‹ Traité élémentaire de législation industrielle [microform]. Les lois ouvrièresChapitre 64 sur 466 · CHAPITRE m. — DU DROIT DE COALITION · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — DU DROIT DE COALITION

d'une forte organisation sj^ndicale et de puissantes réserves ; l'événement démontra, et ce sera notre première conclusion, qu'une autre condition indispensable au succès de toute grève, quelle que soit la coliésion des igroupements ouvriers, réside dans la modération relative des revendications formulées, et dans le respect des conventions collectives librement consenties. Les deux vastes mouvements grévistes qui troublèrent si profoiijdénient l'Angleterre^ il y a dix ans (grève des mineurs du pays de Galles, oct.-nov. 1910, grève des chemins de fer, août 1911) (1) vont nous permettre d'illustrer cette proposition. Si les mineurs du Pays de Galles, en effet, malgré leur forte organisation, n'aboutirent pas dans leurs revendications, c'est qu'ils avaient émis la prétention de déchirer plusieurs clauses essentielles du pacte signé en leur nom par les représentants attitrés des Unions. Si, au contraire, les cheminots anglais obtinrent gain de cause, après une grève de 4 jours, c'est que, loin de s'insurger contre le principe de l'accord intervenu en 1907, sur l'initiative de M. Liojd George, président du Board of Irade, ils en réclamaient l'application loyale et complète.

Aux termes de cet accord du 6 novembre 1907 (2), les litiges entre le> compagnies et leur personnel, devaient dorénavant être réglés par des Comités comprenant des délégués choisis par les patrons et les ouvriers ; en cas d'insuccès de ces Comités, inslilués à deux degrés, les parties devaient désigner des arbitre i. Or, à tort ou à raison, les cheminots anglais affirmaient que, par suite de rhoslilité des compagnies à l'égard des Unions, la convention de 1907 était violée dxtns son esprit ,• ils réclamaient en conséquence la reconnaissance explicite de leurs syndicats par les compagnies, et une simplification des rouages des Comités. Laccord signé au ministère du commerce, le 19 août 1911 (3), leur donna pleine satistion.

284. — Le calme ne devait pas être de longue durée. Dès le 29 février ,1912, la Fédération des mineurs déclarait la grève en vue d'imposer au'x Cies ime léchelle de salaires arrêtée par elle et de contraindre le Parlement à décréter la nationalisation des mifies. Ce conllit, qui imposa à l'Angleterre des pertes énormes, dura près d'un mois et se termina grâce à rintervcntion du président du Conseil, Sir Asquith, par une transaction consistant dans la conséa-ation légale du salaire minimum (L. 29 mars 1912). Les salaires seront désormais fixés par des commissions locales, après consulta-

(1) Bourat, Les conflits sociaux anglais (Parlem. et Opinion, 10 sept 1911).

(-' BuU. Off. trav . lî>(»8, p. 65.

(3) V. le texte de cet accord dans la Démocratie sociale, n» 27 août 1911.

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17G TITRE I. — RKGLKMKNTATION ADM IMSTHATIVK I)K L'INDUSTRIE

tion des orijaiiisalions i)alronak's-ouvrières ; îa levemlicaiioM relative à la nalioiialisalioii élail écartée (1).

II n'y mil pas de conflits graves pendant la guerre 1011 IS. Mais aussitôt ai)rcs rarmisliee, la Julte allait se rouvrir. Elfe.-livenu'nl en février 1919, la triple alliaiue (des mineurs, clieininots et doekcrs envoyail au (iouvernenient un ultinia'inn ré;- amant u:ie ma'oralioii de salaires de .'iO 0/0, une réduction de la journcj de travail à 6 heures dans îes mines, et la ïiat^ona'isaliou de tous :es charbonnages. Une commission jnixte fut nommée pou ' é.udier ces revencations, et à la fin de mars, grâce à l'inlervenlion de la Fédération trade-unioniste, opposée à une grève gigaiitest,ue dont les résultais eussent été funestes pour le Royaume Ujii, la Iriple en'.eile ouNTière renonçait à ses exigences inacceptables, et se contentait de certaines concessions sur les salaires et le loncLioni ieme.it des coni sions arbitrales.

En mars 1021. la Fédération des miineursi déclare la grèv^, toujours pour les mêmes motifs, semi -professionnels, semi poîi tiques. Mais cette fois, elle ne réussit pas à entraîner les autres cori)orations ; aussi dut-elle se contenter, en juin 1921, après une grève de li mois, d'une *ioIution transactionnelle analogue à celle de 1919.

285. — La défense patronale: l'assurance contre les grèves. — Ce sont, en partie, les prétentions exagérées des groupements ouvriers, et leur propension à méconnaître les conventions collectives librement consenties par eux, qui délerminèrent les patrons allemands à constituer entre eux, en 1901, des associations de défense ou dassurance contre les grèves, dont l'objectif avoué était H'indenmiser les adhérents victimes de grèves injustes, mais qui tendaient, à la veille de la guerre, tout au moins dans l'industrie minière, à prendre u!ie allure de combat contre les syndicats ouvriers, insi)iréj de raltilude des briseurs de grèves américains, agenls stipendiés des trusts (2).

(1) De Scilhac, La grève du charbon, 1912; P. Leroy-BcauliMi Les (/rfvrs !,ir,anlvs<inrs (lù-on. Irano., 1012. p. ?A\); Gigot, La grève 'noire (Réf. sociale, nov. 1902); Hecoiily, La qrvve amilaisc et ses leçons •Ucw poUt., >12.2.163). ' . V .

(2) Sur les grèves révolulionnairos italiennes do 1020, Joccupalion en force ^Ic certaines usines niélallurfriques par les ouvriers, et lacconl intervenu sous les auspices du Minislère (liojiiti et de la C. G. T.. aux termes duquel les ouvriers coiisealireiit à évacuer les usines, à condilion d'être admis à participer à leur gestion sous une forme h déterminer, v. les (iévcloppcmciUs fournis in/rn, à prop!)S du contrat colleclif du travail (v. titre II, chap, IIIV

(2) Blondel, La défense patronale en Alleniaqne (Musée soc , docum., 1007. n'> 1) et Les grèves allemandes {Réf. Soc, IG mai 1011); Brv p 51o' Quest. prat., 1908, p. 57 et 372: Weber, Der Kampf zivichen Ka pilai und

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