DES FIÈVRES INTERMITTENTES. 7O
temps où elles se montrent, d'après les phénomènes particuliers qu'elles présentent, etc. , etc. Toutes ces distinctions sont loin de mériter l'importance que les monographes y ont attachée; mais ce serait commettre une grande erreur que de ne pas prévenir du danger imminent qui suit certaines intermittentes , et qu'à cause de cela on a nommées pernicieuses. Ces maladies funestes tuent le malade au deuxième , au troisième ou au quatrième accès, si le médecin n'en arrête le cours, au moyen de l'héroïque remède qu'il possède pour cela.
Les principaux caractères auxquels on peut les reconnaître sont l'intensité plus grande des symptômes , et une série de phénomènes encéphaliques; diminution ou perte du sentiment et du mouvement, déjections involontaires d'urine ou de matières fécales , altération profonde des traits de la face, prostration des forces, insensibilité du pouls, ou du moins grande concentration ; quelquefois irrégularité , intermittence des battements du cœur et des artères. Le danger augmente à chaque accès; ce qu'il est facile de reconnaître à l'accroissement en durée ou en intensité des accidents graves.
Pendant les accès de ces fièvres , il n'est pas rare d'observer quelque phénomène organique ou fonctionnel prédominant. Les auteurs ont distingué autant de fièvres pernicieuses qu'il existe de
ces sortes de prédominances; nous croyons ces distinctions assez superflues.
Après la mort des malades, on a trouvé une grande variété de lésions organiques, mais qui ne sauraient être considérées comme la cause des phénomènes intermittents , à moins qu'on ne suppose , ainsi que l'a fort bien dit M. Rayer , que la fièvre intermittente est tour à tour une gastrite, une entérite , une cardite , une encéphalite , etc. , ce qui est absurde. — La véritable cause organique de l'intermittence est inconnue; nous pensons qu'elle a d'abord son siège dans les fluides , dans ]e sang, et que de là elle influence d'une manière spéciale le système nerveux.
C'est bien vainement qu'on a entassé, depuis quelques années, les sophismes et les explications pour prouver que le type des fièvres intermittentes n'était qu'un phénomène accessoire de peu d'importance ; que ces fièvres, comme les fièvres continues, n'étaient que symptomatiques de phlegmasies locales, se présentant sous une forme particulière. Ce n'est pas sans dégoût qu'on lit ces verbeux amas de paradôxes dictés par l'esprit de parti, Tarn our-propre et la mauvaise foi. Certes, si faibles de raisonnement qu'on suppose les parrtisans de semblables doctrines , si faciles qu'ils soient à se contenter de leurs propres explications, on ne peut les supposer assez stupides pour se payer d'aussi misérables suppositions. Et n'est-il pas plus beau,