‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 33 sur 142 · TAAITÉ ÉLÉMENTAIRE · texte numérisé non relu

TAAITÉ ÉLÉMENTAIRE

l'œil du voyageur nocturne le spectacle d'un immenso incendie. Le termite d'Afrique, nommé aussi /burini' blan chej bâtit des collines solides, et \ araignée de la Guy an: attaque avec succès les oiseaux. Certains genres, sartoo: les cousins^ les abeilles et les mouches, paraissent être rtpandus également sur tout le globe; le court été du pu! en fait éclore une multitude aussi innombrable que le* chaleurs de la zone torride ; la moustique qui tourmcnîr le voyageur aux bords de l'Oréhoque, ressenil)le à ceL qui bourdonne en Laponie. Partout où l'iiomme n'a poin; desséché les marais et éclairci les forets, les insectes rignent en tyrans.

Nous avons suivi, à travers les ordres des zoophvte^. des mollusques et des insectes, le perfectionnement graduel des animaux à sang blanc et sans ^vertèbres, qui. dénués ou faiblement pourvus d'organes de sensibilité, paraissent constituer dans le règne animal, ponr ain^ dire, nn hémisphère diamétralement opposé à celui de animaux à vertèbres et à sang rouge.

Cette deuxième série du règne animal commence, comme la première, au sein de TOcéan, ce berceau de toutes les organisations primitives.

Les poissons semblent former un embranchement spécial du règne animal. Destinés à vivre dans un milieii plus dense que l'air, leur organisation tient par quelques traits à celle des oiseaux : plusieurs se rapprochent de> mammifères; il n'y a pas jusqu'au test des moUosqut^ dont diverses espèces semblent revêtues, et les Icptocèphales ne sont au vrai que des poissons zoophytes.

Le défaut d'industrie observé dans les poissons «ri probable que chaque bas&in de l'Océan a ses tribus paît culières qui y naissent et meurent. On connaît les stations de quelques espèces de poissons. Ainsi la morue, repan dedans toutes les mers boréales, entre l'Europe et FAmérique, se rassemble principalement sur les grands ban^^ de sable au sud-est de Terre-Neuve. Poursuivie par vîn^t mille pécheui*s, la morue se reproduit avec une féconditr

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étonnante ) on a calculé que chaque femelle portait dans sou ovaire plus de neuf millions d*œufs; et on remarquera, pour corroborer cette opinion, que la chimère antarctique semble être confinée spécialement au sud des trois grands caps y tandis que le roi des harengs^ ou chimère arctique, n'habite que le cerde polaire boréal. Les coryphènes et les chétodons se tiennent exclusivement dans la zone toiride; diverses espèces du premier genre qui, à cause de leurs brillantes couleurs, ont reçu le nom de dorades, sont les ennemis les plus actifs des poissons volons, qui également ne se montrent qu'entre les tropiques, ou tout au plus vers le 4o' parallèle de latitude. Ces genres se trouvent aussi bien dans TOcéan- Oriental que dans TAtlantique ; mais il est probable que les espèces varient. Il y a un grand nombre de poissons différens qui jouissent de propriétés électriques; les plus connus sont le gymnote électrique dé F Amérique, le trembléur ou le silums elec^ tricus des fleuves de TAfrique , et la torpille, qui parait répandue dans toutes les mers.

Les migrations des poissons n*ont point encore été étudiées avec succès. On ne sait pourquoi les harengs, venant du fond de la mer Glaciale , se transportent tous les ans sur les côtes dé Tlslande, de TÉcosse, de la Norwége, de la Suède , du Danemarck, de la Hollande et des États-Unis, aussi bien que sur c^les du Kamtchatka et des îles voisines. Les thons se transportent également tous les ans deTOcéan Atlantique dans la mer Méditerranée; fait que déjà les anciens avaient observé et décrit.

Les poissons des lads et des fleuves sont encore moins susceptibles d'une classification géographique. Les genres cjrprinus et perça, dont la carpe et la perche sont les types, peuplent presque toutes les rivières des zones tempérées; les esturgeons habitent les petites méditerranées, telles que la Baltique, la Caspienne, le Pont-Euxin; la grande espèce, fréquente dans le Wolga et le Danube, le cède encore pour la taille au mdl ou sïturus glanis, le géant des poissons fluviatiles. Le vorace brodiet et quel* L a3

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qaes autres espèces vivent souvent dans des mares sooterraines qui ne communiquent avec l'atmosphère c|ne par de petites ouvertures.

