‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 31 sur 142 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

De la distribution géographique des végétaux ^ ou de la

géographie botanique.

Nous avons décomposé le globe terrestre en ses paities solides, liquides et aériformes. Passons à la considération de ces êtres innombrables qui étalent sur tous les points de ce globe 1& spectacle de la vie , qui en embellissent la surface ) qui en consument les inépuisables sucs nourricièi^, et, par un sort commun, y trouvent mille tombeaux divers. Sans doute ces productions et ces habitans de la terre n*y sont point disséminés au hasard; des lois générales ont assigné à chaque classe de ces êtres organiques son berceau et sa tombe; ces lois, nous devons les étudier avantîd'entreprendre la description des diverses parties du

monde.

Par leur abondance , et par leurs rapports intimes avec le soly les végétaux réclament la première place. C'est à la botanique à examiner en détail les trésors du règne végétal : ces fleurs brillantes et passagères; ces calices qui

Da choix de leurs parfamB^emlMimiueiit rabeillje;

ces étamines, ces pistils, tous ces organes des amours innocentes; ces ovaires qui survivent à l'enveloppe maternelle , et en se développant deviennent des fruits succulens; ces germes qui, s^s un mince volume, renferment l'espoir des générations à venir ; toutes ces charmantes merveilles revêtues de tant de formes, et produites par le jeu simultané de tant de forces diverses, que l'on croirait volontiers la nature occupée de ce soin unique, si l'on ne savait que ce sont là ses moindres ouvrages. La

géographie physique s^occupe de la distribution du règne végétal, et y trouve assez de matière à admirer cette sagesse qui a présidé à la production de Tunivers.

La force végétative embrasse toute Tétendue da globe, depuis un pôle à Tautre, et depuis les sommets des Andes, où le lichen rampe sur les rochers les plus durs^ jasqa^an sein de la mer, d*où s'élèvent les prairies flottantes d*algués et de fucus. Le froid et la chaleur, la lumière et l'ombre, les terrains fertiles et les déserts, chaque lieu et chaque température a son genre de végétation^qui s'y plait et prospère. Les cryptogames se ramifient même sur les sombres voûtes des mines et sur les parois des cavernes les plus profondes. La température de l'air paraît seule mettre des bornes physiques à l'extension d'une espèce végétale. L'échelle de la chaleur atmosphérique sert aussi d'échelle ordinaire aux progrès dei la végétation. Voilà pourquoi, sous le climat brûlant de la zone torride, on n'i^ qu'à s'élever sur les montagnes pour jouir des fruits et des^fleurs de la zone tempérée. Toumefort trouva au pied du mont Ârarat les végétaux ordinaires de l'Arménie -, au milieu , ceux de l'Italie et de la France; sur le sommet, ceux de la Scandinavie. Forster vit plusieurs plantes des Alpes sur les montagnes de 1a Terre de Feu. Si les vallées des Andes sont ornées de bananiers et de palmiers , la régions plus âevées de cette chaîne nourrissent des chênes, des sapins, des berberis, et une foule de genres communs au nord de l'Europe. L'homme, profitant de cette disposition , a transporté et disséminé presque sur toute la surface du globe ces gramméeâ qui lui fournissent sa prin* cipale nourriture. Quelques autres plantes utiles onfc été rendues communes à tous les climats par la nature même. Les plantes antùeorbutiçueSj ù salutaires ponr le naviga* teur languissant dans sa prison flottante, sont répandues partout où il y a encore un germe de vie. On trouve do cresson, de la chicotée, de l'oseille sauvage sur les rivages toujours glacés de la baie dliudson , et dans la Sibérie , aussi bien que dans ces heureuses lies éparses au milieu de

rOcéan Pacifique. Les arbustes qui portent des baies et de petits fruits agréables au goût viennent dans les pays les plus inhabités. Dans le Groenland même, le groseillier porte de très-bons fruits. La Laponie possède une ressource dans ses arbustes, tels que l'épine- vinette, le mûrier rampant, Tairellier et autres.

A quel degré de chaleur, à quel d^ré de froid la végétation doit-elle s'arrêter ? Jusqu'à quel point l'augmentation ou la diminution de la pression atmosphérique, l'intensité ou l'absence totale de la lumière mettront-elles des bornes à la vie végétale ? Gomme dans le règne animal , les extrêmes se touchent aussi dans celui de Flore. Quelques agames de la famille des conferves vivent dans des eaux chaudes au degré de l'eau bouillante, et Vuredo fiwalis (protococcus Agandh) donne une couleur rouge brillante aux neiges perpétuelles des hautes montagnes et à celles du Vieux Groenland. Une foule de plantes cryptogamiques végètent dans des cavernes oii les bienfaisàns rayons de la lumière n'ont jamais pénétré. Des forêts de bouleaux très-vigoureux revêtent les pentes du milieu de la chaîne de l'Himalaya jusqu'à des hauteurs qui dépassent celle de la cime du Finsterahorn, et des buissons de tama y tapissent des terrains encore plus élevés que le sommet du mont Blanc, tandis que d'innombrables hydrophites poussent du fond des mers et des abîmes de rOcéan leurs filamens immenses. Quelle énorme différence de pression , de température et d'intensité de lumière offrent ces végétaux, lorsqu'on veut lés comparer entré eux sous ces trois seuls rapports! C'est l'absenbe de Tbumidité qui paraît opposer à la v^étation les obstacles les plus redoutables. Voyez, sous l'équateur comme vers le pôle, ces déserts sablonneux condamnés à une éternelle stérilité! Aucune goutte de pluie ne saurait s'arrêter dans ce sol incohérent et toujours remué - par les vents ; aucun germe ne saurait s'y fixer.

