‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 35 sur 142 · IT · texte numérisé non relu

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Le rapport entre le nombre des deux sexes est uo objet très-important pour la statistique et pour la législation. En Europe y il naît toujours plus de garçons que de fidles^ dans le rapport de 16 à iS^ de az à ao^ ou, selon d'autres, de a6 à a 5. La mortalité est aussi plus grande parmi les enfans mâles; mais vers la quinzième année, l'équilibre est rétabli entre les deux sexes; ou, s'il y a encore un surplus pour les hommes, il est bientôt anéanti par les guerres, les voyages dangereux, les émigrations, dont l'effet tombe moins sur le sexe féminin. Ainsi, en dernière analyse, les femmes se trouvent toujours en plus grand nombre dans nos climats que les hommes. Cette différence est surtout très-sensible après une longue guerre. Selon Wargentin, elle s'est élevée en Suède, après la guerre du Nord, à 1 27,000 sur 2,000,000 et demi d'babitans. Selon les savans calculs de M. Rickmann, elle s'est élevée en Angleterre en 181 1 à 388,886 sur 9,538,827 habitans, et en 1821 à 3io,543 sur 1 1,261,437 habitans.

Néanmoins la différence en nombre entre les deuK

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maine , est le prem ier lien social qui manifeste et qui perpétue Tunion civile des hommes. Peu d^animaux, même parmi les oiseaux et les quadrupèdes, ont un langage orticuléj ou à sons distincts et constans; ces langages, cTailleurs, ne s*ëlèvent guère qu'à dix ou douze inflexions de la voix. Aucun animal i^ un langage raisonné, c*est-àdire dont les divers sons expriment constamment et distinctement des idées générales. Cette faculté d'exprimer nos idées par des mots assure seule l'exercice continuel de notre mémoire; et sans la mémoire, que serait le jugement? L'homme n'est un être raisonnable qu'au moyen de la parole. Cest la pai*oIe qui rend communes à toute l'espèce les observations, les sensations et les découvertes de l'individu; de là naissent les sciences, les arts, la civilisation et la perfectibilité indéfinie du genre humain. Le langage, considéré comme faculté morale et physique, parait donc inné à l'homme ; mais le choix des sons , leurs modifications, leurs combinaisons ont dû dépendre de la libre volonté des hommes : la logique naturelle y a sans doute influé; mais aussi les passions, mais aussi le goût, U délicatesse des organes, la nature du climat, la atuation de la société. Les langues primitii'esj composées de peu de mots, simples comme les mœurs et les idées de ceux (jui les parlaient, ont naturellement dû se perdre en se confondant avec les idiomes plus parfaits qui en étaient sortis, comme les nations primitives se sont perdues en don- ^ nant naissance aux nations connues de TÛstoire. Ainsi, le germe disparaît quand la plante élève dans les aii-s sa tête fleurie; ainsi, les premières racines tombent en poussière, tandis que l'arbre étend au loin ses branches verdoyantes. Mais si la recherche de la langue primitive parait aujourd'hui abandonnée de tous les vrais savans, ils ne d&* espèrent pas de reconnaître , à Taide des langues actuellement parlées , les souches principales dont denvent les peuples les plus célèbres de l'antiquité et ceux qui sont encore existans. M. Balbi , dans» son Atlas ethnographique du globe, vient de fixer l'attention des savans et des gens

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du monde sur la haute importance qu*ont les langues pour rhistoire et la géographie. Sans ce flambeau, qui ëclaire rhistorien et le géographe, tout esttConfusion , et Ton s*expose à commettre les erreurs les plus graves et à tomber dans les plus grandes méprises sur la classification des peuples, qui doit être le point de dépait pour celui qui veut écrire Thistoire des nations et pour le géo^aphe qui entreprend d'en faire connaître la position et d'en décrire la denteure.

La langue, dit M. Balbi, est le véritable trait caractéristique qui distingue une nation d'une autre; quelquefois même elle en est le seul, puisque toutes les autres dif«> férences produites par la diversité de race, de gouvernement, des usages, des mœurs, de la religion et de la civi-* lisation, ou n'existent pas, ou bien offrent des nuances presque impeixreptibles. Quelle différence essentielle présentent maintenant entre elles les principales nations de l'Europe, si ce n'est celle de la langue? Les progrès de la civilisation, la succession des changemens politiques, si fréquens de nos jours, et la multiplicité des rapports produits par le commerce et l'industrie , ont pour ainsi dire entièrement effacé ce qui constituait les nuances principales du caractère individuel de chaque nation européenne ; quelle différence essentielle offrent entre elles les nations policées de l'Inde , de l'Indo-Chine et de l'Archipel Indien, et la plupart des innombrables peuplades de l'Amérique , si ce n'est aussi celle de la langue différente que chacune d'elle parle, et qui fait qu'un Malabar dif^ fère d'un Telinga, d'un Bengali et d'un Maharaties un Siamois, d'un Péguan, d'un Birman et d*un Tonquinois; un Malais, d'un Javanais, d'un Bugis et d'un Tagale; un Mexicain, d*un Tarasçue, d'un ffuasthguû et d'un Toto^ naque; un Hurorij d'un Sawanou, et un Guarani, d'un Péruvien.

Mais, outre que la langue est ordinairement le seul ou le principal trait caractéristique d*une nation , ce trait a l'avantage d'être presque toujours inaltérable , se conser-

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vant à travers la série des siècles; car ni le laps de temps, ni les variations des gouveraemens, ni les changemens de religion et des institutions sociales et politiques, ne sauraient^ généralement parlant^ le détruire. Ne voyonsnous pas les Croates de Feldsberg, dabs la Basse-Autridie, et ceux des villages de Froelersdorf , de Grittenfeld et de Prezau, dans la Moravie, conserver leur langue au milieu des peuplades allemandes qui les environnent? Ne voyonsnous pas quatre autres peuples slaves, les Seelen, les Kures, le Wenden et les Semgallen^ conserver aussi, depuis tant de siècles, chacun leur dialecte letton différent, malgnf les longues et intimes relations avec les Allemands qui les pressent de tous côtés, malgré les nations fiimoises qui le environnent, et malgré Tinfluence toujours croissante de la domination russe? CTest ainsi que les Indiens, les Chir noisj les Juifs, les Arméniens^ les Basques, les Caldonachs, et une foule d'autres nations, se sont conservés à travers la série des siècles, malgré les révolutions qu'elles ont subies, et malgré la domination et le contact de tant de peuples étrangers avec lesquels elles se sont trouvées.

Comme dans la description générale de chaque partie du monde on offrira dans un tableau toutes les faîaiUes ethnographiques qui lui appartiennent , avec leurs langues principales, nous nous bornerons ici à définir ce que Tod doit entendre pour règne e^ famille, pour langue^sœur, langue mélangée et dialecte, râumant ensuite la map pemonde ethnographique de l'Atlas de M. Balbi. Ce sera le cadre général auquel se rapporteront les cinq tableaux oorreqpondanls aux cinq parties du monde.

Un rhgne eûwograpki^ue est un ensemble de langues qui> sans aucune liaison historique connue, présente des analogie^ soit radicales, soit grammaticales, assez nombreuses et as6ez intimes ponr rendre nécessaire la supposition d'une liaison inconnue, quant au temps et au liea La prétendue famille des langues indo^germaniçues de quelques savatis philologues oflfre l'exemple te plus dair qu'on puisse citer pour appliquer cette définition. Selon

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M.BaIbi , il embrasserait les familles sanskrite, persanne^ arménienne^ slave, germanique et thraco-pélasgique. Ses deux groupes des langues transg€mgétiques et des Ion-gués tartares pourraient aussi passer pour deux autres règnes ethnographiques; la prétendue langue malaise^ dont M. Balbi a fait provisoirement une famille ^ offrirait encore un autre règne ; et FAmérique y selon cet ethnographe, n*en pr&enterait pas moins de sept ou huit, si Ton connaissait mieux les nombreux idiomes qu*on y parle. Maisy comme M. Balbi l'observe , dans Fétat encore si imparfait de Tethnographie , on s'exposerait à commettre les erreurs les plus graves en appliquant cette dassification à des langues dont on ne possède pas le quart des élémens nécessaires pour le faire convenablement. Aussi M. Balbi s'est-il bien gardé d'admettre un seul de ces règnes dans son Atlas.

Mais il en est bien autrement de la classification par familles, pour laquelle on a assesK de matériaux, et sur laquelle est basée toute l'ethnographie. Les langues d'un même règne forment entre elles des groupes plus distincts, dont les membres ont une analogie plus intime, et présentent tant de traits de famille , qu'on leur reconnaît tme origine commune^ d'autant plus que l'histoire vient d'ordindire à notre secours en nous indiquant les traces des migrations des peuples qui les parlent. Ces langues-sœurs constituent \e& familles. Mais gardons-nous d'étendre cette terminologie-, ne parlons pas des langues^mères j cette idée si chérie de certain littérateur et du peuple entier des grammairiens vulgaires, idée fausse et nuisible dans l'acception ordinaire^ et qui, réduite à un sens raisonnable, s'applique presque à toutes les langues anciennes et modernes. Les langues-^œurs ne reconnaissent pas le droj^ d' aînesse, ou du moins elles ne le reconnaissent que dans certains cas spéciaux. Ainsi, dans l^ famille slave, le russe, le servien, le dalmate, descendent bien de l'ancien slavon , dans lequel les livres d'alise sont écrits, Mais qui oserait affirmer que le langage des anciens Russes , lors*

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que, au iv^ siècle, ils demeuraient près des monts Crapacs, était précisément ce même dialecte? Qui oserait nier qu ii a dû y avoir un ancien polonais, puisque les noms <k plusieurs peuples sarmates, au ^i^i" et au n^ siècle, ont déjà un caractère slavon? heproto-slaffe existait vraisemblablement dans la Thrace à la même époque que Tancien hellénique et le pélasgique; de là l'affinité sp^ale. Gardons-nous de limiter Thorizon des recherches savantes par une classification trop positive.