Une circonstance plus digne de figurer dans un tableao général, c*estla présence des poissons de mer, tels que le eabeliau^ dans le lac Winnipeg^ au centre de FAmërique Septentrionale. 11 y a des poissons qui s^avancent bars de leur élément; les anguilles traveraent les prairies; et, sur la côte de Coromandel , une espèce de perche, peroa scat^ dens, grimpe sur les palmiers* Un piriopAabne^ meo* tionné à la Nouvelle-Irlande par Ck>mmerçon , et que lo naturalistes de la Coquille ont rencontré plusieurs fois» grimpe souvent sur les arbres et court sur le sable coaune un petit lézard.

Ne doit-on pas rapprocher des poissons ces êtres qui, avec le sang chaud des mammifères, possèdent un mé* lange de formes extérieures propres aux poissons eC aux quadrupèdes? Habitans de la mer et de la terre, les haleines, le narwhal, les cachalots, les dauphins^ les morses, les phoques Kent, par le perfectionnement progressif de leur organisation y deux ordres dilTérens.

Comme les mammifères amphibies, les oétacées ont besoin de respirer fréquemment Tair atmosphérique; il paratt qu'ils doivent être bornés à certains climats. Le phoques des mers australes sont sans nul doute diflerens de ceux qui peuplent les mers boréales. Le Hon de mer des parages du Kamtchatka diflère essenUelle» ment de celui des mers du Groenland. Les pHuHfmes «itidines ou 'veaux^marins, qu'on dit exister dans là. met Caspienne, dans les lacs d'Aral, de Baîkal et de Ladoga, paraissent être une espèce rapprodiée des loutres et différente des phoques marins. Le cachalot à grosse téie, habitant des régions éqûatoriales, suitout de l'Océan Indien, et qui nous donne Tambre gris, ne difière point essentiellement du grand cachalot des mers glaciales.

Parmi les animaux terrestres, les reptiles occupent un rang intermédiaire. Le C7x>coJi7e de l'Afrique, le gauial do

Gange et les divers caïmans d* Amérique, sont les géans du genre lézard; c'est dans les régions les plus chaudes de l'Amérique et de TOcéanie que les serpens se roulent en orbes immenses , ou portent sous leur dent un venin mortel ; les tortues, qui paissent les algues dont se tapisse le fond de TOcéan , ne couvrent d'une infinité d'oeufe que les sables des régions équatoriales.

Les ailes dont les oiseaux sont pourvus semblent leur assigner l'atmosphère entière' pour domaine ; mais ces êtres, en apparence &i libres, sont pourtant soumis à certaines lois géograj^iques. Le condor et le roi des vautours, qui plane au-^esâus du Chimboraço même, n*abandonnenl point la chaîne des Cordillières du Pérou et du Mexique; le voMUour des agneaux et le grand aigle ne s'éloignent pas des sommets de nos Alpes. V aigle de mer ou Yorfraie est peut-être répandu autour du globe, La zone torride ne possède pas seule des perroquets : communs en Amérique^ on en a retrouvé jusque sur les îles Macquarie, par S^e de latitude S. Les loris, plus beaux, sont des îles au sudouest de l'Asie, et les aras sont tous d'Amérique. Le fa* meux oiseau de paradis ne sort pas même d'une région assez étroite de la zone torride» savoir, de la Nouvelle- Guinée et des tles voisines. Parmi les oiseaux qui ne savent pas voler, chaque région équatoriale, isolée par des mers , a produit ses espèces particulières : Y autruche d'A-^ frique et d'Arabie, le casoar de Java et de l'Australie, et le towjrou d*Amérique, offirent, dans des espèces très-distinctes, la même tendance générale de l'organisation. Les oiseaux de moyenne et de petite taille, dans les centimes équinoxiales, brillent des couleurs les plus magnifiques; leur plumage reproduit l'édat métallique des insectes de la même zone.

La zone tempérée pour les oiseaux s'étend dans notre hémisphère depuis le 3o« parallèle jusqu'au 60^; en dedans de ces limites, les genres et même quelques espèces n'ont plus de régions particulières bien fixes ; d'ailleurs les hommes en ont transplanté ou entraîné sur leurs pas une

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foule d^espèces originairement bornées à une seule trée. Le phénomène géographique le plus remarqaaUe, c'est la migration annuelle des hirondelles^ des cigognes et des gfues qui, aux approches de Thiver, abaadonneot les contrées boréales de TEurope pour se rendre, soit en Italie et en Espagne , soit même en Afrique.

