avec :
Naphtol pulvérisé . 2 parties.
Amidon . 100 —
On interpose entre les orteils des tampons d’ouate imprégnés de cette poudre.
Le permanganate dépotasse est une des substances qui ont été le plus employées : on a conseillé de porter des semelles de papier à filtrer, de toile, de calicot, de liège que l’on trempe préalablement dans une solution au 1/100 de permanganate de potasse : on laisse sécher, on les remplace tous les jours.
On peut aussi badigeonner avec une solution de une à cinq parties de permanganate de potasse pour 500 d’eau, ou bien porter des chaussettes que l’on change tous les jours et dont on saupoudre l’intérieur tous les matins, avant de les mettre, avec une des poudres suivantes :
Paie . 10 grammes.
Sous-nitrate de bismuth . 45
Permanganate de potasse . 13 —
Salicvlate de soude. . . 2
(Formule applicable à l’hyperidrose plantaire.)
Poudre de riz . 60 grammes.
Talc . 3 —
Sous-nitrate de bismuth . 25 —
Permanganate de potasse . 10
(Formule applicable à l'hyperidrose axillaire.)
A côté du permanganate de potasse et sur le même rang que lui nous devons citer par ordre d’efficacité contre l’hyperidrose Y acide salicylique et les composés salicylès. On les prescrit surtout sous forme de poudres. C’est ainsi que nombre de médecins recommandent de faire prendre un bain de pieds simple ou astringent
à l’eau de feuilles de noyer par exemple, de laver ensuite avec de l’alcool ou avec un des mélanges suivants :
Sulfate de quinine . 5 parties.
Alcool à 60°. . 500 —
ou :
Tanin . • . de 1 à 3 parties.
Alcool à 60° ou eau . 250
puis de poudrer avec un des mélanges suivants :
Acide salicylique . 3 parties.
Amidon . 10 —
Talc pulvérisé . 87 —
ou bien :
Alun pulvérisé . 45 parties.
Acide salicylique . 5 —
(Mélange recommandé surtout dans la bromidrose.)
ou bien avec des poudres d’amidon, de lycopode, de craie, d’oxyde de zinc, de magnésie, de carbonate de plomb, etc., contenant 1/15 d’acide salicylique. Les salicylates de soude et de bismuth se prescrivent de la même manière.
L’armée prussienne emploie contre la sueur des pieds une pommade contenant 1/50 d’acide salicylique incorporé à du suif de mouton.
Parmi les autres substances que l’on a recommandées contre les hyperidroses locales, citons :
Au premier rang le formol, ou pour mieux dire la formaline, ou le formol du commerce dont il faut se défier à cause des éruptions artificielles qu’il peut causer, mais qui est très efficace : on peut le prescrire en lotions sous la forme suivante : formol du commerce de 2 à 5 grammes, eau de Cologne 250 grammes, en prévenant les malades d’en cesser immédiatement l’usage s’il irrite les téguments.
Le per chlorure de fer dont on se sert de la manière suivante :
Pendant deux jours, on prend des bains froids avec de l’eau de feuilles de noyer; le troisième jour, on badigeonne les pieds matin et soir avec le mélange suivant :
G lycéri ne . 10 gram mes.
Perclilorure de fer liquide . 30 —
Essence de bergamotte . XX gouttes.
L ' acide phénique sous forme de savon phéniqué :
L’ atropine et les préparations de belladone pures ou associées à une autre substance : on a conseillé dans l’hyperidrose des mains de faire usage de la préparation suivante :
.Eau dé Cologne . 120 grammes.
Teinture de belladone . 15
avec laquelle on se frictionne deux ou trois fois par jour.
Vacide tar trique très finement pulvérisé avec lequel on saupoudre les bas : il faut commencer par n’en mettre que de très petites quantités ; on pourrait l’incorporer comme l’acide salicylique aux poudres inertes que nous avons énumérées plus haut.
Heusner préconise l’acide formique sous forme de lotion; hydrate de chloral,
HYPERIDROSE ET BROM1DROSE
acide formique, ââ5 grammes ; Baume du Pérou, l gramme ; alcool, 89 grammes ; il y ajoute souvent 0,10 centigrammes d’acide trichloracétique.