Les montagnes de la zone torride présentent souvent, depuis leur base jusqu'à leur sommet, les végétaux que

336 TKklTÈ ÉLÉMENTÀJOIE

Ton rencoDlre depuis réquatetir jusqu^aux pôles. Noos sommes en outre parvenus à reproduire dans nos serres , suivant la température , le degré d'humidité et la nature du terrain que nous leur donnons , une infinité de plantes originaires de tous les climats. Les différences géographiques que présentent les végétaux dépendent donc presque uniquement des différens degrés de chaleur, de lumière et d*humidité qu'ils reçoivent , ainsi que de la nature du tei^ rain qui les nourrit, et de l'influence des divers phénomènes météoriques qui se passent dans la nature. Il existe cependant un grand nombre de plantes qu'on pourrait appeler cosmopolites, parce qu'elles s'accommodent à tous les climats et à toutes les localités, telles que la dUcorée, Yoseille, le cresson et mille autres.

Quatre causes agissent constamment pour disséminer les plantes sur la surface du globe : les eaux, les vents, les animaux et l'homme. La première s'applique aux plante aquatiques ou littorales, la seconde aux cryptogames, les deux dernières aux phanérogames en général. Les plantes se naturalisent partout où elles trouvent une température et d'autres circonstances atmosphériques analogies à celle de leur pays natal.

Il faut bien se garder de donner une trop grande latitude à l'action de ces quatre causes. 11 nous semble qu'on a beaucoup trop exagéré les prétendues migrations des plantes. On veut, par exemple, que l'Europe ait reçu k froment et l'oi^e de la Tartane ; le noyer^ de la Pêne; l'olivier, de la Syrie ; la vigne, des bords de la mer Caspienne : enfin, on accumule des témoignages faistonqncs pour prouver que presque tentes nos plantes utiles sont venues d'Asie ; mais toutes ces observations des anciens peuvent se rapporter uniquement à la euUurs d'une plante, et non pas à son origine. Sans doute LucoUe a le premier amené de Cerasonte en Pont les cerisim cultivés depuis en Italie; mais en rapportant ce fait, Pline nous dit que les cerises de Lusitanie étaient les plus estimées en Gaule Belgique, et que la Macédoine

BE GÉOGHAPHIE. 33^

en produisait une espèce particulière. Aurait-il parlé de la sorte si les cerisiers de Macédoine et de Lusitanie de^ cendaient de ceux du Pont? Le même auteur semble con*venir que la vigne était indigène en Gaule. La tradition unanime de Tantiquité fait naître ^n Sicile ou dans FAt* tique la culture du froment; culture contemporaine des premiers essais de législation. Une espèce de seigle, connue sous le nom celtique àiarinca, conservé dans le terme dauphinois riguet, était indigène dans les Gaules. Ces exemples, qu'il serait aisé de multiplier, prouvent que les plantes céréales, et en général les végétaux de TEurope, peuvent se passer de Tlionneur d'une origine étrangère. D*un autre côté, Ton ne saurait nier que les migrations de rhomme aient singulièrement influé sur l'extension géographique des plantes. Non-seulement l'homme transporta à dessein le cafeyer de l'Arabie aux îles de Colomb, et la patate de l'Amérique aux rivages de l'Europe; mais même le simple hasard, en laissant une graine éti^angère se mêler à un ballot de marchandise , a répandu plusieurs plantes du Brésil aux environs de Lisbonne, et quelques-unes de celles du Portugal sur les côtes voisines de Falmouth et de Plymouth en Angleterre. .

Il y a dans la dissémination des plantes plusieurs singularités difficiles à expliquer, et même à définir. Quelques plantes semblent vivre en société, et occuper exclusivement de vastes terrains d'où elles bannissent tout autre végétal. C'est ainsi qu'à travers le Jutland, le Holstein, le Hanovre, la Westphalie et la Hollande, on peut suivre une longue chaîne de collines uniquement couvertes de la bruyère ordinaire et de la bruyère tetraUx* Depuis des siècles, les peuples agriculteurs combattent avec peu de succès contre la marche progressive de ces phalanges végétales. Il est encore singulier que le genre erioa ne se trouve que sur un des côtés de notre planète. Elles s'étendent depuis les terres polaires jusqu'au cap de Bonne-Espérance, sur une surface très-étroite en comparaison de sa longueur. Quelques espèces se propagent dans la direction des loogi-

