‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome second. Reactions cutanéesChapitre 79 sur 183 · PSEUDO-PELADE · texte numérisé non relu

PSEUDO-PELADE

: Ces plaques sont blanches, ou d’un rose clair, lisses, d’aspect atrophique; les plus : petites, qui sont arrondies ou ovalaires, ont à peine la grandeur d’une grosse tete d’épingle ou d’une petite lentille; celles qui atteignent les dimensions de l’ongle du petit doigt ou d’une pièce de 20 centimes en argent ont souvent des contours

pjLT 339. Pseudo-pelade : partie supérieure et antérieure du cuir chevelu

irréguliers, festonnés, comme déchiquetés. Elles ont fréquemment de la tendance à se réunir au nombre de 2, 3, et même davantage pour former des plaques de plus en plus étendues à mesure que la maladie progresse ( pseudo-pelade a grandes plaques quand il n’y a que quelques petites plaques satellites autour des grandes

390. — Pseudo-pelade : partie supérieure et postérieure du cuir chevelu.

plaques ; pseudo-pelade mixte quand il y a à la lois une ou plusieurs grande*

plaques 'et une énorme quantité de plaques minuscules). Ces grandes plaques varient comme dimensions de celles d’une pièce de 2 francs à celles de la paume de la main : leur forme est éminemment irrégulière ; leurs contours sont sinueux, polycycliques, microcycliques même par places ; parfois de véritables promontoires

déchiquetés de cuir chevelu sain pénètrent dans leur intérieur à une grande distance en formant des bandes irrégulières; parfois on trouve en leur milieu, en divers points de leur étendue, des lambeaux festonnés de cuir chevelu indemne des traînées irrégulières de cheveux, une simple touffe de deux à trois cheveux, un seul cheveu au milieu du tissu pseudo-cicatriciel.

Tout autour de ces larges plaques se voient d’ordinaire de petites plaques satellites plus ou moins nombreuses ayant de la tendance à se réunir à la grande plaque par extension réciproque ; quelques-unes lui sont même tout à fait tangentes, et

Fig. 391. — Pseudo-pelade chez une jeune femme : partie supérieure et antérieure du cuir chevelu

contribuent déjà dans une certaine mesure à former les prolongements irréguliers, tortueux, qui émanent de la grande plaque en tentacules difformes.

Le nombre de plaques est très variable selon les cas : presque toujours elles sont fort nombreuses.

Leur siège d’élection est le vertex, puis la partie supérieure de la région occipitale, puis les régions temporale et mastoïdienne : la maladie peut envahir la partie supérieure, pré-auriculaire des favoris : elle laisse pour ainsi dire toujours indemne une bordure de 2 à 3 centimètres vers les limites du cuir chevelu.

Au niveau des plaques le cuir chevelu est d’un blanc nacré, parfois d’un blanc rosé, parfois rose et même d’un rouge assez vif au niveau de certaines plaques, surtout vers leur périphérie. Il est aminci, comme atrophié et déprimé, lisse, doux au toucher, facile à plisser. La sensibilité à la piqûre y est notablement diminuée dans beaucoup de cas.

On n’y trouve ni poils cassés, ni poils en point d’exclamation, ni duvets. Les cheveux tombent en assez grande abondance vers la périphérie des plaques pendant les périodes d’activité de l’affection : ils présentent les caractères des cheveux morts à bulbe plein : un certain nombre se détachent facilement avec une grosse gaine pulpeuse, transparente, hyaline, analogue à celle des cheveux faviques.

Les limites des plaques sont relativement assez nettes : on passe sans transition de l’alopécie atrophique la plus absolue à un cuir chevelu abondamment fourni.

L’évolution de la pseudo-pelade est d’une extrême lenteur. Parfois elle progresse d’une manière constante : plus souvent elle évolue par périodes d’activité plus ou moins longues coïncidant avec du surmenage, des chagrins, des maladies inter-

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