L’acétate de plomb liquide étendu d’eau; Y alun et le borax en lotions et en poudres ; X écorce de chêne et toutes les substances tanniques en lotions et en poudres ; les préparations mercurielles, le sublimé en particulier ; les bains salés et vinaigrés; le sulfate de zinc, X ammoniaque liquide , X acide acétique dilué, le chloral au centième, les solutions faibles de chlorate de potasse , le goudron sous la forme suivante (E. Wilson) :
Pommade de goudron végétal . ) . » n
Onguent sulfureux . )
(Formule anglaise.)
(La formule de l'onguent sulfureux est: soufre sublimé 1 ; axonge benzoïnee ±.)
On étend sur un linge et on applique avec un bandage après avoir lavé les parties malades avec une solution phéniquée ou avec du savon à l’huile de cade
(Duhring).
Dans les cas légers, Duhring conseille de se servir purement et simplement de savon de toilette contenant une substance active : nous recommandons les savons à l’acide salicylique, au borate de soude, a l’acide phénique, au soufie, au goudron .
Thin préconise X acide borique dans la bromidrose, et il explique ses bons effets par son action sur le bacterium fœiidum qui serait, d après lui, 1 agent principal de la mauvaise odeur.
Voici une formule complexe que Tshappe donne comme étant fort efficace contie les sueurs fétides :
Sulfate de zinc ....
Sulfate de fer .
Sulfate de cuivre ....
Naphtol .
Essence de thym ....
Acide hypophosphoreux.
Eau distillée .
On en lotionne matin et soir les parties atteintes.
Toutes ces préparations et d’autres encore bien nombreuses que nous nous dispensons d énumérer ont donné de bons résultats chez certains sujets. Il faut les connaître, car l’une d’elles peut réussir quand les autres ont échoué ; mais on doit savoir qu’il est des cas rebelles qui résistent à toutes les médications.
■ àà 450 grammes.
. . 150 grammes.
Marche a suivre dans un cas d’hyperidrose palmaire ou plantaire. — Après avoir institué un traitement général et hygiénique approprié, on aura d’abord recours à de simples lavages matin et soir avec une préparation astringente, telle que l’eau de feuilles de noyer additionnée d’alun ou de borate de soude, et à des savonnagesavec un savon à l’acide salicylique. Puis on emploiera dans l’intervalle des lotions une des préparations d’acide salicylique que nous avons indiquées, en paiticulier des applications de poudres à base de salicylate de bismuth ou d’acide borique. .
Si ce procédé échoue, on combinera les acides tartrique et borique avec l’acide salicylique ; puis on aura recours au perchlorure de fer, au permanganate de potasse, au naphtol et au formol. Ce ne sera qu’après avoir employé sans succès
ces divers agents qui présentent une réelle efficacité et une grande facilité d’application, qu’on s’adressera aux autres méthodes thérapeutiques.
3° C H ROMIDRO SE .
Symptôme*. — La chromidrose est caractérisée par ce fait que le produit de sécrétion des glandes sudoripares est diversement coloré en bleu, en jaune, vert, noir ou rouge. Quand la sueur a cette dernière nuance, le liquide est teinté par la matière colorante du sang, mais ne renferme pas de globules. Beaucoup d’auteurs mettent en doute la réalité de la chromidrose et ne voient dans ces faits que des cas de simulation. Nous n’en avons pour notre part observé que quelques rares exemples ; il nous a toujours semblé que la simulation était en jeu. Cependant il existe dans la science des faits qui paraissent établir que les chromidroses existent réellement.
Dans la chromidrose (Le Roy de Méri court) la quantité de sueur sécrétée est toujours exagérée : ce curieux phénomène s’observe surtout chez les femmes, en particulier chez des hystériques : les lieux d’élection sont la face, surtout la paupière inférieure, la poitrine, l’abdomen, le scrotum, les bras et les pieds.