338 TRAITÉ ÉLÉMSKTAIBE

tudes y et ne se portent ni à droite ni à gauche. Ainsi le phalangium Ucotor^ selon M. de Mirbel, commence à paraître dans les campagnes d* Alger, passe en Espagne, franchit les Pyrénées, et va finir en Bretagne. Le menziezia polifoUa habite le Portugal, Textrëmitë sud*ouest de la France et Tirlande. Le ramondia pyretudca suit, sans jamais se détourner, les vallées des Pyrénées qui courent du nord ao sud, n sorte qu'on n'en rencontre aucun pied dans les vallëès latérales.On voit d'autres fois des sauts singuliers dans la distribution des plantes. La plupart des arbres forestiers de TEik rope, même les plus robustes, disparaissent vers^lea moob Uraliens, et surtout vers les bords du Tobol et de llrtych : ils ne ax)issent pas en Sibérie , quoique sous le même climat ; le chêne, le noisetier et le pommier sauvage suivent cette commune loi \ on en chercherait en vain un pied de puis le Tobol jusqu'à la Daourie ; pourtant les deux premiers reparaissent tout-à-coup sur les bords de rAi^an et de r Amur ; le dernier se montre de nouveau dans les ties Aleutiennes.

La flore du nord^ouest de la France se reproduit dam l'autre hémisphère , à l'extrémité de F Amérique Australe, dans l'archipel des Malouines, où M.d'Urville trouva plusieui^ des végétaux et smiout des cryptogames qui parent le sol du Finistère et du Morbihan.

La géographie botanique est encore trop pea avancée pour que l'on puisse établir un rapport numérique^ mêoK approximatif, d'espèces, de genres et de familles , eotir \e& différentes régions du globe. Si l'on ajoute a«x 1 7,45; espèces de plantes pharénogames décrites dans le S^eèm Plantarum de Willdenow, plus de 6,000 cryptogames également décrites, et aS à 214,000 espèpes diverses, dé couvertes récemment , et énumérées dans le JVatnemclator Botanicus de M. Steudel, catalogue le plus compte: et le plus récent des ri<^esses végÂales, on peut éva luer à 5o,ooo espèces le nombre des plantes aujouîrtThai connues.

D*après MM. de Humboldt et R. Brown, elles seraieu;

ainsi distribuées : en Europe, 7,000; dans TAsie tempérée, i5oo; dans TÂsîe équinoxiale et dans les tles voisines, 4500; en Afrique, 3,ooo; dans F Amérique tempérée des deux hémisphères, 4^000; dans l'Amérique ëquinoxiale, 1 3,000; dans la Nouvelle-HoUande et dans les îles de la mer du Sud, 5,ooo; auxquelles il faut ajouter les nombreuses plantes marines encore si peu connues, et les végétaux que les botanistes que nous venons de citer n'ont pas fait entrer dans leur distribution. Cet aperçu lui-même prouve combien sont incomplètes. nos connaissances sur le nombre des espèces qui peuplent les diverses contrées de la terre; car l'Europe, qui ne présente ni l'étendue de plusieurs de ces pajs, ni le luxe de végétation des terres tropicales , mais qui a été traversée en tous sens, et depuis longues années, par des savans et des naturalistes, parait, dans cette distribution arithmétique , être plus riche que l'Afrique et l'Asie, dont les surfaces respectives sont plus que doubles et quadruples de la sienne.

Un obstacle qui se présentera toujours dans l'évaluation du nombre des espèces, c'est le défaut d'harmonie qu'il est facile d'observer entre les botanistes , au sujet de ce qu'ils entendent par les «tols espèces et variétés. Les uns ont en effet multiplié au^ielà des limites raisonnables le nombre des espèces , en reconnaissant pour telles tous les êtres qui ne pimentaient pas rigoureusement les caractères pitres aux types décrits par les auteurs antécédens; les autres*, tombant dans l'excès contraire, ont aggloméré des êtres disparates, et réduU ainM , sans but philosophique, le nombre réel des plantas.

Si Ton considère maiotenant que de vastes espaces de l'Asie et de l'Amérique n'ont pas encore Âé explorés par les botanistes ^ que tout l'iQtérieur de l'Afrique, de r Australie et des gruades tles de l'Océanie, est encore aussi inconnu au géographe qu'au naturaliste, on verra que, sans être accusé d'exagération, on pourrait suppo* sèr que le nombre d'espèces exilantes sur tout le globe

34o TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

monte peut-être au double de celui que nous connaissons.

Le nombre des familles végétales connues difiere sous les différentes latitudes et dans les divei^ lieux de la terre, en allant des pôles à Téquateur, on voit augmenter le nombre des malvacées , des euphorbiacées et des composées. Les labiées j les ombelliferes, les ameniacées, les crucifères, semblent appartenir aux zones tempérées; les dernières surtout disparaissent entièrement dans la zone torride. La plupart des orchidées d'Europe ne se trouvent que dansl« bois ombragés et humides. Les saxifrages élégantes ^ les primevères, les gentianes, préfèrent certaines montagoes à terrain calcaire , etc.

Si Ton cherche quelle est la distribution des grande classes du règne végétal sur tout le globe,. on trouve que les plantes agames sont aux phanérogames dans la proportion de I à 7. Ces mêmes plantes , dans les contrée équinoxiales, sont dans la proportion de i à 5; dans la Nouvelle-Hollande y ou Australie, de a à 1 1 ; en France, de I as; dans la Laponie, le Groenland, l'Islande et MÈr cosse, en proportion égale.

