‹ Traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou cours de médecine clinique [electronic resource]Chapitre 3 sur 20 · DEUXIÈME PROPOSITION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PROPOSITION

Tous les organes peuvent être primitivement malades.

Dans le principe de la nouvelle doctrine , on a soutenu, avec toute la chaleur dont son inventeur est capable , qu'il n'y avait jamais que l'estomac qui pût être primitivement malade ; que lorsque les autres organes le devenaient, c'était toujours consécutivement à celui-ci. On nous dira que cette opinion est déjà abandonnée depuis long-temps , et qu'elle ne devrait plus être rappelée ; mais c'est pour nous en féliciter , c'est pour dire combien nous nous trouvons heureux des concessions qu'on a faites, puisque c'est en faveur de la vérité , la plus forte preuve que nous puissions donner. Mais ce n'est pas sans peine que nous ayons obtenu d'abord que le cerveau pouvait être malade indépendamment de l'estomac , et plus tard , que les poumons pouvaient jouir aussi de ce triste privilège.

On ne saurait croire quelle satisfaction nous ont causée ces deux espèces de conquêtes. Etpé-

ions qu'avec quelques concessions encore , nous finirons par nous entendre !

Si le cerveau , si les poumons peuvent être malades directement par l'action de leurs excitants naturels, pourquoi les autres viscères , pourquoi le cœur , les reins , l'utérus , la peau , etc. , ne seraient-ils pas aussi affectés primitivement , sans que l'estomac le fût avant ou après eux? Qu'estce qui empêche qu'une cause ne porte son action directement sur l'un de ces organes? Les impressions des sens , les passions , les excès dans les travaux intellectuels , ne peuvent-ils pas agir directement sur le cerveau ? ont-ils besoin pour cela de passer par l'estomac? Les cris , le chant, la respiration d'un air froid , ne peuvent-ils pas déterminer une angine, une pleurésie, une hémoptysie , sans agir sur l'estomac ? e\ si tous ces modificateurs de l'organisme peuvent altérer les viscères dont ils sont les excitants naturels, pourquoi les autres organes ne pourraient-ils pas aussi être frappés primitivement par les excitants qui leur sont propres ?

Tous nos organes sont composés des mêmes éléments ; il entre dans tous des vaisseaux sanguins, artériels et veineux ; dans tous , des nerfs . des vaisseaux lymphatiques; tous ont un parenchyme, un tissu particulier et un tissu général ; tous ont leurs excitants propres. Pourquoi donc les uns seraient-ils susceptibles rie devenir malades , et

les autres ne le seraient-ils pas ? Nous pensons que cette proposition n'est pas soutenable , et qu'on doit admettre que tous nos organes peuvent devenir primitivement malades, indépendamment les uns des autres , sans qu'il soit nécessaire que l'un d'eux , et toujours le même , soit préalablement affecté : on peut ajouter qu'tV n'est pas plus nécessaire qu'il devienne malade d'une manière consécutive.

Une autre conséquence de cette vérité, c'est que, lorsqu'un organe est multiple, c'est-à-dire lorsque plusieurs de ses parties ont. des attributs différents , président à des fonctions différentes , ces parties peuvent être malades indépendamment les unes des autres. Ce principe nous sera de la plus grande utilité dans le diagnostic des maladies , et surtout dans la distinction des affections du cerveau.

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