DES GLANDES SÉBACÉES ET POUVANT ÊTRE RATTACHÉES A LA RIGUEUR
AUX TROPHONÉVROSES
Séborrhée.
Nous désignerons avec Sabouraud sous le nom de Séborrhée grasse la pioductioo exagérée de l’enduit graisseux qui existe à 1 état normal sur les téguments et qui provient des glandes de la peau.
Définition. — Audry définit la séborrhée vraie «un état anormal de la peau caractérisé au point de vue clinique par l’apparence graisseuse diffuse associée à la rétention intra-folliculaire des produits des glandes sébacées, au point de vue anatomique par l’état atrophique de l’épiderme de recouvrement, le développement exagéré des Mandes sébacées, l’existencedu cocon folliculaire de Sabouraud. »(Pratique dermat., t. IV, p. 274).
La première description bien précise de ce phénomène morbide est due àltayei . Fuchs créa le mot de séborrhée et comprit les rapports qui existent entie laséboirhée fluente qu’il appelait séhorragie et le comédon : mais la coexistence si fréquente d’autres dermatoses avec le flux sébacé troubla la plupart des auteurs qui suivirent. On décrivit une séborrhée sèche (Hebra) qui n ('tait autre que le pityriasis simplex (notre ancienne séborrhéide pityriasique), une séborrhée crouteuse, une séborrhée du corps qui n’était autre que la dermatose figuiee medio-thoia ci que (pityriasis médio-thoracique, eczéma séborrhéique circiné, etc — ) De telle sorte que la confusion la plus regrettable régnait dans cette question quand Sabouraud, en 1897, la reprit de fond en comble, et redonna à la description de Rayer toute sa précision clinique. Il dégagea la séborrhée vraie de toutes les autres dermatoses qui peuvent la compliquer, et il démontra avec la plus grande clarté le rôle considérable qu’elle joue dans la pathologie cutanée. (Voir pour plus de détails son ouvrage : Les maladies Séborrhéiques, 1902.)
Symptômes. — La séborrhée vraie est objectivement caractérisée à sa période d’état par un enduit huileux, brillant, formant sur le papier de soie une tache
graisseuse analogue à celle de l’huile; cet enduit recouvre certaines régions des téguments, et en particulier le nez, les sillons naso-géniens, les parties médianes et souvent aussi les parties latérales du front, le milieu de la poitrine, le milieu du dos entre les deux omoplates suivant un losange à triangle supérieur un peu aplati montant vers le cou, à triangle inférieur fort allongé descendant jusque vers la région lombaire.
Sur toutes ces régions les orifices des glandes sébacées sont dilatés; et quand on exprime la peau entre deux ongles, « lentement et progressivement, on fait surgir par tous les pores sébacés, avec quelques gros cylindres ampullaires à tête noire que l’on appelle des comédons (voir acné), d’innombrables filaments vermiformes à tête jaune, beaucoup plus fins..,, ils constituent la lésion élémentaire propre de la séborrhée. » (Sabouraud.)
Presque toujours les glandes sudoripares participent dans une certaine mesure a la production de l’enduit cutané. Unna avait même cru pouvoir leur faire jouer le principal rôle dans cette genèse, d’où le nom d hyperidrose huileuse que nous avions autrefois donné à la séborrhée grasse. Il est exact que l’on voit parfois au front et au cuir chevelu les glandes sudoripares dilatées et béantes et en tel état de suractivité qu’après avoir essuyé ces régions des gouttelettes de liquide sourdent presque immédiatement de leurs orifices; mais on doit reconnaître que la séborrhée vraie peut exister et existe souvent complètement indépendante de l'hyperidrose, qu’elle est alors uniquement due à l’hyperfonctionnement des glandes sébacées, comme l’a fort bien démontré Sabouraud.
Nous ne croyons même pas que l’odeur butyrique spéciale que dégagent assez souvent les régions séborrhéiques, nez, front, cuir chevelu chez certaines personnes, soit due à l’hypersécrétion sudorale concomitante : nous sommes convaincus que la séborrhée vraie par elle-même dégage une certaine odeur sui generis.
Dans les cas accentués, les régions atteintes semblent un peu tuméfiées, la peau paraît plus épaisse qu’à l’état normal : d’ordinaire elle a une teinte plutôt pale, beaucoup plus rarement elle est congestionnée.
Elle peut être dans certains cas, surtout au nez, le siège de démangeaisons modérées, intermittentes, qui ne deviennent pénibles que fort rarement et chez des névropathes.
D’une manière générale la séborrhée affecte surtout les régions médianes du corps. La disposition est exactement symétrique à droite et à gauche de la ligne médiane, et, quand elle s’étend, elle le fait à la manière d’une tache d’huile qui aurait son point de départ à la partie médiane du corps.
« L’infection séborrhéique a pour points d’élection : le centre du visage, le vertex, la nuque, l’espace interscapulaire, la région sacrée, la région périanale, la région génitale, la ligne médiane de l’abdomen et le pourtour de l’ombilic, enfin la région intermammaire.... Au visage c’est une ellipse verticale avec deux expansions latérales sus-sourcilières, préauriculaires symétriques. Plus bas, une deuxième expansion correspond au sommet des joues. A 1a, poitrine le centre séborrhéique présternal, également elliptique d’abord, diffuse l’infection au-dessus des seins, et peut aller rejoindre par-dessus les épaules de semblables expansions du centre interscapulaire, etc.... Pendant une longue période qui va de l’adolescence à la fin de la maturité, l’infection ne cesse de s’accroître lentement. Alors les centres séborrhéiques se rejoignent et fusionnent entre eux. » (Sabouraud, loc, cil ., p. 38, 39.)
De toutes ces localisations de la séborrhée les deux plus importantes, au point
SEBORRHEE
de. vue pratique, sont sans contredit la séborrhée fluente du visage, et celle du vertex.
Séborrhée fluente du visage. — C’est à elle que s’applique la description generale que nous avons donnée plus haut.
Cette affection est surtout ennuyeuse chez les jeunes gens : elle est peut-être plus accusée chez les jeunes filles que chez les garçons : en tous cas elle constitue parfois chez elles une véritable difformité, et nécessite des soins médicaux assidus. C’est d’ordinaire entre l’âge de douze à seize ans quelle débute chez elles; chez le jeune garçon elle débute d’ordinaire entre quatorze et dix-huit ans.
Lorsque la séborrhée atteint un degré fort accentué chez la jeune fille, on voit les téguments de la face se tuméfier en quelque sorte; le nez s’épaissit, s’infiltre, les parties adjacentes des joues se gonflent et gardent un peu la pression du doigt. Les orifices des glandes sébacées sont dilatés, et donnent à la peau un aspect chagrine assez caractéristique. Les téguments sont constamment recouverts d’une couche huileuse qui brille à la lumière, et qui tache fortement le papier de soie. Dans les cas intenses cette sécrétion est tellement abondante qu’elle forme avec rapidité des sortes de croûtes molles, jaunâtres, cérumineuses, qui constituent une véritable difformité et plongent ces malades dans le désespoir. Au-dessous d elles on trouve le derme normal, un peu plus rosé qu’il ne l’est d’ordinaire; il est parfois d’une sensibilité telle qu’on ne peut enlever les enduits séborrhéiques sans que la malade ne proteste. D’ailleurs, dès qu’on a mécaniquement nettoyé les téguments, ils se recouvrent au bout d’une demi-heure, d’une heure, d’un nouvel enduit séborrhéique. Cette sécrétion semble s’exagérer pendant la saison chaude.