La zone glaciale compte un petit nombre d'espèces qui lui sont particulières ) mais toutes les espèces appartiennent principalement à des genres aquatiques^ et notamment à \anas.

Chaque grande division maritime du globe a ses oiseaux particuliers. Valbatros plane sur les flots dès qa*oti s'approche du 4o® parallèle de latitude. Les frégiUes et les aùeaux des tropiques ne s'éloignent pas de la zone torride; leurs espèces cependant ne différent pas d'un océan à Fantre. Le pingouin du pôle boréal est le repr^ntant da mwtcftol des mers australes; ces oiseaux sans ailes offrent la dernière dégénération de Tordre auquel ils appartiennent. Les quadrupèdes formant un ordre d'animaux bien supérieur aux précédens, et leur distribution géographique peut jeter un grand jour sur l'histoire de la terre , et se lie même à celle de l'homme.

Dans les migrations des animaux y il ne s'agit pas tant de leuryôrce Mtive, ou de l'énergie de leurs organes , qoe de ce qu on pourrait appeler \&ivc force p€usii^e, c*est-àdire la faculté de résister aux changemens de tenapératore. Souvent, dans tout un genre, une seule espèce est dooëe de cette faculté. D'autres fois, une espèce animale ne doit sa grande extension qu'aux soins de l'homme qui a su se l'assujétir, et qui l'a transportée avec lui aux deux bonis du monde. Les organes extérieurs d'un animal snbisMot déjà de grands changemens par le seul effet de lear dame»tieiii; la diverrîté du climat en produit d'autres non moias remarquables. Quant aux animaux sauvages, ils se règienl dans leur migration , surtout d'après i'abondanoe oa k disette des vivres; les carnivores trouvent partout leur nourriture naturdle; et, par cette raison, ils x>nt du se

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répandre fort au loin. Ceax qui ne souffrent point les grands froids n*ont pu se répandre de FÂncien dans le Nouveau Continent y parce que les seules communications imm&liates qu^il y ait entre ces deux Continens sont celles formées par les glaces arctiques. II y a beaucoup d'espèces animales dont l'histoire prouve Tancien s^our dans des climats beaucoup plus froids que ceux où ils vivent aujom*d'hui. Tantôt les persécutions continueUes de lliomme les ont anéantis ou chassés; tantôt les progrès de Tagricul-* ture, en diminuant les forêts^ leur ont enlevé à la fois leur territoire de chasse et leurs asiles.

Plusieurs quadrupèdes^ par leur extension à peu près générale, éludent les lois d*une classification géographique. Ces quadrupèdes sont, ou en état de domesticité, comme le chien, le bœuf, la brebis^ la chhifre, le cheyal, Vdne, le cochon et le diat, ou dans Yétat sauvage, comme le renard, Vours, le lièvre, le lapin, le cerf, le daim,YécU'' reuil, le rat, la souris, Yhermine. U y en a cependant , parmi ces animaux » qui ne vivent pas dans la zone glaciale.

Le chien, fidèle compagnon de l'homme, Ta suivi dans tous les climats; il est, chez quelques peuples, le seul animal domestique, et remplace pour eux à la fois le cheval et le bœuf.

Le bœuf vit jusque sous le 64* degré, et même, en Laponie, jusqu'au 7 1*. U parait que cet animal est natif de la partie la plus chaude de la zone tempérée de l'Ancien Continent : c'est là où il atteint le plus haut degré de force et de courage. Mais dans les climats humides et froids, comme la Gallicie, le Holstein, l'Irlande, il prend un plus gi'and volume , et les vaches y donnent plus de lait.