Il ne se montre d’ordinaire que d’une manière intermittente, à la suite de vives émotions ou sans cause appréciable.
L’étude pathogénique de la chromidrose est encore à faire : la coloration bleue serait due à la présence d’un phosphate de protoxyde de fer (Scherer), à celle d’un composé cyanuré analogue à la pyocyanine (Schwarzenbach), et provenant du microbe pyocyanique, à un champignon microscopique (Bergmann), à l’indigo provenant peut-être de l’indican, car l’indicanurie est associée à la sueur bleue (Bizio, Apjohn, Foot), etc...
Il est fréquent de constater aux aisselles chez des sujets non hystériques des sueurs colorées en rouge ou en jaune. Dans ce cas, les poils sont engainés de masses fort adhérentes, irrégulières, comparables à des lentes microscopiques, étagées sur toute la longueur des poils : c’est la irichomy cosis palmellina de Pick; elle doit certainement être rattachée au lepothrix (voir ce mot). Cette lésion paraît être en rapport, de même que la coloration de la sueur, avec des parasites, micrococci ou bacilles, encore assez mal connus, peut-être le micrococcus prodigiosus, peut-être une torula. Sabrazès et Cabanes ont de leur côté pensé que la sueur rouge pouvait provenir de l’oxydation de l’indoxyle lequel provient lui-même du dédoublement de l’indican.
On a mentionné l’existence de sueurs phosphorescentes.
Sous le nom d 1 Hématidrose (sueur de sang), on a confondu deux ordres de phénomènes tout à fait distincts : 1° de véritables sueurs colorées en rouge et contenant du sang : ce seraient les vraies sueurs sanglantes : ces faits sont extrêmement rares et un peu discutables; 2° des faits caractérisés parla transsudation du sang à travers la peau au niveau d’une région circonscrite : c’est ce que l’on appelle Yhématidrose vraie , mais en réalité il n’y a pas là production de sueur, il y a simplement suintement de sang à travers des téguments en apparence intacts. Dans ces derniers faits, qui sont incontestables, en dehors de toute simulation, le sang s’écoule plus ou moins abondamment : tantôt il suinte sous l’aspect d’un liquide rosé qui devient de plus en plus rouge; tantôt il est rouge d’emblée. L’hémorragie peut durer quelques minutes ou quelques heures. Elle est d’ordinaire sujette à récidiver. Les téguments au niveau desquels elle se produit sont lisses, blancs, parfaitement intacts : dans quelques cas cependant ils présentent des ecchymoses.
SUDAMINA. — MILIAIRES
Les localisations sont parfois symétriques, parfois unilatérales. Les régions plus souvent atteintes sont le bout des doigts, le front, les ailes du nez, les paupières, le thorax, la face interne des cuisses, le cuir chevelu, le dos des mains, etc.
Ce phénomène s’accompagne parfois d’hémorragies au niveau des muqueuses.
Il s’observe surtout chez la femme et chez des névropathes. Il peut être provoqué par des émotions, par des crises nerveuses. Il coïncide souvent avec 1 époque des règles, qu’elles soient retardées ou normales. Chez l’homme le surmenage peut
le provoquer.
Depuis Gendrin on admet que le sang sourd de la peau par les orifices sudoripares, ce qui explique pourquoi on a rangé cet accident dans les troubles de a
sécrétion sudorale. .
On traitera l’état nerveux des malades par les sédatifs et les toniques. On favorisera l’apparition des règles chez la femme.
4» Uridkose. — La galactidrose n'est plus qu’un mythe à l’heure actuelle ; mais il n’en est pas de même de Yuridrose. Les anciens avaient déjà décrit les sueurs unncuses : des analyses récentes ont prouvé d’une manière irréfutable que la sueur renferme parfois tous les éléments constitutifs de l’urine. On a pu meme, dans quelques cas rares, recueillir de l’urée à l’état de lamelles cristallines sur la peau du front, du visage et d’autres parties du corps. On observe surtout ces phénomènes étranges lorsque le système rénal est altéré et ne suffit plus aux éliminations : ce sont des accidents agoniques. (Voir la thèse de Djoritch, 1895.)
