‹ Traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou cours de médecine clinique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 10 sur 39 · II · texte numérisé non relu

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rapidement : c'est la congestion , le coup de sang, etc.

Mais , ainsi que nous l'avons dit souvent , le sang nô pèclie pas seulement par excès et par défaut, il est aussi altéré dans sa nature. Les causes , les phénomènes fonctionnels etorganiques du scorbut, l'aspect du sang dans cette maladie, comme dans une foule d'autres, bien différent de celui du sang dans l'état physiologique, étaient bien suffisants pour nous faire reconnaître son altération ; mais les expériences que M. Leuret a faites à Gharenton sur les chevaux ne permettent pas de révoquer en doute l'altération dé ce fluide dans plusieurs affections, et par l'insertion de divers principes vénéneux et vireux. L'insertion du virus charbonneux a déterminé les accidents du charbon. L'insertion d'un liquide putréfié détermine entre autres symptômes la chassie des paupières , l'injection, l'infiltration jaune de la conjonctive; et à l'ouverture du cadavre, le cœur, les poumons, le foie, la rate, le canal digestif, et quelquefois même les nerfs pneumo-gastriques , sont remplis d'ecchymoses. Le sang contenu dans les troncs veineux et les cavités droites du cœur est noirâtre, reste liquide, ou s'il se coagule il ne se présente jamais sous la forme d'un corps d'une certaine densité; il est caillebotté et sans cohésion. Ce résultat est basé sur les expériences que M. Dupuy

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afaites depuis vingt ans, et que M. Leuret a répétées avec lui. Une matière putride donne donc lieu à des altérations constantes, et ces altérations sont en tout semblables à celles qui existent dans le charbon inoculé, elles siègent toutes dans le système sanguin. Le charbon spontané présente les mêmes phénomènes cadavériques.

Les expériences de M. Leuret lui ont appris que le sang tiré de la veine d'un animal charbonneux donne au bout de deux heures des signes chimiques de putréfaction; il produit un précipité blanc floconneux dans de l'eau de chaux, et laisse dégager de Facide carbonique, tandis que le sang fourni par un animal sain ne donne lieu aux mêmes phé*nomènes que trente-six heures après qu'il a été tiré de la veine.

Le contact du sang d'un animal charbonneux avec les parties mises à nu d'un cheval sain a produit des signes de charbon au bout d'une heure, et l'animal est mort au quatrième jour, avec toutes les altérations de l'affection charbonneuse. La transfusion du sang d'un cheval atteint de charbon, dans la veine jugulaire d'un cheval sain, a fait succomber celui-ci au bout de sept jours avec les mêmes phénomènes. Ce médecin a obtenu les mê- ' mes résultats avec des portions d'organes imprégnées de sang, du poumon par exemple

Le sang d'un animal sain, introduit dans les voies circulatoires d'un autre animal, ne détermine

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aucim accident; celui d'un autre animal vivant ou mort charbonneux est un poison spécifique pour les autres chevaux. Ces preuves directes doivent nous confirmer dans cette opinion, que le sang est susceptible d'être altéré dans sa composition.

M. Breschet a vu des tubercules véritables dans un caillot de sang renfermé dans une des oreillettes du cœur ; M. Guersent a rencontré de la véritable suppuration dans un caillot semblable, et un autre médecin croit avoir trouvé une masse d'encéphaloïde dans une concrétion sanguine contenue dans la veine-cave.

D'après ces considérations , n'est-il pas vraisemblable que dans le typhus, la peste, la fièvre jaune, la pustule maligne, et dans une multitude de phlegmasies avec spécificité, il existe une altération pareille? L'injection dans le sang d'un grand nombre de substances vénéneuses, toxiques, etc., ayant déterminé toujours des altérations identiques dans le sang et dans les organes, vient encore apporter un nouvel appui à ces considérations. Espérons que par des recherches ultérieures toutes les altérations des fluides pourront être appréciées avec rigueur, et, en nous convaincant qu'il ne peut pas n'exister qu'une seule médication , nous conduiront à une thérapeutique rationnelle, et partant ' plus souvent efficace.

Les altérations des autres fluides ne sont pas à beaucoup près aussi connues que celles du sang ;

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nous sommes borné à dire qu'elles sont probables. Les scrofules ne seraient-elles que la pléthore lymphatique ? ne seraient -elles que l'inflammation des vaisseaux blancs? l'une de ces altérations ne serait- elle que l'effet de l'autre ?

