‹ Traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou cours de médecine clinique [electronic resource]Chapitre 5 sur 20 · QUATRIÈME PROPOSITION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PROPOSITION

// ne peut pas n'exister qu'une seule et même affection.

La postérité aura peine à croire qu'on ait osé soutenir, de nos jours, qu'il n'existe qu'une seule et même maladie , qu'il ne doit y avoir en conséquence qu'un seul et même traitement. Cette étrange proposition nous étonnerait sans doute, si nous n'avions tous les jours entendu affirmer , et si nous n'avions lu'cent fois'Jnous-même , que la

peste et l'apoplexie, la variole et la 'fluxion de poitrine, lepilepsie et la teigne, la rage et le zona ne sont que des nuances légères d'une affection toujours la même. S'il pouvait se rencontrer quelqu'un qui en doutât , nous citerions les paroles suivantes textuellement extraites d'un ouvrage récent : « Les nuances d' altération des viscères , y est-il dit, »ne peuvent être considérées que comme des traces » un peu différentes d'une affection toujours la même 3 » et non pas comme des maladies de diverses natures. 7i A quoi bon la prétention de les distinguer avant de » les combattre ? »

Nous sommes loin départager l'opinion du médecin , d'ailleurs célèbre à plus d'un titre, que nous venons de citer.

Nous pensons que l'espèce humaine est malheureusement en butte à une multitude d'affections différentes.

Nous bornerons nos objections à un petit nombre d'exemples , no us réservant de les multiplier par la su ite si cela est nécessaire , et si l'occasion

s'en présente.

On a dit que toutes les phlegmasies de la peau

n'étaient que consécutives de l'irritation gastrique; on a ajouté de plus qu'il n'existait pas de maladies spécifiques. Les malheureuses expériences tentées récemment par quelques élèves en médecine , sur la non-contagion de la syphilis , prouvent assez qu'ils étaient imbus de ces principes. Eh bien!

PROLÉGOMÈNES. 3l

j'accorde pour un moment que toutes les inflammations de la peau sont consécutives de celle de l'estomac ; qu'on me dise alors pourquoi toutes les gastrites ne sont pas suivies de toutes les phlegmasies de la peau à la fois? pourquoi toutes les gastrites ne sont pas des érysipèles , des zonas , des scarlatines, des teignes, des varioles, etc.? Je choisis ces exemples parcequ'ils tombent sous les sens. Comment se fait-il qu'une gastrite donne lieu à un zona, éruption si extraordinaire pour son siège? Pourquoi une autre occasione la variole; une troisième la teigne, etc. P'IfJfaut bien admettre qu'il y a spécialité. Si on s'obstine à le nier sans preuve , qu'on me dise comment il se fait que la gastrite développée par la vaccine , pour m'exprimer dans le nouveau langage ,. comment la gastrite , dis-je , développée par la vaccine , préserve de la gastrite qui développe la petite-vérole , et ne préserve pas des autres? Pourquoi une gastrite ordinaire ne met-elle pas à l'abri de la variole , et pourquoi la variole , qui préserve d'une nouvelle gastrite variolique, ne préserve-t-elle pas de toutes les gastrites possibles, ce qui serait un grand bienfait? C'est qu'il existe sans doute autre chose que la gastrite, ou plutôt c'est que la gastrite n'est qu'une chimère sur-ajoutce à l'histoire des maladies dont nous parlons. Les phlegmasies de la peau sont des plegmasics de la peau , et non des gastrites ; elles peuvent exisier ensemble et séparément;

et la plupart des affections cutanées, ainsi que beaucoup d'autres, reconnaissent une spécialité incontestable.

Certes , il serait à désirer qu'il n'existât qu'une maladie ; mais il suffit malheureusement d'ouvrir les yeux pour être convaincu que la nature n'a pas été moins féconde dans les maux auxquels elle • nous a exposés , que dans les biens qu'elle nous a dispensés avec profusion.

Quelque pénibles qu'elles soient , ces vérités doivent être connues , car elles nous mettront sur nos gardes , et n<fi$s feront chercher à toutes les maladies leur véritable remède.

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