‹ Traité élémentaire de législation industrielle. Les lois ouvrières (volume 2)Chapitre 44 sur 128 · V. — Italie · texte numérisé non relu

V. — Italie

505. — Il ne s'est pas encore produit, en Italie, de mouvement général en faveur de l'association professionnelle comparable à celui auquel nous avons assisté en France et en Belgique dans ces vingt dernières années. Dès la fin du XVIII' siècle, par suite de l'occupation française, les corporations et jurandes avaient disparu dans le nord de l'Italie ; le pape Pie VII, suivant le même mouvement, les abolit dans ses Etats en 1801, et prohiba, comme l'avait fait la Constituante, tout groupement professionnel. Le pape Pie IX, par un décret du 14 mai 1852, revint sur cette interdiction, et autorisa patrons et ouvriers à constituer, soit isolément, soit conjointement, des corporations professionnelles libres, à la seule condition de soumettre leurs statuts à une congrégation spéciale chargée du contrôle des corps de métiers. Il y avait là une organisation assez libérale, ressemblant fort à la législation actuelle française sur les syndicats, sauf qu'à Rome une autorisation préalable était nécessaire, tandis qu'en France le dépôt des statuts suffit.

506. — Mais la législation papale disparut naturellement avec le pouvoir temporel, et le Gouvernement italien ne s'est pas jusqu'ici préoccupé d'assurer aux syndicats professionnels une organisation régulière, et de substituer aux corporationB fermées, supprimées dans tout le royaume par la loi de 1864 < complétée par une loi du 7 juillet 1878), des associations professionnelles libres.

Mis en défiance peut-être à l'endroit des associations ouvrières par les tendances internationalistes affichées par la plupart de celles fondées en Italie depuis 1865, sous l'influence des anarchistes russes, et spécialement de Bakounine (1), le Parlement italien a cherché, au contraire, à dériver le mouvement dans le sens de la constitution de sociétés de secours mutuels, et de sociétés coopératives. Grâce à une législation libérale, les sociétés «le secours mutuels, les sociétés coopératives de consommation et de production, les banques populaires, ouvrières ou agricoles, se sont multipliées sur tout le territoire italien dans des proportions considérables (V. suprà, n°' 160-161, et chap. IV, infrà). Mais il existe cependant, dans divers centres, de véritables asso-

(1) Les Iroubles récents de Milan ont mis en relief le caractère politique accentue des principales oi'ganisations ouvrières de l'Italie septentrionale. Dautre part, les fasci dei lavoratori de Sicile ont un caractère nettement révolutionnaire ; ils ne sont en efTet qu'une transformation des groupes fondés en 1867 à Naples sous Tinfluence de Bakounine.

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dations de métiers analogues aux rrarfe-J7/i£ons anglaises (1), et tout permet de supposer que ces associations professionnelles se développeront prochainement en Italie, comme en France et en Belgique.

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