Les monocotylédones , sur toute la sur&ce du globe connue, sont aux dicotylédones ou plantes parfaites, comme a à 9; de Téquateur jusqu'au 3o^ parallèle nord, comme 1 à 5. A mesure qu'on s'éloigne de l'équateur , le nombre des dycotylédones diminue, en sorte qu'il est moitié moindre par 600 de latitude nord et 5oo de latitude sud.

On n'a pas encore rassemblé des données suflSsanles posr établir à cet égard des règles applicables aux principale^ contrées du globe, et pour en rédiger un tableau commtr nous nous l'étions proposa.

Ce que nous venons de dire signale les grandes difficultés qu'on a à surmonter pour déterminer avec cotitwk des régions de géographie botanique. Les tentatives partielles faites depuis Tournefort, Linné, Adanson et Saussure, jusqu'à Soulavie, Ramond et Tonng, et les travaux

OK GÉOQRAPIIIE. 34 1

^ beaucoup plus importans de Stromeyer, de Tréviranus,

i de Léopold de Bucb, de Wahlenberg, de Hornemann,

: surtout ceux du baron Alex, de Humboldt, de De Can-

doUe et d^ Brown, servirent à rassemblfer les faits et à

poser les principes à l'aide desquels M. Schow a pu re'di*

ger la première géographie botanique du globe. Mais y

comme ce savant modeste Fobserve lui-même, quelque

important y quelque vaste que soit son travail, ce n'est en-

; core qu'un essai, vu les immenses lacunes qu'ofirent la

botanique et la géographie.

Comme la station et Yhabitation des plantes sont les premiers élémens de cette science nouvelle, nous allons d'abord les définir; nous donnerons ensuite un aperçu sur les principales stations de végétaux d'après M. De CandoUe ; et, après avoir défini ce que M. Schow entend par royaume on région phyto- géographique et par province botanique, nous indiquerons les dififérens pays qui forment les %% règnes dans lesquels M. Schow vient de partager toute la surface connue du globe.

On entend par station la nature physique de la localité dans laquelle chaque plante végète. L'exposition, la nature du sol, la hauteur au-dessus du niveau de la mer, la température et les autres causes qui influent sur la distribution des végétaux la constituent; en sorte que la station d'une' plante est une sorte de résultat moyen produit par la combinaison variée de toutes les influences des agens physiques.

On entend par habitation la région ou la partie du globe où chaque espèce est la plus commune ^^il serait facile de former un nombre considérable de divisions parmi les végétaux, en les considérant d'après les stations :{u'ils affectionnent. M. De Candolle les a réduites à une :|uinzaine déclasses, auxquelles M. Bory de Saint- Vincent en a ajouté deux autres, et dont nous offrons le tableau 3i-joint, extrait de l'article Géographie botanique, rédigé par M. Guillemin, dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle.

34^ TRAITÉ iLÉMBNTAlRE

!• Plantes maritimes oa saiines* Ce sont des plantes terrestres qol <mt besoin d^habiter les borda de la mer oa des sooroes salées (les smUeùrne*, les souJes, quelques statiees, etc. )•

s» Plantes mannes (thaUêswpkytts oa hyéropfytes de Lamoatou). plongées dans la mer on flottant à sa sarfece (les varees^ fes uLts, ttc]

3* Plantes aquatiçuts, Tiyant dans les eanz douces , donnantes oa enrantes ( la sagittaire, las t^rm^hea, les potamogéums, etc.).

4« Plantes des marais d^eau douce, croissant sar on sol qai« preaqœ toa^ jours submergé , est pourtant quelquefois à sec; ce qui détermine dasi la même espèce des formes yariées ( les renoncules açuatique et soMau, le polygonum amphibium, etc. ). Cette classe A*est peat-éue q«^nle ssb* division de la précédente.

5« Plantes des prairies et des pâturages sees (quelques lottss^ vn giasd nombre de graminées, des trèfles, etc. ).

6* Plantes des terrains cuhirés, dont le développement , apooftané émi ces terrains, semble dû ii Faotiott de rhomme, soit par le tmaspoit éc leurs graines arec celles des plantes cultiTées, soit que» pour ^Torie leur naissance , un terrain souTent remué et léger devienne néoessaîre ^ bleuet, la nielle des blés, plusieurs espèces de véroniques, ^empkûtiei, le sinapis arvensis, etc. ).

7* Plantes des rochers ou des murailles (les saxifrages^ le^v^f^ «{ucilqaa sisymbriitm^ quelques bromes, la Unaire cymbalairOf etc.).

8* Plantes des sables ou des terrains trës-menbles et trés-soliainniîds (k carex arenaria, le calamagrostis arenaria, qui contribue à la fizilé èm dunes y leplantago arenaria, etc.).

9<» PlaïUes des décombres, c^est-^-dire celles qui cboinssent les liabit>* tiens de l'homme ou des animaux , par le besoin qu'elles ont de ads et k substances axotées (la pariétaire^ Voriie, quelques cAoe^^iioisSi etc.).

10* Plantes des forêts, parmi lesquelles H faut distinguer les arbres ^ forment Fessence de la forêt (le chént, le hâtre^ Valisier, les pins, etc.) a les plantes qui ne viennent que sous leur abri (la plupart des ereUv d'Europe, quelques carex, quelques orobanches, etc.).