INous avons parlé naguère de l'accumulation de sérosité dans les diverses cavités splanchniques, dans le tissu cellulaire et le parenchyme des organes, nous n'y reviendrons pas.

Quant à l'accumulation de la graisse, on l'observe fréquemment , mais il est difficile de déterminer le degré où elle cesse d'être un état physiologique. Elle gêne plus ou moins le jeu des organes, et peut aller jusqu'à le suspendre. Ses effets varient beaucoup, suivant le lieu qu'elle occupe. Il est rare que cette accumulation graisseuse soit générale : chez les uns, c'est dans le tissu cellulaire sous -cutané qu'elle prédomine, et chez eux c'est à la face, à la poitrine, ou à l'abdomen , quelquefois aux membres ; chez les autres , ce sont les viscères intérieurs qui sont enveloppés de graisse ou transformés presque en entier en cette substance: tel est le cœur chez quelques individus, le foie chez d'autres ; les médiastins , l'épiploon, peuvent aussi en contenir des quantités considérables. L'accumulation de la graisse a reçu différents noms, suivant les lieux qu'elle occupe : on l'appelle polysarcie lorsqu'elle est extérieure et presque géné-

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raie ; physconie lorsqu'elle occupe rabdoD:ien, etc.

L'air s'infiltre dans nos tissus, mais rarement. Le tissu extra-vésiculaire du poumon le reçoit dans quelques maladies accompagnées de grands efforts respiratoires. Il se loge dans le tissu cellulaire des membres, du thorax, etc., dans les plaies pénétrantes du poumon. Enfin, je l'ai vu plusieurs fois se développer spontanément sans ces causes et sans gangrène préalable.. Il est vraisemblable que dans ce dernier cas, ainsi que dans les cas de gangrène et de putréfaction, cette infiltration gazeuse n'est pas de l'air proprement dit, mais le résultat d'une exhalation morbide. Nous savons déjà que les caractères de cette altération sont la tension, la rénitence de la partie, son éclat, sa pâleur, et surtout le bruit de crépitation.

Les dépôts de matières colorantes sur le corps muqueux caractérisant la plupart dès taches de la peau, sur les membranes muqueuses, etc. , doivent peu nous occuper, vu leur innocuité. Nous devons aussi renvoyer les concrétions albumineuses aux altérations produites directement par l'inflammation. Les concrétions fibrineuses qu'on trouve souvent dans le sang contenu dans les gros vaisseaux et dans les cavités du cœur méritent peu d'attention dans l'état actuel de la science ; mais il n'en est pas de même des dépôts calcaires et des calculs.

altéhat. morb. des organes. i5i On rencontre souvent dans le tissu des organes, dans le pounaon, dans les abcès, dans les corps fibreux de l'utérus , dans le foie , dans les articulations, dansle cerveau, sur les membranes, etc. , etc., des dépôts d'un aspect irrégulier qu'on doit distinguer d'une véritable ossification morbide dont nous allons parler bientôt. Ces espèces de pétrifications sont dures, sèches , friables , irrégulières, anguleuses , opaques , grises. Ces pierres ossiformes adhèrent aux organes sont incrustées dans leurs tissus. Au reste la forme, la consistance et la couleur de ces productions accidentelles varient beaucoup, et s'éloignent plus ou moins des os naturels. 3 'ai 'eu occasion de trouver dans le foie d'une femme morte d'une hypertrophie du cœur, un kyste osseux de la grosseur du poing ; ce kjsie était une hydatide ossifiée, j'en ai acquis la certitude en le sciant. L'intérieur était rempli par des hydatides membraneuses, contenant un fluide gélatineux, transparent, verdâtre. Ainsi nous rangeons dans cette section toutes les productions ossiformes véritablement morbides et qui s'éloignent de l'ossification naturelle. L'ossification pour ainsi dire physiologique d'un organe, telle que celle des parois des vaisseaux, des cartilages du larynx et autres , diffère essentiellement de celle-ci et sera traitée en parlant des tissus analogues. On doit considérer l'exostose comme une espèce d'ossification morbide.

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Des corps solides, plus ou moins durs ou volumineux , de couleurs et de figures variables , anorganiques, se forment aussi dans les humeurs contenues dans les réservoirs , les conduits de l'économie animale, et sont connus sous le nom de calculs.

