Encyclique « de conditione opificum ». — Ce mouve
ment r^avQsslï à eerlaiiis égards, en France du moins, de l'école hberalc chréliennc devait provocjuer une scission très nette dans le camp des économistes qui se réclament de l'Encvcliquc jusiement célèbre du pape Léon XIII : de conditione opificmn » fou Renim nouarum, i:> mai 1891). Sans doute, cette encvcliquc est conçue en termes prudents sur la détermination du rôle de l'Etat et les lil^éraux ide l'école de Le Play ont pu, sans trop de difficultés, elayer Jeur doctrine sur le passajre suivant: « L'Etat ne peut pas tout, 'ce sont les mœurs qu'il faut réformer; c'est la charité ou plutôt la .solidarité dhrcticnm\ l'idée de justice évangélitnie qui fera le reste. »
Mais il n'en est pas moins vrai que, dans son ensemble, l'encyclique est plutôt inlervenlicnniste, et qu'elle fournit aux partisans du juste salaire un poiïit d aj)pui très fort. N^y est-il pas affirmé, en effet, « c|uc l'équité demande que VEtat se préoccupe des travailleurs, et fasse en sorte que de tous les biens qu'ils procurent à la isociété. il leur en revienne une part convenable » ? Ne ILt-oit pas ce passage plus significatif encore: « ...La classe riche se fait comme un rempart de ses ridiesses et a moins besoin de la tutelle publi(|ue La classe indigente, au contraire, sans richesses pour la mettre à couvert des injustices, compte surtout sur la protection de .Etat. Que VEtat se fasse donc, à un titre tout partie cuber, la providence des travaUleurs qui appartiemient h la classe pauvre en (général >> ! - Comp. dans le même sens, l'encvclique Graves \de Communi, 18 janv. 1001 (1),
41 — Libéraux et interventionnistes : double mouvement de concentration. — Aussi est-ce sur lencycliquc que les calholi- " qucs (Sociaux de deux mondes, tendant la main aux chrétiens sociaux Ides autres confessions, se sont délibérément appuvés [your rédlamer l'intervention éneiigique de l'Etat en faveur des déshé^ rites.
l'occasion des fèlcs du cenlenairc de Le Play (Réforme soc n^s 1er et 16 juill 100(>: Béchaux Le Plaij {Rcu. des Dcii.v-Mondes, 15 avr 1900) - Cr Emile- (.licysson. Œuvres ctioisies, 2 vol. in-8 (recueil posthume) 1911
(1) Sur renseml)le des actes pontificaux relatifs à la question sociale! cous, specialemeiil: .Max Tunnann, Le catliolicisme social dc/mis Vcnctnliqne Renan novaram. 1900 Cf Feuillette, Du régime du travaU d'après tencuclique R£ruir povarum, th. 1913.
Bien différen'fe, il est vrai, fut l'altitude du successeur de Léon XIII le pape Pie .\, de plus en plus dominé par les influences rélroKvades 'lq condamnation retentissante du modernisme, par Icncvclique Pascendi (16sept. 190/;, suivant de près la publication du nouveau Si/llabus (18 juillet) mit mconslestablement en fâcheuse posture les chiéliens sociaux " placôf-i dans 1 alternative embarrassante, ou de renoncer à leurs convictions ou de sembler se mettre en révolte contre les enseignements du Saint-Siè<Te .V. anfra, n° 19. ** '
Ils se sont rencontrés sur ce terrain avec les interventionnistes de toute nuance ; et ainsi a-ton \'u se constituer, dans les derniè-t Tes années du xix^ siècle, en face de la concentration libérale, une fconccntration Irè^ significative des interAentionnistes, dont rinfluence est décisive sur l'œuvre parlementaire. C'est à la des- •cription sommaire de ce mouvement convergent des écoles itiler-» ventionnistes, que notre paragraphe suivant sera consacré.
iii 3. — Les écoles interventionnistes