Il* Plantes des buissons On des haies, comprenant les pettia arfansies ^ constituent la baie ou le buisson (V aubépine, Téf^antier, etc.), et Is plantes herbacées qui croissent au pied de ces arbustes {VmJoxm ■«•• chatellinay la violette saupage^ Yoxalis aœtosella, etc.), on eelies qb grimpent entre leurs nombreux rameaux (les bryones, le fntaut eonmunis, quelques lathjrrus, etc.).

J 3* Plantes souterraines et des cavernes, c'estp4-dire qui peuvent pRsqR se passer de la lumière et même qui la redoutent (les bfsems, les n^et quelques antres cryptogames).

i3« Plantes des montagnes, que M. De CandoUe propose de dÎTÎscr fz deux sections, savoir : celles qui croissent dans les montagnee a^pia€* dont les sommités sont couvertes de neiges perpétuelles, et oà Turtoesment est coniino et abondant pendant les chaleurs de Tété ( «ne foidc à saxifrages, de gentianes, de primevères, de rhododendrons, etc.); f celles qui habitent les montagnes d'où la neige se retire arant fett <> qui sont prifées d'irrigation continue (plusieurs anthirrhinum, et cnn?

aalres l^A. ai^Uutmf des omheiUfiret, principalement dn genre seselif

deg Miéès , etc.)* i4* PlanUM paroMiUt ^ qui pompent lenr nourriture sur d'antres Tëgétaux,

et qui par conséquent peuvent se trouver dans tontes les stations pré-

cédientes (le gui^ les orohanchet^ les etucuCst, une foule de liehens^ de

champignons, de mousses, etc.).

i5* Plantes pseudo-parasiZes, qui vivent sur des végétaux moris (des ii-

chensy des mousses, etc.), on bien snr Fécorce des végétaux vivans, mais

sans en absorber la sève ( les épidendrts, etc.). i6^ Plantes ijui végètent dans les eaux thermales, depuis ao* jusqn^à 480

Réanmnr au-dessus de o» (le vùex iignms eastuê, plusieurs cryptogames

du genre aseUlatoria, etc.).

17* Plantes qui né se dé^dofpent que dans les infusfons on dans les lir

queurs artifieielles, ) On ctio eatr* antres une eenfave qû se développe

dans le vin de Madère).

On ne peut assigner à aucune station comme à aucune région les plùntes cultivées et devenues domestiques entre les mains de l'homme, dans ses champs ou ses jardins; la plupart le suivent partout en raison des soins dont elles sont Tobjety et leur patrie primitive, lorsqu*on croit devoir leur en supposer une, est presque toujours environnée de la plus profonde obscurité.

En général, Ton peut dire que la station d*ime plante au-dessus du niveau de la mer varie d'autant plus que son habitation ordinaire serapproche davantage du climat des zones tempérées \ que les plantes qui croissent à toutes les latitudes croissent aussi à toutes les hauteurs; enfin que les plantes qui ne croissent qu'à une latitude déterminée se trouvent à la hauteur aii-dessus de la mer dont la température correspond à celle de la latitude.

Selon M. Schow, pour qu'un espace quelconque du globe forme ce qu'il propose d'appeler un royaume (/«g:num ) ou région phyto-géographique^ il faut que la moitié des espèces au moins y soit indigène ; que le quart des genres le soit également, ou du moins qu'il le soit en si grande majorité, que leurs congénères dans d'autres climats n'y paraissent que comme représentans ; enfin que les familles individuelles des plantes y soient aussi en grande majorité indigènes. U ne regarde cependant pa& cette dernière condition comme absolument essentielle,.

344 TIUITÉ ÉLÉMEK TAIRE

pourvu que les deux autres soient suffisamment remplies. De légers degrés de différence dans la végétation forment la caractéristique des divisions ou piovincesd^un royaume; il regarde un quart des espèces et quelques genres comme sui&sans pour les déterminer.

Voici les 2a royaumes botaniques suivant lesquels M. Schow partage le globe.

i« Le mOTÂiTiCB des sàxifeAges et des mousses (regnum saxifrag^ntm a mifieorum), oa flobe alpine akctiqub. Ce qui caractérise celle ré^km, c'est la quantité de moosses et de lichens; les familles des saxifragées , gcotianées, caryophyllées, les genres des carez, des saales; l'abaeocc totale des familles tropicales; ane décroissance notable des formes caractéristiques de la zone tempérée, des foréls de sapins et de bouleaux, et Vàb sence d*auires forêts; le petit nombre de plantes annuelles, l'abondance des plantes vivaces; et enfin une plus grande vi?acité dans lears couleurs simples. Cette région se partage en deux proyinces : la prwine^ dcM cartx (provincitf caricum), ovl flore arctique^ qui comprend tous les pajs audelà du cercle polaire, avec quelques parties de TAmérique, de TEurope ei de l'Asie qui en sont au sud, notamment la Laponie, le nord de la Russie, la Sibérie, le Kamtchatka, la Nonrelle -Bretagne, le Canada, le Labrador , le Groenland et les montagnes de l'Ecosse el de la Scandinavie. La province des prinuilacées et des phyteuma ( provincia primslacearum et phyteumarum), on flore alpine du sud de C Europe^ qui eo>brasse les flores des Pyrénées , de la Suisse, da Tyrol , de la Savoie , etc, des montagnes de la Grèce, des Apannins, et probablement des montagnes de PEspagne*