Ceux que l'on trouve dans la vésicule et dans les conduits biliaires sont sans contredit les plus fréquents. Leur nombre est quelquefois infini , et souvent il n'en existe qu'un. La couleur de ces calculs est très variable ; ils sont bruns , noirs , verts, fauves, jaunes, blanchâtres; leur surface est lisse , polie , resplendissante., aplatie , ou bien ronde, bosselée, irrégulière, etc.; leur volume est celui d'un œuf de poule ou d'un grain de millet ; ils sont striés, rayonnés , lamelleux, recouverts d'une écorce , formés de couches concentriques. La cholestérine , la matière jaune de la bile et quelquefois un peu de picromel les constituent dans l'homme. Ces calculs se forment d'une manière insensible , sans inflammation préalable , et n'occasionent des accidents que lorsqu'ils empêchent l'écoulement de la bile dans le duodénum. Bien des gens meurent sans en avoir éprouvé le moindre inconvénient^

Après les calculs biliaires ceux qui affectent l'homme le plus fréquemment ce sont les calculs urinaires. Ils se trouvent dans tout le trajet des

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voies urinaires , depuis les reins jusqu'au prépuce inclusivement , et aussi dans les conduits urinaires accidentels. Les calculs des reins revêtent la forme des parties où ils séjournent; ils sont arborisés comme le corail. Us offrent les mêmes variétés de formes , d'agrégation , de couleurs , de consistance , de nombre que les précédents ; cependant dans le plus grand nombre des cas le calcul est unique, jamais on n'en compte un aussi grand nombre que dans la vésicule , et quelquefois ils atteignent le volume d'une tête de fœtus à terme , et peuvent peser jusqu'à six livres (i). On a remarqué que leur centre était constamment formé par un noyau , tel qu'un corps étranger , un gravier, tn caillot de sang, du mucus, du pus, etc. Us peuvent être composés de quelques uns des principes suivants : d'acide urique, d'oxyde cystique , de phosphate de chaux, d'urate d'ammoniaque, de phosphate ammoniaco-magnésien , d'oxalate de chaux, de silice , de carbonate de chaux , d'oxyde xanthique, de matières fibrineuses, de mucus, de phosphate de fer, de magnésie, de carbonate de magnésie , d'urate de soude. Tous ces principes ne se rencontrent pas avec la même fréquence. La silice, l'oxyde cystique , l'oxyde xanthique , la fibrine sont les plus rares dans les calculs.

11 est rare de trouver des calculs intestinaux

(0 Béclard, AnaC. génc'r., pag. 706.

dans l'homme ; mais on en trouve quelquefois dans les follicules muqueux, dans les voies lacrymales, les amygdales, la prostate, les glandes salivaires et le pancréas : ce sont en général des dépôts de phosphate de chaux mêlé à du mucus animal.

Le tissu cutané se produit quelquefois accidentellement. Ce tissu n'est pas parfaitement identique à la peau dans l'état sain , mais il est au moins fort analogue à cette membrane. Après une perte de substance sur un endroit superficiel, on ne tarde pas à apercevoir l'organisation d'une nouvelle peau qui présente beaucoup d'analogie avec la peau saine. Il se forme d'abord une couche plastique semblable à celle des fausses membranes ; elle s'organise bientôt, se couvre de granulations rouges. Cette surface membraneuse est cellulaire, vasculaire, très contractile, sensible, absorbante, sécrète du pus, s'ulcère avec facilité, et se reproduit promptement; elle diminue de jour en jour d'étendue; la sécrétion du pus décroît proportionnellement, cesse complètement, et l'on aperçoit la formation d'une pellicule téguaientaire, qui, mince, rouge d'abord, finit après un certain temps par prendre l'apparence de la peau. On y trouve toutes les couches des téguments, l'épiderme, le corps muqueux , le derme.

Les membranes muqueuses exposées à l'influeiice des agents extérieurs finissent par revêtir les caractères de la peau. C'est ainsi que j'ai vu chez des femmes avancées en âge, affectées depuis long-tetnps de prolapsus du vagin, de l'utérus , ou du rectum, les membranes muqueuses, qui couvraient ces organes, blanches, consistantes, polies, couvertes d'un véritable épiderme, enfm offrant la plus grande ressemblance avec la peau.

Lorsqu'il- se forme un abcès intérieur et que le pus rassemblé dans le foyer y séjourne pendant un certain temps, les parois de ce foyer se couvrent d'une membrane rouge, mollasse, présentant toute la texture d'une membrane muqueuse accidentelle. Les trajets fistuleux sont revêtus d'une membrane de la même nature , et dans çelles-ci on aperçoit distinctement vers l'orifice extérieur, à une distance plus ou moins considérable, un épiderme qui se continue avec celui de la peau.