Elle évolue d’ordinaire pendant plusieurs années, puis, peu a peu, entre vingtdeux et vingt-huit ans, elle finit par s’atténuer. Elle se complique assez fréquemment d’acné polymorphe juvénile. Mais , fait remarquable, sur lequel les auteurs n’ont pas assez insisté, les formes tout à fait intenses de séborrhée de la face ne se compliquent que très rarement d acné juvénile vi aie.
Chez l’adulte et le vieillard la séborrhée prend parfois d’autres aspects. Elle peut exister sous la forme précédente au front, au cuir chevelu, sur le nez, surtout chez ceux qui se livrent à des travaux intellectuels exagérés : mais après cinquante ans elle est souvent circonscrite, et donne naissance aux complications connues sous le nom de acné sébacée concrète , crasses des vieillards, verrues séborrhéiques , enfin d’ épithéliomatose sénile (voir verrues et épithéliomes) .
SÉBORRHÉE fluente du vertex. — La séborrhée fluente est fréquente au niveau de toute la partie supérieure de la calotte crânienne. Elle l'est surtout chez l’homme adulte, beaucoup moins chez la femme.
D’après Sabouraud, elle serait la cause principale de la calvitie chez l’homme. La calvitie dépendrait avant tout, d’après lui, du microbacille séborrhéique qui existe dans toute calvitie et dans tous les orifices pilaires dont les cheveux
tombent.
Anatomie pathologique. — ce Les coupes verticales de la peau séborrhéique montrent les filaments ou cocons microbiens inclus dans chaque follicule pilo-sébace, à une place toujours identique, dans le tiers ou la moitié supérieure du follicule pilaire. En ce point le doigt de gant épidermique qui constitue le follicule est renflé en une dilatation ampullaire très allongée. Sa paroi épithéliale est aplatie et à demi atrophiée. Au niveau de cette dilatation, le poil, quand il existe, est
repoussé excentriquement par un étui de lamelles cornées contenant du sébum. »
« Dans l’étui est logée la colonie bacillaire » caractéristique pour Sabouraud de la séborrhée et formée de millions de fins bacilles d’une même et unique espèce constituant la plus « pure et la plus abondante infection cutanée connue ».
« Sur des coupes verticales sériées on peut voir le centre du cylindre séborrhéique creusé de logettes anfractueuses, irrégulières, remplies par du sébum et par des amas microbiens tellement compacts que même sur des coupes fines ils interceptent encore la lumière... Certains filaments » séborrhéiques « sont fermés à leur sommet et leur base : ce sont les cocons, rudiments des comédons. D’autres sont manifestement ouverts à l’une ou à l’autre extrémité.
cc Dans les cylindres séborrhéiques la forme du microbe est variable suivant son siège. En haut du cocon, et jusqu’en son milieu, les bacilles sont très courts et séparés par unités. Au contraire, au fond du cocon et le long de ses parois, on trouve le plus souvent des pelotons de bacilles sigmoïdes et incurvés, très touffus et enchevêtrés. » (Sabouraud, loc. cit., p. 26 et 27.)
Les lésions des tissus du voisinage sont des plus minimes. « L’épiderme folliculaire qui emboîte étroitement le cocon est aplati, réduit à deux rangées cellulaires et parait plus atrophié qu’irrité. Dans le derme sous-jacent on trouve un grand nombre de cellules migratrices, principalement des mononucléaires et un grand nombre de Mastzellen d’Erlich. »
(( Les lésions les plus marquées sont celles de la glande sébacée sous-jacente qui montre une hypertrophie d’autant plus accentuée que l’infection de son canal excréteur est de date plus ancienne. Cette hypertrophie peut être colossale. C’est dans la séborrhée des régions pilaires qu’on en trouve les plus éclatants exemples. Les digitations de la glande ne semblent pas seulement augmentées de nombre et l’on dirait souvent deux ou trois glandes nées d’une seule. » (Sabouraud, loc. cit.,
« La papille pilaire devient le siège de phénomènes régressifs dont l’évolution est des plus complexes et qui aboutissent à la mort et à la chute du poil habitant le follicule infecté. » (Eod. loc., p. 30.)
Évolution «lu iiïamcnt séborrhéique. — (( A u début de l’infection, on trouve le le long du poil d’un follicule en apparence sain une couche de microbacilles, un vêtement mycélien qui tapisse un côté du poil. » Puis la colonie devient plus abondante, « elle a proliféré en profondeur jusqu'au niveau d’abouchement de la glande sébacée. Puis les pelotons microbiens se multiplient et grossissent. Alors le filament atteint » son complet développement.
« Parmi les cylindres microbacillaires arrivés à leurs dimensions normales, il est aisé de rencontrer des colonies microbiennes en voie d’enkystement complet. Le cylindre ouvert devient un cocon fermé, un kyste microbien clos au sommet et clos à sa base. A partir du moment où la colonie atteint cette forme, elle va s’accroître sur place démesurément. L’occlusion du canal sébacé qu’elle occupe deviendra effective et tout à fait complète. Le cocon séborrhéique est devenu le comédon. » (Voir Acné.) (Sabouraud, loc. cit., p. 31-32.)
lùude du microbacille séborrhéique. — (( Les formes jeunes du microbacille séborrhéique sont punctiformes... à peine plus longues que larges, ovoïdes, à extrémités mousses...; elles ont moins d’un millième de millimètre de diamètre. Un examen inattentif les ferait prendre pour des cocci. — Les formes adultes... sont plus allongées, sigmoïdes, et ont à très peu près l’aspect, les dimensions et la
SÉBORRHÉE
forme du bacille tuberculeux... 11 possède une enveloppe épaisse qui tantôt se colore, tantôt ne se colore pas. Coloré par la thionine qui ne colore pas sa capsule, le microbe perd un tiers des dimensions que le violet gentiane lui donne. Il apparaît ainsi le plus fin des bacilles connus...
cc II se cultive difficilement sur une gélose peptonée glycérinée, à 37°. Il ne montre son premier développement qu’au quatrième jour. Les colonies adultes, après vingt jours, ont pris en ce laps de temps la forme d’un cône ou d’un bouton brunâtre ou rose brique de 1 à 3 millimètres de saillie et couvrant une surface égale à sa hauteur. » (Sabouraud, loc. cit., p. 33-37).
On constate souvent et surtout au cuir chevelu un développement fout à fait anormal des glandes sudoripares (Unna, Audry).
L’épiderme de recouvrement est très mince chez les séborrhéiques. Le derme semble être normal (Audry).
Dans le stade initial de l’acné sébacée concrète des vieillards, il existe de l’acanthose associée à de l’hyperkératose secondaire à des lésions de séborrhée intense (Audry).
Étiologie. Pathogénie. — La fréquence de la séborrhée est extrême. Il est bien rare qu’entre quinze et vingt-cinq ans, un sujet donné n’en présente aucun vestige au nez et aux régions médianes de la face et du thorax. Nous en avons constaté en ces points même chez des ichtyosiques.
