G-énérateurs thermo-électrochimiques. — Les
piles thermo-électriques ne sont pas les seuls appareils de transformation de Ténergie thermique en énergie électrique : cette transformation peut s'effectuer aussi plus ou moins directement à Taide d'appareils qui font intervenir d'autres actions,
Fig. 164. — Générateur thermo-électrochimique de M. E. Case.
Faction chimique par exemple. Bien que ces appareils n'aient pas encore donné de résultats industriels^ il est bon de les signaler pour montrer les voies dans lesquelles on peut espérer rencontrer des résultats nouveaux. Le premier système effectuant une transformation de ce genre a été réalisé par M. Willard E. Case, d'Auburn (1886). Son appareil se compose (fig. 164) d'un récipient Â, hermétiquement fermé par un couvercle B, et d'une lame de charbon G fixée au fond de ce récipient. Un con-
ductour D recouvert d'un enduit isolant Ë sur toute sa longueur est en communication métallique avec la lame de charbon C. et se termine par une borne F formant l'un des pôles de l'élément électrotbermique. On place sur la lame de charbon C une couche d'étain finement pulvérisé qui se trouve ainsi en communication électrique directe avec cette lame. Une seconde lame de charbon G est placée à la partie supérieure et communique avec la borne K formant Tautre pôle de l'élément. Celle lame de charbon est entourée d*une couche de matière poreuse telle que de la terre glaise ou une poterie analogue à celle des vases poreux des piles. Le récipient A renferme une solution de clilorure chromique préparée par le procédé bien connu qui consiste à chauffer ensemble de Tacide chromique, de Tacide chlorhydrique et de Talcool.
L*élément ainsi construit ne produit aucun courant à la température ordinaire, mais dès qu'on chauffe le liquide, le courant se manifeste en fermant le circuit entre F et K. Pour ne pas dépasser la température de loo degrés centigrades, qui est largement suffisante, l'appareil est placé dans unbain-maric ouvert L. D'après M. E. Case, la chaleur décompose le chlorure chromique, en présence de Tétain, en chlore libre et en protochlorure de chrome : le chlore libre se combine alors avec Tétainet forme du protochloruro d'étain; un courant électrique s'établit donc par suite de cotte réaction à travers le liquide entre rétain et la lame de charbon G. La plaque C ne sert qu'à établir une communication enln? l'élain et la borne F. En maintenant la lempératuro constante, le courant continue jusqu'à ce que tout Tétain se transforme en protochlorure d'étain ; toutes les affinités se trouvant alors satisfaites, l'élément se trouve épuisé et le courant cesst».
Mais dès que le liquide se refroidit, le protochlorure d'étain et le protochlorure de chrome réagissent l'un sur l'autre ; il se reforme du chlorure chromique, et l'étain métallique se dépose à nouveau.
L'étain retombe par son propre poids sur la plaque C, cl après rt'fnûdisseineiit complot, l'appareil se retrouve dans les conditions initiales : il suffit de récliauffer l'appareil à nouveau pour reproduire les mêmes phénomènes. Le but de l'enveloppe
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poreuse entourant le charbon G est d'empêcher un dépôt possible d'étain à sa surface. Cet appareil alternativement chauffé et refroidi permet donc de reproduire indéfiniment les mêmes phénomènes et d'obtenir chaque fois une certaine quantité d'énergie électrique sans dépenser autre chose que de la chaleur fournie par une source quelconque : pétrole, charbon, gaz, etc.
En 1886, M. Legh S, Poivel a signalé aussi un appareil à Taidc duquel il est possible de transformer indéfiniment l'énergie thermique ou l'énergie électrique, Tarfinité chimique servant d'intermédiaire dans la transformation.
Lorsqu'un métal est en contact avec un liquide et qu'il existe une différence de température entre le métal et le liquide, il peut se produire soit une action thermo-électrique pure et simple, soit une action thermo-électrochimique, soit enfin une combinaison de ces deux aclions. Les actions thermo-électrochimiques présentent, suivant les corps en jeu, des caractères très différents dont Tun d'eux a été nettement mis en évidence par M. Legh S. Powell, On remplit un vase à fond plat d'une solution saturée de sulfate de cuivre ne contenant pas d'acide sulfurique libre, et l'on dispose à sa partie inférieure un disque de cuivre plat relié à un fil de cuivre convenablement isolé du liquide. C'est la cathode du couple dont Tanode est formée d'un second disque de cuivre plat disposé au niveau supérieur du liquide, et supporté par un tube de cuivre fixé en son centre. Ce tube est percé d'un certain nombre de trous rayonnants disposés de telle sorte qu'en reliant l'autre extré*mité du tube à une prise de gaz on forme un brûleur en rose qui, une fois enflammé, chauffe rapidement le disque. Dès l'allumage, le disque supérieur s'échauffe, et il se développe une force électromotrice entre les deux disques de cuivre : du cuivre se dissout sur le disque chauffé et se dépose sur le disque froid, exactement comme dans une cuve électrolytique, Taction de transport due au courant dans la cuve étant remplacée par un transport de chaleur. D'autres solutions que le sulfate de cuivre donnent des résultats analogues, mais moins bien définis. M. Powel fait entrevoir la possibilité d'une pile régénérablc fondée sur ce principe en appliquant la chaleur successivement sur les deux électrodes.
HosPiTALiBH. — Ènertjie élecMqi/t.'. 1. — 23
La pile thermo-électrique n'est donc pas le seul mode de transformation possible de l'énergie thermique en énergie électrique : la question appelle de nouvelles recherches.