11 est indubitable qu'il peut naître accidentels lement un tissu celluleux. Les adhérences qui existent entre les surfaces libres des plèvres ne permettent nullement d'en douter. Ces adhérences, plus ou moins nombreuses et étendues, se font quelquefois au moyen d'un tissu tellement dense, qu'on lui a donné , mais improprement, le nom

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de ligamenteux. J'ignore si le véritable tissu ligamenteux destiné à consolider les articulations peut être produit accidentellement.

Il n'en est pas de même des productions véritablement cartilagineuses, on les observe fréquemment. Il n'est peut-être pas de médecin qui n'ait souvent vu la surface de la rate couverte d'un tissu d'un blanc mat , nacré , resplendissant , élastique , repoussant l'instrument qu'on y insère , enfin présentant la plus grande ressemblance avec les cartilages des articulations. J'ai vu des cartilaginations semblables sur la plèvre. Il est vraisemblable que dans ce cas il y a eu d'abord exsudation de fausse membrane fibrineuse et albumineuse, laquelle a contracté des adhérences avec la plèvre, et a fini par s'organiser en cartilage. J'ai souvent vu des points osseux dans ces membranes cartilagineuses, et même je les ai vues entièrement converties en plaques osseuses ; de sorte que je suis porté à croire que la cartilagination dans ce cas n'est que le premier degré de l'ossification , exactement comme dans l'ordre physiologique. Il est fort douteux que la formation en cartilage ait licti par une véritable transmutation , il est plus probable que la membrane séreuse ou autre reste intacte, et que c'est une pseudo-membrane qui revêt les qualités de cartilage et d'os. J'ai pu dans quelques circonstances reconnaître que la plèvre

était saine sous une plaque osseuse que j'étais par^ venu à enlever.

Rien n'est plus fréquent peut-être que l'ossification des organes, et cela parles seuls progrès de l'âge; et la plus commune de toutes est celle qui s'effectue dans les parois des vaisseaux. La matière calcaire s'y dépose graduellement, forme des plaques plus ou moins épaisses , plus ou moins étendues ; la surface libre est quelquefois lisse , resplen^ dissante, d'autres fois rugueuse: on enlève ces os en forme de lames , en forme d'ongles ou de demicerceaux; leurs fibres paraissent circulaires dans certains cas, et dans d'autres inextricables. Les valvules aortiques, auriculo-ventriculaires, etc., sont très communément le siège de semblables ossifications; les tissus fibreux paraissent en général les plus propres à s'ossifier. Les tumeurs fibreuses de l'utérus et des ovaires contiennent souvent des concrétions osseuses considérables : on en trouve dans la dure-mère, dans les membranes rachidiennes , etc. La ressemblance de l'ossification morbide avec l'ossification physiologique est toujours plus ou moins imparfaite. Ces espèces d'os sont ordinairement dépourvus de périoste, de membranes synoviales, etc. On en a cependant quelquefois rencontré qui présentaient tous les caractères d'os véritables.

Les actes primitifs de l'organisme nous étant

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entièrement dérobés , chercher la cause de l'ossification et la manière dont elle s'opère serait entièrement superflu. Les efforts tentés dans ces derniers temps par Hérissant, Scarpa, Mascagni, Bichat et autres n'ont abouti qu'à produire des hypothèses plus ou moins ingénieuses. Nous sommes réduits à supposer que les extrémités artérielles viennent déposer la matière osseuse dans le tissu devenu apte à la recevoir; mais que peut nous apprendre une pareille assertion. '^Récemment on a avancé que l'ossification était le résultat de l'inflammation, de l'irritation. Je crois que cela arrive souvent de la sorte. Je crois qu'à la suite d'un travail inflammatoire, de nouvelles productions accidentelles des membranes peuvent s'ossifier; mais je suis loin de croire que cela se passe toujours ainsi , et je ne regarderai jamais l'ossificalion sénile comme le résultat d'une inflammation , à moins qu'on ne considère l'accroissement comme l'effet d'une inflammation. L'ossification sénile est un résultat de la nutrition pervertie, et point celui d'une inflammation. Lorsque l'ossification est le résultat d'une inflammation, nous ne savons pas davantage par quel mécanisme elle s'opère.

