‹ Traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou cours de médecine clinique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 5 sur 39 · DES HÉMORRHAGIES EN GÉNÉRAI · texte numérisé non relu

DES HÉMORRHAGIES EN GÉNÉRAI

un anévrysme du cœur, à une apoplexie pulmonaire, etc.; alors, seulement alors, on peut porter un pronostic assuré et prescrire des médicaments utiles.

Des exhalations séreuses, morbides.

J.-P. Franck nous paraît avoir fait très sagement de rapprocher les unes des autres toutes les maladies qui frappent les organes exhalants ; cette méthode nous semble fort naturelle. Les flux séreux, muqueux et autres, nous paraissent parfaitement bien placés avec les hémorrhagies. Ces états morbides présentent on effet entre eux beaucoup de points de contact.

Mais conyient-il de faire des hydropisies une classe particulière d'affections, distincte, séparée des autres? ou bien les hydropisies, n'étant qu'un phénomène concomitant, symptomatique de plusieurs maladies différentes dont elles ne sont pour ainsi dire qu'une manière d'être, doivent -elles être rayées du cadre nosographique, et rapportées aux maladies dont elles dépendent?

Dès nos premiers pas dans la carrière médicale nous avons été frappé, non pas seulement du nombre des cas, mais de ce que dans tous les cas d'hydropisies , très fréquentes dans notre hospice , i'épanchement séreux était accompagné d'une lésion organique sensible. Cette coïncidence constante nous avait fait conclure de bonne

heure que ces épanchements séreux n'étaient que consécutifs à une autre altération; qu'en conséquence ils ne devaient être regardés que comme des phénomènes secondaires, de peu d'impoxtance ; quel que fût leur développement , ils ne devaient jamais être pris pour base du traitement, et qu'ils étaient loin de mériter l'attention que les anciens médecins leur apportaient. Depuis que nous professons la médecine basée sur l'organisme, nous avons tous les ans exposé cette manière de voir. Nous faisons en effet remarquer que les collections séreuses qui constituent les hydropisies accompagnent constamment les maladies organiques du cœur et des gros vaisseaux , du poumon et des viscères contenus dans l'abdomen. Ainsi nous croyons que c'est embarrasser l'art par des divisions superflues que d'admettre une classe particulière des hydropisies. Cependant comme ce phénomène est fréquent , qu'il obscurcit quelquefois la maladie principale par la gravité des accidents qu'il produit ; comme dans certaines circonstances il peut modifier le traitement à suivre , on ne peut se dispenser d'en tracer le tableau.

Mais avant d'aller plus loin jetons un coup d'œil sur la cause organique des hydropisies.

Les causes organiques de l'épanchement séreux, quels que soient son siège et son étendue, paraissent être l'inflammation des parties dans lesquelles il se forme , ou dans les parties voisines ; un ob-

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stacle au cours du sang veineux, ou à celui du sang artériel; un obstacle à la circulation lymphatique; enfin, peut-être, une atonie dans quelques parties de ces différents systèmes, et aussi un état hyperstliénique de quelques uns d'entre eux. Ces dernières causes sont loin d'être démontrées , et ne suffiraient pas pour établir l'existence des maladies vitales. Car enfin, pour le redire, ces états d'hyposthénie et d'hypersthénie ne peuvent être eux- ' mêmes que des modifications organiques.

Rien n'est plus facile que de démontrer que les bydropisies ne sont souvent qu'un effet purement inflammatoire. Mais les bydropisies dites actives, aiguës, byperstbéniques, inflammatoires, etc., n'ont réellement été étudiées sous ce point de vue que dans ces derniers temps. Jusqu'alors , guidés par le penchant d'individualiser chaque phénomène morbide, les anciens avaient certainement regardé toute collection séreuse ou séropurulente comme une maladie particulière et nullement comme un effet consécutif. C'est la conséquence qu'on est forcé de tirer en lisant leurs écrits avec quelque attention. M. Rayer, jeune médecin rempli de talent, qui a traité la question qui nous occupe avec grand luxe d'érudition, s'est plu à rassembler dans son travail une multitude de faits qui prouvent jusqu'à l'évidence que les anciens ont souvent pris des {)4eurésies, des péricardites , des péritonites , etc. , accompagnées d'épanchement,* pour de véritables

106 DIAGNOSTIC SP^CIAE ET DIFFÉRENTIEE.

hydropisies. L'étude de la nature nous a conduit aux mêmes conséquences, et nous avons vu que toutes les fois qu'il existait un épanchement un peu considérable, sans lésion organique, cet épanchement était dû constamment à une phlegmasie aiguë ou chronique. L'état des membranes séreuses, la couleur trouble, floconneuse de la sérosité épanchée, ncpouvaient laisser aucun doute sur la nature de la maladie qui avait déterminé 1 épanchement. Les n^embranes séreuses sont ordinairement opaques, nacrées, couvertes de fausses membranes, molles lorsqu'elles sont récentes, ou denses , serrées , organisées , lorsqu'elles sont anciennes. Des granulations jtransparentes et prodigieusement nombreuses, des dépôts pigmentaires, noirs, bruns, etc., attestent que ces membranes ont été le siège d'un travail inflammatoire. Voilà ce que démontrent les observations et les ouvertures de corps. Mais, dira-t-on, ces cas n'ont jamais été pris pour des hydropisies essentielles ^ jamais on n'a confondu les suites d'une phlegmasie avec . l'augmentation disproportionnelle de l'exhalation ou la diminution de l'inhalation. C'est alors qu'en ouvrant les ouvrages des' auteurs classiques, les exemples se présentent en foule pour appuyer cette assertion . et l'on retrouve dans leurs observations d'hydropisîes tous les caractères organiques que nousvenons de tracer. L'immenserépertoiredeMor-

gagni, Lieutaud, Sénac, Corvisart,et une multitude

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