La brebis et la chhvre supportent également le froid polaire et les chaleurs de la zone torride. L'aïeul de la brebis, Yargali ou le mouflon, vit encore , selon Zimmermano, dans toutes les grandes montagnes des deux Continens. Le capricorne et le bouquetin, qui sont les ancêtres du bouc et de la dthvre, habitent les plus hauts som-

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mets des montagnes dIEuropey et notamment de la Conc

Le cheval, qui n'existait point dans le Noaveaa Cob: Dent avant Tarrivëe des Européens , $*est répandu en E: rope et en Islande jusqu'au-delà du cercle polaire. L Asie y il ne passe guère le 64* parallèle. En Amérique, est répandu jusque sur la TeiTe des Patagons» L'Arabie. . Perse et le Turkestan en Asie, la Barbarie en Afiiq&f TAndalousie, rAngleterre^ le royaume de Naples, la Ho: grie^ la Pologne, le Danemark et la Normandie ^ en Er rope y sont les contrées qui fournissent les meiUeais dic ▼aux et les plus beaux.

Vdne, quoiqu'il ne passe pas pour un animal trèfrdeT cat, supporte moins le froid que le cheval; en Europe,. n^est guère commun que jusqu'au 5a* degré; on ne cr«.. pas qu'il puisse se propager à 6oo de latitude. L.es dim^ les plus favorables à l'âne sont ceux entre les aoe et 4o* |» rallèles. Là, il devient grand et beau; il est vif et dodk on le tient en honneur.

Le cochon est répandu dans tout l'Ancien Continent, i conmiencer du 64* parallèle de latitude boréale. Le $» glier ne s'étend pas jusqu'au 6o* de^é. Dans le Nouveas- Monde, il n'y avait point de ces animaux avant la décoiverte par Colomb; on les y a portés, et ils y vivent depô.* le 5o* parallèle jusqu'à la Patagonie. On a trouvé le cch chon presque sur toutes les ties du Grand Océan, peuplée par la race malaise^ oii il est même le principal animai domestique.

Le chat, répandu actu^ement sur tout le globe, ae se trouvait pas originairement en Amérique; et, sdon le savaut naturaliste M. Lesson , pas même dans aucune partie de rOcéanie.

Les espèces d'animaux sauvages répandues Hang too» les climats des deux Continens sont en très-petit nombre. il est même douteux qu'il y en ait, à l'exception de celks qui ont été apportées dans le Nouveau - Monde par te hommes.

Le renard est peut-être de tous les quadrupèdes aanva*

!Qtèg^^> le plus répanda et celui qui s'acclimate le plus aise- Çi^gi^ent. Des troupes nombreuses de renards habitent la Nou- ^l^velle-Zemble et les bords de la mer Glaciale ; mais il n'y l^r^en a pas un moindre nombre au Bengale , en Egypte, et 1 k^^^ ^^ ^^^ ^^ Guinée. On le trouve aussi répandu sur la 2^ 1^ jplus grande partie du NouveaurMonde ; mais il appartient j.^^ une espèce différente.

;^^^ Des animaux semblables au lièyre se trouvent égaleraient en Sibérie et sur le Sénégal , sur les bords de la ^^baie de Baffin et dans tout le Nouveau, Continent.

U écureuil^ selon Zimmermann , habite l'Europe entière

;^,et l'Asie y depuis les extrémités de la Sibérie jusque dans

pie royaume de Siam, et se rencontre dans l'Afrique et les

. ^ deux Amériques. Mais dans chaque partie du monde le»

\ espèces sont différentes.

Le lapin, si répandu dans l'Ancien Continent , semble ' avoir été apportépar des colons dans le Nouveau , où il a ' passé de la domesticité à l'état sauvage.

Le cerf ne se trouve que dans l'Ancien Continent , où :' il halnte l'Europe jusqu*au 64' degré , et l'Asie jusqu'au r^ 55% et en quelques endroits jusqu'au 60^ degré. Le représentant du cerfy en Amérique , est le ivapiti, animal pro- !*' pre à cette partie du monde.

L'ours commun, qui, selon Zimmermann, serai t répandu

^ sur tout le globe, n'existe point en Amérique, et paraît

^ oe pas avoir quitté l'Europe et le nord de l'Asie. Vours

^ noir est une espèce fictive. Les îles Malaises ont seules

fourni la singularité de nourrir deux espèces mention*^

nées par Horsfield, et nommées ours aux grandes lèvres

et ours malais.

Uhermine vit , selon Zimmermann , dans tous les climats; mais il y a cependant des différences parmi celle» qui vivent aux îles Moluques, à la Guyaoe et en Afrique ; la même espèce seulement est propre à la Sibérie, à la Laponie, àTerre-Neuve et au Canada.