A un degré accentué, elle semble héréditaire et plus fréquente chez l’homme. Les conditions étiologiques qui président à son développement sont celles de l’acné.
Elle augmente donc et devient notable lors de la puberté. Elle est plus intense dans certaines races (nègres, Israélites) et dans certaines familles. Elle s’exagère pendant les saisons chaudes. Le mauvais état des fonctions digestives, la constipation opiniâtre, les troubles de la circulation, tels que le froid aux extrémités et les bouffées de chaleur à la face, l’alimentation défectueuse et non appropriée à la constitution du sujet, une mauvaise hygiène générale, les chagrins violents, les soucis et les préoccupations constantes, le surmenage, les fatigues morales et intellectuelles, les excès de toute nature, etc..., toutes ces causes multiples peuvent intervenir, se greffant sur une constitution plus ou moins prédisposée, pour causer ou pour aggraver la séborrhée.
Une contention d’esprit prolongée augmente le flux séborrhéique du front et du cuir chevelu d’une manière notable. Nous avons observé des sujets atteints d’une séborrhée d’intensité moyenne, dont le front ruisselait d’un enduit huileux lorsqu’ils se livraient à des travaux cérébraux absorbants.
Pour Sabouraud, la cause essentielle de la séborrhée est son microbacille. S’il y joue un rôle, ce qui est possible, mais ce qui reste à démontrer scientifiquement, il est certain que les causes prédisposantes que nous venons d’énumérer ont une importance considérable et même primordiale.
Audry pense qu’il est possible que la séborrhée soit une sorte d’anomalie du développement, et le résultat d’une disposition congénitale qui s’accuse lors de la puberté : « La séborrhée résulte d’une hyperplasie congénitale latente des sébacées ■et des sudoripares, c’est-à-dire d’une malformation cutanée qui se révèle au fur et à mesure du développement de l’individu. »
La séborrhée est-elle réellement la cause de la calvitie dite séborrhéique? Sabouraud l’affirme de la manière la plus nette. Audry le nie, tout en admettant cependant qu’elle puisse exercer une certaine influence sur la dépilation.
Brocq. — Dermatologie. II.
Nous renvoyons au chapitre Pelade pour l’étude des rapports qui existent entre la séborrhée et cette affection1.
Diagnostic. — Il n’y a pas lieu de discuter le diagnostic de la séborrhée fluente. Il s’impose. En passant une feuille de papier de soie sur les téguments, on constate s’il y a oui ou non de la séborrhée, et approximativement son degré d’intensité.
Le diagnostic ne peut porter que sur les autres affections qui peuvent compliquer la séborrhée : nous renvoyons pour cela aux chapitres : acné, séborrhéides ( pityriasis simplex, dermatoses figurées médio-thoraciques, etc...).
Traitement. — Traitement général. — Ce qui précède montre que lorsqu’on a à traiter un cas de séborrhée, il est nécessaire d’examiner complètement le malade, de s’enquérir de scs antécédents personnels et héréditaires, de l’état de ses organes, de son mode de vie, de son hygiène générale et locale. C’est dans ces divers renseignements que le médecin puisera les indications les plus importantes.
* Jacquet et Rondeau ( Annules de dermat ., janvier 1905) ont étudié avec grand soin la question du vernix caseosa , de Y hérédo-séborrhée et de Y acné fœtale. Ils ont démontré en s’appuyant sur les statistiques des accoucheurs que beaucoup d’enfants n'avaient à leur naissance que peu ou point de vernix caseosa. Quand il existe, le vernix est ou bien localisé en certaines régions qui sont la gouttière vertébrale, les épaules, la région lombo-sacrée, les sourcils, les oreilles, les plis inguinaux et axillaires, les régions palmaire et plantaire, ou bien, s'il est généralisé, il présente des maxima très nets au niveau des régions précédentes.
Le vernix est d'ordinaire un enduit blanc jaunâtre, crémeux, parfois fluide, presque diffluent, facile à étaler, parfois plus cohérent, assez comparable à du mastic. Il est constitué : 1° par des cellules épidermiques abondantes, la plupart globuleuses et claires, assez souvent nucléées; 2° par de la graisse libre ; 3° par des poils de lanugo nombreux qui forment une sorte de feutrage à la surface des téguments (Jacquet.)
L. Jacquet et Rondeau ont de plus démontré que nombre de fœtus dès le septième mois, et d'enfants à terme présentent une véritable acné sébacée miliaire. La face en est le lieu de prédilection: ce sont de fines granulations blanc jaunâtre ou jaunes, de la dimension d'une petite tête d'épingle, rondes, saillantes, brillantes, parfois translucides et comparables à une perle minuscule. Au lobule du nez la miliaire sébacée à l'aspect d'un grain jaune qu'on voit par transparence dans, l’épaisseur du derme, où ses limites sont un peu indécises, mais qui est ponctué d'un point blanc très net, visible à l’œil nu, et qui est le poil. Parfois ce sont des papulettes blanc jaunâtre ou â base un peu rouge qui hérissent le lobule. Le nez est souvent froid et mou. Par l’expression douce on fait sortir de la rainure et de l’aile nasales une foule de filaments lins vermiformes çl’uii blanc laiteux, qui givrent littéralement la région ; ce sont les glandes sébacées qui vident leur contenu (Jacquet). Après la naissance il y a disparition graduelle de ce processus sébacé.
D’après les mêmes auteurs le vernix caseosa trouve son explication, au moins partielle, dans l'activité d’un système pilo-sébacé abondant et en état de crise ■ involutive qui existe chez le fœtus.
Cependant certains nouveau-nés très duveteux n'ont pas de vernix : aussi faut-il compléter la. notion précédente. L. Jacquet et Rondeau croient que « le vernix est une kérato-séborrhée aiguë produite par une excitation pathologique émanée des plasmas géniteurs, fixée et localisée par une excitation endo-cutanée fœtale. »
11 existe en outre d après eux une relation causale directe entre la séborrhée maternelle et la miliaire acnéique des nouveau-nés : et ils concluent de leurs recherches statistiques que la miliaire sébacée et l’acné infantile peuvent être considérées, au moins souvent, comme une manifestation d' hérédo-séborrhée.
Ils déclarent enfin que ce développement de l'activité séborrhéique chez le fœtus et le nouveauné tient à la crise de développement des organes génitaux qui s'opère chez eux â la même époque. « Il y a lâ une véritable crise pubère, une puberté en miniature, qui a sa crise cutanée exactement superposable â celle des adolescents ; elle a sa mue pilaire intensive ; 'elle a sa séborrhée, se trahissant par la miliaire sébacée fœtale, sa montée de sébum, analogue â la montée de lait ; elle a son acné, acné comédon, pseudo-kystique, avec l'ébauche ou l’amorce de l’acné indurée, rosacée, du rhinophyma. Elle a enfin, de façon remarquable, l'ébauche de la calvitie : car il n'est pas rare de voir des nouveau-nés au front reculé en arrière de la suture eoronale, etc... Et puis, d’ensemble, tout ce grand syndrome rétrocède » en même temps que les organes génitaux subissent un certain processus d'atrophie (L. Jacquet et Rondeau).
