‹ Traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou cours de médecine clinique (volume 3)Chapitre 32 sur 40 · DES ASPHYXIES · texte numérisé non relu

DES ASPHYXIES

vient livide, les yeux sont saillants, demi clos, lei^ lèvres gonflées, violettes , la bouche est écumeuse,' la langue est pendante, les veines des tempes , de la face et du cou sont tuméfiées. En même, temps le corps est agité de mouvements divers; les doigts sont contractés ; le cerveau dans un état comateux ; toutes les excrétions peuvent être involontaires ; Térection peut se manifester. Bientôt la circulation et tous les actes fonctionnels s’arrêtent complètement; le malheureux a cessé de vivre. Lorsque l’individu a été suspendu, les cartilages du larynx sont fracturés et les vertèbres quelquefois luxées. A la mort on trouve une distension violente du système sanguin cérébral ; les cavités gauches du cœur contiennent plus de sang que les droites , etc.

L’individu submergé éprouve une extrême

anxiété , dont tous ceux qui ont plongé et qui ont

été retenus dans l’eau plus long-temps que ne leur permet leur organisation , peuvent se faire une juste idée. Une céphalalgie violente , des battements de cœur, des vertiges , des tintements d’oreilles , enfin tous les symptômes d’une congestion vers la tête, produite par la terreur, le combat que l’homme livre contre la mort, le défaut de respiration, surviennent au bout de peu d’instants; au bout de peu d’instants aussi tous ces accidents cessent, l’individu perd connaissance, et la mort arrive après quelques minutes, et d’autresfois après une et deux heures d’immersion , différence qu’il îi. 47

y38 DIAGNOSTIC SPÉCIAL ET DIFFÉRENTIEL

est difficile d^expliquer* On trouve des altérations analogues aux précédentes. Le ventre se météorise, et le corps se décompose rapidement.

Les hypothèses plus ou moins ingénieuses, imaginées pour expliquer cette espèce d’asphyxie , ne sont que spécieuses ; la seule privation d’air rend bien compte de cet accident.

L'enfant naissant est quelquefois privé de respiration par l’accumulation de mucosités dans l’arrière-bouche et dans les voies aériennes. Dans quelques circonstances la compression que le cerveau a éprouvée pendant un accouchement laborieux s’oppose à la dilatation de la poitrine , l’asphyxie et la mort peuvent en résulter.

Si un individu respirait un gaz impropre à la respiration , mais non délétère, il éprouverait bientôt les effets de l’asphyxie, c’est-à-dire d’abord de l’anxiété, de la dyspnée, de la suffocation, enfin la suspension de la respiration, de la circulation et de tous les actes fonctionnels, mais moins rapidement que dans les cas précédents. Le sang des sujets qui ont succombé à ce genre d’asphyxie est noir , liquide , leurs muscles conservent pendant quelque temps leur contractilité.

L’asphyxie, produite par des gaz nuisibles , présente quelques variétés suivant que le gaz est irritant ou délétère. Dans le premier cas, il se manifeste de la toux , une titillation pénible à la gorge , un spasme douloureux dans les voies aé-

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