Les rats et les souris , nos parasites incommodes, s'embarquent aussi dans nos navires, et passent sans danger,

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tant rëquateur que les ceides polaires. Cependant^ il d*j en a point au Groenland, ni dans la partie la plus septentrionale de la Laponie. En Sibérie^ ils ne s'ëleiideoC pas même au-delà du 61® parallèle.

Concluons qu'il n^t pas encore démontre avec certitude qu*aucune espèce aniniiale, exactement identique, se soit répandue naturellement sur tout le globe. Dans des climats qui se ressemblent, les organisations ont pris des caractères qui se rapprochent sans se ciMifondre.

II y a des quadrupèdes qui , pouvant suppcHieF un trèsgrand degré de froid, se sont répandus dans les deux continens, mais ils n*ont point passé les tropiques; ils n'appartiennent qu'à la zone tempérée froide du nord.

Le renne est, de toijis les animaux terrestres connus, celui qui s'éloigne le moins du pâle. En Scandinavie, il ne peut guère vivre au sud du 65e parallèle.; en Rnsrie, le climat plus froid lui permet d'exister jusque soos le 63* degré ; en Asie , il descend encore plus bas, et rextrémîté de sa sphère s'étend dans la Tartarie chinoise, chem les Tunguses, au-delà du 5o* degré. Le renne ou le karibou du Canada, qui est le même animal, descend en Amérique jusqu'au 4^^ parallèle.

Vours blanc ou polaire^ animal absolument différent de l'ours ordinaire terrestre, et infiniment plus terrible, habite sur toutes les côtes de la mer Glaciale, et se laioe transporter d'un pays à l'autre sur les glaces flottantes^

H isatis ou le renard polaire^ animal différent du renard ordinaire , parait aimer le froid presque plus encore que le renne et l'ours blanc ; il n'est pas bonié au voistnage immédiat du pôle, puisqu'on le trouve aux tles Aleotiennes, et au Kamtchatka d'un côté, et en Islande et ea Laponie de l'antre.

La loutre aquatique se trouve dans l'Ancien Gcmtioent, depuis le 70e degré jusque vers le 20^, dans le royanme de Siam ; mais en Europe, les pays sur la Méditerranée ne la connaissent guère; sans doute que la culture l'en a diassée. L'industrieux et paisible castor a peut-être jadis habité

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tout le globe> ou du moins toute la zone tempérée boréale ; car il yen avait en France^ eu Italie, en Pei^se, en Egypte. La civilisation imparfaite de celte race a été détruite par rhomme. Dans le Nouveau -Monde, on trouve encore de petites républiques de castors, depuis le 60^ jusqu'au So® parallèle boréal.

IjSl marte habite les deux tiers de la zone tempérée du nord, en commençant par les 670 en Europe, les 64' en Asie , et les 60^ efi Amérique,

L'extension de quelques autres espèces animales est douteuse. Le loup^ervier ou fynx, ce tigre des climats froids, n'existe qu'au sud du cercle polaire ; dans l'Ancien Continent y il se montre jusque dans les Pyrénées et daus la Mongolie. Ou ne connaît qu'imparfaitement les animaux du Nouveau-Monde , surtout de la Caroline et du Mexique septentrional , auxquels on a donné le nom de Ijrnx. Un animal , qui de jour en jour devient plus rare, Vélun^ semble craindre les froids extrêmes » puisqu'en Europe il ne passe guère au-delà du 64^ parallèle; de l'autre côté, on ne le trouve pas au aud du 52^ parallèle. En Asie, plus on avance vers l'est, plus il devient méridional. L'élan d'Amérique, quoique peu différent, paraît être d'une race particulière. On le trouve au sud de la baie de Hudson, et il s'étend jusqu'à la NpuveUe-Augleterre, ou même dans l'intérieur, jusqu'à l'Ohio*

JJ écureuil volant s'étend aussi loin au sud et au nord que les forêts de sapins oà il fait sa demeure. La marmotte suit en Europe la chaîne des Alpes et des Carpathes. Elle n'existe pas en Scandinavie, mais il y en a en Pologne et en Ukraine. On la retrouve à l'embouchure du Don, dans les monts Ural, près de la rivière de Kama , et de là elle s'est étendue jusqu'en Daourie. Dans le Nouveau-Monde, des inarmottes se trouvent depuis le Canada jusqu'en Vir* ginie, et même sur les îles de Babama. Le blaireau et qudques autres petits animaux paraissent habiter égalementia moitié septentrionale de la zone tempérée.