On comprend d’après ce qui précède que pour ces auteurs le microbisme ne joue aucun rôle pathogène sérieux dans la production de la séborrhée.
SÉBORRHÉE
On s’occupera avant tout de l’hygiène générale; on recommandera, suivant les cas, l’exercice en plein air, le séjour à la campagne; mais si le malade présente de la séborrhée des parties découvertes, il devra éviter tout contact irritant des agents atmosphériques ou autres; on conseillera la suppression du travail prolongé surtout à la lumière, au gaz en particulier; on interdira les veilles, les excès de toute sorte, vénériens et autres ; l’alimentation sera régulière, saine, conforme à la constitution du sujet. On surveillera les digestions, et, par une médication appropriée, on tâchera d’obtenir qu’elles se fassent facilement sans déterminer de gonflement d’estomac, de palpitations, de bouffées de chaleur à la face; on régularisera les garde-robes. On soignera les affections des organes génitaux s’il en existe. Aux personnes sujettes à avoir froid aux extrémités, on prescrira des frictions quotidiennes ou biquotidiennes sur les membres inférieurs, et même sur tout le corps avec de la flanelle sèche ou imbibée d’eau de Cologne, d’alcoolat de lavande, d’alcoolat de Fioravanti ou d’alcool camphré; au besoin, on aura recours aux flagellations à l’eau froide.
Parfois ces malades sont fort impressionnables et nerveux, on leur donnera dans ce cas des antispasmodiques et surtout les préparations de valériane.
Aux anémiques et aux chlorotiques on prescrira des ferrugineux seuls ou associés à l’arsenic; aux rhumatisants et aux goutteux les alcalins, en particulier le benzoate de soude, le carbonate de. lithine, le benzoate de lithine, le bicarbonate de soude, associés ou non à l’extrait de gentiane, a la rhubarbe ou à l’aloès en sirop ou en pilules.
Chez les malades atteints de séborrhée grasse fort abondante, il nous a paru jusqu’à un certain point efficace de donner de l’ergotine, de la belladone et de 1 hamamelis associées aux médicaments qui conviennent à leur constitution. C’est ainsi qu’on peut, par exemple, ordonner les pilules suivantes aux goutteux affectés de cette forme de l’affection :
Extrait de belladone .
Benzoate de lithine .
Ergotine .
Excipient et glycérine .
Pour une pilule : de 1 à 5 par jour.
de 1 à 3 milligrammes.
/ âà 10 centigrammes.
(Voir de plus les formules que nous avons données à l’article Acné rosacée.)
Duhring conseille aussi d’administrer dans les séborrhées le soufre et surtout les sulfures à petites doses continuées pendant des mois. 11 recommande le sulfure de calcium à la dose de l à 2 centigrammes par jour en trois ou quatre fois. Plusieurs auteurs ont voulu trouver dans les préparations arsenicales une sorte de spécifique contre les affections que nous étudions.
Traitement local. — Le traitement local joue un très grand rôle dans les séborrhées. Il a en effet une réelle efficacité dans beaucoup de cas. Il présente quelques petites modifications, selon qu’il s’agit de régions pileuses ou de régions glabres. Comme les séborrhées de beaucoup les plus importantes au point de vue pratique sont les séborrhées du cuir chevelu, tant à cause de leur fréquence qu’à cause de la calvitie irrémédiable à laquelle elles peuvent aboutir, nous exposerons d’abord leur traitement avec tous les détails désirables; puis nous dirons en terminant quelques mots des modifications que doivent subir les méthodes thérapeutiques quand on les applique aux parties glabres.
I. Traitement local des séborrhées et des alopécies séborrhéiques des régions pileuses. — Quand on traite une séborrhée, il faut avant tout nettoyer le cuir chevelu, le débarrasser des squames et des croûtes qui l’encombrent.
Nous renvoyons pour tous les détails relatifs à ce point aux articles Alopécie , Hygiène de la chevelure. Si le cuir chevelu est irritable on se sert surtout de jaunes d’œufs étendus d’eau; s’il ne présente au contraire aucune trace d’inflammation, on peut se servir des autres procédés indiqués, et en particulier de savon doux, et même de savons médicamenteux.
Le soufre et ses diverses préparations sont les substances de beaucoup les plus efficaces dans la séborrhée : aussi, quand il est possible d’en faire usage, doit-on toujours y avoir d’abord recours, sauf h chercher plus tard un autre procédé si l’on n’obtient pas avec ce médicament des effets curatifs suffisants, ou si le malade, pour une raison quelconque, ne veut plus continuer l’emploi de cet agent thérapeutique.
Quelle que soit d’ailleurs la méthode que l’on choisisse, il est indispensable de prévenir le malade que pendant les premiers jours du traitement ses cheveux tomberont avec encore plus d’abondance qu’avant de le commencer. En effet, les séborrhéiques ont sur la tête une certaine quantité de cheveux qui n’ont pour ainsi dire plus d’adhérence, et qui sont condamnés à être éliminés. Le traitement en nettoyant le cuir chevelu hâte leur disparition. Au bout de dix à vingt jours, elle est terminée; le malade perd de moins en moins de cheveux. Mais il doit dès lors être prévenu de la quasi-nécessité de leur chute dans les premiers jours, car autrement il pourrait croire que la médication agit mal, et il serait tenté de l’abandonner.
Traitement par le soufre et les sulfureux. — Le traitement par les sulfureux comprend quatre méthodes principales :
a) Les lotions sulfureuses ;
h) Les lotions soufrées ;
c) Les poudres de soufre;
d) Les pommades soufrées.
a) Traitement par les lotions sulfureuses. — Ce traitement s’emploie surtout dans les cas peu graves et lorsque les malades tiennent à ne pas avoir dans leurs cheveux de parcelles jaunes de soufre. Il est pratique et efficace, pourvu qu’on ait de la patience et de la persévérance. Il faut tous les jours, soit le matin, soit plutôt le soir, avant de se coucher, à cause de la mauvaise odeur des substances dont on se sert, frictionner légèrement le cuir chevelu avec une brosse douce ou avec un petit tampon de tarlatane trempé dans de l’eau chaude à laquelle on ajoute par tiers de verre de 20 à 100 gouttes de polysulfure de potassium liquide (polysulfure de potassium solide 100 grammes; eau, 200 grammes), et, si l’on veut, quelques gouttes de teinture de benjoin.