On doit regarder, avons-nous dit, les exostoses comme de véritables ossifications morbides , et nous pensons qu'elles résultent d'un travail inflammatoire développé dans le périoste.

Nul doute que le tissu vasculaire ne se produise accidentellement. Lorsque l'inflammation a déposé sur la surface libre d'une membrane une couche fibrineuse et albumineuse , celle-ci perd tous les jours de sa mollesse ; elle acquiert de la consistance r^enfin au bout de quelque temps on distingue des vaisseaux extrêmement ténus qui rampent dans cette nouvelle membrane. Les extrémités des vaisseaux capillaires de la membrane sous-jacente paraissent s'être alongés par une véritable végétation, et avoir pénétré dans la production pseudo-membraneuse. Des expériences directes et bien connues, qu'il serait trop long de citer ici, démontrent de la manière la plus incontestable la reproduction du tissu vasculaire détruit, et la formation de nouveaux organes de circulatioù. Il est facile de voir des artères et des veines d'un calibre considérable sur des tumeurs volumineuses développées sur la surface du corps.

Nous devons placer ici le tissu érecttle accidentel qui se développe si souvent dans plusieurs parties du corps. On trouve ce tissu dans l'épaisseur de la peau et des membranes muqueuses. On le trouve sous l'aspect d'une masse plus ou moins volumineuse, ordinairement bien circonscrite, séparée par sa forme, son volume et sa couleur, des parties voisines. Ce tissu se montre sous la forme de tumeurs bosselées, inégales, bleuâtres, parfois

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légèrement pulsatives, contenues dans une espèce d'enveloppe fibreuse, présentant à l'intérieur une multitude de cellules inextricables , remplies de sang , résultant de l'anastomose d'artères et de veines presque capillaires et prodigieusement nombreuses. Ce tissu est souvent congénital, quelquefois accidentel ; il croît ou reste stationnaire ; il peut s'altérer, se rompre, et produire des hémorrhagies graves. Il affecte principalement la peau du visage, les lèvres, le rectum, les organes génitaux chez la femme, etc.; son mode de formation est tout aussi inconnu que le précédent.

Des productions vraiment cornées, ayant la plus grande ressemblance avec les ongles de certains oiseaux, les griffes des fêles, etc., pouvant acquérir le volupne du doigt indicateur, se développent chez les vieillards, principalement sur divers points de leur surface cutanée ; mais cette production accidentelle, plus curieuse, plus singulière qu'utile à étudier, doit simplement être mentionnée ici.

L'étude des tubercules mérite une attention bien plus sérieuse. C'est une des productions accidentelles morbides les plus fréquentes et qui occasionent les plus grands ravages. Il est exact de dire que les tubercules déciment l'espèce humaine, et cette proportion est peut-être encore au-dessous de la vérité. Aussi les médecins mo-

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dernes se sont-ils occupés de cette production morbide d'une manière spéciale. Bayle(i) fit des recherches très remarquables sur ce sujet ; il eut l'avantage d'ouvrir pour ainsi dire la carrière, ce qu'on avait fait avant lui étant très imparfait. Laennec poursuivit ces travaux ; et Béclard (2) en donna une description abrégée mais complète. Depuis, un grand nombre d'auteurs ont écrit sur les tubercules.Nous devons distinguer parmi eux M. Léveillé neveu , qui , en traitant des tubercules du cerveau , .a parlé de ceux qui affectent les autres organes ; M. Louis, médecin très exact dans ses recherches , et d'un mérite remarquable ; enfin M. Andral , qui enrichit tous les jours la science d'observations intéressantes. Nous ne devons pas omettre M . Broussais, qui, en attribuant leur formation à l'irritation et à l'inflammation a du moins soutenu avec le talent qui le caractérise une hypothèse ingénieuse. Tous ces auteurs sont loin d'être d'accord sur tous les points de l'histoire des tubercules; Sans entrer dans des discussions qui toujours entraînent trop loin, surtout dans un

(1) Journal de mëd^ , ch'ir. et pharm. ; germinal an XI, tome VI, page 3; et ibid., ventôse, an XIII, page 427; et germinal même année, tome X, page 32. Remarques sur les tubercules enkystés et non enkyst 's ; et Recherches sur la phthisie pulmonaire , page 21 et siiiv.

(2) Eléments d'analomie générale , par P. -A. Béclard, profess. d'anat., etc., page 711, Paris, i8a3.

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