Les quadrupèdes qui appat^tiennent exclusivement à

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l'un OU k Tautre des deux ContinenSy sont en général dTaoe nature à ne pouvoir supporter \e froid qui règne aa-deli du 6oc parallèle. Cependant le lemming, espèce de souru qui souvent marche par grands troupeaux , d*un pays dan» l'autre y habite toute la zone glaciale de l' And en ContineoC, et n'a pas été reconnu en Amérique. L'animal porte-muse habite les montagnes de l'Asie, depuis le Cachemire et l'Altaï jusqu'aux embouchures de la rivière d'Aamr; il ne s'est pas répandu dans le Nouveau^Monde. U y a encore quelques exceptions moins remarquables.

Parlons d*abord de ces animaux qui semblent être attacha aux confins de la zone tempérée et de la zone torride.

Le tAameau à deux bosses vit dans la Turquie dlEorope, dans la Crimée, dans toute la Songarie, dans la Mongolie et dans les pays des Kirguises, Baschkirs et des Tar tares-Mantchoux, aussi bien que dans l'Arabie et la Syrie.

Le dromadaire ou le chameau à une bosse, connu par sa légèreté à la course, prospère surtout en Afrique, où il habite FÉgypte , toute la Barbarie, les bords du Sén^ et du Gambia, toute la Nigritie, et même la Guinée et l'Abyssinie.

Les chameaux de Tune et de l'autre espèces semUeot être principalement attachés à cette longue suite de plateaux montagneux et de plaines nues et élevées qui traversent tout l'Ancien Continent.

L'agile chamois aime les montagnes de la zone tempérée, les cimes des Pyrénées, des Alpes, des Apennins, de Carpathes, du Caucase, et en Sibérie jusqu'aux bords de rischim. Vantilope saïga et YantUope à goitn habitcot le plateau de Tartarie; la première s'étend jusqu'au 5> parallèle. La gazelle aux yeux doux et brillaos aime le contrées plus méridionales; compatriote du chamois^ dans le Caucase, elle s'étend jusqu'en Arabie, et 4 travers toute l'Afrique jusqu'en Sénégambie* On la retrouve dans h zone tempérée australe, et dans la Cafrerie, avec un graud nombre d'autres espèces d'antilopes. Le genre des asUh

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lopes iuily comme les chameaux, les grands plateaux de rÂncten Gontinetit. Cependant il y a des espèces qui pai^aisseut propres à la zone tempérée froide»

Le chakal existe , selon Zimmermann^ en Asie et en Afrique, entre 43 et 8<* de latitude nord. U parait que les prétendus loups du Congo et de la Cafrerie ne sont que des chakals.

Le buffle, devenu domestique, a été transporté jusqu'au 46^ parallèle boréal en Europe et en Asie. Deux autres espèces voisines ont chacune leur patrie à part : le bœufgrognant ou Yyak habite le plateau de la Mongolie et le Tibet; le buffle de Cafrerie parait répandu dans toute TAfrique. Les montagnes du Tibet ont aussi plusieurs espèces fort remarquables de bœufs, telles que le gaour, etc.

Nous arrivons à des espèces propres à la zone la plus chaude de l'Ancien Conjtinent.

La nombreuse espèce de singes gambade dans les forêts entre les tropiques, et n'aime guère les climats tempérés, du moins dans son état sauvage. Des singes exposés sur les rochers de Gibraltar y ont multiplié. Comme le mot singe a été prî& dans une acception très-générique , on a dit que cet animal, quoique borné à la zone torride, se trouvait également dans les deux Continens ; mais en dis* tinguant les espèces, on voit qu'il n'y en a point qui soit commune aux deux mondes. Il y a même une limite bien tranchée entre la région qu'occupent les guenons j, les ma* gotSj le nuoidrill, lejocko et les autres singes d'Afrique, et celle où habitent le véritable ourang^outang, le gibbon, le womvoUf singes les plus rapprochés de la figure humaine, et qui se trouvent dans les lies de Bornéo et de Java* Même dans les quadrumanes, il y a des limites marquées à chaque genre ; les loris sont des Indes Orientales; les galagos, de la Sénégambie; et les makis proprement dits appartiennent à Madagascar.

