DES MALADIES DU TISSU CEILULAIRE
Œdème.
Ce que nous avons dit au commencement de ce volume sur les exhalations séreuses morbides s'applique entièrement à l'œdème. Presque toujours symptomatique , il est rare en effet que cette infiltration soit idiopathique. On doit donc la considérer bien plutôt comme un simple phénomène mor-. bide que comme une maladie.
L'œdème, ou leucophlegmatie, anasarque, lorsque l'épanchement est général, consiste dans l'infiltration plus ou moins considérable de sérosité dans le tissu lamineux sous-cutané et souvent dans les organes voisins. On le reconnaît à une tumeur blanche, luisante, non circonscrite, froide, indolente, non élastique, recevant et conservant l'impression du doigt ^l^queWe met un certain temps à s'effacer.
Cet œdème peut être quelquefois le résultat de la station , d'un certain degré de faiblesse dans les convalescences , etc.; mais il dépend le plus souvent d'un obstacle mécanique aux cours des fluides, d'une phlegmasie chronique, ou de quelque altération profonde des organes, etc.
Endurcissement du tissu cellulaire.
Cette maladie, particulière au premier âge, a beaucoup occupé les médecins depuis une quarantaine d'années; mais malgré les discussions, les dissertations sans nombre que cette maladie a fait
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naître, on est encore loin d'être d'accord sur sa nature. Un jeune médecin fort instruit, qui a publié des recherches d'anatomie et de physiologie pathologiques sur plusieurs maladies des enfants nouveaunés, a exposé dans son ouvrage toutes les opinions émises à ce sujet, les a longuement combattues, et a lui-même établi une théorie nouvelle sur l'endurcissement du tissu cellulaire du fœtus et l'enfant nouveau-né. Nous n'avons pas, été convaincu par ses raisonnements. Les objections qu'il adresse à un grand nombre d'auteurs ne nous ont pas paru victorieuses , et les preuves sur lesquelles il fonde sa doctrine ne nous ont pas semblé indestructibles. Quoi qu'il en soit, on doit tenir compte à M. Denis des travaux considérables qu'il a dû faire sur cette affection.
Ennemi que nous sommes de toute spéculation oiseuse , dont le plus grave inconvénient n'est pas de faire perdre un temps précieux, mais qui, par les opinions qu'elles propagent comme des vérités rigoureuses, causent la perte d'unepartie dd'espèce humaine, en conduisant à une thérapeutique erronée , bornons-nous, en historien fidèle, à faire connaître les caractères de la maladie qui nous occupe.
On admet deux variétés d'endurcissement du tissu cellulaire , l'une séreuse ou œdémateuse , l'autre concrèle ou adipeuse. La première se présente avec les caractères suivants.
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Cette maladie, qui paraît attaquer le fœtus ainsi que le nouveau-né , consiste dans une tumeur dure, résistante, froide, pâle ou livide des extrémités ou des joues. Le degré de consistance varie suivant que l'endurcissement est léger, intense ou très intense. La tumeur est molle, empâtée, mais diffère de l'œdème en ce qu'elle ne conserve pas l'impression du doigt , et de l'emphysème en ce qu'elle n'est pas élastique et ne fait pas entendre de crépitation. La température est toujours audessous du degré naturel, et d'autant plus que la tuméfaction est plus prononcée et plus récente; lorsqu'on échauffe artificiellement les parties malades , elles ne tardent pas à reprendre leur température primitive. La couleur rose tendre de la peau devient violette, livide; la perspiration est suspendue, d'où résulte une sécheresse remarquable de la surface cutanée. Une contraction permanente, en quelque sorte tétanique, affecte plusieurs muscles, tandis que d'autres sont dans un relâchement particulier.
Le malade est agité, il pousse des cris, des vagissements ; mais ces cris , ces vagissements ont quelque chose d'insolite, de faible, d'obscur. Le pouls est petit, concentré, peu fréquent, peutêtre même au-dessous du type normal ; la langue e.=*t blanche, ou légèrement rouge sur ses bords ; il existe parfois des vomissements , du dévoiement, de la constipation. Plus tard la déglutition devient
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difficile , la respiration laborieuse ; les cris sont aigus et faibles.
A mesure que l'endurcissement se propage , que non seulement les extrémités, mais encore les joues et le reste du corps sont envahis , les phénomènes généraux deviennent plus alarmants. Une torpeur comateuse, l'impossibilité presque complète de la déglutition , l'insensibilité de la respiration , etc., précèdent l'instant fatal, qui , suivant la marche plus ou moins rapide de l'endurcissement, peut arriver depuis le premier jusqu'au vingtième jour. Quelquefois la maladie se termine par résolution; alors les parties endurcies reprennent graduellement leur souplesse, la chaleur revient.
La seconde variété , ou l'endurcissement concret, offre les phénomènes locaux et généraux que nous allons exposer.
Les parties endurcies présentent la fermeté du suif; la peau, d'un blanc jaunâtre, a l'apparence de la cire , elle ne peut glisser sur les muscles et en suivre les mouvements ; les membres paraissent bosselés de tumeurs inégales , irrégulières , disséminées, très dures. Au dernier degré, les membres endurcis semblent avoir été congelés ; leur consistance est telle, que la percussion est sonore. Le froid est très sensible au contact , les mouvements presque impossibles. Ce qu'il y a de remar- . quable, c'est que dans cette variété on observe