IL — ATROPHIES CUTANÉES SECONDAIRES OU SYMPTOMATIQUES
Ces lésions sont des plus fréquentes (voir tableaux d’ensemble).
Parmi elles nous devons décrire une variété assez spéciale que certains auteurs ont confondue à tort avec les vergetures.
Macules atrophiques circonscrites ou atrophie maculeuse circonscrite de la peau.
Synonymie. — Macules atrophiques circonscrites ; leuco-atrophie cutanée (Fournier); atrophie maculeuse de la peau (atrophia maculosa cutis) ; vergetures ron-
1 Dans un cas des plus remarquables que nous avons observé, on trouvait en certains points du visage des plaques à bords nettement arrêtés, ovalaires, d'un rose foncé presque rouge, lisses, non squameuses, comme tendues et turgescentes, au niveau desquelles les téguments semblaient comme in filtrés d’un tissu mollasse, et donnaient déjà néanmoins (à cette période d’infiltration) l'impression de subir un processus atrophique. Sur le dos et le devant de la poitrine, la peau était littéralement criblée d’une quantité considérable de petites taches arrondies, ovalaires, ou irrégulières, de la grandeur moyenne de l’ongle du petit doigt, à diverses phases de leur évolution. Les unes étaient roses, tendues, comme turgescentes; d’autres étaient déjà pâlies et déprimées ; d'autres enfin étaient nettement atrophiées, d'un blanc mat, et plissées : ces dernières avaient tout à fait l’aspect des macules atrophiques circonscrites (voir plus loin).
Sur certaines se voyaient des télangiectasies formant arborisations. (Voir télangiectasies en plaques.)
Un an auparavant nous avions déjà examiné la jeune malade (18 ans) porteur de ces lésions : à cette époque elle n’avait encore qu’une petite plaque alopécique au cuir chevelu vers la tempe gauche, et nous avions porté le diagnostic de lupus érythémateux. Or, nous déclarons que lors de notre second examen ce diagnostic nous a semblé tout à fait problématique. L’aspect des plaques du visage n’était pas du tout celui du lupus érythémateux type. Ce cas nous paraissait constituer un type particulier, ayant des relations avec le lupus érythémateux d'une part, avec les sclérodermies d'autre part, mais distinct de ces deux dermatoses. L’atrophie cutanée en plaques qui était l’aboutissant du processus était bien nettement secondaire à une phase d’érythème et d’infîltration primitive.
D’après Heuss, il faudrait diviser les atrophies maculeuses de la peau en trois classes :
1° Les atrophies maculeuses idiopathiques dans lesquelles il range les cas de Thibierge, Jadassolrn, Galewski, Mibelli, les siens, peut-être ceux d’E. Besnier ; (ce seraient ces faits que. d’après Thibierge, il faudrait rattacher au lupus érythémateux, et qui dès lors deviendraient des atrophies cutanées secondaires).
2° Les formes secondaires d'atrophie maculeuse du derme consécutives à des maladies des vaisseaux (cas de Pospelow, Nikolsky, Hallopeau), à des tumeurs spécialement de nature conjonctive ;
3° Les cas avec formation consécutive de tumeurs, surtout de chéloïdes (cas de Jadassohn, Schwimmer, Schweninger et Buzzi). (Heuss analysé par A. Doyon.)