S'il est difficile de déterminer un caractère général d«s langues-sœurs j formées par la lente coopération des causes morales et intellectuelles , il est assez facile de dire ce que sont les langues mixtes, du moins modernes. Débris de deux ou plusieurs idiomes, violemment réunis par an ou plusieurs peuples conquérans , ils pr&entent un mélange incohérent de racines d'origine différente, et, pooi la plupart, un mélange non moins contradictoire des règles ^grammaticales, empruntées à toutes les langues originales qui ont contribué à les former.

Les dialectes, généralement parlant, sont des manières différentes de prononcer une langue. Nous ne croyons pas qu'on puisse donner une définition plus exacte, quoique elle laisse encore beaucoup à désirer ; car à câté d'une prononciation plus ou moins sonore ou sourde, accentuée ou effacée, se glissent aussi des constructions souvent toutàofait différentes et des mots inconnus. Dans ces constructions , il y en a d'évidemment corrompues ou vicieuses; mais il y en a aussi d'autres qui, bien que contraires à IV sage général, ont leur grâce, leur avantage. Dans les mots, il y en a de malsonnans, de mutilés-, mais il y en adactrès de plus harmonieux, plus expressif, plus régulièrement formés, plus anciens que les mots de l'idiome dominant.

M.Balbi croit qu'on pe^t faire monter an moins à s,ooe le nombre des langues connues. Quelque grand qu'il puisse paraître, ce nombre est bien loin d'être ezmgkt^ n nous étonne, parce que nous avons des idées très-

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inexactes des langues, parce que leur histoire est encore dans Tenfance, et que la ligne de démarcation entre une langue et ses dialectes est encore bien loin d'être déterminée avec précision. La plupart de nos idées sur ce sujet se fondent sur les opinions de ces auteurs qui prétendaient fixer lé nombre des langues d'après quelques textes de la Bible, et sur Tobservation de l'état où se trouvent actuellement celles des pays les plus connus. Mais lés opinions de ces auteurs sont arbitraires, et le petit nombre des idiomes de l'Europe ne peut pas servir de mesure pour connaître celui des autres parties du monde, La région du Caucase, les plaines del'Orénoque et de l'Amazone, la côte de la Nouvelle-Californie et plusieurs iles de l'Océanie prouvent sans réplique combien seraient erronées les conséquences de semblables comparaisons.

L'état imparfait de l'ethnographie n'a permis à M. Balbi de classer dans son Atlas que 860 langues, et environ 5,000 dialectes. Dans ce nombre prodigieux d'idiomes, i53 appartiennent à l'Asie, 53 à l'Europe, ix5 à l'Afrique, 1 17 à rOcéanie, et 4^^ ^ l'Amérique.

Nous terminerons ce sujet important en offrant le résumé de la mappemonde ethnographique de M. Balbi.

En appliquant à l'ethnographie les cinq grandes divisions du globe suivies par les géographes, quoique leurs limites respectives y subissent de grandes modifications, dues au domaine très -étendu de certaines langues, . M. Balbi partage toutes les langues connues dans les cinq classes suivantes :

LA.I017E8 ASIATIQUES y subdivisées ea famille des hmgùe$ Sémitiques, Tarabe, rhébreoxl tangues de la Région Caucasienne, le géorgien, Farménien, e\.c.*y famille des langues Persanes, le zend, le pani, le persan, etc.; langues de la Région Indienne, la famille sanskrite ayec le sanskrit , le pâli, rhindopstani, le tamoule, le maleyalam , le tëlinga, etcj langues de la Région Transgangetique, la famille tibétaine avec le ti • beiatn, etc.; la famille chinoise avec le kon-wen , le kouan-hoa, etc.; la famille japonaise, avec le japonaii, etc.; le rnkbeng-barma, le leos-siamois, Panamite, etc.; groupe des langues Tartares, les familles touogouse ayec le mandchou, tatare oâ mongole ayee le mdngole et le kalnioaqiie,

4<>a TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

tarqae avec le turque, le yaloate, el€.j langues de la Région Sibériauèt, les familles samoyéde, iénissei, koryéqne, kamtchadale, lLOurilieiine,rtc

Lâhgues EUBOPiEir NES, subdivisées en m familles: la basque on Aérienne, le basque ou escuarajla celtique, le gali^ue et le cymn^, etc.; la tAreco-pélagisque ou greco-latine, l'albanais , Tétrusque , le grec , le latin , k roman , Fitalien, le français, Pespagnol, le portugais, etc.; la germanique y le haut allemand ancien, Tallemand, le frison, le neerlmciais, k mésogotbîque , le suédois, le danois, Tanglo-saxon, fanglais, cCcj h slave y rillyrien, le russe, le tchckhe, le pobnais, le Uthunnicn, cic; Youralienne, le finnois, le lapon, le tcberemisse^ le pennien , le madjir ou hongrois.

Lavgubs AFRiCÀiirES, subdivisées en cinq groupes : langues de ^a Bégsm du Nil, la famille égyptienne avec Fancien égyptien et le copie ^ h frmille nubienne avec le nouba, etc.; ta famille troglodytiquc, «rcc lebîcharicn , etc.; langues de la Âégion de V Atlas formant la famiile Ju langues Atlantiques, Tatlantique propre ou amazigh, Tertana « le tibbo. le guanche, ttc.j langues de la IVigritie Maritime , la famille mandin^ avec le roandingo, le sousou, etc.; la famille acbanlie avec racliasuet Tinta, etc.; la famille ardrah avec Tardrah-judah, le bénin? etc.; cnnîu les langues foulah, vrolof, sérére, etc.; langues de r Afrique Alustrak, la famille congo avec le congo , lo loango, etc.; la funille calre avec le cafre propre, le betjouane, etc.; la famille hottentote avec rhotteniote, le saab; la famille monomotapa. avec le monomotapa? le maoouas, etc.; la famille gallas avec legallas, etc.; ensuite les langues somanli. hnmv, etc., langues de la JVigritie intérieure, les familles haoussa et bommuaie avvc rhnoussa, le bomou , etc ; ensuite les langues tombouctoa, "**"*^*i kallagi, baghermeh, etc.

Lahcdcs ocÉi.aiEiivzs, subdivisées exkx famille des langues Hf alaises, k grand-océanien , le java-vulgaire , le basa-krama, le malais propre, Tacliin , le bima, le bngis, le maca&iar, le tagalog, le bissa jo, le mindanso, le chamorre , le radak, le nouveau-zélandais, le tonga, le taitien, le aanilvrich , le si-deîa, le madécasse , etc.; langues des Nègres OtémtUens tf d*autrts peuples^ le tembora, le sydney, le dory, le unuMy le pelew,eic

Lahgues américaihes subdivisées en onze groupes ; langues da la Bégic^ Australe de t Amérique Méridionale^ la famille chilienne, avec Tar» can, etc.; ensuite les langues pécherais, patagone, téhuelhet, eXe^loMgués de la Réguon Péruvienne^ les familles mocoby-abipon, Tilda-iuk. péruvienne avec le mocoby, le vilela, le quichoa oo péruvien, etc.; a* suite les langues zamnca, chiquitos, panos, etc{ langues de in BSgfs Guarani-Brésilienne, la famille brésilienne avec le guarani propre , k brésilien, Fomagua, etc.; les familles purys, machacaris-cainaGaa et payagua-guaycums avec le purys, le camacan , etc.; le goaycaras , k payagua, etc.; ensuita les langues charma, guayanay botecudos, anwdiveus , bororos, etc^ langues de la Région Orénooo- Amazone on Andn- Parime, les familles caribe-tamanaque , avec le caribe, le lamanaqBc, le chaymas, etc., saliva avec le saliva, etc., cavere-rnSypore arec leasv* pure, le moxos, le guaypunahÎA, etc., yarura-bet^oi avec le yamia, rtc . ensuite les langues oyampis, gitaharibos, maquiritare, ottoiii«q«ey

