CH. I
ACTION PARVLLÈLE DE L'ÉTAT ET DE l'iNITIATIVE PRIVÉE 943
la 'voie frayée par l'Allemagne, et, bien qu- depuis 1899 des efforts considérables aient été tentés, par divers groupements, avec ou sans le concours de TEtat (v. infra), les résultats obtenus par nous dans cette voie ne sauraient être mis ea parallèle avec ceux que peuvent enregistrer TAllemagne ou l'Italie.
Quoi qu'il en soit, et si l'on compare le chemin parcouru depuis TExiTOsition de 1889, il est im^ssible de nier que les différents pays industriels, sans en excepter notre pays, se rapprochent de l idéal de lEcole coopérative, qui est, suivant la formule demeurée célèbre, proix)sée par M. Gide, de « modifier pacifique ment, mœs radlcalemeni le régime économique actuel, en faisant passer la possession des instruments de production des mains des proiacleurs entrj les mains des consommateurs » (1).
NÉCESSITÉ, POUR LA MUTUALITÉ OU LA COOPÉRATION, D'UN CON- COURS EXTÉRIEUR : ÉTAT OU PATRONAGE ? — 1361. — Cette émancipation des travailleurs, commencée par la mutualité de prévoyance, continuée par la coopération, peut-elle être Vœuure exclusive des travailleurs eux-mêmes n N'ont-ils pas au contraire besoin d'être soutenus, encouragés ou assistés dans cette œuvre de reconstruction sociale par un secours venu du dehors, et, si ce secours leur est nécessaire, doivent-ils l'attendre des chefs d'industrie eux-mêmes {patronage), ou de 1 Etat et des œuvres de solidarité sociale, indépendantes du patronal ? - Telle est la question, d une haute portée sociale, qu'il nous faut maintenant envisager.
1362. — Insuffisance de la mutualité. — En ce qui concerne tout d'abord la mutualité de prévoyance, il semble d'ores et déjà démontré par las faits que les associations mutualistes, livrées à elles-mêmes, privées du concours des pouvoirs publics, sont radicalement incapables de fah-e face aux charges écrasantes d'une assurance contre l'ensemble des risques auxquels le travailleur est exposé. Tout historien impartial de la mutualité est obligé de constater que. si les sociétés de secours mutuels i^eavent sans trop de peine, grâce au concours des membres honoraires et aux larges subsides des i)Ouvoirs publics, fournir aux associés malades des
créées par celle dernière loi, au nombre de 97 fin 1911, groupent autour d elles H «47 caisses kK-alcs, filiales des syndicats agricoles, elles ont, mettant à profil les avances de l'Etat (63 millions), réalisé en 1913 pour 147 millions de prêts. - Gide, Cours, I, p. 540; Brousse, (-«/s.^e.s- de crédit agricole {Econ Fr., 1914, 7191). — Sur le crédit agricole mutuel en Algérie, tant chez les colons que chez les indigènes, cous. Pasquier-Bronde, Les associations agricoles en Algérie, 1912.
(1) Gide dise prononcé à l'ouverture du Congrès inlern. des soc. coop. de consommation, tenu à Paris en 1889 {Reo. d'écon. polit., 1889, p. 47» et s.).