ÉLECTROLYSE
rure de méthyle, dont on activait Tévaporation par un courant d'air sec. On maintenait ainsi Tacide fluorhydrique liquide à une température toujours inférieure à — 23° (température d*ébullîlion normale du chlorure) et pouvant atteindre - 5o°, température facile à maintenir par le passage d'un courant d'air dans ce liquide. Comme Tacide fluorhydrique anhydre est mauvais conducteur, on le rend propre à Télectrolyse en lui ajoutant un peu de fluorhydrate de fluorure de potassium, facile à obtenir sa.ns trace d'eau. Vingt éléments de Bunsen suffisent alors pour obtenir la décomposition du liquide soumis à Télectrolyse. Un
ConmBtai^ Fluorine
Fig. lôO. — Détails de l'appareil de M. Moissan.
ampèremètre placé dans le circuit permet de se rendre compte de rintensilé du courant.
« Avec une telle disposition d'appareil, l'opérateur est rais dans une large mesure à l'abri des efl'ets funestes de l'acide fluorhydrique, et cet acide se trouve également soustrait à l'action hydratante de l'air atmosphérique et des anciens mélanges réfrigérants. Ceux-ci sont d'ailleurs avantageusement remplacés par le chlorure de méthyle au point de vue de la constance et de l'intensité de leurs eflels. Aussi Télectrolyse a-t-elle pu facilement être maintenue durant deux ou trois heures, ce qui permet à Tobservateur de s'assurer de la constance des effets observés. M. Moissan obtient : au pôle négatif de son appareil, un dégagement régulier A'hydrogène entraînant un peu d'acide fluorhydrique; aupôle positif, un dégagement assez notable d'un gaz qui n'est autre que le fluor.
822. Effets secondaires de l'électrolyse. — Les métaux alcalins et alcalino-terreux, à cause de leur grande affinité
3iO ÉNERGIE ÉLECTRIQUE.
pour roxygène, no se déposcnl pas k Télat métallique. On ne peut séparer le polassium et le rhodium qu*en éleclrol ysanl une solution concentrée et en formant la cathode d*unbaiii de mercure avec lequel les métaux alcalins s'amalgramonl au fur e( à mesure de leur formation.
En électrolysanl Teau accidulée sulfuriquc avec des électrodes en zinc, il ne se dégagée pas d'oxygène, car ce gaz oxyde le zinc et Toxvde formé se transforme en sulfate. Dans cortains cas, les ions se dégagent sous un état anormal, tel que Toxygène à l'état d'azone - cause d'erreur dans les vollamèlres à gaz (323) —, l'hydrogène a l'étal naissant, le cuivre à l'élal pulvérulent lorsque la densité de courant est trop grande, etc.
Rhf'ototne liquide. — Si Ton i)lace dans un circuit un voltamètre à eau acidulée sulfuriiiue dont une des électrodes est en platine et l'autre en aluminium, le courant passe lorsque le platine forme l'anode, mais il est arrêté quand ralumiuium forme l'tinrMle. II se produit un oxyde mauvais conducteur, alumine). Le fait signalé en tSTîî par G. Planté a été appliqué |»ar M. bucn'tet à la construction d'un rhéolome à direction constante. M. Cad a reconnu que Tarrèt du courant est plus complet dans une solution de bichromate de potasse ou Je soud(».
L'éleclrolyse est aussi appliquée à l'indication des courants très faibles, lue solution d'iodure de potassium k laquelle on a ajoulr de limiidon devient indigo à Tanodo dès qu'elle osl traversée par le faible courant, qui produit, par éleclrolysi». des traces d'iode libre. Une solution de sulfate de potasse colorée par du siro|) de violettes verdit au pôle négatif (cathode et rougit à l'anode.
On peut ainsi rùaliser un indicatvur de pâles, comme l'indi(|ue M. .1. Gacl)/tardvn employant une dissolution d'acétate d»' plomb, qui, de sa solution incolore, laisse déposer instantanémeni sur lélrclrode positive, de platine ou autre métal inoxydîïbb', les magnifiques et très brillants anneaux colorés de peroxyd»» (h' [)loinb en lames minces connus sous le nom d'anneaux (ir .Nobili, tandis (]ue, sur l'autre électrode, ne se produit qu'un dé|HM Irrnc ou cristallin de plomb métallique, mêlé ou non de buih'S triiydrogùne.
VOLTAMÈTRES. 3ii
La solution d'acétate de plomb la plus diluée, et par conséuent la plus résistante, produit nettement le phénomène, et il iiffit, après emploi, de fermer sur lui-même le circuit de Téîctrolyte pour que, très rapidement, les dépôts disparaissent et ermettent à l'appareil de resservir indéfiniment soîis perte de uhstance.
De très faibles forces électromotrices suffisent pour produire 3 dépôt des lamelles de peroxyde de plomb, dont la couleur, aujours très brillante, mais variable depuis le brun jusqu'au ert, suivant toute Téchelle des colorations des anneaux transttis de Newton permet, si elle dépasse une certaine limite et ileint le noir mat, d'avoir immédiatement une donnée approxioative sur la grandeur de la différence de potentiel que l'on îherche à constater. Ces phénomènes ont donné naissance à ine industrie spéciale : Velecirochromie,
Les phénomènes d'électrolyse constituent une branche im- ;)ortante de l'électricité industrielle sur laquelle nous revien- Irons dans le volume consacré aux applications. Nous nous :ontenterons de signaler ici les applications à la mesure élecriquc par le voltamètre,
VOLTAMÈTRES.
323. Définitions. — On donne le nom de voltamèti^es aux ppareils dans lesquels on utilise l'électrolyse pour la détermiation des quantités d'électricité et, indirectement, des inten* tés de courant. C'est ce point qui constitue la différence es- 3ntielle entre un galvanomètre et un voltamètre. Les quantités 'électricité se déduisent de la relation
M-=cQ d'où Q=:^
t l'intensité, lorsque Télectrolyse est produite par un courant 'intensité constante.
/ zt
Les voltamètres forment deux groupes distincts, suivant que 3s produits de l'électrolyse sont gazeux ou à l'état de dépôt létallique solide.
324. Voltamètres àgaz. — La mesure directe des quanlilés (l^éloctricité et indirecte des intensités de courant par le vollamèlre ù gaz s*efTcctue en déterminant la masse de gaz produite par rélectrolyse de l^eau acidulée sulfurique, ou le volume des gaz dégagés, en partant des chiffres établis par différents expérimentateurs et réunis dans le tableau suivant :