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tivitanos^ cbibcha ba mozcas, cunacanas, etc.; langues de la Hégion de Guatemala, les familles maja-quiche avec le maya, Phaiti, le quiche, etc.; ensuite les langues chontal , tzendal , ckiapaneca , etc.; langues du PlaUau d^AnahuAc ou du Mexique, la famille mexicaine avec Taztéque ou mexicain, le cora, etc.; ensuite les langues mixteca, zapoteca, totonaca, othomi, Urasque, etc.; langues du PlaUau Central de VAmériqce du Nord et des pays limitrophes à Vest et a Pouest, les familles tarahumara avec le tarahumara , etc., panis-arrapahoes , ayec le panis, Parrapahoes, le keres, le tetan, etc., caddos arec le caddos, etc.; ensuite les langues cinaloa, aUighewiF moqui, apaches, eio.y langues de la Hé^ gion Missouri-Colombienne, les familles colombienne, ayec le colombien supérieur et inférieur, etc., sioux-osage avec le sioux, le maba, le minetares , Tosage, etc. ; ensuite les langues sussee, paegan» etc.; langues de la Région AUeghanique et des Lacs, les familles mobile-natchez ayec le natchez, le muskohge, le chikkasab, le cheerake, le cbaktab, etc.; yroccons-katahba ayec le katabba, etc.; mbhawk-hurone on iroquoise, ayec le mohawk, Thuron, Foneidas, etc.; lennape ayec le sawanou, le sakî-ottogami, le delaware, le mohegan-abenaqui, ralgonquino-chippe* ways, le knistenan, cheppewyan propre, le tacoullies, etc.; ensuite les langues timuacana, babama , etc.; langues de la Côte Occidentale de V Amérique du Nord, les familles waicure ayec le ifraicure, etc.; cocbimilyamona ayec le eocbimi propre, etc., matalan-quirote ayec le matalan , etc., koloucbe ayec le koloncbe propre , le tcbinkiune , etc.; ensuite les langues péricu, killamaks, noutka ou wakasb, ou galjakbmoutzi , kinaïtze, etc.; langues de la Région Boréale de P Amérique du Nord ^ formant la famille des idiomes esquimaux ayec Pesquimau propre, le tcbougatche-konega, Paleotien, Paglemoute on tcbouktcbe-américain , le tcbonktcbe propre ou tcbonktche asiatique.

Telle est la série des principales langues parlées par l'espèce humaine. Quelle longue échelle depuis l'idiome du Nègre et de tant d'autres nations barbares ^ qui ne distingue qu'à peine le singulier du pluriel ^ jusqu'à la langue grecque , oii la pensée la plus raffinée ou la plus approfondie rencontre toutes faites les formes qui peuvent la fixer! U y a des langues qui n'ont aucune expression pour des objets étrangers aux sens extérieurs , tels que l'âme ou Dieu; il y en a qui n'ont pas même de terme équivalent au verbe être ou au substantif mende. Mais si la métaphysique parait refiisée à la grande majorité du genre humain, tous les peuples , même les plus sauvages y ont le sentiment de l'evstence des forces invisibles qui régissent la nature et les destinées. Les di-

4o4 TBAITft ÉLÉMENTAIEB

verses manières dont les nations manifestent oe senti mei^ constituent autant de religions diverses; les actes ezl^ rieurs qui peuvent être le résultat de ces croyances reii-' gieuses sont des cultes.

Le nom de polythâsme est donné à toute religion q« admet plusieurs dieux, quelles que soient la nature etk dignité qu elle leur assigne. On en connaît plusieurs cesses. La plus grossière de toutes est le féiidiisme, ou Fadoration des fétiches. Vsût fétiche, on entend tonte sorte <k choses animées ou inanimées, quejes prêtres de ces religions font regarder aux sauvages comme des êtres eadoités ou doués de quelque force magique et (Uvine. Ces st perstitionSy les plus absurdes de tontes, régnent panoi les nations abmties de la c6te de Guinée, et dies besicoup d*autres sauvages. Elles se sont mêlées à tontes ks croyances religieuses. La Pierre noire adorée à la Me^ que avant Mahomet, et le dien Phallus des Romatm. étaient indubitablement des fétiches. On pourrait étendit ces remarques à beaucoup d'autres cultes.

Le sabéisme tient un rang pins élevé; c'est l'adoraboa des corps célestes, du soleil, de la lune et des Àoiles, soi: séparément, soit tous ensemble. Ce système très-ancien.xvpandu sur toute Tétendue du globe, même au Pérou, s*es: mêlé avec toutes les autres religions; mais il n'existe pl& sans mélange que chez quelques tribus isolées. Son aoa vient des Sabéens ou Sabiens, ancien peuple de FArabie

Les philosophes raisonnèrent sur les idées encore bnte de la multitude; les législateurs en -firent des înstnaaM» de civilisation ou de séi^itude. Il se forma trois hvpc^ thèses sur la nature de l'univei^ : le Matériaiisme oa l Panthéisme crut que tout ce qui existe est ptfaëlré «fie esprit divin ; le Dualisme admet deux êtres éleraels. Dm et la matière, le bon et le mauvais principe; enfin, k système des Émanistes supposa que lous^ les être», le bons et les mauvais génies, étaient émanés dTiui Em suprême.

Le panthéisme, modifié par les lois nationales , et k

DB GÉOGEAPHIB. %>S

cpnfoadaut avec le sabâsme^ devint le poljrAéisme raisonné ou mythologU/ue. On peut classer sous ce nom toutes les rdigions dans lesquelles les attributs de FÊtre suprême sont personnifiés sous la figure des êtres divins séparés* Ces religions ne sont donc rien moins que bar> bares ou indignes de la raison humaine ; elles sont les plus favorables à la poésie «t aux beaux-arts ; elles ont fleuri chez les peuples les plus civilisés de Tantiquité. Néanmoins, elles sont de plusieurs genres très-différens l'un de Fautre : on peut les réduire à trois classes. La plus ancienne , selon les notions actuelles sur l'antiquité^ est celle des Egyptiens. Les progrès actuels sur les institutions de ce peuple célèbre, dus aux savantes recherches de MM. Ghampollion , ont mis en évidence les faits essentiels de ses opinions rdigieuses. Il admettait les principes fondamentaux de toute morale, savoir : un Dieu unique, tout-puissant et étemel; l'immortalité de l'âme, et les peines ou les récompenses dans une autre vie. L'Être suprême n'était point figuré, mais tontes ses qualités étaient personnifiées par des divinités de divers ordres^' ayant deg attributions et des symboles fixes. Chacune de ces personnifications était donc un être divin, mais subordonné. A chacun de ces êtres un animal était consacré, et le choix était r^é sur l'analogie existante, ou ^'on croyait exister entre l'habitude de l'animal et les attribn* tions de l'être divin. Cet être était donc représenté, xo de forme humaine, avec ses symboles spéciaux et sa coiffure particulière; %^ par un corps humain portant la tête de l'animal consacré, et ornée de la coiffure du dieu ; 3<^ par l'animal lui-même avec cette même coiffure* Ceci explique la multitude de figures religieuses réunies dans nos collections, mais donne ausâ le moyen de les classer avec une méthode sûre et qui a manqué jusqu'ici. On voit par là aussi tonte la simplicité du système religieux de YÈ* gypte, et chaque jour fait reconnaître de nouvelles analogies entre les dieux de la Grèce el ces personnages divins de rÉgyptet tels que TMA et Bermès, Phtah et

4o6 TRAITÉ ÉLÉSIENTAIRE

Héphaîstos, Neith et Minerve^ Aûvfv et Aphrodite. Les Grecs imitèrent les formes et les idées secondaires de h religion égyptienne, mais ne s'élevèrent pas lusqu'aoi principes fondamentaux de Tinstitulion. Chez les Grecs comme chez les Romains^ la nature humaine , mais eoh bellie , servit de tjrpe aux diverses personnifications de h divinité. C'était donc un antropomorphisme. Bille variait à l'infini. L'adoration des héros nationaux modifia le polythéisme des Grecs et des Romains. La vénération des morts, en général née d'un sentiment naturel , se mêla à toutes les religions ; mais dans quelques-unes elle paraît avoir joué le premier rôle. C'était le cas parmi les Cebts. Chez d'autres nations, comme les Syriens, les Cfaaldéeos et les Phéniciens , le culte des astres et des forces phjàques de la terre paraît avoir prédominé.

Dans la religion des Brahmanes, FÉtre suprême loimême est censé se déguiser sous diverses formes divines, humaines et animales. On sent qu'il serait pos&ble de regarder cette croyance comme la source de toutes les autres, même du fétichisme; mais on soutiendrait avec nn avantage égal que le brahmanisme n'est qu'un fétichisme ennobli. Quoi qu'il en soit, on peut qualifier de Aéomorphisme la religion que professent les Hindous. C'est de tous les cultes anciens celui qui s'est le mieux soutenu; il règne encore parmi ces peuples. Du brahmanisme s'est formé le bouddhisme ou culte de Bouddha, dans lequel M. Âbel Rémusat distingue, i<» le Bouddhisme primitif ou samanéisme, professé par les hoa^ dhas et djaïnas du Décan et de Ceylan. Ces peuples honorent Bouddha comme une incarnation de Vischnou, etc. : ao \e Bouddhisme réformé^ né dans l'Indoustan, d'où il avait été porté autrefois au Tibet et dans la Boukiiane, encore en vigueur à Ceylan ; de cette tle importé dans la Péninsule Ultérieure et à la Chine, et professé dans les empires Birman et d' Anam, la Chine, la Corée , le Japon, par une partie considérable de la population non-leltrée. Les ^dhistes honorent Bouddha comme un dieu suprèoie,

manifeste dans la personne de Ghakia-Mouni ; leur hiérarchie est irrégulière et purement locale; 3<> le Lamisme, établi dans le Tibet au xni^ siècle, et successivement adopté pai* les nations mongoles^ et par quelques tongouses. Les lamistes honorent Bouddha dans une de ses modifications théologiques , et incarné dans la personne du Dalaï-Lama. Us ont une hiérarchie régulière , établie au Tibet et dans la Tartarie ; ils ont adopté beaucoup de cérémonies et quelques idées des sectes chrétiennes de Syrie. À cette religion se trouve mêlé, dans plusieurs pays orientaux, le mUte des esprits ou le naturalisme mytho^ logique de TÂsie Orientale , professé très-anciennement à la Chine par les Tao-^se ou docteurs de laraison. Ce cult9 s'est étendu au Japon , dans la Corée , chez lesTongouses, au Tonquin, oi^ il a revêtu des formes diverses, et est encore actuellement professé par toute la partie de la population qui n'a pas embrassé la religion indienne ou boud* dhisme, ni les principes de Confucius. Au Japon, cette croyance a revêtu des formes particulières, obtenu une hiérarchie dont le chef est le Darï. Ch^r quelques tribus tartares , ce culte a été pris pour une^pendance du samanéisme, d'où lui est venu, chez ouelques auteui^, le nom trèsrimpropre et corrompu de ohamanisme,