%• Le aoTAUME des OMBELLipàRES ET DBS CRUCtFèmES (regitunt umheUtâM' mm et eruoiferarum). Les ombelliféres ci les crucifères y sont en hieo plus grand nombre que dans aucune antre région; les rosacées, renoii* enlacées, amentacées, conifères et champignons, y sont aussi trés-aostbreux; l'abondance des earex et la chute des feuilles de presque tous sa arbres pendant Miiver, forment aussi un de ses traits priacipanz. Cette

/ région offre deux provinces distinctes : la province des ehiooraeées {provincia cicboracearom ) , qui embrasse tout le nord de FEarope , son compris dans le royaume précédent, savoir l'archipel Britannique, k nord de la France, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark, la Polognr, là Hongrie et la plus grande partie de la Russie Européenne; la provtaee des astragales et des cynarocéphales ( provincia astragalomm et cjnanK cephalarum ), qui comprend une partie de la Russie Asiatique ci des contrées Caucasiennes.

3* Le aOTAUMX des labiées et des CAiToraTLL^BS ( regnum lahiatSÊrwm d earyophy/learum)f ou flosb M^DiTEaaAiréEirvE. Ce qui distingua cette région, c'est l'abondaI^e des labiées et des caryopbyllées; quclqnas familles tropicales s'y rencontrent, telles que les palmien, laurinces, •roidées, térébinlbâcées, graminées du genre pmUeum, cjpéncces da

DE géoghapuie. 345

genre eyptrus* Les foréis se composent principalement d'^amenlacces et <le conifères; les taillis, JVricinëes, térébiutbacées , etc.; on y yoit on grand nombre d^arbres toujours verts, la végétation ne cesse jamais entièrement; les prairies sont plos rares. M. Schow croit qa*on pourrait le partager en cinq provinces , savoir : la provinoô deê cistes ( provincia cistorum}» qui comprend r£spagne et le Portugal; la province des sauges et des scabieuses ( provincia salviarum et scabiosarum), le sud de la France, riialie et la Sicile ; là province des labiées-'arbrisseaux (provincia labiatarum frutescentium), le Levant, la Grèce, TAsie-Minenre et la partie méridionale des contrées Caucasiennes; la province atlantique (provincia atlantîli), le nord de rAiriqfiie, dont il ne connaît encore aucun caractère distinctif ; la province des joubarbes (provincia sempervivorum)» les Canaries et peut-être aussi les Açorcs^ Madère et le nord-ouest des cdtcs d'Afrique; beaucoup de joubarbes, quelqucs.enpborbes à tiges nues et épineuses caractérisent particulièrement celte province. 4° Le lOTAUME nES bbahuées et des GAraiFOLiACéES {regnum rhamnorum et caprifoUorum). Cette région est encore trop peu connue pour pouvoir en déterminer avec précision les traits caractèristiquei. Elle embrasse la partie orientale tempérée de TAncien Continent, noumment le Japon, le nord de la. Chine et la Tartarie Chinoise. Sa végétation parait occuper le milieu entre celle de TEurope et celle du nord de T Amérique, en se rapprochant plus que Tcuropéenne de la flore tropicale. 5* Le moTADME des asters ET DBS soLiDAGES (rcgnum asterum et soUdaginum). Cette région est caractérisée par le grand nombre detf genres aster et solidago^ par la quantité d'espèces de chênes et de sapins, par le peu de crucifères et d'om bel lif ères, par le manque total du genre bruyère {erica) et par les airelles ( vaccinia), beaucoup plus nombreuses qu en Europe. Elle comprend toute la partie orientale de l'Amérique du Nord, à l'eiception de ce qui appartient à la première région. M. Schow la partage en deux provinces : celle du sud, qui embrasse les Florides, rAlabama, le Mississipi, la Louisiane, eta, la Géorgie et les Carolines ; celle du nord, qui comprend les autres états de l'Union Anglo- Américaine, tels que l%Virginie, la Pensytvanie, la Nouvelle-York , etc. 6^. Le aoTAUME des maoholies (regnum rnagnoliarum).' Cetie région comprend les parties les plus méridionales de l'Amérique du Nord. Les formes tropicales, qui s^y montrent plus frcqi^emment que sous le même parallèle dans l'Ancien Continent, constituent le trait principal de sa végétation.

