‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome second. Reactions cutanéesChapitre 71 sur 183 · SUR LE TISSU CELLULAIRE SOUS-CUTANÉ · texte numérisé non relu

SUR LE TISSU CELLULAIRE SOUS-CUTANÉ

CHALODERMIE

Sous le nom de chalodermie (’/akw : je relâche), L. von Ivély a décrit (Archiv. fur dermat. und Syph., 1901, t. LVI, p. 106) une altération spéciale de la peau qui par places devient molle, se relâche, et finit par pendre sous la forme de gros plis. Les lésions occupent uniquement les parties profondes du chorion et de l’hypoderme : il y a absence de trabécules collagènes et élastiques épaisses, dilatation considérable des vaisseaux sanguins, thromboses récentes ou déjà organisées dans les veines, et abondante infiltration cellulaire spéciale, diffuse, qui remplit le tissu conjonctif lâche surtout au voisinage des glandes sudoripares. La chalodermie provient donc d’une augmentation d’épaisseur du tissu cellulaire sous-cutané. Elle est éminemment différente de la cutis taxa et hyperel-astica dans laquelle il y a augmentation des fibres élastiques.

ÉTUDE D’ENSEMBLE DES PROCESSUS HYPERTROPHIQUES CIRCONSCRITS D’ORIGINE CONGÉNITALE2

LES NÆVI

Définition. — La signification du mot naevus a quelque peu changé avec les progrès de la Science.

1 Dans Y asphyxie réticulaire multiple d'Unna (Atlas international des maladies rares de la peau , fasc. X, 1893, planche XXXI), il existe des réseaux vasculaires très marqués, et par places, au niveau de ces réseaux, de la nécrose des tissus dermiques avec ulcérations rebelles. Au point de vue pathogénique, il s’agit de phlébites chroniques généralisées de la peau avec gangrène consécutive.

On peut en rapprocher l' asphyxia reticularis multiplex de Pringle ( Dermat . Soc. of London , 9 juillet 1902), dans laquelle il s’agit d’une éruption de taches pourprées de la grandeur de l'ongle, mélangées de taches d’une pâleur syncopale avec œdème de la peau.

"2 Nous avons mieux aimé réunir tous les nævi en une étude d’ensemble. Logiquement ils devraient être dissociés et disséminés dans les chapitres précédents.

On désignait ainsi autrefois les taches diversement colorées qui existent sur la peau des nouveau-nés et qui persistent généralement toute la vie sans guère se' modifier (Rist, Pratique Dermat., t. III, p. 559); on en rapportait l’origine aux émotions de la mère et surtout aux perversions d’appétit qu’elle pouvait éprouver pendant le cours de sa grossesse, d’où le nom vulgaire d’envies que leur donne le public.

Rayer a appelé nævus toutes les altérations congénitales de la couleur ou de la texture de la peau permanentes et limitées à une région du corps. Pour lui les deux grands caractères communs à toutes les variétés de nævus, les deux éléments constitutifs de ces difformités, étaient donc : 1° de dater de la naissance du même sujet; 2° de ne pas couvrir la totalité des téguments.

Mais on a bientôt remarqué que tous les nævi ne sont pas visibles au moment de la naissance; ils peuvent ne devenir appréciables que plus tard, souvent même beaucoup plus tard. Aussi Hallopeau a-t-il cru devoir comprendre sous le nom de nævus toutes les néoplasies cutanées bénignes d’origine embryonnaire. D’après Unna ce sont : « de petites difformités circonscrites de la peau, d’origine embryonnaire ou héréditaire, apparaissant à divers stades de la vie, se développant avec une extrême lenteur et se distinguant à la surface de la peau par leur forme et leur couleur. »

Nous désignons sous le nom de nævus toutes les difformités cutanées circonscrites.

Classification. — Les anciens auteurs divisaient les nævi en deux grandes classes :

1° Les Nævi pigmentaires qui se subdivisent en :

a) Nævi pigmentaires proprement^ dits, lisses (nævi spili);

b) Nævi verrucosi ;

c) Nævi hypertrophiques non vasculaires ; nævi lipomatodes, molluscif ormes , fibreux.

2° Les nævi vasculaires qui se subdivisent en :

A. Nævi vasculaires sanguins.

a) Nævi vasculaires lisses ou plans (nævus flammæus, nævus sanguineus, nævus maternus, envies, taches de feu, taches de vin, nævus vascularis simplex ou planus, angiomes simples de Virchow;

b) Nævi télangiectasiques ponctués (stellaires d’E. Besnier et A. Doyon);

c) Nævi vasculaires tuberosi (angiomes proéminents, nævi tuberculeux, angiomes caverneux, fongus hématodes, télangiectasie vasculaire de Schuh, tumeur vasculaire érectile de Dupuytren, anévrysme spongieux).

B. Lymphangiomes .

Rist dans son remarquable article de la Pratique dermatologique , t, III, p. 561, après avoir mis à part les nævi vasculaires (hémangiomes et lymphangiomes) et les nævi pigmentaires lisses vrais, groupe tous les autres nævi sous le nom de nævi tubéreux non vasculaires. Il y distingue : 1° d’abord ce qu’il appelle les nævi verruqueux mous qui sont dus à un dépôt dans les couches superficielles du derme de cellules épithéliales devenues atypiques : ce sont les nævi pigmentaires saillants ou nævi pilaires ; 2° les nævi molluscoïdes qui renferment le molluscum pendulum , le fibroma molluscum, et le molluscum lipomatodes ; 3° les nævi verruqueux durs qui sont constitués par des proliférations épithéliales de l’épiderme et qui comprennent les nævi kératodermiques, les ichtyoses partielles ; 4° les nævi adénomateux.

LES NÆVI

On devrait donc d’après cet auteur classifier de la manière suivante le premier groupe des nævi :

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