\fi système des deux principes et celui des émanations devaient naturellement se confondre, pour peu que les* dualistes accordassent de supériorité à l'un de leurs principes, ou pour peu que les émanistes admissent la possibilité d'une révolte contre l'Être suprême. Voilà pourquoi les religions dérivées de ces deux sources se distinguent avec peine les unes des autres. Elles appartiennent même toutes ensemble au monothéisme , si l'on convient d'appliquer ce nom à toute religion qui n'admet qu'un seul véritable Dieu, quelle que soit la foule de génies, de fées, d'anges, de diables dont on l'environne.

On connaît, selon M. Saint-Martin , trois anciens systèmes religieux qui ont pour base un dualisme plus ou moins prononcé. Le premier est la religion des mages, ou de Zo^

4o8 TRAITÉ ÉLÉMENTAJIUC

roastre.U y a un Être suprême appelé Zerwan ou le tea^ sans bornes j d*où sont émanés deux principes, ran bon^ appelé en ancien persan Ehoro-Mezdao, ou Oromojse parles Grecs; Tautre, mauvais, en ancien persan Enghres^JHeeniosch, par les Grecs Arimane. Ils se combattent; le boo remportera à la fin une victoire complète. Cette croyance, que Ton connaissait assez bien par les récits des historiens grecs, se conserve encore parmi les Parsis ou Gaèbres dans le Kerman, en Perse, à Surate et dans le Guzarat^ dansHiidoustan. Dans le i*' siècle du christianisme, il se répandit dans Tempire Romain un culte venu de la Perse, connu sots le nom de culte Mithrioipie, qui offrait de grandes resseoblances avec la religion <le Zoroastre, mais dans lecjud le dieu Mithra, fils d'Oromaze, chargé de la condaite du soleil et du gouvernement du monde , médiateur entre Oromaze et les hommes, était Tobjet d'une adoration spéciale.

On connaît moins la religion ancienne des peiqiies esclavons; Biel-bog^ le dieu blanc j^ et Czemo-àûg, le dieu noir, paraissent y figurer comme deux puissances enne* mies. Des monuqieos authentiques nous donnent une idée de Yodinisme, qui régnait dans la Scandinavie : Odin^ le chef des bons dieuxj Surlur^ le destructeur du monde, k mal physique; Loke, le mal moral, et tons les autres dieux, sont dans la dépendance d'Alfader, on le Père universel.

 travers tant d'ingénieuses erreurs ou de rêves bîsai^ reS; la céleste vérité se frayait en silence une route longtemps ignorée. Une petite nation reconnut Tatilité absolue de la divinité pour base de sa religion. Le Judaïsme^ dont plusieurs idées et images ressemblent à celles des mages de la Perse ou des prêtres égyptiens , se divise aujoonnmî en deux sectes* principales, savoir : celle des haraUef, qui ne reconnaissent pour divins que le$ livres du Vieux-Testament ; et celle des rab^inistes, qui attribuent une an* torité presque divine au recueil connu sous le nom de Talmud.

Le Christianisme^ qpi a pris origine dans le sein dn jn*

daïsme, et qui, mêle ensuite avec la philosopbie platonicienne ^ modifie par les progrès de Fesprit humain ^^ s*est divisé dans uns infinité de systèmes, étend aujourd'hui sa l^ienfaisante influence sur les contrées les plus civilisées et dans toutes les parties du monde.

V Église Grecque ou Orientofe^ qui se rapproche le-plus du christianisme des ye et vie siècles, est dominante dans Tempire Russe et dans les îles Ioniennes , et professée par un grand nombre d'habitans dans l'empire Ottoman; elle est aussi la religion d'un grand nombre de sujets de l'empire d'Autriche, surtout en Hongrie, Transylvanie, Croatie, Slavonie et Dalmatie. Parmi les branches de l'Eglise Grecque, on distingue les nestoriens dans la Turquie d'Asie, autrefois très-répandus en Tartarie, en Mongolie^ et jusque dans la Chine; et les monophysites, lesquels comprennent les Coptes en Egypte et en Abyssinie, les Arméniens et les Jacobites.

U Église Latine ou Occidentale s*est séparée en deux gi*ands partis.

11! Église Catholique^ Apostolique et Romaine étend son empire sur presque tonte la France, sur toute l'Italie, FEspagne, le Portugal, sur les trois quarts de l'Irlande, sur la plus grande partie de l'empire d'Autriche, sur plus de la moitié de la monarchie Néerlandaise, sur presque la moitié de la monarchie Prussienne, de la confédération Suisse et des puissances secondaires de la confédération Germanique. Cette religion est aussi professée par les nomb-^eux descendans des vastes colonies fondées en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique par les Espagnols, les Portugais et les Français. Le Pape en est le chef spirituel.

Les Grecs-Unis^ qui ont quitté l'Église Grecque orientale , forment un faible appendice à l'Église Catholique.

Les Églises Protestantes^ d'après des nuances assez légères, se partagent en trois branches. Le Luthéranisme ou V Église ÈuangéUque domine dans les monarchies Prus* sienne , Danoise, Suédoise^ dans les royaumes d'Hanovre,

4lO TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

de Saxe, de Wurtemberg et autres ëtats de la confédérc tion Germanique; les habitans de la Finlande, de la L> vonie, etc., dans Fempire Russe , et un grand nombre d'individus dans Fempire d'Autriche suivent les dogmes de cette Église, à laquelle on tâche depuis quelque temps de réunir ceux qui professent le cali^inisme. Les dogmes de ce dernier, connus aussi sous le nom d'Église Réformée, dominent principalement dans les provinces septentrionales de la monarchie Néerlandaise , dans les cantons suisses de Berne, de Zurich, de Bâle, etc.; dans le dacbe de Nassau, dans les principautés d'Anhalt, de Lippe, dans la Hesse Électorale , etc., un grand nombre d*habitans des monarchies Française et Prussienne et de rempire d'Autriche y ainsi que la grande majorité de la popolation de l'Ecosse, sont attachés à cette ^lise, à laquelle appartiennent aussi les congrégationalistes ou ind^^endœuj et les presbytériens^ si nombreux dans les Etats- Unis.

U Église Anglicane ou Épiscopàle ne se distingue des autres protestans que parce qu'elle a maintenu l'hiérarchie épiscopàle. Elle règne en Angleterre, et, quoique en minorité, domine impérieusement en Irlande. Lesnombreui descendans des colonies fondées par les calvinistes, le luthériens et les anglicans, en Amérique, en Afrique dans l'Asie et l'Océanie, professent la religion de leoi: ancêtres.

Sans embrasser aucun système de l'intolérance^ et sanvouloir insulter à des hommes souvent i^espectables, nott^ donnons ici le nom de secte à tout parti religieux qu n'est devenu dans aucun endroit assez nombreux pourdcv miner dans l'État. Les principales sectes chrétiennes sont les unitaires^ sociniens ou antitrinitaires , prot^& er Transylvanie, dans la Pologne Prussienne : un très-gract. nombre de catholiques, de luthériens et de calviniste sont en secret attachés à ce système ; les arminiens ou re montrans, parti né en Hollande, et qui s'est rapprockdes unitaires ; les mennoniies, d'abord connus sous le nofi

d*aiiabaptistes, et dëcriés à cause de leur fanatisme , aujourd'hui les plus paisibles de tous les sectaires; les bap^ tûtes, parti très-nombreux , surtout dans les Etats-Unis d'Amérique ; les freres'tnonwes ou hernfautes , espace d'association monastique qui, au reste , suit les dogmes du luthéranisme et répand les bienfaits de ses instractions douces et austères parmi les nations sauvages; les quakers ou trembleurs, enthousiastes paisibles , nombreux en Angleterre, dans TAmérique Anglaise et dans les Etats-Unis; les shakers, les tankers et autres associations semblables aux quakers; les swédenborgiens , secte mystique de Suède et d'Angleterre; enfin , les méthodistes, qui se distinguent par une rigueur outrée en morale , et qui depuis le commencement du siècle sont devenus très-nombreux dans la monarchie Anglaise et dans les États-Unis.