5° ÀNIDROSE.
Symptômes. — On donne le nom d’anidrose à la diminution et à 1 insuffisance de la sécrétion sudorale. On observe cet état morbide comme complication dans beaucoup d’affections chroniques de la peau, dans les eczémas et les psoriasis chroniques, dans le xeroderma pigmentosum, dans les diverses variétés d’erythrodermies chroniques (pityriasis rubra, dermatites exfoliatives, etc.), dans la peau sénile, enfin et surtout dans l’ichtyose et la xérodermie.
L’anidrose peut donc être transitoire ou permanente, constituer une maladie ou
une véritable difformité, être localisée ou généralisée.
Elle se relie parfois à certains états généraux graves, comme le diabète (polyurie), la tuberculose (entérorrhée), le cancer (cachexie et anasarque). Elle peut enfin êtie en relation directe avec certains troubles du système nerveux.
Dans l’anidrose la peau est sèche, un peu rugueuse, parfois pitynasique et ressemble tout à fait aux peaux xérodermiques.
Traitement. — Le traitement sera surtout dirigé contre l’affection qui produit l’anidrose. On stimulera les téguments parles bains chauds, les bains de vapeur, les massages, les frictions, les injections sous-cutanées de pilocarpme, les divers médicaments dits diaphoniques ou sudorifiques dont l’action est si douteuse, etc.
H Lésions cutanées se reliant aux troubles de fonctionnement
des glandes sudoripares.
Les lésions cutanées qui se relient aux troubles de fonctionnement des glandes sudoripares sont assez nombreuses et encore fort mal connues. Nous nous bornerons à parler ici des sudamina et des miliaires .
Beaucoup d'auteurs font rentrer la dysidrose dans ce groupe : cette opinion est
clés plus discutables. Aussi rangeons-nous la dysidrose dans les réactions cutanées pures, à coté de l’eczéma.
1° Sudamina. Miliaires.
Symptômes. — Dans certains cas on voit apparaître sur les téguments après des sueurs abondantes des éruptions assez spéciales composées de vésicules ou de petites papulo-vésicules rouges. On les désigne sous le nom de miliaires ou d'éruptions sudorales. C’est dans cette variété de dermatoses qu’il faut ranger les affections que l’on a décrites sous les noms de lichen tropicus, de bourbouilles, de
prickly heat, de gamachu, etc..., et qui sont des éruptions des pays chauds se reliant à des lésions des glandes sudoripares.
On peut les diviser en deux groupes distincts :
(Nous laisserons complètement de coté dans cette description la fièvre miliaire ou suelte miliaire , pour laquelle nous renvoyons aux traités de pathologie générale.)
1° Dans la première forme on n’observe pas la moindre réaction inflammatoire du côté des téguments. Ceux-ci ont leur coloration normale et ne présentent pas la moindre rougeur : mais quand on les regarde avec attention on voit qu’ils sont couverts de toutes petites vésicules miliaires de la grosseur d’une fine tète d’épingle, transparentes, renfermant un liquide clair comme de l’eau de roche.
Ces vésicules se réunissent parfois par confluence et forment des soulèvements pseudo-bulleux assez considérables. Elles ont une durée des plus éphémères, se
Fig. 337. - Miliaire sudorale de l'avant-bras rompent, et ne laissent comme trace de
droit. leur existence qu’une desquamation fur-
furacée très légère, laquelle disparaît, elle aussi, fort rapidement. Cette petite lésion est des plus communes; elle s’observe dans une foule d’états morbides divers, dans la fièvre typhoïde en particulier : on lui donne le nom de sudamina .
Tout à côté de cette forme, on (voir Audry : Pratique Dermat., t. IV, p. 427) a décrit sous le nom de miliaire cristalline une éruption de vésicules qui se produit brusquement sans prurit chez des malades atteints de pyrexies ou d’infections graves : elles sont remplies d’un liquide clair, ont les dimensions d’un grain de semoule et même plus; par confluence elles peuvent former des phlyctènes : le liquide est acide. Elles restent toujours transparentes, se dessèchent, desquament et disparaissent sans laisser la moindre trace. Elles se forment surtout sur les flancs, le thorax, le bas-ventre et les membres côté flexion. Elles peuvent apparaître par poussées successives. Elles ne s’observent
SUDAMINA. — MILIAIRES
guère que dans les cas très graves, souvent connue symptôme préagonique.