On commence par peigner le malade, puis on trace des raies avec le démêloir en rejetant les cheveux à droite et à gauche, et c'est sur le cuir chevelu ainsi mis à nu qu’on fait une friction légère en ayant soin de ne pas tirailler les cheveux, et en évitant le plus possible de les mouiller. Quand tous les points atteints ont été ainsi traités, on sèche la tête avec une serviette chaude, et l’on met un peu (le moins possible) d’huile d’olive, d’huile d’amande douce parfumée ou d’huile antique sur l’extrémité libre des cheveux pour éviter de les trop sécher; sans cette précaution, il pourrait s’y développer de la trichoptilose ou de la trichorrexis nodosa. L’odeur désagréable du polysulfure se dissipe assez vite. On peut combiner les lotions sulfureuses avec les traitements suivants, en particulier avec les pom-
SÉBORRHÉE
mades soufrées. Dans les cas très légers, ou lorsque le malade est fort amélioré, on ne fait les lotions que tous les deux ou trois jours, ou même qu’une seule fois par semaine. Ces lotions au polysulfure sont un des moyens les plus efficaces que nous connaissions pour combattre les démangeaisons du cuir chevelu qui tourmentent si souvent les sujets atteints de séborrhée.
h) Traitement par la lotion soufrée. — Ce procédé est très efficace, mais il est difficilement accepté par les malades qui ne peuvent, pour la plupart, conserver pendant des semaines une couche jaune de soufre à poste fixe sur le cuir chevelu. 11 doit être surtout conseillé dans les cas de séborrhée huileuse rebelle. 11 consiste dans l’ application sur toutes les parties malades d’une couche uniforme de soufre. Pour cela, on se sert du mélange suivant :
Soufre précipité . de 15 à 30 grammes.
Alcool camphré . de 25 à 50
Glycérine neutre pure . de 5 à 10 —
Eau distillée . 250
(Agiter violemment et pendant longtemps avant de s'en servir.)
On procède avec ce mélange comme avec les lotions sulfureuses, et on en dépose sur toutes les parties malades du cuir chevelu en ayant soin d’en mettre le moins possible sur les cheveux et de ne pas en laisser couler sur les régions glabres voisines qui s’irritent souvent au contact de cette préparation. Il y a aussi des malades dont le cuir chevelu ne peut la supporter : il s’enflamme et devient douloureux : on est alors obligé d’en suspendre l’emploi.
Après évaporation, la peau est recouverte, si l’opération a été bien faite, d’une couche uniforme de soufre. On recommence l’application tous les soirs en se couchant, et si l’affection est intense et rebelle deux fois par jour; ajoutant ainsi chaque fois une nouvelle couche de soufre aux couches déjà déposées. Quand le soufre mélangé aux produits de sécrétion du cuir chevelu a déterminé la formation d’un dépôt trop abondant, on procède à un lavage soit avec les mélanges que nous avons indiqués à l’article Alopécie ( Hygiène de la chevelure), soit en se servant de décoction de bois de Panama et de savon au goudron ou de savon au Panama, puis on recommence immédiatement les applications soufrées, et ainsi de suite.
Certains dermatologistes ont proposé pour rendre cette méthode plus acceptable de ne laisser la couche de soufre en contact avec le cuir chevelu que pendant la nuit, de l’enlever par un nettoyage le lendemain matin, par un savonnage ou par une friction avec de l’éther de pétrole, ou de la liqueur d’Hoffmann. Nous ne croyons pas qu’ainsi modifiée elle soit aussi bonne. D’abord il est fort difficile d’enlever complètement par un seul nettoyage tout le soufre qui adhère au cuir chevelu, et qui y adhère avec d’autant plus de force que la maladie est plus sérieuse, car l’un des bons signes d’amélioration de l’affection est l’adhérence moindre du soufre qui se détache avec plus de facilité ; en second lieu, nous trouvons mauvais de procéder à des lavages aussi fréquents du cuir chevelu. Dans les cas que caractérise une sécrétion fort abondante, il faut tâcher de ne pas faire plus de deux lavages par semaine; dans les cas d’intensité moyenne on n’en fera qu’un tous les six ou huit jours.
c) Traitement par les poudres soufrées. — H y a des malades qui ne supportent que difficilement d’avoir la tête mouillée tous les soirs, ce qui arrive fatalement quand on se sert de la lotion soufrée.
On peut alors employer chez eux avec avan tage des poudres renfermant du soufre
en proportions variables. On incorpore cette substance soit à de la poudre de talc, soit à de la poudre d’amidon, de magnésie calcinée finement pulvérisée, d’oxyde de zinc, de sous-nitrate de bismuth, etc.
Voici une formule qui nous a donné de bons résultats :
Acide salicylique . de 1 à 2 grammes.
Chlorhydrate de pilocarpine pulvérisé. 1
Soufre sublimé lavé . 12 —
Borate de soude . 5
Poudre d’amidon . 10
Poudre de talc . 70 —
On peut porter dans cette formule la dose de soufre à 20 grammes, celle de borate de soude à 10 grammes pour une masse totale de 100 grammes, et remplacer la poudre d’amidon et de talc par un mélange de magnésie, d'oxyde de zinc, de sousnitrate de bismuth et de talc.
On met tous les soirs une couche de cette poudre sur le cuir chevelu en écartant les cheveux. Quand la tête est trop sale, on la nettoie. Il est bon pour y arriver de commencer par enlever, autant qu’on le peut, le mélange de séborrhée et de poudre en se servant de la préparation suivante :
Borate de soude, . de 15 à 30 grammes.
Éther sulfurique camphré . de 10 à 30 —
Eau distillée . . 250 —
M. s. a. Agiter vigoureusement . (Lotion d’Hillairet.)
Puis on savonne si c’est nécessaire; etdès le jour même on recommence les applications de poudre.
Si le cuir chevelu est trop tendu et trop douloureux après le savonnage, on l’enduit d’un peu de vaseline ou d’huile.
d) Traitement par les pommades soufrées. — On doit surtout se servir des pommades quand les cheveuxsont secs ou quand ils ont trop de tendance à le devenir avec les lotions. D’ailleurs, il faut bien savoir qu’il y a des malades qui se trouvent mieux des lotions, d’autres des pommades, sans qu’il soit possible de dire d’avance par leur simple examen quelle est la préparation qui doit le mieux leur convenir. Lorsque la tête est bien nettoyée, on met avec le bout du doigt ou avec un peu d’ouate roulée au bout d’une allumette en bois sur le cuir chevelu, après avoir écarté les cheveux, un peu de pommade soufrée au 1/20 ou mieux au 1/10, si le malade la tolère à cette dose, ce qui est la règle : on incorpore simplement le soufre à de la vaseline, ou bien l’on se sert de la formule suivante, due à E. Vidal, et qui est excellente :
Soufre précipité . 6 grammes.
Beurre de cacao . 10
Huile de ricin . 50 —
Baume du Pérou ou teinture de benjoin. ... 1 —
ou q. s. pour aromatiser.
11 y incorpore quelquefois de- 1 à 3 grammes de teinture de cantharides pour tâcher d’activer la croissance des cheveux.
SÉBORRHÉE
Nous employons d’ordinaire le mélange suivant :
Soufre précipité . ^ âà 2 grammes
Goudron purifié . ’
Résorcine . 0gl ,23
Vaseline pure . . • • . 20 grammes
Baume du Pérou . 0sy75
E. Resnier et A. Doyon recommandent une pommade renfermant de 50 centigrammes à 1 gramme d’acide salieylique, de résorcine et de baume du Pérou, 5 à AO grammes de soufre, pour 50 grammes de lanoline et autant de vaseline : on fait le soir, sur la peau de la tête, une friction légère avec une petite quantité de cette préparation, et le lendemain matin la tête est lavée a l’eau chaude.