Le christianisme y outre tous les ennemis sortis de son propre sein, a vu s*élever à côté de lui un rival d'abord dangereux et encore incommode ^ dans le Mahométisme ou y d'après la façon de parler des mahométans eux«mémesy Y Islam, c'est-^-dire l'Église orthodoxe; cette religion n'est qu'un mélange de judaïsme et de christianisme, avec quelques omemens poétiques. La religion mahométane domine dans une très-grande partie de l'Asie et de l'Afrique, ainsi que dans la Turquie d'Europe; die est tolérée en Russie. On distingue, comme parmi les chrétiens, plusieurs partis. Les sunnites, bien que partagés sur la discipline en quatre partis, s'accordent à mettre le livre des traditions ou la Sunna au nombre de leurs écritures saintes, et à regarder Omar et ses successeurs comme des ca-lifes légitimes. Ce parti est le plus nombreux ; les Turcs en sont.

Le nom de sehUtes veut dire séparatistes; les Sunnites le donnent à tous ceux qui se sont séparés d'eux ; ils préteodenten comptera classes; chacune a la subdivisions, ce qui fait 71» sectes hérétiques; car les Turcs ont vu, comme Bossuet, que la multiplicité des hérétiques fournit no argument spécieux contre leurs doctrines. Mais, pour

4ta TRAITÉ ÉLÉMENtrAlBK

parler vrai , il n'y a parmi les schiites qu'un seul parti considérable, c'est celui des sectateurs d'Ali; ils domincot en Perse; ils rejettent la Sunna*

U est difficile de rien dire de positif sur le nombre de sectateurs que compte chaque religion actuellement eiis* tante sur le globe. Un zèle maladroit engage les diveis partis à exagérer leur nombre , comme si Sénèqae n'avait pas eu raison de dire qu'une grande majorité est sonvent un indice d'une mauvaise cause* Les incrédules surtout ont mis une importance ridicule à exagérer le nombre des mahométans et des païens.

Nous croyons qu'on pourrait adopter les sommes mr vantes ;

Le dàhoUdsme. i39 mîllîoBf.

JJEglise Grecque* 6a

Les Égiiset proUêtanUs^ etc. %

Total du ChrUtumitme. .... a6o mOliD».

Le Judaïsme 4

Le Mahométisme,^ •• loo

Le Brahmanisme, 70

I« Bouddhisme, arec tontes ses branches aoo

Tontes les antres religions, j compris le Fétichisme. . i37

Total de tont le globe 771 miBinot

Les langues et les croyances religieuses sont les Hess de la société morale, qui souvent eurVit à la chate de b société ctVîZe etpolititfue. Mais c'est cdle-ci qui détenninc la drcoBScription des états et des empires que la géognn phie politique est chargée de décrire* U fieiot prendre une idée générale des formes variées de cette société.

Les liens qui unissent le mari à fépouse et les paréos aux enfans formèrent la famille ou la société domestique. Les rapports du mettre au domestique prirent d€j^ on* gine dans cet état de la société. Le fmble ne poovnni se procurer un patrimoine ni s'y maintenir, a dû de bonse heure se décider à rédamer la protection du plus fbit Plusieurs familles se tronvanl^iotiàMi^^dftrentt aprè^qnct

DB GiOGEAPHIB. 4^3

qnes disputes, s'accorder à rester en paix ensemble* Certaines r%les s'établirent entre elles i ce n'étaient point encore des lois, mais c'étaient des contumes. La réunion de ces familles ne formait point un état, mais seulement une société civile.

Ces petites sociétés diirent bientôt s'apercevoir <pie lenrs coutumes et observances avaient besoin d'être fixées , de prendre le caractère de lois. Des hommes d'un génie supérieur devenaient les législateurs ignorés de ces hameaux ou villages. Dès que les rapports des hommes entre eux furent fixés par des lois, la société politiifue exista.

Mais c'était une société sans gouvernement, et l'on tomba bientôt dans les maux de l'anarchie. Cette expérience apprit aux hommes qu'il fallait une force physique pour maintenir la force purement morale des lois; ils établirent un gouvernement sous une forme quelconque. La convention qui fixe l^s lois pi^imitives de la société civile s'appelle pacte social. Celle qui fixe l'existence de la forme d'un gouvernement et les rapports qui en découlent , s^ap* pelle constitution. Par cette dernière convention y la société civile se constitue en état ou, si Ton veut, en république: car ce dernier mot, tiré du latin, signifie originairement toute société civile ayant un gouvernement et des lois, sans égard à la forme.

Un gouvernement est l'unité de forces physiques létablie par la volonté de ta société civile pour maintenir les lois et la constitution. La force du gouvernement, régularisée par les lois constitutives, s'appelle le suprême pouvoir. Itie suprême pouvoir peut être subdivisé en différentes bi*anches, comme par exemple : le pouvoir législatif, subdiVi* sible en pouToir propoèant, délibérant et décrétant; le pouvoir exécutif, subdivisible en pouvoir administratif, judiciaire, militaire, et de suprême inspection. Ces divisions sont, en partie^ arbitraires. La manière dont le Suprême pouvoir est organisé, subdivisé, concentré, s'appelleybrm^ de gouvernement» Le suprême pouvoir repr^nte la soti* veraineté nationale, qui n'est autre chose que le suprême

4l4 TRÀITB ÉLÉMENTiURE

pouvoir non organisé existant dans les mains d*une société civile sans gouvernement.

Les formes de gouvernement sont innombrables ; mais nous indiquerons les plus connues, en allant depuis Tétat de la plus grande dissémination physique des pouvoirs jusqu'à celui de leur plus grande concentration. Ces deux extrêmes se rapprochent plus qu'on ne pense : ce sont deux anneaux d'un cercle qui se touchent.

Pour engager les hommes dans leur état d'égalité primitive^ à obéir à quelques individus, il a fallu déployer une grande supériorité devant la multitude. Or, chez des peuples agricoles, les hommes qui avaient su acquérir as* sez de connaissances pour prédire les mouvemens des as- ' très et pour donner d'utiles préceptes aux cultivateurs , ont dû être regardés comme des êtres supérieurs et les interprètes des puissances célestes. Ayant sans doute inventé les divers genres d'écriture, cette découverte capitale a encore ajouté aux titres qu'ils avaient au respect de la nation; formés en coUéges, et seuls dépositaires de tout le savoir, ils ont naturellement obtenu le droit de commander et de se faire obéir sans difficulté. La hiérocratie a donc été le gouvernement des plus anciens peuples agricoles, à demeure fixe, et l'antique Egypte l'atteste suffisamment. L'habitude de l'obéissance rendit ensuite trèsaisé l'établissement du pouvoir absolu des rois chez des peuples accoutumés à obéir à la caste sacerdotale.

La démocratie pure est un État où le suprême pouvoir est immédiatement exercé par la majorité de la nation. Cette forme de gouvernement diflTère de l'état de la société civile primitive, dans laquelle tous régnent également. La démocratie commissoriale est un État où le suprême pouvoir est exercé par un conseil immédiatement choisi du peuple, révocable, responsable. De semblables fonctionnaires ne sont donc point les représentons de la nation^ mais seulement ses mandataires, ses commis. On appelle démocratie représentative un État dans lequel le suprême pouvoir esl exercé par des magistrats choisis par le peu-

DE GÉOGRAPHIE. 4l5

pie qui le représentent et qui, par conséquent, pris collectivement, sont souverains et non responsables. Cette forme se subdivise en démocratie représentative pure, lorsque le peuple choisit immédiatement ses représentans^ et en démocratie représentative électorale, où il y a des corps électoraux élus par le peuple, et qui choisissent les représentans.

\J aristocratie élective se rapproche des démocraties représentatives. Cest un État où le peuple, immédiatement ou médiatement, choisit ses magistrats, non pas indistinctement parmi les citoyens, mais parmi une certaine classe déterminée par la loi. L'aristocratie élective est pure ou libre , lorsque le peuple a créé la classe privilégiée ou le corps aristocratique, lorsque l'entrée de ce corps est ouverte à tous les citoyens, lorsque les membres de ce corps sont soumis à l'action du suprême pouvoir dans les mains du peuple. L'amtocmtie simple est un.État où le peuple a choisi à perpétuité , pour son représentant plénipotentiaire, un corps qui gouverne et se renouvelle sans le concours du peuple. On appelle aristo-démocror lie toute forme de gouvernement composée de celles que nous venons de nommer. Lorsque la partie aristocratique semble dominer, on a V aristocratie tempérée ^ et dans le cas contraire, c'est la démocratie tempérée. L'immortelle Rome était, depuis l'expulsion des Tarquins, une aristocratie héréditaire oligarchique ^ qui se changea peu à peu en aristO'démocratie composée de tous les genres. Les patriciens étaient le corps aristocratique héréditaire^ le sénat, une aristocratie élective libre; les assemblées du peuple représentaient la démocratie.

La monarchie démocratiçue est une démocratie quelconque, où le suprême pouvoir est en partie çxercé par un seul individu, et en partie par un corps démocratique. Gomme le pouvoir suprême peut être divisé de plusieurs manières, il est impossible de fixer le nombre de tous les genres de monarchie démocratique. Elle peut être hérédi^ taire, lorsque la nation a choisi une certaine faraillej ou

/jg TBAITÉ ÉLÉIfENTAïaS

élective, lorsqu'à chaque vacaAce on choisit le monarque. Les élections peuvent dépendre du peuple, d'un corps électoral y d'un seul électeur. Ces variations sont communes à d'autres genres de monardiîe. Le pouvoir législatif ^tai être partagé entre les mandataires du peuple et le moDar^ que, ou il peut appartenir aux premiers seuls. Les pouvoirs judiciaire et militaire peuvent être dépendans da monarque ou du corps de la nation. Le corps démocratique même peut être choisi sans ou avec participation dn

monarque.

