‹ Traité élémentaire de législation industrielle [microform]. Les lois ouvrièresChapitre 132 sur 466 · I. — Gr.\nde-Bketagnk, colonies anglaises kt dominions · texte numérisé non relu

I. — Gr.\nde-Bketagnk, colonies anglaises kt dominions

452. — A. Grande-Bretagne ;3). — L'Angleterre est le pays classi([ue de Vassociation professionnelle libre, surtout de l'association

(1) En fait, celte ])reniièro ca!é«Torie de législations comprend deux groupes bien tranchés: le groupe européen et américain, dans lequel la likerté syndicale est uae réalité; et le groupe australasien, dans le [uel les syndicats ouvriers sont parvenus en fait, bien qu'aucune loi n'en décrète le caractère obligatoire, à une véritable souveraineté.

{'2) Le Bureau intern. du travail vient de publier (fév. 1921) un recensyniejit général des forces syndicales ouvrières dans les différents pays civilisés, lexception faite toutefois de la Russie, de la Chine, du .Japon ot des Ijuies. L'effectif total, pour les 20 pays considérés, qui n'était que de 10 millions en 1910, .et de 13.222.000 en 1914, aurait atteint 32.680 000 menbros en 1919.

(3) BiBLioCHAPuiE. — Ilowell, l^e passé et Vaucnir des trade-unions (traduct. Lccoyr-drandmaison); »Sidney et Béatrice Webb, Histoire du trade-unionisme (Inul. Métin, 2<= éd., 1911); îndustrial Democracy, 1900.; P. de Rousiers,

il \ » I

ïfî,

Rh:GI,EMi:NTAT10N ADMINISTRATIVE DE LINDLSTHIE

ouvrière. Il ne faudrnit pas croire cependant que ce régime de liberté, (lonl rAnglc'-crro s'enorgiiell'.i'., soil bien ancien ; la consécration législative du <lroil \>o\\v les ouvriers anglais de s associer ne dale que dliier ; il leur a fallu un siècle d'cflorts et de luttes, souvent violentes, pour trioini>lier des résistances du Parlement.

453 — Développement historitiue des Traie-Unions. — Les

associations ouvrières anglaises sont aussi anciennes que le compagnonnage français. Persécutées par les pouvoirs pul^lics, à 1 insliga tien des gnilds, prohibées par toute une série d'actes lég'islatifs (car elles n'avaient pas de pdace dans l'organisation du iravail édictée par Elisabelb), ces sociétés ouvrières rei)araissaient toujours ; dissoutes sur un point, elles se reformaient sur un autre point, oii sous un autre nom.

A la fin du wui^ siècle et au début du xixe, — alors que depuis longtemps les corfx>rations patronales, fra])pécs à leur tour par le iK)uvoir royal (v. supra, n» 131), avaient disparu. — les unions ouvrières se développèrent même dans des proportions considérables. Lorsqu'ils virent la grande industrie remplacer les méliers, et disparaître les ixîlits ateliers, pour faire place à de vastes usiiies, les ouvriers, impuissants à discuter isolément les condilioiis du salaiie. sentirent le besoin de se grouper et d opposer à la puissiince dm. capital la force que «doniient la solidari'é et 1 entente oomTnune. Vaine n^eiil , le Parlement anglais chercha-t-il à enrayer ce mouvemeiat par des k)is draconienaaes 'contre les associa ions ou- •vrières : eeiles-ci, obligées de fonctionner dans 1 ombre des sociélés de secours mutuels (frœndlij sQcie(ies), eurent alors recours, pour se défendre, aux procédés révolutionnaires et au terrorisme.

Pendant les premières années du xixe siècle, de 1800 à 1820, l'on vit se multiplier, en Angleterre, dans les centres ouvriers, les attentais contre les patrons, les incendies d'usines, les destructions de machii es. Le Parlement effrayé, ordomia une enquête ; mais les conmiissai'.es enquêleurs comprirent bien vi'e que les lois répressivei était la cause princi|)ale de ces désordres ; et, sur leur proposition, le Parlement aAglais vola, en 1824. une loi autorisant les

La question ouvrière en. Angleterre. 1805, et Le trade-unionismc en Angleterre^ 189.7 (enquête du Muftée social avec la collaboration de MM. de Oirbonnel, Festy, l-lcury et Wilhelra); Bry, Histoire industrielle et éconojnique •éc F Angleterre, 1900; L. Brentano, iDie Arbe'tcrgildcn der Gegenmart i. ]'='•, Ziir Geachichtc der englisctter Cewerkuereinc, Berlin, 1900); Mantoux €t Alfassa, La crise du tradc uruonisme, 1903; Morhn, Situation juridique des tr^ide- Il nions en An<fieteTre, Iti. 1907; Keir Iiardi<', The lab<nr movement (Xinefecnth Ccntury. déc. 1900); Barrault, Le droit d\associnfion en Angleterre, 1908; Olphe-dalliard, L'organisation dis forces ouvrières {pvéL <ic P. de Roufciers), 1911; Dupont, Le labour party, th. 1912; Cote, Inlrodiiciiott to trade unionisme, Loud. 1918; Sisley, Le syndicalisme anglais et »on leader G. B H. Cole {Rev polit, et pari., nov. 1920, p. 245).

Page 1