70 Le BOTAUMB des CACTÉES^ pip^BAcéES ET ifiLASTOMACées {regnum CaC' torum, piperacearum et melaslomearum). Ces familles y sont dominantes, soit par le nombre des espèces, soit par l'abondance des individus. M. Schow propose de partager ce royaume en trois provinces, savoir : la province des fougères et des orchidées { provincia Olicum etorchidearum), qui comprend l'archipel des Antilles; la province des palmiers (provincia palmarum), le.H parties inférieures du Mexique, la Nouvelle- Grenade, la Guyane, le Pérou. Le Brésil lui parait devoir former une province y si toutefois il ne constitue pas ii lui seul une région. 8* Le aoTAVMS des quiiquiras {rt§num cinohonarum), qui embrasse une

346 TRAITÉ ÉLéMBflTAIRE

partie des régions ëterées de l'Amérkpie da Sod, compracs dnis la sc»e torride. he prédeox qmnqtdna, Tégétal qai leur appatlwiii ezdiisÎTeinent^ en forme le trait principaL 90 Le aoTÂVHC des cscallosia, dss âikellcs et dbs wnmaA {regmÊtm eteoUonimum^ vaeeàdortan et nMthtrantm). Cette tèfgtaû. embtFBaae 1b parties les plus éleyées de FÂméricpie do Sad. Les formes alpines *> montrent (saxifraga, âraba^ atenariaj eerastùnn, enrexet gOEtùma); peut-être aussi les montagnes da Mexique, oà se trouTent les cbéoes et les sapins, appartiennent à la même région , (pioiqa^elies puisaent former une province séparée , la provinee des chênes et des pins { prorâda queroorum et pinorum).

10* Le aoTÂiri» nu csiu (reliait c^ejue). La flore du Gliili ilifftre essentiellement de celle de la Nouvelle-Hollande, du cap de Bonne-Espérance et de la NouTelle-Zâande, quoiqu'elle s*en rapprodie per les genres goodenia, aroitearia, protea^ gunnera^ andstnan, II* Le aoTÂVMB dks composées AtBOBSSCBatcs {tegnum eompasitmnm arborescentium). Le grand nombre de sjrnanthérées , particuHéi émeut de la famille des hôopideœ^ forme le trait caractéristique de cette flore, qui se rapprocbe d'une manière remarquable de celle de rEorope, tandii quMle diffère entièrement de celles du Cbili, du Cap et de la NooreBe- Hollande. Ce royaume comprend la partie inférieure du baasm de la Plata et les plaxnes qui s'étendent à Fouest de Buenos- Ayres. 13» Le aoTÂUHB âvtâictiqvb {regnum antaretieum\ formé des cottlrées qui aToisinent le détroit de Hagellan. Cette flore se rapproche de cdk du nord de la zone tempérée ; cependant les formes polaires ae déploie» dans les espèces de saxifrsfga, gentUaia^ arhutus, prùnulaf elle ofiv aussi quelques rapprocbemens avec celles des montagnes de rAnérique du Sud, avec la flore du Ghfli et avec celles du Cap et de la Kouvette- Hollande.

i3o Le aoTAimB de ul NouTCLLE-Z^LAffOE (regnum Ifovœ''ZeUndUs\ Cette flore, qui comprend le groupe de la Nouvefle-Zélande , offre, oa> tre les plantes qui lui sont propres, plusieurs autres qui appartienmft aux extrémités de l'Amérique, de FAfriqne et de F Australie os NouveDe- Hollande.

14® Le xoTAuME Dca irAcainte et des ErrcALTrrus {regnttm epmeridet rum et eucalyptùrum). Cette région ae compose des parties tempérées de la Nouvelle^Hollande et de la terre de Van-Diémen. Outre les fianBo dont elle reçoit sa dénomination, celles des protéacées, mjrrtéet, styli* dées, resttacées, diosmées, les acacia hétéropbjlles , etc., qui s'y tm> vent en grand nombre, contribuent à la séparer des autres régions. i5* Le moTAvifE des ficoîdes et des stapelia {regnum mesemBrjrmntktmorum et stapeUarum), Le trait principal de cette flore est le grand nombre des mesembryanihemuin et stapelia, ainsi que des érioinée», cette dernière famille y est plus nombreuse que partout aiOewB. Cttu région embrasse l'extrémité méridionale de TAfrique. 16** Le aoTAVits de l'Afkiqvs oc€iDEirTAi.E {regnum Afncœ oecidentaiù\ Cette flore est un mélangé de celles de l'Asie et de FAmérique , quoiqu'elle se rapproche davantage de la première. Un nombre coaaidérahle

de graminto et de cypéracéeB, ei le genre Adtuuùnia^ k dialingaeni des antres. Dans Fétat actncl de la science, elle ne comprend cjne la Guinée et le Congo.

i7<> Le ROTAUXB DE L^ÂrBiQUB OHIEVTALB {ngnum Africœ ûnentaUs). Les genres diuutiê, ambora, dmnbejra, tenaoUt propres de cette région encore trés^pen connue, la distinguent des antres. Elle embrasse la câte orientale de l'Afrique.

i8<> Le KOTÀîJics DBS sgitàuibIEbs {regnum âdManUnearum), on flore mniEVBB. Les scitaminées j sont beaucoup plus nombreuses qu'en Amérique , ainsi que les légumineuses > cucurbitacées, tiliacées, quoiqu'à un moindre degré. L'état impar&it de la science ne permet pas encore de la sabdifiser en provinces. Cette région comprend Flnde, les deux rives du Gange, les lies Madagescar, Bourbon et de France, celles entre Tlnde et la Nottvelle-Holla&de, et peut^tre la partie tropicale de ce dernier continent.