La monarchie aristocratique est un Etat où les brandies du suprême pouvoir sont partagées entre un monarque et un corps aristocratique. Ce dernier corps peut &re nue aristocratie élective libre, lorsqu'une assemblée des représentans choisis par le peuple est placée à côté dn mooar^ que; une aristocratie élective héréditaire choisie ou par le peuple, ou par le monarque, ou par tous les deux codjointement; enfin une aristocratie pure et perpétnelie, qni est indépendante à la fois du peuple et du monarque.Teik était la noblesse dans la plupart des Éuts européens, avant

l'époque actuelle.

La monarchie arisUhdémocraiù/ue est un gouvernement composé d'un monarque, d'un corps aristocratique et d'un corps démocratique. On entend ordinairement pr gouvernement mixte une semblable monarchie. Les dL^ férentes combinaisons de cette forme sont tellement multipliées, qu'il est impossible de les classer.

La monarchie pure ou absolue est un Etat dans leqod le suprême pouvoir est tout entier confié à un seul individu, ou, en d'autres termes, un État dans lequel la m*- Jorité de la nation est représentée par un seul individu. La monarchie absolue diflire du despotisme en ce que k monarque tient son pouvoir de la nation, par consentement ouvert ou tacite; le despote, au contraire, prêtent le tenir de Dieu ou de son épée. Néanmoins, les cowperans et leui-s descendans sont, par suite d'une longue ^ session , regardés comme des monarques légitimes; ci pr

DB GÉOGRAPHIE. J^ij

que toutes les monarchies ont commencé par des conque * tes. La dictature e'tait une espèce de monarchie absolue , élective et temporaire dans la république romaine.

Le mot anarchie dit simplement absence de gouverne-' ment. En prenant le mot gouvernement dans son sens-véritable et honorable, il est évident que Tanarchie peut exister de deux manières : i» par la non-^existence d'un pouvoir suprême quelconque dans la société civile; a» par la. prédomination d'un pouvoir illégitime qui n'est pas un gouvernement.

L'anarchie peut se modifier de mille manières. Voici celles qu'il est utile de remarquer et de définir.

Vochlocratie ou l'anarchie populaire existe lorsqu'une multitude y une tourbe quelconque s'empare d'un pouvoir suprême illégitime. Donc, la majorité même, lorsqu'elle n'est pas légalement constituée souveraine, ne "peut exercer qu'on pouvoir anarchique. V oligarchie a lieu lorsqu'un petit nombre d'individus ou de familles, sans être choisis par le souverain constitutionnel , exercent le suprême pouvoir. Elle diffère donc de Y aristocratie pure. La démagogie existe lorsqu'un ou plusieurs individus, sans vocation légitime, mènent le peuple à leur gré, en exerçant réellement le pouvoir qu'ils semblent laisser dans la main de la multitude. Le terme de tjran signifiait originairement chef ou monarque : Virgile l'emploie deux ou trois fois dans ce sens honorable; mais dans la suite il fut restieint à dénoter celui qui dans une république usurperait le pouvoir monarchique absolu : c'est là le sens ordinaire du mot chez les auteui-s grecs et romains. Chez les modernes, on a réservé ce terme pour les abus violens et cruels de l'autorité dans fous les genres de gouvernement.

On a encore mal à propos confondu le mot despotisme, tantôt avec celui de tyrannie, tantôt avec celui de monarchie absolue. Le despotisme est un pouvoir absolu qui n'a point d'origine légale , et qui par conspuent ne reconnaît point de bornes. Le despote se prétend maitre de son pays, de ses sujets, comme un particulier l'est de sa terre,

4t8 TRAITÉ ÉLÉMEIITAIRE

de son bétail. Le despotisme n'est pas nécessairement ty- Tcunnique, ou cruel et violent; il n'est pas absolument incompatible avec quelquesyormes administratives et quelques institutions qui appartiennent proprement aux Etats réguliers y ou même aux républiques.

Nous ne devons pas classer parmi ces formes de gouvernement ou d'anarchie, créées par l'homme , l'état singulier qu'on nomme théocratie : « C'est^ disent les théo- » logienSy un gouvernement institué par Dieu lui-même, i> et dans lequel les prêtres-magistrats régnent au nom de » Dieu. » Telle était la constitution du peuple juif* Les papes y dans le moyen âge, cherchaient à établir une théocratie sur une plus grande échelle.

Nous devons encore remarquer les systèmes /édérai^i, qui sont des réunions de plusieurs Etats indépendans sons une autorité supérieure choisie par eux , et qui ont des pouvoirs plus ou moins étendus pour maintenir parmi eui l'ordre y et pour les défendre contre des ennemis externes. On peut dire qu'une confédération dans lacpielle tous les membres sont égaux est une démocratie d'Etats : telle est celle d'Amérique. Cependant il y a eu des confédérations avec un chef : le ci- devant empire Germanique était de cette nature. Les confédérations ont quelquefois des si^eu en comQiun. Les Suisses avaient sur ce pied plusieurs districts.

La géographie politique considère dans les sociÀés humaines 9 outre le lien général ou la forme du gouvernementy les liens particuliers qui attachent les individus à la société y et qui résultent de la position assignée à ces indi* viduSy ou de la division en classes et ordres.

Dans l'état le plus sauvage , l'homme isolé se procure immédiatement le peu qui lui est nécessaire ou qui tente ses désirs. Dès que les familles commencent à se ra|^ocher, elles se réunissent pour des travaux communs; nuis lorsque le nombre des familles augmente , la sociâé, ptos forte y se partage les travaux. Les diiférens (Mroduils dr chaque travail sont dès lors échangés réciproquement Ces

DfS, GÉOGBAPHIB. 4^9

échanges n'étant pas sans incommodité , on réfléchit sur les moyens de les abréger et faciliter. On choisit pour me» sure de comparaison entre les valeurs , ou quelque article généralement recherché^ comme le blé, le bétail; ou quelque matière réputée précieuse , teUe que l'or et l'argent. Ce signe devient monnaie : les productions deviennent marchandises; au lieu de les troquer^ on les achhte. Maintenant, quelques esprits observateurs s'aperçoivent qu'on peut gagner sur l'achat et la vente; ils achètent des uns pour revendre aux autres : voilà le commerce qui prend son premier essor. Bientôt les fonctions d'administrer ou de défendre l'Etat deviennent trop pénibles et trop compliquées pour pouvoii" être remplies gratuitement : on salarie les ybnc/ib/mâirie^; au lieu de guerriers, on a des soldats. En même temps , chaque pouce de terrain a reçu son mattre; toutes les propriétés ont été fixées; elles ont passé d'une main dans l'autre; le hasard a favorisé l'un, l'adresse a servi l'autre. Ceux qui ont été malheureux ou maladroits se trouvent donc dans l'impossibilité de rien produire par eux-mêmes : ils louent leui^ forces ou leur adresse à d'autres.

Voilà le cercle social parcouru tout entier; nous indiquerons maintenant les diverses classes qui en résultent*

La classe productive comprend tous ceux qui tirent de la terre ou d'un autre élément quelconque des productions utiles à la société : cultivateurs, pécheurs, chasseurs, vi* gnerons, mineurs et autres. Il y a des peuples composés en totalité d'une ou plusieurs classes productives; tels sont les peuples pasteurs ou nomades, les peuples pécheurs ou ichtyophages. Dans les États civilisés , il existe une classe productive toute particulière. Le savant qui agrandit l'em* pire des idées, et l'homme de lettres qui ennoblit les sentimens et les mœurs, ne produisent-Us pas de véritables richesses nationales , des richesses d'un prix inestimable et d^une durée éternelle?

La classe industrielle renferme ceux qui, en perfection* nant ou combinant des produits bruts, en composent des

^ao TRAITE ELEMKNTAIllE

produits artificiels. Quand ces travaux demandent éminemment de Tesprit et du goût ^ ils méritent le nom de beaux-arts^ quand ils exigent principalement une habileté corporelle y ils s'appellent arts mécaniques. Une manufacture est un établissement où un art est exercé en grand. Le nom Ae fabrique semble surtout désigner un de ces élablissemens où Ton emploie de grands instrumens et des moyens violens.

La classe commerciale se compose des commerçai proprement dits, qui vendent et achètent, en gros et en détail y les produits de la nature et de l'art; des divers genres de commissionnaires qui facilitent Texécution des achats et des ventes; des banquiers et agem de change, qui bornent leurs opérations aux signes représentatif des marchandises; enfin, des navigateurs et ^oituriers^ en tant que ceux-ci , propriétaires de leurs moyens de transport, ne rentrent pas dans la classe des mercenaires.

Les possesseurs de fonds de terres par héritage on pav achat forment une classe très-puissante dans la société; ils ne produisent rien et consomment beaucoup; mais lorsqu'ils appliquent une partie de leur superflu à'Tamélioration des terres et à d'autres travaux productifs , ils deviennent des instrumens très-acti& de la production.

Les capitalistes ou possesseurs de valeurs en nomëi^ire sont également des agens de la production , lorsqu ils emploient leurs fonds directement ou les prêtent pour des entreprises utiles qui augmentent les produits nationaux. S'ils ne font que dépenser leur revenu improducti vement, ce sont de simples consommateurs. Ces trois classes sont les moins nombreuses , mais les plus riches et influentes, surtout les deux dernières.

