B. — HYPERTROPHIE DES ONGLES
Symptômes. — L’hypertrophie des ongles est congénitale ou acquise, elle se fait parfois régulièrement dans tous les sens sans déformation proprement dite : on lui donne alors le nom d ' onychauxis ; ou bien elle se produit d’une manière irrégulière : l’ongle jaunit ou brunit, présente des sillons plus ou moins profonds, transversaux ou longitudinaux, s’épaissit beaucoup, surtout vers sa partie moyenne, s’élève en coin ou en cône vers le milieu de sa face dorsale, s’incurve, se tord quelquefois sur lui-même, simule des sortes de griffes, de cornes, de tire-bouchons, etc..., on lui donne alors le nom d ’ onychogryphose. P y a presque toujours dans ce cas un épaississement fort marqué du lit de l’ongle : la manière cornée soulève en quelque sorte la lamelle brillante supérieure. Cette hyperkératose de la matrice sous-unguéale peut exister seule : elle est assez fréquente à l’ongle du gros orteil où elle cause des douleurs vives par suite de la compression qu’exercent les bottines sur l’ongle soulevé et sur l’extrémité de l’orteil.
Dans ses formes légères, elle se traduit par une hyperkératose sous-unguéale très accusée siégeant surtout vers l’extrémité antérieure de la matrice, adhérant à la fois au lit de l’ongle et à la lame supérieure, et fort dure.
Il ne faut pas confondre cette variété d’hypertrophie unguéale avec l’exostose sous-unguéale. (Voir, pour la description de cette affection, les ouvrages de chirurgie.) Mais l’exostose sous-unguéale coïncide assez fréquemment avec l’onychogryphose.
Dubreuilh a décrit sous le nom de déformation des ongles en cornet une difformité toute spéciale, qui peut d’ailleurs être héréditaire et dans laquelle l’ongle se plie ou se courbe transversalement de manière à former la moitié ou les 2/3 d’un cylindre. Cette disposition peut entraîner des douleurs vives sous l’influence des pressions. C’est l’inverse de la Koïlonychie.
Étiologie. — L’onychogryphose est une maladie de l’âge adulte et surtout de la vieillesse. Il semble qu’elle coïncide souvent avec les varices, les ulcères, les eczémas variqueux, avec la déviation rhumatismale des orteils, et notamment l’Hallux valgus (Dubreuilh).
On a noté sa coexistence avec des névrites, son développement à la suite de traumatismes.
Garrick Wilson a publié 3 cas d’hyperkératose héréditaire du lit de l’ongle {The British Journal of dermat., janv. 1905, p. 13).
Traitement. — Le traitement de l’hypertrophie unguéale est surtout mécanique : il faut couper, rogner, limer, gratter les productions cornées. Il y a toutefois deux agents qui paraissent avoir une certaine action sur les hyperkératoses et que l’on