CHAPITRE VI
roccasion des expositions, soit par subventions, souscriptions, missions, bourses, etc...
c) Inexistence d’un certain nombre de théâtres appartenant soit à l’État, soit aux villes, et dont l’exploitation est subventionnée ou mise en ferme.
Manufactures nationales. — T/État entretient et exploite directement trois établissements modèles consacrés à la production d’objets artistiques. Ce sont la manufacture de porcelaine de Sèvres et les manufactures de tapisseries des Gobelins et de Beauvais C
Une école de céramique est annexée à la manufacture de Sèvres.
Expositions. — Le « Salon de peinture » a été créé par Colbert en 1667. Il n’était alors ouvert qu’aux œuvres des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture. La Révolution supprima ce privilège et le Salon fut ouvert désormais à tous les artistes, sous réserve de l’admission prononcée par un jury spécial. Ce jury était en partie nommé par le gouvernement, en partie électif.
Le Salon a cessé, en 1881, d’être une institution publique. L’administration provoqua alors la constitution d’une association privée, la « Société des artistes français », qui se chargea d’organiser l’exposi-
^ La manufacture de Sèvres tire son origine crune société particulière fondée a Vincennes en 1745. — Kn 1753, le roi Louis XV en devint le principal actionnaire ; enl75 9 il Tannexa au domaine royal. — La manufacture de Sèvres est actuellement régie par un décret du 15 décembre 1891. Depuis longtemps, son autonomie est réclamée par ses administrateurs. Cette mesure, qui permettrait à la manufacture de s" industrialiser, c'est-à-dire de substituer les méthodes industrielles et commerciales aux pratiques administratives, est indispensable à sa prospérité et à son développement. LTn projet en ce sens a été déposé par le gouvernement le 27 août 1919. Le vote de ce projet s'impose si l'on veut faire de la manufacture de Sèvres une source de revenus, comme est, en Saxe, la manufacture de Meissen. — Il se heurte cependant à ce principe qu'il ne rentre pas dans les attributions de l'État d'exploiter une industrie faisant concurrence à l'industrie libre dans les conditions évidentes d'inégalité. Le principe est juste ; mais les origines de la manufacture, le renom qu'elle a dans le monde, le fi^At que la marque se trouve traditionnellement la propriété de l'État, l'impossibilité où se trouve l'industrie privée non pas de faire aussi bien, mais de fabriquer ' des Sèvres », justifient en l'espèce une dérogation qui serait profitable à la fabrication libre.
JLa manufacture des Gobelins a été créée en 1662 par Colbert sous le titre de manufacture royale des meubles de la couronne. Tous les arts de l'ameublement y étaient alors pratiqués. Kn 1694, la pénurie du Trésor obligea à fermer la manufacture ; elle fut reconstituée en 1699, mais pour la tapisserie seulement. Elle a continué depuis lors sans interruption. — On y fabrique des tapisseries pour les seuls bâtiments publics, exceptionnellement pour les particuliers. A la manufacture sont annexés un musée et une école.
La manufacture de Beauvais^ fondée en 1Q64, contientr de même une école et
^n musée^
LES BEAUX-ARTS
tion annuelle dans les bâtiments, offerts d’abord gratuitement, puis aujourd’hui loués à l’État. Un groupement de peintres dissidents constitua en 1890 la « Société nationale des Beaux-Arts ».
U’Êtat n’intervient plus que pour attribuer, chaque année, le prix du Salon (appelé aujourd’hui prix national) à un artiste âgé de moins de trente-deux ans « qui paraît, par la qualité de son œuvre exposée, le plus propre à profiter de. deux années de séjour à l’étranger ». — Des bourses de voyage sont en outre allouées aux frais de l’État à un certain nombre de jeunes exposants (neuf au maximum) *. Quelques artistes reçoivent enfin des encouragements pécuniaires, sans obligation de voyager.
Acquisitions, souscriptions, commandes, etc. — Des crédits sont ouverts chaque année à l’administration des beaux-arts pour les commandes à faire et pour l’acquisition d’œuvres exposées. Les achats ou commandes sont faits sur l’avis de commissions spéciales (commission des travaux d’art, commission pour l’acquisition des œuvres exposées dans les deux Salons).
L’administration dispose de même de crédits pour souscrire aux ouvrages artistiques qui lui paraissent dignes de cette faveur. Les ouvrages acquis sont répartis entre les bibliothèques publiques.
Théâtres — La liberté des théâtres existe en France depuis le décret du 6 janvier 1864. Toute personne peut ouvrir et exploiter un théâtre, .sous réserve de faire une déclaration à l’administration et de se conformer aux me.sures de police imposées par l’autorité dans l’intérêt de la sécurité publique.
Jusqu’en 1906, toutefois, l’administration intervenait en cette matière d’une manière particulièrement étroite à raison du maintien de la censure pour la représentation des ouvrages dramatiques.
La loi du 30 juillet 1850 et le décret du 30 décembre. 1852 interdisaient toute représentation sans autorisation préalable du ministre à Paris et du préfet dans les départements. — En 1^70, sans abroger
^ Le « prix national » n’est lui-même en définitive qu’une bourse de voyage IJlus élevée (10,000 fr. au lieu de 4,000). il ne faut pas confondre le prix national avec les récompenses diverses (médailles et mentions) distribuées par le jury de la Société des Artistes français. Les bourses et les prix offerts par l’État sont distribués par le conseil supérieur des beaux-arts. Les titulaires peuvent en être choisis dans l’un ou l’autre Salon ou même dans toute autre exposition puldique.
^ Bibliographie : Constant, Code des théâtres, 2^ éd., 1882 ; Bureau, Le théâtre et sa législation (thèse), 1897 ; de Chauveron, Les grands procès de la Comédie- Française (thèse), 1906 ; Jean Bayet, La société des auteurs et composé leurs dramatiques (thèse), 1908,