Nous réunissons dans une seule classe \es fonctionnaires et employés publics avec la force armée de terre et de mer. Ne sont-ils pas, les uns comme les autres, investis d'une partie plus ou moins grande de la force sociale? Ne sont-ils pas les agens du suprême pouvoir?

La dernière "classe comprend les mercenaires de tout<r

DK GEOGRAPHIE. 4^1

espèce qui louent leur travail à d'autres particuliers, ou principalement à la société ; elle se compose des journaliers et des domestiques. Cette dernière classe est surtout nombreuse dans les États où règne un grand luxe.

La proportion numérique dans laquelle ces classes se trouvent dans un État est une des questions les plus intéressantes de la statistique. C'est d'après cette proportion qu'on donne à telle ou telle nation le nom de peuple agricole; à telle autre, celui de peuple commerçant.

Les classes naissent de la nature même de la société; mais les castes et les ordres sont créés par des lois et des institutions. On entend par caste une classe héréditaire qui est chargée exclusivement d'un genre d'occupation. Ce système de division existait dans l'Inde , la Perse , l' Arabie-Heureuse et l'Egypte ; on l'explique d'une manière très-vraisemblable par la différence originaire des tribus primitives dont la réunion forma la nation; la caste des prêtres et celle des guerriers, en Egypte, étaient probablement deux tribus policées qui vinrent subjuguer quelques hordes d'agriculteurs et de pasteurs; le vainqueur dédaigna de se mêler avec les vaincus; et, plus tard, les législateurs consacrèrent une division ^ue le hasard avait établie. Les ordres polàiçues dans les États d'Europe diffèrent essentiellement des castes, en ce qy'ils n*ont pas d'occupation qui leur soit exclusivement réservée ; ou s'ils en ont, comme le clergé, ils ne sont pas héréditaires. Dans le moyen âge, quand les armées consistaient en cavalerie, la noblesse se rapprochait beaucoup de la nature d'une caste ; aujourd'hui ce n'est qu'un ordre d'État.

La bourgeoisie, ou le tiers^état, et les paysans, forment, dans quelques États, des ordres reconnus par la constitution: en Suède, l'ordre des paysans est très-influent; il était de même dans le Tyrol avant les derniei^ événemens; mais il y a encore quelques pays où les cultivateurs, soumis au joug de la servitude personnelle, forment une véritable caste condamnée à une abjection éternelle.

Dans les États despotiques , comme en Turquie et en

4aa TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

Chine y il n'y a point d'ordres : TesclaTage rend tous les individus égaux. En Europe ^ c'est l'esprit de corps des ordres d'État , c'est l'équilibre résultant de leurs i»:érogative^^ opposées entre elles et au suprême pouvoir , qui garantissent la liberté politique. C'est donc en décrivant l'Europe que nous ferons connaître les institutions de che^ Valérie, les distinctions honorifiques, et d'autres institotions qui ont pour but, soit de marquer les degrés dans la société, soit d'en rendre la distance moins sensible.

Il serait de peu d'intérêt de compter combien il y a de dénominations usuelles pour désigner les divers Etats ezistans sur le globe. L'emploi des termes ôl empire, de royattme, de suUanat, de khanat et autres , s'apprendra suooessivement dans la partie descriptive de cet ouvrage. Il serait également inutile de nous livrer ici à des conâdérations sur les titres que prennent les chefs des États, depuis le modeste président des États-Unis jusqu'au superi)e empereur de la Chine, qui se ait fils du Cielj et qui pomUnt n*est que le faible imitateur des monarques persans qui s'intitulaient rois des rois, princes des étoiles, firères du soleil et de la lune. Les vains sons n'influent point sur la prospérité ni sur la puissance des États. La géographie politique ne s'occupe aussi qu'en passant des armes et des couleurs par lesquelles les divers États marquent leurs drapeaux , leurs pavillons et leurs poteaux de frontières.

C'est un objet^ bien plus grave de connaître les^rtef matérielles des États. C'est le but particulier d^une vaste science nommée arithmétique potùi4fue; mais les résultais de cette science doivent figurer dans les descriptions de la géographie politique.

Le premier élément est la valeur du territoire et de ses productions. Ici , les divers objets des trois règnes de la na* ture sont classés d'après leur utilité dans la vie et leur valeur comme marchandise. Les gouvememens eux-mêmes ne connaissent que par approximation la valeur de ce que produisent l'agriculture, la pêche, la chasse et les mines, ^t quelle est la proportion exacte de ce que leur nation

DB GÉOGRAPUIK. 4^3

vend à d*atttres et de ce qu'elle achète. Souvent les gouvernemens ne publient pas même les renseignemens imparfaits qu'ils possèdent à cet égard. La géographie politique ne peut donc pas absolument garantir les tableaux de productions, d'exportations et d'importations quelle est obligée de recueillir avec tant de peine. Pour rendre pourtant ces indications aussi utiles que possible, il faut qu'elle fasse connaître les valeurs dans lesquelles les tableaux de ce genre sont calculés; les monnaies, les poids et les mesures de chaque pays. Cet objet , qui varie d*État en État, ne doit nous occuper que dans les descriptions spéciales.

Au second rang^ parmi les élémens de la force publique, on doit placer Vindustrie commerciale et manufacturière; c'est elle qui accumula sur le rocher de Tyr, sur les arides coteaux de l'Attiquc , sur les plages sablonneuses d'Alexandrie, les trésors du monde ancien ; c'est elle qui, dans les temps modernes, fit la grandeur de Venise, delà Hollande et de l'Angleterre. Ici la géographie politique doit remarquer la situation des côtes maritimes d'une contrée^ le noinbreet la nature de ses ports, l'état des grandes routes, celui des canaux de navigation , objets qui tous influent très-directement sur la prospérité industrielle à laquelle un pays peut atteindre. Il faut encore faire attention aux diverses institutions commerciales, telles que les grandes banques nationales qui servent à l'échange rapide des signes représentatifs des marchandises , et les compagnies et sociétés de commerce, parmi lesquelles il y en a qui possèdenten souveraineté de vastes provinces hoi^ del'Europe.

La population d'un État est le troisième élément de sa force. Nous avons vu, dans un livre précédent, que les rapports entre les décès, les naissances et le nombre des vivans font deviner, à peu de chose près, la population d'une contrée ; mais les recensemens seuls la font connaître avec certitude. Même lorsqu'on a des recensemens au* thentiques , il convient de ne pas s'y fier aveuglément. Souvent on compte deux fois les mêmes individus, ce qui

4^4 TRAITÉ ÉLÉMENTAIKE

arrive toutes les fois qu*on fait le dénombrement des campagnes en été, et celui des villes en hwer; cette erreur est très-commune.

Le nombre des liabitans est la base de tout bon système de finances : plus il y a d'individus , pourvu qn'ils aient de quoi se nourrir, plus le commerce et les manufactures peuvent prendre Fessor, et par conséquent plus les revenus s'augmentent. C'est également sur le nombre d'habitans que se mesure celui des troupes. On compte que les hommes capables de porter les armes font environ la quati^ième partie de tous les habitans. Mais le plus grand effort qu'un État, même le plus militaire, puisse faire dans un cas de nécessité extraordinaire, c'est d^armer la huitième partie de la population : même on n'en connaît aucun exemple dans l'histoire moderne.

Observons encore que plus une masse est concentrée, pourvu qu'elle ait l'espace nécessaire pour se mouvoir, plus elle acquiert d'énergie : donc un petit pays bien peu* plé est, proportion gardée, plus puissant qu'un vaste État dépourvu d'habitans.On regarde un pays comme élantbien peuplé lorsqu'il compte looo habitans par lieue marine carrée. UArchipel Britannique est peuplé à raison de 1895 habitans par lieue carrée ; n^ais la principauté de Galles et l'Ecosse offrent des proportions moins favorables. La France, avec la Corse, compte actuellement 187 a habitans par lieue carrée. Mais il y a des départemens dans ce royaume, des comtés en Angleterre et en Irlande, des provinces dans les royaumes de Naples et des Pays-Bas, de l'empire d'Autriche et de la monarchie Piiissienne, où la population est tellement accumulée, que chaque lieue carrée n'y contient pas moins de 4i S ^^ jusqu'à 6,000 habitans. Cependant ces phénomènes ne sont que des exceptions locales. Au contraire, il est assez ordinaire de trouver , dans la monarchie Suédoise, dans la Russie d*Ei»rope, et même dans les États de l'empereur d'Autriche et du i^i d'Espagne, de vastes espaces qui n'ont pas 100, pas même 5o habitans par lieue carrée.

Les reî^enûs de tÉtat varient selon le capital qu'il possède en territoire y productions et hommes. Ce sont, à proprement parler^ des intérêts que l'Etat prélève sur les revenus de tous les particuliers. Les essais que Farithmétique politique a faits pour évaluer les revenus de toute une nation Vont jusqu'ici produit que des résultats très-incei^ tains. La géographie politique se borne à indiquer la somme des revenus de chaque État, et les principales sources d'où ils découlent; ces indications sont fournies dans plusieurs Etats par le budjet annuel; c'est ainsi qu'on appelle le tableau des finances soumis à l'approbation du corps aristocratique ou démocratique paiticipant à l'exei"cice du suprême pouvoir. Toutefois ^ comme ce tableau est quelquefois destiné à contre-balancer les idées défavorables que pourrait faire naître l'accumulation des dettes publigues de VÉtat^ il arrive que la politique y étale des recherches imaginaires.