La girafe ou le camelopardalis, si remarquable par la hauteur de sa taille, par son cou de cygne , par ses mœurs douces et innocentes , n'appartient qu'à une seule région

de l'Afrique , savoir, à celle qui s^étend en longuear eotrr le cap Guardafui et celui de Bonne-Espërance, et à laquelle on doit joindre les plateaux montagneux qoiy probablementy occupent tout Tintérieur méridional de FAfrique^ entre les sources du Nil et celles des rivières de Congo, de Benguela et de Monomotapa. Cette régioo, encore si peu connue , est la patrie de trois sortes d'ânes, Je zébra, le çuagga et le zhbre de Burchell.

Les races du rhinocéros ont chacune leur patrie; cdie à deux cornes n'habite que F Afrique méridionale, à coiih mencer par le Congo et FAbyssinie. L'autre, k une corne, se trouve aux Indes Orientales et dans la Chine; <lansct dernier pays les rhinocéros vivent jusqu'au So^ parallèle du nord ; ils se sont , de Fautre côté , répandus j usqae dans les tles de la Sonde.

Vhippopotame est aujourd'hui borné à la seule Afrîqoe; il se nouirit dans tous les grands fleuves de cette partie da monde : il se montre déjà en grand nombre près du cap de Bonne-Espérance.

heséléphans d'Afrique et d'Asie sont de deux races difierentes; l'éléphant asiatique n'habite que les Indes,la Chine, depuis la latitude de 3o<>, et quelques tles au sud-est deFAsie, où il a été conduit par l'homme : on ne trouve en Perse et en Arabie que ceux que de temps çn temps on y mène.L'éléphant africain ne monteqn'au ao^degré de latitude nord j de là, jusqu'au Cap, tonte FAfîîque en est remplie*

Le lion, ce puissant et redoutable roi du peuple quadrupède, ne se trouve maintenant que dans les déserts de FArabie, d'où il fait des inculpions aux environs de Bagdad. Selon Zimroeimann, il vit dans les montagnes de Flndoustan et sur la côte de Malabar, sur les monts Gates, même dans les lies de la Sonde et dans le rojanme de Siam; ce qui nous paraît extrêmement invraisemblable. L'Afrique a toujours été et est encore le pays qui nonrrit le plus de lions. Les plaines élevées , mais brûlantes, aa sud de FAtlas, nourrissent les lions les plus forts et les plus courageux.

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Le tigre^ moins répanda que le lion, ne quitte pas les :ontrées chaades et tempérées de TÂsie. U existe dans la Perse orientale et en Chine; mais les climats où il développe le mieux et son vaste corps et son caractère féroce , sont ceux du Bengale ^ du Decan, du Malabar, de Siam ^ lu Pégu , de Ceylan et de Sumatra.

L'Afrique ne renferme point de vrais tigres : elle a en *evanche les panthères et les léopards^ deux espèces qui le diffèrent sensiblement que par leurs taches ^ plus belles *t mieux arrondies chez le léopard, qui habite principaemeut la Gainée et la Sénégambie. Uonce^ qui diffère de a panthère par son poil gris et son naturel moins féroce , ^t plus répandue : on la trouve dans toute la Barbarie, iansTArabie, et jusque dans la Taitarie et la Chine. Elle ^ montre aux environs de Kutznesk en Sibérie* ^

De cet aperçu de la distribution géographique des animaux propres à l'Ancien Continent, il semble résulter une iérité générale : Y intérieur de l'Asie et celui de VAfri-yue ont été, chacun de leur côté, les patries d'un certain nombre d'esphces animales. Le tigre, Féléphant indien, [e chameau à deux bosses, le mouton sauvage, le koulan oxï âne sauvage, le dchiggetai ou Fane cheval, le bœuf grognant, Télan, le porte-musc ; voilà les animaux caractéristiques du plateau central de TAsie. Ceux qui carac*térisent le plateau oriental de TAfrique, sont le lion, Téléphant d'Afrique, le dromadaire, la girafe, le buffle de Cafrerie, le zèbre, le quagga, les guenons, les mandrills.

Parmi les animaux qui appartiennent en propre à TA-^ mérique septentrionale, nous croyons qu'on peut compter Le grand élan, nommé moose deer, ainsi que le prétendu grand cerf de ces contrées. Les ours, les lynx, les onces des Etats-Unis, sont aussi dlfférens des animaux des mêmes noms dans l'Ancien Continent, que le sont les écureuils et les lièvres dont ils se nourrissent.

