DES HÉMORRHAGIES EN GENERAL
faiblesse réelle, caractérisée parles signes que nous venons d'exposer , et par des vertiges , des tintements d'oreilles, des défaillances, des syncopes, etc. Lorsque l'hémorrhagie est peu abondante, elle produit souvent un allégement marqué.
Le sang perdu par le malade réclame d'autant plus l'attention du médecin qu'il peut fournir par ses qualités des indications thérapeutiques importantes. Relativement à sa quantité , il est plus ou moins abondant, et l'on sent bien que de cette abondance il peut naître des indications diverses ; par rapport à la manière dont il s'est échappé, il peut avoir coulé en petite quantité, goutte à goutte, sans irnpétuosité, c'est le stillicidium sanguinis; il peut avoir fait irruption en abondance, avec force et rapidité ; il peut être consistant , compacte, homogène ou séreux , pâle , séparé en caillot et en sérum ; la proportion de celui-ci peut être considérable ; le sang peut être rouge , vermeil ou noir ; recouvert ou non d'une croûte inflammatoire comme dans les saignées , ce qui est assez rare dans les hémorrhagîes spontanées.
La plupart des maladies ont une durée déterminée, l'hémorrhagie peut durer depuis quelques moments jusqu'à un temps indéfini. On a remarqué avec raison que cette maladie avait une singulière tendance à se reproduire , et quelquefois même d'une manière périodique. L'hémorrhagie qui s'est ainsi fréquemment répétée modifie puis-
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samment l'organisme. Le système locomoteur a perdu toute son énergie , l'individu a de la peine à se mouvoir , et le moindre exercice est suivi d'une lassitude profonde ; la peau est pâle , et même jaunâtre , les lèvres sont décolorées ; le visage présente l'aspect de la cire ; la peau est froide, le pouls petit , misérable ; la respiration gênée , la digestion languissante, l'appétit nul, la soif peu prononcée, la mémoire infidèle, l'attention faible, toutes les facultés intellectuelles dans une profonde inertie ; le sang que le malade continue à perdre est pâle , séreux, ténu , sans consistance, les vaisseaux sont affaissés sur eux-mêmes , etc.
On a rejeté dans ces derniers temps la distinction des hémorrhagies en actives et passives, mais ces médecins ayant admis depuis des maladies par faiblesse , ayant d'ailleurs reconnu depuis longtemps le scorbut comme une maladie asthénique avec altération du sang , il y aurait de leur part aujourd'hui une contradiction manifeste à soutenir cette assertion : aussi y ont-ils complètement renoncé. En effet, dès le moment où l'on admet que le scorbut est dans le plus grand nombre des cas une affection hyposlhénique, on doit admettre que les hémorrhagies qui surviennent dans cette maladie doivent avoir le même caractère. De plus l'analogie conduit à admettre des hémorrhagies non scorbutiques , mais survenant dans des circonstances telles qu'on ne peut méconnaître, chez l'indi-