‹ Traité élémentaire de droit administratifChapitre 132 sur 405 · CHAPITRE ï · texte numérisé non relu

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Du côté des orthodoxes, d’ailleurs, Tintransigeance s’affaiblit j assez vite et il se forma un parti dit du centre droite disposé à un rap- •' prochement avec la gauche. En 1899, toutes les églises étaient prêtes is à se réunir à nouveau en un synode général officiel si le gouverne- f. ment avait consenti à en autoriser la convocation. Cette réunion i fut empêchée par les protestants influents de l’extrême-droite.

Sur le terrain ainsi préparé, la loi de séparation a provoqué l’éclo- | sion de trois organisations distinctes, substituées A l’ancienne Église . | réformée ; groupe des églises orthodoxes, groupe des libéraux, | groupe intermédiaire. Il y faut ajouter les anciennes églises évan- | géliques libres qui volontairement, jadis, n’ont jamais fait partie i| des cultes reconnus, et l’église luthérienne qui garde naturellement j| son organisation particulière. ij

C’est le groupe des orthodoxes qui s’est organisé le premier : un i| synode officieux, convoqué à Orléans le 6 février 1906, s’est montré || défavorable à un rapprochement avec les églises libérales. L’orga- [ nisation qu’il a constituée sous le vocable d’UNioN nationale des * | Églises réformées évangéliques, comprend trois rouages : associations presbytérales, composées des électeurs inscrits et administrées par les anciens conseils presbytéraux ; synodes régionaux, unions d’associations presbytérales ; et synode national, fédération d’unions. A ces trois formations un type de statuts est imposé, comportant l’obligation à la confession de foi orthodoxe. C’est l’acceptation de la déclaration de foi de 1872.

Le centre s’est séparé des orthodoxes sans s’accorder pourtant | avec les libéraux. Longtemps, il a eu l’illusion qu’en se tenant en | dehors et au-dessus des partis, il réaliserait l’union entre eux. L’in- 4 transigeance des orthodoxes a empêché ces efforts d’aboutir, et le | centre s’est résigné à former un groupe distinct sous le nom d’ « Union | DES Églises réformées de France ».

On désigne couramment le groupe du centre par l’expression | groupe de Jarnac. Ce nom vient de ce que c’est une réunion tenue à Jarnac quijen a provoqué l’organisation. Le premier synode du | groupe de Jarnac s’est tenu à l’Oratoire en juin 1907.

Le groupe de Jarnac accueille volontiers dans l’Ùnion les associations libérales et les associations orthodoxes qui veulent bien y adhérer. L’Union nationale (parti orthodoxe) a cependant fait défense à ses affiliés de consentir à ce cumul.

professent la supériorité de la raison sur la foi. La religion des rationalistes n’est plus une croyance en un dogme : elle prétend être une conviction scientifique. Dans la querelle entre orthodoxes et libéraux, les rationalistes font naturellement cause commune avec ces derniers.

« L’Union des Églises réformées de France » comprend, comme rUnion nationale, des associations presbytérales, des synodes régionaux et un synode national dont le fonctionnement est réglé par la loi de séparation.

Quant aux églises libérales, elles se sont tout de suite constituées en associations presbytérales indépendantes. Leur ensemble a pris le nom d’ « Églisbs réformées unies ». Klles ont comme les autres groupes des synodes ou unions d’associations, mais le rôle de ces synodes est restreint. Ils n’ont pas d’autorité spirituelle ; chaque Église, suivant rigoureusement l’idée qui inspira les premiers réformateurs, garde en matière de foi son entière autonomie.

Aux trois groupes issus de l’Église réformée, il faut ajouter r « Union des Églises évangéliques libres », formée par la fédération des associations cultuelles de ces églises.

On remarque que, dans ces organisations diverses, les consistoires ont disparu par prétérition.

Eglise luthérienne. — L’Église de la confession d’Augsbourg était gouvernée, avant la loi de séparation, par un synode général triennal, représenté dans l’intervalle des sessions par une commission exécutive. Il y avait, en outre, deux synodes particuliers annuels (Paris et Montbéliard), comprenant en tout 49 paroisses.

Les paroisses, dont le nombre a été porté à 67, sont administrées aujourd’hui par des associations cultuelles conformément à la loi de 1905.

Ces associations presbytérales sont groupées et forment 1’ « Association GÉNÉRALE DE l’ÉgLISE LUTHÉRIENNE EN FrANCE ».

Les luthériens conservent un rouage qui leur était particulier : celui de l’inspection ecclésiastique, exercée par des inspecteurs élus et chargés de consacrer les pasteurs.

Fédération protestante. — - Les tentatives faites pour fédérer les trois groupes entre lesquels s’est partagé le culte réformé n’ont pas réussi. Au contraire, une fédération plus large a pu être constituée, sur l’initiative de A'’ union des églises évangéliques libres, entre la presque totalité des églises protestantes (Églises évangéliques. Églises réformées unies, groupe de Jarnac, Église luthérienne, méthodistes. Églises indépendantes, etc.).

Cette fédération, toutefois, n’est pas une union d’associations. C’est seulement une association de personnes, non déclarée, et par conséquent dépourvue de personnalité morale. C’est seulement un

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