Les bisons j ou les taureaux à bosse, sont les plus grands quadrupèdes du Nouveau-Monde. Ils errent en grands

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troupeaux à l'ouest du système des monts All^iaay et ai sud de la baie de Hudson, depuis le 5^^ jusqa*aa 33* parallèle de latitude nord.

Le bœufmusfpié, qui est de la taille d^une génisse é deux ans, et dont Faspect général est plutôt cdui d^œ gros mouton que d'un bœuf, se platt dans les montagne nues et pelées. II habite principalement les hautes latitudes de l'Amérique Septentrionale. '

Nous arrivons aux animaux indigènes de l' Amérique Méridionc^le. Vytzguar, le tigre du Nouveau-Monde, ressemble plutôt à l'once pour la force, et à la panthère pr le poil. Quelques individus égalent le tigre en grandeir. Le puma, ou le couguar, qui a été appelé lion d'Amérique, ressemblerait plutôt au loup pour le corps, et m léopard de Guinée pour la tète. Cet animal ne s'étend que jusqu^u 4S^ degré de latitude australe*

Le lama ou guanaco, qu'on a nommé très-imprapre ment le chameau du Nouveau^Monde, et le paco, qui, dans Tétat de domesticité, s'appelle meuna on vigogne, habitent le Chili ou le Pérou jusqu'au io« parallèle de latitude méridionale; ils ne se répandent point dans les plaines de Tucuman ni dans celles du Paragnaj.

Le U^ir, le plus grand quadiupède de l'Amérique Mé» ridionale, quoiqu'il n'ait que la hauteur d'une vaobe, i offert la particularité fort intéressante d'avoir mie espect existant à Sumatra. Quant au mé ou prétendu tapir àe Chinois, c'est, selon M. Lesson, un animal fantasdqoeet emblématique, formé de plusieurs parties d'animanx; ^â^ madSle, le tajassou^ le paresseux aîj lefourmUlier, proprement dit , le tamanoir, les divers agoutis et coatis, e^ pèces qui toutes reconnaissent l'Amérique Méridiooak pour leur patrie , ne s'étendent en général que fusqu^att tropique. Le tajassou cependant , selon quelques rapport}, se trouve dans le Chili. Les petits singes à queue, les tepajous, les sagouins, les tamarins et autres espèces sem* blables, sont très-nombreuses, très-variées et très* jolies dans tonte la zone torride de l' Amérique : dles diflîreoc

ïssentiellement des singes d'Afrique et d'Asie. Aussi les fc*t-on nommés platyrhins.

Aux confins de la zone tempérée se montrent des cerfs le plusieurs espèces^ des mus ou rats encore inconnus ^ et lotamment le brillant chinchilla.

Il reste à considérer un foyer de population animale encore peu connu , mais certainement bien distinct de ;eux que nous avons examinés. Une remarque singulière, :'est que T Australie n'a, à trois exceptions près, présenté usqu'à ce jour que des animaux marsupiaux. Dans quel >ut tous les êtres de ce continent ont-ils reçu cette orga» :iîsation? Déjà cependant les didelphes, type de cette fa*siille, sont confinés en Amérique, et les couscous dans la Polynésie et la Malaisie. Mais dans la Noovelle-Hollandè »etile, nous retrouvons les ornithofynques^ nommés ani-* maux paradoxes par Blumenbacb, les échidnés, \e&péiau* ristes et les vrais phùlangers. Le genre kangourou, seul, avait son représentant dans les Moluques , dans le pàliWr* doc* Ainsi, les dasyures remplacent sur les Terres Australes les nyivcrres des autres points du globe; le ^vombat et le phascolarctùs restent seuls sans analogues. Quant aux phocacées, ce sont les mêmes espèces qui vivent sur les côtes des tles de la Polynésie méridionale : la roussette à tête grise, de la baie de Carpentarie, se trouve également à la Nouvelle<6uinée'. Tout autorise donc à regarder la Nouvelle*Hollande comme le berceau d*une création toute nouvelle, encore inconnue dans toutes ses branches, et qui offre dans ses animaux des lois organiques tracées sur un plan neuf et destinées à éclairer lliistoire des antres êtres.

368 TRAITÉ ÉLÉMBNTAIRB

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