Elles sont constituées par une cavité logée dans l’épaisseur de la couche cornée. Le canal sudorifère débouche au milieu du plancher de la collection.
Gomme on le voit, sudamina et miliaire cristalline doivent être considérés
comme formant un seul et même type morbide.
2° Dans la deuxième forme qui constitue les miliaires proprement dites, il se produit encore de fines vésicules, mais elles sont entourées d’une petite auréole rosée congestive. Les minuscules papulo-vésicules de miliaire peuvent coïncider chez le même sujet avec des- sudamina typiques. Miliaires et sudamina ont d’ailleurs la même pathogénie : ce sont, pour la plupart des auteurs, de petits kystes sudoripares par rétention qui se forment à l’orifice des glandes dont le canal est bouche par une couche d’épiderme. Parfois, et surtout pour peu que la lésion persiste, les cellules migratrices qui ont pénétré dans le liquide transparent et acide meurent, se désagrègent et donnent au liquide 1 aspect d une émulsion.
La miliaire rouge n’est plus alors cristalline, elle est blanche. Si cette transformation se poursuit, les cellules migratrices deviennent de véritables globules de pus; la vésicule n’est plus alors qu'une sorte de petit abcès mtra-epidermique Renaut) : c’est la miliaire jaune, et, dans ce cas, 1 inflammation du derme sous-
jacent est beaucoup plus vive. ,
Les éruptions miliaires débutent parfois par quelques phénomènes généraux; par des sensations subjectives de picotements, de brûlures, de démangeaisons, puis par de larges plaques érythémateuses sur lesquelles se forment de toutes petites papules qui se couronnent bientôt d’une vésicule transparente. Pour peu qu’il y ait du prurit, ces lésions sont tout de suite excoriées, et il ne persiste alors qu’une éruption érythémato-papuleuse avec traces de grattage îessemblant à certains lichens aigus. Le diagnostic entre ces deux ordres de lésions est souvent impossible. Cependant les éruptions de miliaire sont ordinairement plus serrées, plus petites et plus éphémères que celle du lichen aigu. Ce qui prouve bien les réelles difficultés du diagnostic entre ces deux ordres de faits, c’est que l’on a donne le nom de lichen tropicus à des éruptions de miliaire constituées par de petites papules acuminées d’un rouge brillant, tort prurigineuses, assez fiéquentes dans les pays chauds ( miliaire papuleuse).
Audry (loc. cit.) distingue : 1° des formes congestives dans lesquelles rentrent la miliaire rouge et blanche, et le prickly heat; 2° des formes papuleuses qui sont l’exagération des formes précédentes; elles répondent à la gale bédouine, aux bourbouilles ; 3° des formes suppuratives qui résultent d’infections secondaires greffées
sur les vésicules ou les papules.
Les sièges de prédilection des miliaires sont l’abdomen, la poitrine, les parties latérales du tronc, le cou et les bras. Elles sont exceptionnelles à la face.
Leur durée est éphémère, elle varie de deux à cinq jours; mais elles évoluent assez souvent par poussées successives.
L 'anatomie pathologique de ces lésions est fort discutée : il est probable quelle est variable suivant les cas : tantôt ce sont des vésicules vraies en rapport ou non avec les conduits sudoripares; tantôt il s agit de porokystes .
