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CHAPITRE IV. — DES SYNDICATS PROFESSIONNELS

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des Unions anglaises i-es semblent en effet davantage aux débats des Parlements qu aux discussions, trop souvent confuses et déclamatoires, de nos Congrès ouvriers. La tenue de ces Coiig.'ès a contribué puissamme ît à dissijxir ^es défiances de> patrons ; et à faciliter les accords.

Dans de nombreuses branches d'industrie, notamment dans les mines, le bâtiment, 1 industrie cotonnière du Lancashirc, etc. (1), des comité.^ mixtes permanents se sont créés, comités co.nposés de délégués patronaux el délégués ouvriers, investis de ix)uvoirs suffisantjs \yo\ii' discuter et arrêter au nom de leurs mandants les bases du contrat coUeclif de travail : taux du salaire, généralemsnl dé terminé d après une cchdlc mobile ; durée du travail journalier, mode de travail (à La journée ou aux pièces), règlements d atelier, appi-entissage, etc. Cette substitution progressive, pour les principales industries, du maréhé collectif de iraimll, loi générale et coatractuclk de la profcssàon, aux marchés individuels, dont 1 ai-bit lairc et les lluctua lions sont trop souvent lorigine première des conflits est incontestablement lœuvrc maîtresse des Unions anglai>cs (2)

Parallèienient au régime du contrat collectif, se sont déveloivpéjs les institutions d'arbitrage. L'entente une fois établie entre les groupes ouvriers \yo\iv la discussion de leurs intérêts communs. Ion a vu se constituer, tout naturellement, dans les princii^aiix centres industriels, des conseils mixtes de coneiiiation et d arbitrage, appc lés à trancher paciiùiuement les «conflils du capital et du travail (V. infrù, lit. III).

459. -- Ancien rt néo trade-iinionisnic. — Le principal dé.aul des Unions ouvrières a^nciennes (ce qualificatif doit être réservé aux Unions constituées avant 1889, date de la grève des dockers j élai de n'être ouvertes qu'à l'élite des ouvriers, de constituer une sorte d'an'slocrafie du traiml. Les •conditions pécuniaires ou moraK's exigées à rentrée, la régie d'après laquelle l'Union ne doit comprendre que des ouvriers en titre de la profession, à Texclusion

(1) V. les détails fournis par Olphe-Galliard, Vorgaihntion des forces ouvrières, p. 90 et siiiv.

(2) Cons. en ce sens, outre les travaux cités supra (nfi^ 422 et s."), sur le contrat collectif de travail: Sclilo.ss, Les modes de rémunération du travail, trad, Rist; B. et S. Webb, Indusfrial démocracij; Olphe-Galliard, op. cit.

(3) Sans doute, même en Ang^'eferre, il faut compter avec le dlisolvail révolutionnaire, on l'a vu lors des grèves récentes des mineurs et des cheminots (v. supra, no 284). Mais les dirigeants de plusieurs Unions puissantes luttent éjiergiguemcnt contre cette tendance anarehique. « Là où o:i a rccoui's à la grève perlée pour réduire la production, — lisons-nous dans un discours prononcé au Congrès de 1919^ par M. Brownlic, présid du syndicat des mécaniciens, — c'est une conduite injustifiable et qui re onil)cra tôt ou tard sur ceux qui l'emploient.

(les auxiliaires, la sévérité des règlements à rencontre des membres en relard de payer leurs cotisations, toutes ces circonstances réunies alx)utirent à diviser la classe laborieuse anglaise en deux ciinips: le camp des unionistes, comprenant les privilégiés de la prolession, et le camp des travailleurs exclus des Unions, englobimt la grande majorité des salariés, ce qu'on a appelé Vnnskillcd labour, c'est-à-dire les individus n'ayant pas appris de métier, ou pluiii exactement, les individus ayant un mé!:ier qui iicxige pas un véritable apprentissage techniipDe, tels que les portefaix, les ouvriers des docks, etc.

460. — Les travailleurs de cette dernière catégorie, exclus des anciennes Unions, se groupèrent là leur tour, et entreprirent la constitution d Unions nouvelles, ouvertes à tous les travailleurs manuels, dans lesquelles devaient dominer naiurellement les tendances socialistes, hautement répudiées par les Unions anciennes. La grande grè\^ des do3ks de Londres, en 18S9, qui détermina la consti.ulion de i Union des dock\ers, la plus puissante des Unions nouvelles, fut le signal de ce mouvement ; la lormalion de lUnion des maleloLs et chau fleurs, aussi nombreuse que la précé lente, suivit de près ; et bientôt linlluence des Unions nouvelles vint contrebalancer celle des anciennes.

On le 'vit dès Tannée suivante, au Congrès de Liverpool (1890), où les Unions nouvelles réussirent à faire voter des résolutions empjeinles dun soiiliime d'E:at accentué, telle que le priicipe de la joui liée de 8 'heures, lun des articles fondamentaux du programme socialiste, ou l'organisation d'ateliers municipaux.

461. — TouîeTois, sauf au Congres de Xorvich (1894), les doctrines collectivistes pures n'eurent pas, jusc[u"eji 1911, de succès bien niar(|ué aui)rès de^ Congrès néo-tradc-unionisles. C'est ainsi, notamment que les Congrès de Liverpool (1903) et Balh (1907), s ils se prononcèrent en faveur de la journée de 8 heures, du dévelop- IXînient du municipal tradinr/, de la participation de l'Etat aux relraites ouvrières, etc., re]>oussèrent nettement toutes les motions tendant à la socialisation de-s moyens de production.

Mais à la suile d'une vive campagaie du \xirii conservateur conti-e les groupements ouvriers, les leaders du tra-de unionisme conclurent un cartel avec le parti collectiviste (Sociale démocratie fédération). Cette alliance aux élections législatives de 1903, fit entrer au Parlement un nombre considérable de dépulés ou\Tiers (51). et détermina la constitution du Labour Partij, dont l'influence sur la législation sociale angilaise récente, nolamment dans le domaine des assurances, est indéniable (1).

(1) M. Alfassa. Après les èieciions anglaises de 1906: Le groupe ou-jrier à la Chambre des Communes (Mus. soc.^ mars-avril 1906); Ramsay Macdonald,

304 TITRE I. — RÉGLEMENTATION ADMINISTRATIVE DE l'INDUSTRIE

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