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EFFETS DES ABERRATIONS

32. Aberrations en général. — Nous nous sommes placés jusqu'ici, pour Tétude des phénomènes de la réfraction, dans des conditions purement théoriques, et nous avons été ainsi amenés à un certain nombre de lois très simples.

Nous allons chercher maintenant, en tenant compte des conditions réelles du problème de Fobjectif, dans quelles limites sont pratiquement modifiés les résultats que nous avons obtenus.

Nous remarquerons tout d'abord que, en maintenant les réserves que nous avions faites dans la première Partie de cette étude, nous nous trouverions, au point de vue photographique, en présence d'une grave difficulté.

Les images formées par le système réfringent doivent être reçues sur un écran sensibilisé, qui est plan. Or cet écran ne recevra d'images nettes que des points lumineux qui se trouvent au voisinage immédiat de l'axe, dans le plan focal conjugué de l'écran; tous les autres points de Tespace qui enverront de la lumière sur le système réfringent donneront des taches plus ou moins étendues, provenant de la section par l'écran des cônes de rayons réfractés, cônes dont les points de concours se forment en avant ou en arrière; et ces taches empiéteront plus ou moins les unes sur les autres.

A supposer que nous puissions éliminer Faction de tous les points qui donnent eux-mêmes des images mauvaises ou qui troublent les images des autres, il est certain que la Photographie, ainsi réduite à la reproduction d'objets plans et très peu étendus ne présenterait pas grand intérêt.

Nous devrons donc, pour pouvoir obtenir simultanément les images de points assez écartés les uns des autres, quoique situés

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sensiblement à la même distance de l'objectif, admettre des rayons dont Tobliquîté par rapport à l'axe ne sera pas très petite.

De plus, si nous voulons obtenir des images assez lumineuses, il faudra que pour chaque point de l'objet nous laissions passer un faisceau qui ne soit pas trop réduit et dont, par conséqueni, les rayons ne soient pas, comme nous l'avons supposé, extrêmement voisins les uns des autres.

Mais alors les rayons que nous sommes forcés d'admettre et dont nous n'avons pas tenu compte quand nous avons étudié la formation des images vont apporter dans cette formation un certain trouble ; nous nous trouverons en présence d'aberrations qui proviennent de la réfraction, pourtant régulière, de ces rayons au passage des surfaces sphériques qui constituent le système réfringent. Nous les appellerons aberrations de sphéricité.

Nous avons admis d'autre part qu'un rayon incident donnait naissance à un rayon réfracté unique : cela est vrai pour un rayon de lumière homogène; cela n'est pas vrai pour un rayon de lumière blanche, qui donnera naissance à toute une série de rayons diversement colorés et par suite diversement réfractés. D'où une nouvelle espèce d'aberration que nous appellerons aberration de réfrangibilité.

Enfin, lorsque nous examinons l'image, non plus d'un point, mais d'un système de points, nous constatons qu'elle présente certaines déformations dont nous devrons également nous occuper.

Nous étudierons successivement ces divers types d'aberrations ; nous verrons comment elles modifient les lois générales sans cependant les altérer de façon essentielle. Nous verrons comment on les corrige, comment on en tient compte, en les utilisant quelquefois, pour obtenir les résultats cherchés, comment enfin ces corrections peuvent donner heu à de nouveaux défauts qu'il faudra corriger à leur tour.

Cette étude faite, nous pourrons établir les conditions que les besoins de la Photographie imposent à l'objectif, et nous verrons ce que l'on fait pour y satisfaire.

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