« D’après Aurlry (Annales de Dermatologie, mars 1905), les alterations que detcimine sur les» téeuments l'enveloppement humide, et qui sont constituées par des points blanchâtres nombreux, très tins peu ou pas saillants, contenant une gouttelette minuscule de liquide et disparaissant complètent et promptement par le poudrage à sec. ne sont point des vocales ■ «mas bien des porokystes sudoraux de formes, de dispositions et de rapports vanes. Ils sont detu
Étiologie. Pathogéiiie. — L’apparition des éruptions sudorales est inlimement liée à la production de sueurs abondantes : néanmoins tous ceux qui transpirent abondamment sont loin d’en avoir. Il y a encore dans leur pathogénie quelque chose qui nous échappe. Elles sont communes dans les pays chauds, mais surtout dans les pays chauds humides.
c.m v.s c.cd
Fig. 338. — Sudamen (sous l'enveloppement humide).
ccd, couche cornée en desquamation. — cm , corps muqueux. — v s, collection de leucocytes logée dans le conduit ■excréteur dilaté de la sudoripare. — i, infiltration du derme au voisinage du conduit excréteur de la glande (celle-ci ne ligure pas sur cetle coupe.) (Audrv.)
Les sudamina sont, comme nous l’avons dit, fréquents dans les maladies aiguës et fébriles, telles que la fièvre typhoïde, le typhus, la tuberculose, le rhumatisme articulaire aigu, la fièvre puerpérale, etc... Ils peuvent aussi se montrer, comme les miliaires proprement dites, à la suite de transpirations abondantes, chez les enfants, chez les personnes jeunes, grasses, un peu affaiblies, qui ont la peau fine. Ces éruptions sudorales constituent un des symptômes les plus saillants de la suette miliaire.
Traitement. — Traitement général. — Le traitement des sudamina el des miliaires se réduit surtout à une médication préventive. Chez les sujets prédisposés, on tâchera de modifier les sécrétions sudorales par des moyens appropriés (voir plus haut), de pousser le plus possible à la diurèse en administrant des diurétiques, et de faciliter les éliminations intestinales par des purgatifs salins. On conseillera une alimentation saine et non irritante. (Voir article Eczéma.) Si les malades sont affaiblis, on leur prescrira des toniques, du fer, du quinquina, de la strychnine, du phosphate de chaux, etc....
On recommandera d’éviter tout ce qui pourrait déterminer des transpirations,
minés et clos par des lamelles cornées de desquamation, dont la formation, l’accumulation et l’adhérence sont vraisemblablement causées par l'enveloppement humide. U y a rétention sudorale et peut-être hyperidrose réflexe. Les porokystes sont remplis de leucocytes, de polynucléaires, qui y pénètrent en suivant le sudorifère et en partant du glomérule, et non par diapédèse transépide r m i que.
Audry en distingue trois types : dans le premier, le porokyste est tout à fait superficiel et enclos par l’épiderme corné. Dans le second le porokyste est encore superficiel, fermé par un plafond de cellules cornées, mais il descend plus profondément, et est limité sur les côtés et vers le fond par des cellules malpighiennes. Dans le troisième, la cavité développée dans l’intérieur du conduit sudorifère est tout entière contenue dans le corps muqueux dont les cellules sont étirées et déformées par la compression (Audry.)
SÉBORRHÉE
les bains chauds, les bains de vapeur, les vêtements trop chauds, la flanelle en particulier, les exercices forcés, les applications sur les téguments de substances
irritantes, etc....
Traitement local. — Gomme traitement direct de l’éruption, il y a fort peu à
faire. \
Contre les sudamina, on prescrira quelques lotions tièdes ou fraîches et on saupoudrera le corps avec des poudres inertes, telles que l’amidon, le lycopode, ou mieux les poudres minérales, telles que 1 oxyde de zinc, le sous-nitiate de bismuth,
le carbonate de bismuth, la magnésie, létale, etc.
Dans les cas de miliaires avec rougeur assez vive de la peau, on donnera des bains émollients de son, d’amidon, de têtes de camomille, de racine de guimauve, puis on poudrera tout le corps avec une des poudies pieccdentes, soit a sec, so]t après l’avoir enduit d’un peu d’axonge très fraîche, ou de cold-cream frais, ou d’une pâte de zinc. Parfois les lotions légèrement astringentes à l’eau blanche ou au vinaigre sont utiles pour calmer le prurit.
K affections tenant a des troubles de fonctionnement