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CHAPITRE II. — DU CONTRAT DE TRAVAIL

par diverses législations étrangères, en vue de remédier aux abus du travail en chambre et du swcaling sifslcm. dont les ouvriers isolés, travaillant à domicile, sont frtMiuemment les victimes, surtout lorsqu'au lieu d être en relations clirectes avec le chef d'industrie, ils sont obligés de passer par l intermédiaire des courtiers des ^'randes fabri<iues ou des grandi nuif/asins. et d accepter un salaire infime. Dépression du salaire de la profession, subi par la masse ouvrière entière, et spécialement par les ouvrières, dont l'organisation syndicale commence à peine ; surmenage préjudiciable à la santé des ouvriers et ouvrières travaillant en chambre. consé((uence fatale i\c> longues journées, et de l installation phis que défectueuse au point de vue liygi^énique des logements ouvriers : tels »sont Jes deux vices, incontestables, de. ce mode de travail.

Frappées <le ces inconvénients, plusieurs économistes autori>és, a^ppartenanl aux écoles allemajide ou autridiienne, nolammenL MM. Schwiedland et Sombart (1), n'hésitent pas à se prononcci' pour une réglementation sévère du travail en chambre, et |)réconisent toute une série de mesures allaiTt de la réglementation (extension de toutes les prescriptions légales au travail à domicile, même familial) à la prohil)ilion absolue du travail hors de râtelier, lorsque le travail à domicile est critablc.

950. — Xous estimons, avec la niajorité des auteurs français el

d'Hiiussonville, Celles qui travaillent à domicile ÇReu. des Deux-Mondes, jtr ievr. 1909); R. Picaiti, La question du travail à domicile et le Congrès de Bruxelles {Grande Revue, 10 oct. 1910;; (iemâhling, Travailleurs an rabais, 1910; G, Mc'iîv, La lutte contre le siveating system, 1910; Pic, L'industrie tle ruban à St-lltienne {Quest. prat., 1911, p. 21)3); l)^ Broda, Comnwnl on ixmrrait diminuer la misère des ouvrières en chambre (Doc. du Progrès, janv. 1912j; Boyaval, La lutte contre le swcating syslem (i)rét. de \Mun), 1912, op. cit.; Isaac, Le salaire des ouvrières à domicile (Bull Féd. ifles industr., sept. 1913); Cotelie, La semaine sociale de Zurich (Quest. pratiques, 1913, 1G9 et s. — Cojis. également les ouvrages cités supra, w ()97, lie MM. Ch. lienoist, Bonnevay, Kspiiiasse.

Cf. l'enquête de l'Off. du trav. français sur le travail à domicile dans 1;l lingerie (5 vol., 1907-1911). — Parmi les monographies de métier consacrées au Iravail <\<t:i ouvriers et ouvrières en chambre et aux abus du sweating, cons. notamment: De Hoissicu, Lutine au logis à Paris (Quest. prat . 1902, 321 et 3G3) ; Cote, L'industrie gantière à Grenoble. 191)3; Bayzelon, L'industrie ^e la dentelle à la main, th. 1906; Dorchin, L'industrie it domicile (te la confection du vêtement dans la campagne fiUoise, th. 1907 Brocard, Le travail des femmes à donucite dans la réfjion de Xancy (Quest. pral., 190N.3.")3); Claire déranl, Condition de l'ouvrière parisienne dans t'indnsinc de la fleur artificielle {Mus. soc, doc., janv. 1909); Boy, La lunetterie dans le canton de Morez, th. 1913.

(I) V aussi les déclaralions de M. Pourcines, inspecteur du travail français, au Congrès de Paris: « Il ne faut pas que le domicilo de l'ouvrier puisse être la prolongation de l'atelier. La tolérance du travail à domioiio est la fissure par où s'échappe toute l'énergie des prescriptions légales ■ (Quest. prat , 1900.2/1).

belges, qu'une telle sévérité dépasserait le but. Xous ne nions certes pas les abus, tro|) réels, révélés par de nombreuses enquêtes, du travail en chambre el du sweating. Mais il est permis de se <lemander si le remède à ces maux «consiste, comme le croil M. 3ch\viedland, dans l'embrigadement obligatoire de Ions les ouvriers dans l'usine (ou même dans les ateliers corporatifs), ou s'il ne serait pas préférable de favoriser, par l'action commune des municipalités et des chefs d industrie, la reconstitution du petiti atelier, plius facile à surveiller que les locaux purement privés dans lequel «exerce le travail dit familial.

11 est excessif d'affirmer, comme le fait volontiers 1 école allemande, que la petite industrie est une forme arriérée et barbare de (Production : ainsi que l'ont si bien démontré les auteurs des monographies citées en note (MM. Bonnevay, Dubois, Badiou, etc.), cette ^'orme de production, encore très répandue, est au contraire celle qui convient le mieux à la fabrication des articles de luxe, tels que la soierie lyonnaise, la rubanerie, la dentelle, la l>roderie-. fine, — de l'armurerie, de l'horlogerie, de l'article de Paris, etc. .Sans doute, les salaires des ouvriers et ouvrières travaillant en chambre ou en petit atelier sont souvent dune modicité excessive ; mais les récents progrès de la science électrique, signalés par nous i)réoéde;mment à propos de la houille blanche, semblent devoir contribuer au relèvement progressif de leur condition.

Des sociétés se sont constituées, dans plusieurs centres ou régions industriels, pour faciliter la distribution de la force électrique à domicile et la transformation des métiers à la main en métiers mécaniques. Lorsciuc cette petite révolution économique aura produit tous ses effets utiles (1), la supériorité de la grande usine, sur le petit atelier au point de vue des frais généraux sera moindre et le travail à domicile, mieux rémunéré, ayant d'autre part cet

(1) Cette transformation est très avancée dans la rubanerie stéphanoisei (De Boissieu, Badiou, op. cit.), beaucoup moins dans les ateliers de canuts Ivonnais, malgré les efforts de la Société i>our le développement du tissage ù Lyon fusionnée depuis 1907 avec la Caisse de prêts. - lu intéressant nrojel avait l'té élaboré il y a quelques années, en vue de créer, a la CroiK-Rousse lune cité ouvrière des tisseurs, avec, au centre, un atelier coopératif — .Sur le concours ouvert en vue de cette création, cons. les rapports de M. Hcrriot, maire de Lyon, et de M. Pic au Cons. municipal (Bull, municip. de Lyon, .1907.2.169). - Un atelier cooperatit de ce genre fonctionne <léjà à Boul)aix, avec un plein succès (rapp. lie, précité; Démocr du .Sud-Est, n" 21 nov. 1907). Une Société, dite .Société des atelierslogis pour tisseurs lyonnais, s'était constituée dans ce but fm 1911; mai» la lîuerre entraîna l'ajournemeat sine die de ce projet.

La Rénovation de l'apprentissage, le développement des écoles professionnelles notamment dans l'industrie dentellière, pourraieit également avoir une certaine utilité pour l'amélioration du sort des ouvriers a domicile^ — Cf. Bayzelon, op. cit.; Pic, Le travail à donficile et les industries d art (Quesl. ipratiqucs, 1903, 157).

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