1 9^ Les montagnes àe PInde doivent former une ou deux régions , dont la végétation diffère de celle des plaines. Ces contrées forment probablement la même région que FAsie Centrale.

ao« Les flores de la Cocbincbine, du ïonquin et de la Cbine méridionde, malgré leurs rapports avec celle de Tlndei offrent assez de plantes mdigénes qui leur sont propres, pour mériter de former une région particulière.

91» La flore de l'Arabie et de la Perse, différente de celle de Flnde et de celle de la Méditerranée , forme une région botanique particulière, à laquelle les nombreuses espèces de oassia et de mimosa qui j croissent ]x>urraient peut-être donner leurs noms* Il parait probable que la Nubie et une partie du centre de FAsie lui appartiennent. I/Abyssînie, doht le climat est tout différent sur les hauteurs , semble aussi former une de Bca grandes subdivisions, ou même une région toute distincte.

91* I^es fies de la mer du Sud, qui se trouvent en dedans des tropiques, forment sans doute une région séparée, quoique peu caractérisée; la plupart des autres appartiennent à FAmériqne. L'or&re d pain la oara6* térise, quoiqu'il ne croisse pas exclusivement dans cette région.

Les plantes marines sont également confinées dans cer» taines rëgions, par des causes analogues à celles qui limi* tent ou qui favorisent f extension des végétaux terrestres ; et S. Y. F^ Lamouroux à présenté un grand travail sur leur distribution géographique. Dans la mer comme sur terre, de grandes contrées ont chacune un système spécial de végétation ; ainsi l'Océan Septentrional , depuis le pôle jusqu'au 4o' degré, la mer des Antilles, les côtes orientales de l'Amérique du Sud, celles de la Nonvelle^oUande, cdles de l'Archipel Indien, la Méditerranée, la mer Rouge, etc., offrent autant de grandes régions marines soumises & une Végétation particulière.

La zone torride possède des richesses végétales qne Ton désirerait en vain naturaliser dans les autres régions du globe. Cest elle qui voit mûrir les fruits les plus succulens et les aromates les plus piquans; toute la végétation y a plus de force y plus de variété et plus d'éclat; les rayons ardens du soleil y érigent la plante en arbuste , et Tarbuste en arbre : ce n* est pas une simple sève qui coule dans les veines des végétaux ; ce sont des baumes, des gommes, des sucs qui flattent et excitent le goût difficile et émouss^ du voluptueux Européen , des remèdes précieux et uniques contre ces maux qui assiègent Thumanité. Quel paradis, si Ton pouvait y transporter la civilisation et la morale! C*ëst là que s'élèvent la canne à sucre^ le cafeyer, le palmier, Yarbre à pain, le pisang, l'immense bao6a6, les choux palmistes, le cacao, la vanille, la cannelle, la noir muscade, le poivrier, le camphrier, etc. Il y a encore beaucoup de bois de teinture et des espèces particulières de blé y comme le durra, le holcusy le camhu, le kéhru, qui appartiennent presque exclusivement à la zone torride, tandis que cette zone n'est privée d'aucune espèce de celles qui viennent sous un ciel moins ardent. La plante qui en Sibérie végète dans la plaine, se trouve aux plus hauts sommets des montagnes sous la ligne; et les flancs de ces mêmes monts représentent la zone tempérée.

L'aspect de la végétation , sous l'équateur, enchante Fimagination; c'est là que les plantes déploient les formes les plus majestueuses. De même que, dans les frimas da nord y l'écorce des arbres est couverte de lichens et de mousses y de même entre les tropiques le ty^mbidium ^Xa vanille odorante animent le tronc de Xanacardium. et du figuier gigantesque. La verdure fraîche des feuilles du pothos contraste avec les fleurs des orchidées, variées de mille couleurs bizarres. Les bauhinia, les grenadilles grimpan*tes et les banisteria aux fleurs d'un jaune doré, enlacent le tronc des arbres des forêts. Des fleurs délicates naissent des racines du iheobroma, ainsi que de Técorce épaisse, rude et noircie du calebassier et du gustavia. Au milieu

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de cette végétation si riche et de cette confusion de plantes grimpantes y le naturaliste a souvent de la peine à reconnaître à quelle tige appartiennent les feuilles et les fleurs. Un seul arbre orné de paullinia^ de bignonia et de dendrobium, forme un groupe de végétaux qui , séparés les uns des autres , couvriraient un espace considérable. Dans la zone torride, les plantes plus abondantes en sucs offrent une verdure plus éclatante et des feuilles plus grandes et plus brillantes que dans les climats du nord. Les végétaux qui vivent en société , et qui rendent monotone Faspecl; des campagnes de FEurope y manquent presque entièrement dans les régions équatoriales.

La hauteur prodigieuse à laquelle s^elèvent, sous les tropiques y des contrées entières , et la température froide de cette élévation , procurent aux habitans de la zone torride un coup d*œil extraordinaire. Outre les groupes de palmiers et de bananiers, ils ont aussi autour d*eux des formes de végétaux qui semblent n'appartenir qu'aux régions du nord. Des cyprès^ des sapins et des chênes , des épines-vinettes et des aunes qui se rapprochent beaucoup des nôtres y couvrent les cantons montueux du sud du Mexique y ainsi que la chaîne des Andes sous Téquateur.

35o TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

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