Dans les monarchies absolues , ces faux calculs sont superflus; mais les vrais restent souvent ensevelis dans les bureaux ministériels, jusqu'à ce qu'un heureux hasard ou la volonté d'un souverain éclairé les livre à une utile publicité. Comme ce n'est qu'en Europe et dans les contrées du globe soumises aux Européens et à leurs descendans qu'il existe un véritable système de finances, c'est dans la description de ces pays seulement que nous indiquerons les diverses espèces à^ impôts et de contributions, et toutes ces circonlocutions ingénieuses sous lesquelles les gouvernemens civilisés déguisent la i^v^&eidonnez-nous de l'argent; tandis que les chefs des nations barbares enlèvent in natura, et le plus souvent d'une manière arbitraire et désordonnée , les objets dont ils ont besoin.

ha/brce armée de terre et de mer est malheureusement, mais nécessairement, le principal objet des soins d'un gouvernement quelconque.

Les tribus sauvages, et même quelques peuples à demi l>olicés, ont la coutume de marcher à la guerre tant qu'il y a des hommes capables de porter les armes. Rien ne les

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empêche de faire ainsi, car la pêche et la chasse sont de» métiei^ qu'une nation sauvage transporte avec ^e. Pow l'agriculture et le soin des bestiaux ^ les femmes peuvent \ suffire; mais dès que leà travaux sont multiplia et divisés c'est-à-dire dès qu'il y a des classes productives , industrielles, commerçantes à part, il est impossible de faire armer ni combattre une nation en massej sans rainer entièrement des métiers et des travaux nécessaires à sa subsistance, n a donc fallu créer une classe uniquement des* tinée au métier de la guerre : telle était, dans le moyen âge, la destination de la noblesse et de la chevalerie; mats l'invention de la poudre et de l'artillerie, rintrodactioo d'un nouveau système de fortification, le perfectionoement de la tactique, changèrent Fart presque mécanique de la guerre en une vaste et profonde science «|o'il faot étudier pendant de longues années. Cette considération , fortifiée par des motifs d'ambition et de politique, donna lieu à rendre Fétablissement temporaire des armées stable et permanent. Les pi!iissances européennes ont, depais plos d'un siècle et demi, des troupes toujours sur pied, prêtes à marcher au premier signal. Leur entretien absorbe aujourd'hui le tiers, et souvent la moitié de tous les revenus publics.

Ites Jbrces de terre, ou Yarmée, se composent de trots parties ou armes difi*érentes principales, avec leurs subdivisions y savoir : V infanterie ou les combattans à pied, la cat^alerie ou les combattans à cheval , Y artillerie qui dirige l'emploi de ces machines meurtrières d'où dépenil le sort des batailles, et le génie qui calcule la défense oo l'attaque des places fortifiées. Il ne suffit pas d^indiquer, dans la description d'un royaume , le nombre et l'emplacement des forteresses y les passes ou défilés les plus iroportans, ainsi que le nombre de troupes qu'il a sor pied; il faut encore dire si ce sont des troupes régulières ou des bandes sans discipline et sans science , dont le nombre n'est redoutable que sur le papier; il faut indiquer les avants* ges et désavantages physiques de la frontière d'an État.

De même il ne suffit pas de connattre le nombre de bdtimens de guerre dont se compose la marine ou la flotte d'une nation ; il faut eneore savoir si elle possède un nombre suffisant d'officiers habiles et de matelots expérimentés; il faut obsei*ver si elle domine sur de vastes côtes garnies de bons ports , ou si elle ne touche à la mer que par quelques points isolés. D'après les circonstances, un Etat a besoin d'une flotte de vaisseaux de ligne et à^ frégates pour se battre en pleine mer ^ ou seulement ai une /lotille de chaloupes canonnières pour défendre ses côtes, ses détroits et ses ports.

Enfin y les États ont encore, outre leurs forces propres et spécifiques, une force de situation qui dépend de leurs relations extérieures, et surtout des alliances, soit diplomatiques, soit natiurelles, qui les rendent mutuellement amis ou ennemis. La balance qui résulte des alliances des diverses puissances de l'Europe est ce qu'on appelle l'éyuilibre politique. Il est utile d'en examiner les principales bases, ce que nous ferons dans la description de l'Europe.

JJétat moral d'une nation est le résultat de tous ces rapports politiques et sociaux que nous venons d'indiquer. Cet état se manifeste par divers traits dont la géographie politique a soin de recueillir les plus marquans.

La manièt^e de s'habiller est plus qu'un simple objet de curiosité; l'ample habit des Orientaux et le vêtement serré de l'Européen influent sur la constitution physique et morale des nations ; la nudité de certaines nations leur procure des avantages corporels, une légèreté, une force, une santé robuste, inconnues aux nations vêtues ; mais avec ce besoin de moins, on a moins d'industrie et un esprit moins éveillé. L'usage de se peindre, soit en gravant des figures dans la peau , soit en la couvrant simplement d'un enduit colorant , marque l'enfance de la civilisation et le premier essor de k vanité, mère du luxe. Souvent aussi les rangs et dignités sont indiqués par le vêtement ou la parure; un pagne particulier est l'emblème de

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la royauté à Otaïti. Les prêb*es siamois se réservent l\ droit de se faire raser les sourcils; un collier de deri! humaines est la décoration des plus nobles cTentre k nègres.

Les habitations ordinaires d'un peuple indiquent pres^ que infailliblement le degré de civilisation auquel il t>\ parvenu. On pourrait partager le genre humain en quai ! classes, d'après les quatre genres d'habitation que voie i^ cavernes dans les rochers et sous terre; ceux qui r\ font leur demeure ordinaire sont appelés peuples trogl dytes; 29 cabanes de terre, de branches d'arbres, de pierres ou de quelque autre matière brute ou grossièrement travaillée; 3<> tentes : ces mobiles demeures paraissent prti râbles à nos palais, aux yeux des peuples nomades ^ pasteurs; 4^ maisons, qu'on pourrait définir cabanes pei fectionnées; car même la plus superbe colonnade n*rs qu'une imitation ennoblie des poutres gi^ossières qui soutenaient le toit de chaume. On trouve en Europe des maisons construites de poutres non équarries, de poutre équaiTies et garnies de boiseries, d'argile battue et de Ik. équarri, de briques et de bois, de briques seules, t!: pierres brutes, de pierres de taille et de marbre.

Le nom de "ville, à parler rigoureusement, n^est p^^ donné à un assemblage de maisons en raison de Féteodu. ou de la population , mais en vertu des privilèges (ioi l'endroit jouit. Le droit d'exercer le commerce, les arlscî les métiers; voilà ce qui distingue, dans la plupart do pays, les villes des villages. Les villages sont qodquefo:* plus grands que plusieurs villes, par exemple en SUééic^ mais ils n'ont ordinairement aucun privilège qui les Jltingue du reste des campagnes. Les bourgs sont des er. droits qui jouissent d'une partie des droits accordés aL> villes. Au reste, ces mots prennent diflTérens sens, scL: les lois et les usages de differens pays.

Les ustensiles et instrumens ne sont pas des objets mor dignes de l'attention d'un observateur philosophe. Les an^ les javelots, les filets des sauvages méritent souvent JcUi

emarqués comme ouvrages d'une patience et d'une adresse idmirables.

La nourriture des di veines nations parait un objet de )eu d'importance à l'Europëen , accoutumé à voir toutes es substances alimentaires servir indistinctement sa gournandise; mais il y a des nations qui vivent presque exchiivement d'une seule espèce d'aliment. Les peuples yrugft- 'oreSj carnivores et icktyophagessont disséminés sur toute a surface du globe ; le goût pour la chair de cheval paraît particulier aux Mongols , aux Tartares y aux Finnois et lutres descendans des Scythes, même atix peuples îslav^ns it gothiques; c'est en Afrique que le6 anciens et les molernes placent les peuples acridopkages ou mangeurs de sauterelles. La misère réduit même quelques tribus à décorer de la terre glaise.

La géographie spéciale remarque avec soin ces difféencesy trè&-importantes par leur effet moral. Mais quant I Yanihropophagie, ou Thorrible coutume de manger de a chair humaine, il paraît démontré qu'elle n'appartient :n particulier k aucune nation , à aucun climat; des tribus lauvages habitant des régions trësniifférentes s'y sont lii^rées, et cette affreuse coutume subsiste encore sur plusieurs points du globe. Ce goût atroce parait tirer sa source d'une soif insatiable de vengeance contre les ennemis, et d'un appétit éminemment Carnivore tiès-développé chez tous les sauvages qui se nourrissent de chair, et qui la mangent crue en buvant le sangdes animaux. Il parait constant que tous les peuples qui vivent de végétaux et de poissons sont étrangers à l'anthropophagie. Cependant l'atroce superstition qui a fait couler tant de sang ihnocent et qui, sur toute l'étendue du globe, a commandé des sacrifices humains, a aussi parfois favorisé ces dégoûtans repas qui révoltent l'homme perfectionné par la civilisation etles lumières de la philosophie. Non-seulement les relations modernes l'attestent à l'égard de presque tous les peuples d'Afrique, d'Amérique et d'Océanie; mais on entrevoit, par plusieurs passages des anciens, que cet «Sage était ré-

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