DES HÉMORRHAGIES EN GÉNÉRAL
vidu qui en est affecté , une faiblesse manifeste.
L'hémorrhîigie hypersthénique se distingue par des caractères bien tranchés ; elle survient ordinairement chez des sujets jeunes, robustes, bien constitués , chez lesquels dominent les appareils circulatoires et respiratoires ; à la suite de causes excitantes, évidemment actives , telles que les ex-cès , soit habituels , soit passagers , dans les boissons spiritueuses et aromatiques ; l'usage d'une alimentation fortement réparatrice, etc. L'individu éprouve un malaise général, de la pesanteur de tête, de la somnolence ; les extrémités se refroidissent , en même temps qu'une chaleur incommode se manifeste vers l'organe menacé ; un chatouillement , une titillation insupportables se font ressentir vers le même organe , en même temps que des pulsations, des battements incommodes s'y manifestent; la face est rouge et colorée ; les yeux brillants; les carotides et les temporales battent avec force ; le pouls est "fort, plein , fréquent ; les veines sont gonflées, saillant»^ ; la respiration est accélérée, etc. Bientôt le sang , rouge, vermeil, écumeux, s'échappe avec violence en quantité plus ou moins grande; il se prend en caillot; il est riche, compacte, exempt de sérosité. Après cette évacuation les phénomènes d'hypersthénie que nous venons d'exposer disparaissent graduellement, et l'organisme rentre dans l'ordre accoutumé, à moins cependant que l'hémorrhagie ne soit
excessive : alors une faiblesse pl>is ou moins grande s'empare du malade, ainsi qu'on vient de le voir.
L'hémorrhagie avec hypersthénie peut affecter aussi des personnes faibles en apparence , habituellement pâles et décolorées, mais chez lesquelles il existe néanmoins des signes évidenis de surexcitation : chez elles la face est légèrement rosée, les yeux sont animés , le pouls est élevé au-dessus du type ordinaire, etc. ; enfin leur état paraît être un diminutif du précédent. J'ai eu souvent occasion de l'observer chez des hystériques , entre autres chez la fille l'Hermina, cette boulimique dont j'ai déjà cité l'exemple.
Des caractères opposés sont le partage de l'hémorrhagie hyposthénique. Elle se montre après une série de causes essentiellement débilitantes , pertes abondantes dans tous les genres, réparation insuffisante, fatigues de corps et d'esprit, veilles, chagrins prolongés , etc. ; mais surtout une alimentation peu riche , l'asage habituel d'aliments de mauvaise nature, de boissons insalubres, enfin une constitution faible et détériorée. Le sang s'échappe sans phénomènes précurseurs bien marqués ; il est noir , fluide , et contient une grande abondance de sérosité. Les signes d'une faiblesse profonde ne tardent pas à se manifester.
S'il n'existait que ces deux espèces d'hémorrhagies , on pourrait croire que dans la première la violence de l'impulsion du sang imprimé par le