Si l’on ne veut pas procéder à un lavage aussi fréquent du cuir chevelu, on peut ne mettre chaque soir que des quantités fort minimes de pommade, jusqu’à ce que le cuir chevelu soit-drop encrassé; on fait alors un nettoyage de la tête, puis on recommence l’usaste de la pommade, et ainsi de suite, jusqu à ce que 1 amelioration soit très accentuée- On n’applique alors les préparations soufrées qu’une ou deux fois par semaine, puis on finit par en cesser l’usage régulier, pour les reprendre à la moindre menace de récidive.
Traitement par les mer curiaux . — A côté des préparations soufrées nous devons placer par ordre d’efficacité les mercuriaux qui sont loin cependant d’avoir la puissance curative du soufre, mais qui rendent parfois des services chez les pcisonnes qui ne peuvent pas supporter l’odeur des lotions sulfureuses et qui ne veulent pas avoir de poussières jaunes dans les cheveux.
Quand on se sert des mercuriaux, il faut commencer par nettoyer la tête avec soin surtout si le malade a fait usage antérieurement d’un médicament quelconque, du soufre en particulier. On fait tous les jours ou tous les deux jouis, suivant l’intensité de la maladie et suivant la s é ch eres.se des cheveux, une friction d’après les règles que nous avons déjà posées avec une des trois solutions suivantes :
Bichlorure d'hydrargyre . de là 3 grammes.
Alcool à 90° . de 100 a 200
Eau distillée ou . ) de goo à 800
Eau de rose . )
De manière à faire un litre.
ou bien :
Bichlorure d’hydrargyre . de là 3 grammes.
Chlorhydrate d’ammoniaque . de là 3
Eau distillée de laurier-cerise . 30 —
Eau distillée . 930 —
Liqueur de van Swieten . 100 à 200 grammes.
Hydrate de chloral . 23 —
Eau distillée de rose . 300 à 400 —
En faire chauffer une ou deux cuillerées et frictionner le cuir chevelu.
Puis on met le soir en se couchant sur les parties malades une pommade à l’oxyde jaune d’hydrargyre au 1/40 ou au 1/20, ou bien une pommade xenfei-
niant 1 gramme de calomel et 2 grammes de tannin pour 30 grammes de vaseline. Voici la formule que préconise Malassez, quand il y a des démangeaisons :
Turbith minéral . 1 gr. 50
Beurre de cacao . 10 —
Huile de ricin . ! . 50 —
Baume du Pérou. . . 1 —
Comme excellents adjuvants du traitement par les sulfureux et les mercuriaux, nous devons signaler le pétrole et le coaltar saponiné.
C’est ainsi qu’on peut remplacer une ou deux fois par semaine les lotions sulfureuses par une friction avec du coaltar saponiné pur ou étendu d’eau pour commencer, ou bien avec de l’éther de pétrole (pétrole à 0,70). La première de ces deux substances agit fort bien contre les démangeaisons du cuir chevelu.
Traitement parla série goudrons et huiles de cctde. — Le goudron et surtout l’huile de cade ont été depuis longtemps préconisés dans les alopécies qui coïncident avec la séborrhée huileuse du cuir chevelu. On emploie ces substances seules ou associées au soufre, à l’ichtyol, à la résorcine.
Sabouraud insiste tout particulièrement sur la valeur thérapeutique de ces substances dans les états séborrhéiques.
Contre la séborrhée du visage il prescrit :
Cérat soufré au 1/100 . 40 grammes.
Goudron purifié . 2 —
Calomel . 1 —
L’huile de cade est pour lui le vrai spécifique de la calvitie qu’il rattache à la séborrhée du cuir chevelu : il la prescrit de la manière suivante : Huile de cade vraie 10 grammes, vaseline jaune 30 grammes ; ou huile de cade vraie et lanoline ââ 15 grammes; ou huile de cade, beurre de cacao et vaseline àâ 10 grammes. Ce dernier mélange constitue pour lui une sorte d’excipient fondamental qui supporte l’adjonction de la plupart des autres médicaments utiles, acide salicylique, pyrogallique, mercuriaux, résorcine, etc... Il prescrit en effet d’ordinaire des préparations plus complexes pour le cuir chevelu. En voici deux exemples :
ou bien :
Huile de Cade . ) , , . „
Beurre cle cacao . )
Axonge benzoïnée . 10
Bioxyde jaune d’hydrargyre . ) '
Acide pyrogalliqne . )
grammes.
Soufre précipité.
Résorcine. . . .
Acide salicylique.
Acide pyrogallique
Cinabre .
Huile de cade . .
Beurre de cacao .
Axonge .
âà 1 gramme.
ââ 15 grammes.
La plupart des sujets préfèrent les lotions aux préparations grasses pour le traitement des alopécies séborrhéiques. Il faut alors leur conseiller autant que possible des lotions alcooliques, car de simples lotions aqueuses, non savonneuses, sont
SÉBORRHÉE
peu efficaces; elles ne mouillent pas les graisses (Sabouraud). Les cxc i picots de choix sont donc l’alcool, l’étlier, meilleur dissolvant des graisses que 1 alcool, mais très inflammable, l’acétone, l’éther de pétrole, le tétrachlorure de carbone qui a l’inconvénient d’être fort coûteux.
Voici, par exemple, d’après Sabouraud, une formule de lotion complexe :
Liqueur d’Hoffmann . 100 grammes.
Huile de cade . ' • 20
Acide pyrogallique . 2
Soufre précipité . 10
Traitement par le naphtol. — Kaposi a formulé ainsi qu’il suit le traitement complet de la séborrhée huileuse du cuir chevelu par le naphtol (3 : on nettoie le cuir chevelu au moyen de l’huile naphtolée au 1/100 et du savon au naphtol; puis on le badigeonne pendant cinq à sept jours avec une solution alcoolique de naphtol à 0sq25 ou 0gl',50 p. 100; après quoi on fait des lotions simplement alcooliques, ou bien, si le résultat n’est pas satisfaisant, on revient au naphtol (Kaposi).
On combine souvent ces lotions avec l’emploi d’une pommade au 1/20 ou
au 1/10.
il est préférable de mélanger le naphtol et le soufre.
Traitement par la résorcine. — lhle recommande de faire tous les jours une friction du cuir chevelu avec de la flanelle ou avec une brosse douce imbibée d’un des mélanges suivants :
Résorcine . 1 a 2 grammes.
Huile d’olive . J âà 30
Huile d’amande douce . )
ou bien :
Résorcine . . a 10 grammes.
Huile de ricin . 43
Alcool à 60° . 150^ -
Baume du Pérou . 0*',o0
M. s. a. et agiter avant de s’en servir.
Enfin, on peut, suivant les préférences des malades, se servir d’une solution légèrement alcoolisée de résorcine a 1 ou 4 p. 100, ou d une pommade au 1/10 ou
au 1/20 additionnée ou non de soufre précipité.
Traitement par Vichtyol. — Il est possible d’instituer un traitement pai l’ichtyol employé en lotions et en pommades, mais l’efficacité de cette substance n’est pas assez démontrée pour que nous y ayons recours à 1 exclusion de tout autie médicament. Nous croyons, par contre, qu’elle donne parfois d’assez bons résultats, si on la combine avec d’autres agents, en particulier avec le soufre ou le goudron. On peut faire une friction tous les jours, ou bien une ou deux fois par semaine,
avec le mélange suivant :
Ichtyol . de 5 à 30 grammes.
