‹ Traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou cours de médecine clinique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 29 sur 39 · DES FIÈVRES INTERMITTENTES · texte numérisé non relu

DES FIÈVRES INTERMITTENTES

violence et la durée varient., est général ou partiel ; il se fait sentir aux pieds, aux mains, aux lombes , dans tout le corps. La peau est alors pâle et décolorée, jaunâtre, ou maculée de taches violettes; les bulbes des poils font une saillie remarquable sur la peau. L'attitude du malade est ramassée , en tas, comme dans le froid physiologique; les cuisses sont rapprochées du tronc , les jambes sont fléchies sur les cuisses , les bras croisés sur la poitrine, la tête penchée; les membres sont agités de tremblement ainsi que les mâchoires ; les dents font entendre leur claquement; la voix est altérée, tremblante ; la bouche sèche, l'inspiration difficile, le pouls petit, concentré ; la peau donne à l'observateur la sensation du froid; la perspiration est suspendue, l'urine claire et abondante. En même temps , des douleurs vives dans les membres , dans l'estomac; des nausées, des vomissements se manifestent dans ce stade. Au bout de quelques instants, quelquefois de plusieurs heures, le froid cesse,la chaleur s'établit , ordinairement d'une manière graduelle. Elle présente une durée et une densité variables aussi; elle est partielle ou générale. Les phénomènes que nous avons décrits disparaissent , et sont remplacés par une teinte rosée de la peau, par le sentiment d'une chaleur insupportable, qui oblige le malade à changer de position pour chercher le frais. La soif devient plus vive, le pouls se développe et augmente de fréquence'

yoS DIAGNOSTIC SPÉCIAL ET DIFFÉRENTIEL

la respiration est grande et facile ; l'urine est rouge et colorée; la céphalalgie est plus intense : c'est le second stade. A celui-ci succède celui de la sueur. Cette sueur commence ordinairement à la tête, descend au cou , au tronc, aux membres ; elle devient générale ; elle est plus ou moins abondante , et présente des qualités qu'il est souvent très important de noter. Un soulagement marqué suit cette diaphorèse : il semble au malade qu'il est guéri ; il lui reste seulement une fatigue générale , un abattement, un accablement, qui n'a d'ailleurs rien de pénible. Alors commence l'intermission , c'està-dire la suspension des accidents ; cet intervalle est plus ou moins long , ainsi que nous l'avons dit, et forme le type de l'intermittence.

La durée des fièvres intermittentes est illimitée ; elles se terminent au bout de quelques jours , ou se prolongent pendant des mois et des années : il est presque toujours au pouvoir du médecin de les faire cesser. Au bout de quelque temps, le teint devient jaunâtre , mat , terne ; les fonctions organiques languissent et s'altèrent; la rate, le foie, deviennent volumineux; les membres s'infiltrent, lès forces et l'embonpoint diminuent.

Ce peu de mots suffit pour caractériser et faire reconnaître les fièvres intermittentes , la seule chose qui importe en ce moment.

On a multiplié à l'infini les divisions des fièvres intermittentes, d'après leurs types, d'après les

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