Alcool à 90° . { âa 50
Éther . )
Autres médicaments recommandés. — Parmi les autres substances qui ont été
utilisées pour nettoyer et sécher la tête et que l’on fera alterner en cas d’insuccès avec les précédentes, nous signalerons :
Le borate de soude (voir plus haut la formule) qui est très utile en lotions dans le cas de sécrétion huileuse abondante.
Le bicarbonate de soude' en solution au 1/50 que l’on applique deux ou quatre jours par semaine avec une brosse douce ou une éponge pendant deux à cinq minutes.
Les acides lactique, citrique et borique, dont Pin.cus se sert dans les périodes avancées de la maladie en lotions :
Acide lactique ou citrique . O*?1', 50 à 1 gramme.
Acide borique . de 2 à 5 —
Esprit de-vin rectifié . 30 à 40 —
(Pincus.)
(De une à trois cuillerées à café deux fois par jour en frictions sur le cuir chevelu.)
L 'acide acétique recommandé par Cottle.
L’ ammoniaque liquide que l’on emploiera sous la forme suivante :
Ammoniaque liquide . 3 grammes.
Essence d'amande amere . 3
Alcoolat de romarin . 23 —
Essence de macis . 0BI',80
Eau de rose . 70 grammes.
ou bien plus simplement mélangée à un peu de rhum et à de la décoction de feuilles de noyer ou de bois de Panama à la dose de une à deux cuillerées à café pour un verre de décoction.
V acide phénique que préconise Duhringsous la forme suivante :
Acide phénique . 1 gr,20
Huile de ricin . 7 grammes.
Alcool à 90° . 90
Essence d'amande amère . , . . . . 0 B1’,24
(Appliquer après avoir lavé.)
M. s. a. Agiter avant de s’en servir.
J. Martin Saint-Laurent (Thèse de Paris, 1903) préconise de faire, après un savonnage du cuir chevelu au savon de goudron et une lotion au bicarbonate de soude, une friction avec une solution faible de formol au 2/1 000 ou au 1/1 000 dans de l’eau.
11 est inutile de charger davantage cette nomenclature des topiques utilisés contre la séborrhée.
Préparations complexes. — Sabouraud recommande dans le traitement des séborrhées rebelles du cuir chevelu Remploi des préparations complexes qui, d’après lui, sont infiniment plus efficaces que celles qui ne renferment qu’un seul des corps constituants. 11 donne par exemple comme type de lotion alcoolique antiséborrhéïque active :
Alcool à 90° Acétone . .
\ àâ 100 grammes.
SÉBORRHÉE
Huile de cade . gammes.
Soufre précipité . 20
Acide pyrogallique . 2 "7
Acide chrysophanique . 20 centigrammes.
B i chlorure d'hydrargyre . 40
(Voir en outre plus haut ses formules de pommades.)
On peut, d’après lui, en variant les éléments qui entrent dans la composition de ces produits obtenir des effets intenses et divers. C’est ainsi que la formule suivante agit à la fois sur la séborrhée grasse et sur l’hypotonie cutanée.
Teinture de cantharide . de 1 à 3 grammes.
Teinture de capsicum . ( àà 5 grammes.
Teinture de benjoin .
Onguent populeum . . 40
Beurre de cacao . ^ àà 15 —
Huile de cade . )
Turbith minéral . 4
En résumé quand il s’agit d’un homme atteint de séborrhée du cuir chevelu avec alopécie commençante, on tâchera de lui faire tenir ses cheveux aussi courts que possible ; on lui prescrira de faire le soir des lotions sulfureuses, et, si elles sont insuffisantes, de les combiner avec des lotions au coaltar saponiné, ou au formol le matin, de temps en temps avec un savonnage au savon au goudron et au
panama.
Si ce procédé n’est pas assez efficace, ou si la maladie est plus accentuée, on prescrira la lotion soufrée seule, ou on en combinera l’application avec des lotions faites le matin avec du borate de soude, de l’ammoniaque, du naphtol, du formol,
etc.
Dans les cas très rebelles, on emploiera les massages le soir avec des pommades au soufre et à la résorcine, ou au soufre et au goudron ; le matin on savonnera ou on lotionnera avec de l’éther de pétrole, ou de la liqueur d’Hoffmann, ou de l’acétone.
On emploiera à peu près les mêmes topiques chez la femme, mais il faudra les appliquer avec beaucoup de soin sur le cuir chevelu, entre les cheveux ; et on surveillera l’extrémité des cheveux ; car les lavages fréquents les sèchent outre mesure, les rendent cassants, favorisent le développement de la trichoptilose et de la trichorrexis nodosa, et rendent nécessaire l’emploi des mélanges huileux.
Traitement local «le ïa séborrhée huileuse des régions glabres. Ce traitement participe à la fois du traitement de l’acné comédonienne et de celui de la couperose (voir ces mots), ce qui se comprend sans peine puisque la séborrhée complique souvent ces affections. Il repose d’ailleurs sur les mêmes principes que celui de la séborrhée du cuir chevelu : il convient simplement de se rappeler que les régions glabres supportent d’ordinaire beaucoup moins bien que les régions pileuses le contact des topiques énergiques. On diminuera de moitié pour commencer la force des formules que nous venons de donner pour les régions pileuses ; on l’augmentera ensuite progressivement, si l’on en voit la nécessité et la possibilité.
On traitera la séborrhée grasse du visage par les lotions savonneuses, et par les applications soufrées, mais ici, (comme pour le cuir chevelu d’ailleurs), ce sont surtout les poudres sèches qui sont efficaces : on se servira donc, au moins pendant la nuit, de la lotion soufrée, ou d’une des poudres dont nous avons donné plus haut
la formule.
Il n’y a peut-être pas d’affection cutanée plus rebelle que cette séborrhée huileuse.
— 11 n’est pas rare d’être consulté par des malades qui ont déjà épuisé toutes les ressources de la thérapeutique. E. Vidal a eu l’idée de les scarifier. Tous les six ou sept jours, il faisait sur les parties atteintes des incisions de 2 à -4 millimètres de profondeur, suivant l’épaisseur des téguments qui ne doivent pas être divisés dans toute leur hauteur, et ils les croisait et les recroisait en losanges. Il a ainsi obtenu des guérisons complètes en quinze séances. Pour notre part, nous estimons que la séborrhée huileuse est une des affections rebelles de la peau que les scarifications modifient avec le plus de difficulté. Nous croyons que dans ces cas, comme dans les acnés rebelles, les scarifications n’agissent qu’en modifiant à la longue le système vasculaire de la face 1.
La Radiothérapie semble exercer une action réellement efficace sur le flux séborrhéique.
Séborrhée des parties génitales . — • Contre la balanite séborrhéique il ne faut pas faire trop de lavages ; on interposera entre le prépuce et le gland un petit morceau de toile fine et usée après avoir poudré avec une poudre sèche, non fermentescible ; par exemple avec un mélange de 50 grammes de talc et de 5 à 15 grammes d’oxyde de zinc et de sous nitrate de bismuth, additionné ou non d’un peu d’acide salicylique.
Aux endroits excoriés, on fera des applications de linges fins ou d’ouate hydrophile imbibés d’un peu d’eau blanche coupée de plus ou moins d’eau suivant l’irritation des téguments, ou d’une solution au 1/200 de carbonate de cuivre.
On peut aussi y mettre un peu de pâte à l’oxyde de zinc salicylée ou non.
(Pour plus de détails sur le traitement de la séborrhée des parties génitales de la femme, voir les articles Eczéma et Prurit vulvaire.)
Acné sébacée concrète. — Nous n’insisterons pas sur le traitement de V acné sébacée concrète ou séborrhée concrète des vieillards, car il rentre dans le traitement de la période préépithéliomateuse.
Quand on peut employer les rayons X, quelques séances de radiothérapie suffisent d’ordinaire pour faire disparaître les lésions.
Quand cette méthode est inapplicable ce seront les savonnages qui joueront le rôle principal. Matin et soir, si c’est nécessaire, ou tout au moins une fois par jour, le malade frictionnera vigoureusement les parties atteintes avec de l’eau chaude et du savon mou de potasse, ou du savon au naphtol, à l’acide salicylique. On emploiera pour la toilette de l’eau qui aura bouilli avec du borate de soude ou du bicarbonate de soude. Puis on fera une lotion avec de l’eau-de-vie camphrée, et si c’est possible avec de l’alcool camphré. Dans les cas rebelles, on appliquera pour la nuit une pâte soufrée, simple ou additionnée, si la peau est tolérante, de résorcine et de camphre à doses progressives suivant la résistance du mal. Le jour on recouvrira soit d’un morceau de taffetas transparent, soit d’une pâte de zinc salicylée.
Parfois il est bon d’enlever avec la curette tranchante toute la partie en état d’acanthose, puis de toucher avec une solution concentrée de chlorate de potasse, ou avec de l’alcool camphré, et de panser avec de la poudre d’aristol jusqu’à cicatrisation : on fait ensuite le traitement local hygiénique que nous venons d’indiquer.
1 Pour la dermatose que beaucoup d’auteurs appellent séborrhée des Lèvres, voir Desquamation persistante des lèvres.
DERMALGIE
B. — SYNDROMES SENSITIFS PURS
Acrodynie. (?), — L’acrodynie a été rangée par quelques auteurs dans les trophonévroses. Cette affection, qui a complètement disparu, semble n’avoir été qu’une intoxication arsenicale chronique (voir Arsenicisme.)
A. — ACROPARESTHESIE
L' acroparesthésie ne rentre pas dans le cadre des maladies de la peau . nous ne la, signalons ici que parce qu elle se relie à 1 acroangiose par une seiie de faits de passage, et parce quelle s’associe parfois a des oedèmes, à des éiuptions d ci y thème polymorphe. (Voir Lenglet : Pratique Dermat.).
B. DERMALGIE
Symptômes. — On désigne sous le nom de dermalgie ou d q dermatalgie (Beau, Piorry, Axenfeld, etc...) une douleur cutanée indépendante de toute lésion appréciable de la peau ou du système nerveux ; c’est bien à proprement parler une névrose de la peau : le prurit sine materiâ (voir ce mot) pourrait, ce nous semble,
en être considéré comme une des formes.
Certains auteurs ont décrit une dermalgie symptomatique de lésions matéi telles
du système nerveux, en particulier de l’ataxie locomotrice.
Dans son si intéressant article sur ce sujet (voir Dictionnaire Encyclopédique , auquel nous renvoyons pour plus de détails), Arnozan montre que la dermalgie est bien distincte de l’hyperesthésie ; il croit que dans tous les cas de dermalgie il doit y avoir une lésion anatomique, et il propose de comprendre le mot deimalgie la manière suivante : douleurs spontanément ressenties dans la peau. Dès lois, le cadre de la dermalgie devient tellement vaste que la définition donnée pai les auteurs qui ont créé le mot ne peut plus s appliquer à ce symptôme. Nous conservons ici au mot dermalgie son sens restreint.
Dans la dermalgie ainsi comprise, la douleur est assez spéciale : c est une sensation de cuisson, de brûlure, de vésication, de secousses électriques, permanente, mais sujette par instants à des recrudescences et à des accalmies comme toute névralgie, spontanée, mais pouvant être exaspérée par le contact des objets extérieurs, des vêtements, par un simple frôlement. Les douleurs sont d oïdinaiie plus intenses pendant la nuit.
Parfois la sensibilité à la piqûre est diminuée aux points atteints : il y a un ceitain degré d’anesthésie. Parfois, au lieu de cuissons, les malades éprouvent une sensation de froid, d’engourdissement, de corps mort. La peau a sa température, sa coloration, sa consistance, son aspect normaux ; nulle lésion n’est visible.
La dermalgie est rarement généralisée à tout le corps ou a tout un membre , le plus souvent, elle n’occupe qu’une portion fort restreinte des téguments : elle siège surtout aux régions pileuses, à la tête, au cuir chevelu en particuliei, et aux membres inférieurs : elle est plus fréquente chez la femme que chez 1 homme.
On a signalé des dermalgies à marche intermittente ; il est de règle que cette affection disparaisse graduellement au bout d’un laps de temps qui vaiie
de deux ou trois jours à quelques semaines. Nous en avons observé un cas limité à la région externe de la cuisse gauche chez un ancien syphilitique : elle durait depuis plusieurs mois, et elle céda à un traitement antisyphilitique général et local des plus énergiques.
Étiologie. — La dermalgie peut être symptomatique soit d’un traumatisme antérieur, soit d’un état général de l’organisme, tel que la syphilis, le diabète, la polyurie, peut-être l’impaludisme, l’hystérie, l’anémie, etc... Mais fort souvent elle semble être indépendante de toute autre affection bien définie, et sa nature et son étiologie nous échappent complètement. On a voulu incriminer dans ces cas le refroidissement et faire de cette affection une expression de la diathèse rhumatismale ; c’est possible, mais ce n’est là qu’une pure hypothèse.
Traitement. — Quand on pourra trouver une indication étiologique de quelque valeur, on soignera la maladie dont la dermalgie dépend peut-être : c’est ainsi que l’on traitera le diabète, la syphilis, l’impaludisme, l’hystérie, l’anémie, etc... S’il n’existe aucune affection définie à laquelle on puisse rattacher la dermalgie, certains auteurs (Hardy) donnent le conseil d’administrer le sulfate ou le valérianate de quinine, la poudre de Dower, les préparations de valériane et de datura stramonium, les pilules de Méglin, l’antipyrine pour agir contre l’élément névralgique. Partant de l’hypothèse que la dermalgie pourrait bien être de nature rhumatismale, on a également prescrit l’aspirine, le salicylate de soude, ies bains de vapeur, les fumigations aromatiques, etc...
Au point de vue local, on a recommandé l’électrisation, des applications de cataplasmes chauds arrosés de 15 à 30 gouttes de laudanum, des onctions avec tous les liniments calmants connus, baume tranquille, huile chloroformée, etc.., etc.., des injections de morphine ou de cocaïne, des applications de menthol, enfin et surtout des rubéfiants, tels que les sinapismes et les vésicatoires sur le point d'émergence des nerfs qui se rendent à la région intéressée.